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27ème dimanche ordinaire

  Publié le mardi 16 octobre 2007 , par Paroisses d’Hyères

27ème dimanche année C - 2OO7
La foi, grosse comme une graine de moutarde,
- L’arbre qui va se planter dans la mer, et des serviteurs quelconques !

2ème lecture : lettre à Timothée, rappelle-toi l’imposition des mains !

Chers amis, je me souviens d’un paroissien qui disait à la sortie d’une messe : "Mais quand est-ce qu’on nous donnera à l’église des textes plus faciles, accessibles, et qui nous aident un peu. On n’y comprend rien ! C’est avec de telles messes, de tels textes que les églises sont vides, c’est pas étonnant !" Et je comprends cette parole. C’est pourquoi, avec vous ce samedi soir, je voudrais, autant que faire se peut, "décoder" ce message qui peut rendre heureux.

Jésus utilise deux images tout à fait contraires par la taille : la petite graine, et l’arbre immense
- Il insiste sur la qualité, et les apôtres, sur la quantité : "Augmente"

- Il y a deux parties, apparemment très différentes : la partie du service à la fin, et la partie de la foi au début.
- Et, même quand Jésus nous parle de foi, Jésus nous parle de deux images tout à fait contraires : l’image de la graine, toute petite, et l’image de l’arbre, très grand. Et Jésus va jouer sur ce contraste. Et il semble nous dire : "La foi, mais si vous en aviez simplement comme cette toute petite graine …" , Il va déplacer l’image que nous avons de la foi. Nous avons tous une image de quantité : il faut passer alors à la qualité ! Non, attention, ne faisons pas de la quantité, du chiffre, avec la foi. Car quand on aime, on ne compte pas ! La mesure pour aimer, c’est d’aimer sans mesure mais bien sûr ! Il faut toujours oser l’amour, pour ne pas doser l’amour, mais toujours.

On peut dire le credo, et ne pas y croire un mot !
- À Emmaüs par exemple
- La foi, pas des croyances, mais d’abord de la confiance !

- Pour Jésus, finalement, la foi, ce n’est pas d’abord des croyances, mais c’est d’abord de la confiance. Ce que vous direz est excellent dans le je crois en Dieu, tout à l’heure. Mais la foi, c’est pas encore ça. On peut dire le je crois en Dieu, et être un parfait athée . Un athée à l’église. Ca peut exister. La foi, ce n’est pas une convention, c’est une conviction !
- Regardez, à Emmaüs, les passants, qui marchent avec Jésus, ils Lui disent tout leur je crois en Dieu, mais ils n’y croient pas un mot, dans tout ce credo ! Ils disent même qu’il y a un certain Jésus, dont on dit qu’Il est ressuscité, mais ils n’y croient pas. Tandis que le comble, c’est que le bon larron, vous vous souvenez, lui qui était un criminel, eh bien ! ce malfaiteur croit tout de suite, à Jésus ! Pourtant, il connaît à peine Jésus.
- Ce larron, qu’on appelle bon, il n’a reçu aucune formation, comme les disciples. Sinon d’ailleurs, il ne serait pas à l’endroit où il est, en train d’être exécuté,. Mais les passants d’Emmaüs qui avaient suivi Jésus, qui le connaissaient, ils étaient connus dans la communauté, (l’un des deux, c’était Cléophas ), eh bien ! après tout ce temps passé, pas très loin de Jésus dans ses dernières années, ils ne croient pas un mot, de ce que dit le Seigneur ! Ils ne croient pas qu’Il a pu ressusciter.
- La foi, oui, ce n’est pas des croyances qu’on redit, mais c’est de la confiance que l’on vit !
- Quand je suis arrivé à Hyères, il y a 6 ans maintenant, je ne connaissais pas la ville, et j’ai demandé où se trouvait l’église Sainte Douceline, on m’a dit : "C’est par là !" J’ai fait confiance, tout simplement. À celui qui m’avait dit : "C’est par là !" Quand vous voyez un feu vert en voiture, vous y allez, mais vous avez confiance, pour que de l’autre coté, rien ne bouge : c’est bien un feu rouge !
- Cette fille de 17 ans qui me disait : "J’ai plus confiance dans mon chien, qu’en mon copain." Vous voyez ? C’est terrible ! Je lui ai dit : "mais tu sais, ton chien, il peut mourir !" On est dans un monde qui du mal avec la confiance. Qui ouvre le parapluie, qui se méfie de tout, et qui se dégoûte facilement, mais qu’est-ce qu’on perd, comme temps !

2ème contraste de Jésus : la mer, lieu de mort à l’époque, et l’arbre, symbole de la vie

- Alors Jésus joue là-dessus : l’arbre immense, et la graine, toute petite !
- Et Il semble opposer la mer, symbole de la mort, et l’arbre, symbole de la vie, à cause des bourgeons. La mer, dans la bible, c’est souvent le lieu de la mort. Si vous lisez le livre de Michée : à la fin, dans les trois dernières lignes : "Seigneur, tu as jeté dans la mer tous leurs péchés !" La mer, c’est le lieu de la tempête et de tous les dangers, rappelez-vous la tempête apaisée. Alors l’arbre dans la mer, pourquoi ?
- Jésus veut qu’on puisse aller planter la vie, jusque dans un lieu de mort ! Jusque dans une culture de mort !
- Rappelez-vous le Père Kölbe, rappelez vous Dietrich Boenheffer, rappelez-vous Edith Stein. - - Mais plus près, rappelez-vous les 7 moines de Thibirine et Monseigneur Claverie. Rappelez-vous tous ces hommes, ces femmes qui ont planté la vie, la foi, malgré tout, malgré tous les torts, malgré la mort !
- Tenez, c’est le Père Corbineau qui dans l’ émission "Le jour du Seigneur" raconte qu’un jour, au siècle dernier, un vieil homme traversait un pont à Prague. Et qu’il s’est vu agressé par des enfants, en train de lui lancer des pierres Et, choses étrange, en arrivant sur elles, ces pierres se changeaient en … boutons de roses ! C’est que cet homme, qui aimait les enfants, ne pouvait pas supporter que des enfants deviennent des assassins d’un vieillard. Oui, le Père Corbineau ajoute : c’est de la poésie, ça. Et vous pourriez me dire : "Mais tu rêves !" - … Et si c’était le rêve de Dieu, qui a semé de la tendresse en chacun de vous, pour que vous fassiez des miracles ? Car les miracles, vous pourrez les faire : "Jette-toi dans la mer !" C’est pas à Dieu d’abord à faire des miracles, mais à l’homme, car il a la foi, il a la joie, et …qu’il croit !
- "Ton ciel se fera sur terre avec tes bras !" dit le Père Duval, dans sa chanson. Dieu a besoin de vous, Il a besoin de toi, Il a besoin de tes bras, de tes mains, de ton cœur, pour tes frères et tes sœurs !

- Oui, et pourtant nous sommes tous des serviteurs quelconques : arrêtons de soupeser notre utilité, nos qualités, nos défauts, nos non- possibilités . Arrêtons de nous comparer. Chers amis, nos qualités, elles ne viennent pas de nous. Parce que si nous avions eu des parents différents, une éducation différente, un milieu d’origine différent, est-ce qu’on aurait eu les qualités qu’on a ? Est-ce qu’on aurait brillé comme un soleil ? "Qu’as-tu, que tu n’aies reçu", nous dit ici Jésus ?

Qu’as-tu, que tu n’aies reçu, nous dit ici Jésus ?
- Tout est don : rien n’est dû ! Tout est cadeau, et c’est très beau !
Tout est don, rien n’est dû ! Tout est don, tout est cadeau. Et si les gens sont contents de ce qu’on fait, si on réussit un peu, si on est dans notre vie heureux, mais c’est parce qu’on a eu de la chance, qu’on a été portés par les autres et par Lui. Il n’y a pas de quoi "la ramener," vous savez.
- La petite graine, qu’on était, 28O jours avant notre naissance, elle a été acceptée, parfois désirée. Et ensuite, quand on est nés, après, on a été aussi "renés", aux grandes étapes de notre vie, par des circonstances, d‘autres appuis qui nous ont aidé.

L’histoire des graines du Père Guy Gilbert
- Vous connaissez tous l’histoire des graines du Père Guy Gilbert, aumônier des "loubards". Il raconte qu’un jour il avait fait un rêve. Encore un rêve. Il arrive dans un supermarché. Il y a un ange, derrière le comptoir, à la place du vendeur . Et l’ange semble dire à Guy Gilbert : "Qu’est-ce que tu désires ?" Et alors lui, il voit les étiquettes sur les produits présentés en vitrine : "Bonheur", "Patience", "Communication", "Partage", "Espérance, confiance", il dit : "Mais donnez-moi tout ça, j’en demande tous les jours, et j’arrive jamais à en avoir, du matin jusqu’au soir !"
- Et, la réponse de l’ange, vous la connaissez ? "Oh ! Ici, dit l’ange, on ne donne que des graines : à vous de les emporter, à vous de les faire pousser !"
- Cette petite graine qu’est la foi, elle ne peut rien sans toi ! Rien de magique, que des désirs à mettre en pratique ! Et ceci, dès ce soir, dès aujourd’hui. N’attendons pas demain, dans la vie.

Ce petit mot « aujourd’hui, qu’on trouve dans le psaume de ce dimanche
- Aujourd’hui, c’est si important, de commencer aujourd’hui. Il faut rechanter le refrain du psaume : "Aujourd’hui, ne fermons pas notre cœur, mais écoutons la voix du Seigneur !" Le mot important, là, c’est ? Aujourd’hui ! En me levant, je me suis dit un jour : "mais, aujourd’hui ? - C’est le plus important !" Hier appartient au passé, je ne peux rien maîtriser. Demain appartient à l’avenir, je ne peux pas forcément intervenir. Mais aujourd’hui m’appartient, bien plus qu’hier ou demain, où je ne peux plus rien ! Le pain d’hier est rassis, le pain de demain n’est pas cuit, mangeons celui d’aujourd’hui ! J’aime ce proverbe arabe, qui est à la fois terrible et très doux, et que j’aime beaucoup : "Si tu veux aimer quelque un, aime le comme s’il devait mourir demain : car si tu devais mourir demain, comme déjà nous serions un ! Si tu devais mourir demain, j’aimerais te connaître, tout au fond de mon être !" Nous sommes tous appelés à privilégier cet "aujourd’hui", mais c’est le psaume qui nous le dit !

Charles Péguy, et les trois dames de notre vie !
- La charité, une grande dame. Elle commande tout.
Charles Péguy raconte que nous avons trois dames qui nous aident dans notre vie, dans notre parcours, pour vivre d’amour !
- Ce sont trois amies. Qui sont-elles ? C’est la foi, l’espérance, et la charité. Tout d’abord, il y a la charité. Elle commande tout. Elle a toujours raison. "La charité, dit saint Vincent de Paul, ouvre les bras, et ferme les yeux, sur les erreurs des autres, sur les péchés des autres."
- Et puis il y a l’espérance. Alors, l’espérance, elle, c’est une petite fille, elle nous réveille chaque matin. Elle nous dit : "Avance, l’aurore est là : tu peux te lever, encore une journée pour aimer !" "Fais un pas, un petit pas !" Vous connaissez très bien, ce proverbe vietnamien : "Il n’y a pas de nuit si noire, qui ne soit pas suivie d’un matin clair !" Comme c’est juste ! Comme c’est clair !
- Oui, dans tout tunnel que vous traversez, il y a une sortie, une lumière au bout du tunnel. Dites-vous aussi : "Au dessus des nuages, le ciel est toujours bleu !" " Les hivers de ta vie préparent les printemps !" Dites aussi, dites-le bien, que le verre n’est pas à moitié vide, qu’il est à moitié plein ! c’est le regard du chrétien ! Un regard positif, un regard pris sur le vif !

L’histoire de Olivier Clément, qui allait se suicider
- L’espérance, car j’ai refusé de ne regarder que mon passé. L’espérance, car j’ai encore le sourire d‘un enfant que j‘ai rencontré. Vous savez qu’Olivier Clément, grand écrivain orthodoxe, a refusé de se suicider ; il était déjà monté dans le bus, pour ça, et au moment où il allait sortir du bus pour se donner la mort, il a aperçu assise, là, dans le bus, une petite fille de 7 ans qui le regardait, et qui lui souriait. Elle lui avait souri, à lui, qui allait se suicider. Mais si ce monde est capable de tels sourires, si la vie peut encore me faire des sourires, c’est qu’elle vaut la peine d’être vécue, non ? Il y a encore des sourires ! On me fait encore un sourire : je compte alors pour quelque un, et je ne peux plus mourir !
- Souris à la vie, la vie te sourira !
- Oui, c’est l’espérance, cette petite fille qui te sourit, à toi, là au 1° rang, à toi aussi, au second rang, et à toi aussi au fond, à toi et à chacun, c’est l’espérance du matin ! Non ! Ce n’est plus "un matin pour rien" !
- Chers amis, je vous dis tout ça, parce que les kangourous ne sont pas les seuls à avoir le droit de rebondir !
- Enfin, dit Charles Péguy, il y a une troisième dame ; alors celle-ci, elle est toute vieille, toute ridée, elle marche avec une canne : c’est la foi. Elle est toute étonnée d’être encore là. Après tous les coups qu’elle a reçus ! Avec tous les doutes qu’elle a rencontrés, toutes les grandes questions, toutes les tempêtes qu‘elle a traversées ! Mais frères et sœurs, si vous êtes aujourd’hui à la messe encore, c’est que vous l’avez encore, la foi ! Mais bien sûr ! Croyez en votre foi. Elle avance, elle marche avec vous depuis le baptême. La vie n’est plus la même, et vous n’êtes pas tout seuls, à avancer. La foi existe, je l’ai rencontrée !

Des serviteurs quelconques
- Jésus insiste sur le service : un vrai délice ! La question : serons-nous serviteurs ? Ou : serons-nous profiteurs ? C’est la question qui nous est posée. Vous savez, le profiteur, il reste seul dans sa vie. Vous n’avez personne à qui donner ! Nous profitons alors égoïstement des autres. Nous ne faisons que capter l’attention ou l‘affection des autres, … et ne nous étonnons pas si nous nous trouvons un jour terriblement seuls !

En rugby, s’ils gagnent ce soir, Pays de Galles - France, c’est qu’ils se donnent le ballon. Ne le gardez pas pour vous tout seuls ! Ne gardez pas votre vie, donnez-la !
- Vous serez tous vainqueurs : pourquoi avons-nous peur ?

- En rugby, pour le match "France-Pays de Galles", ce soir, il savent très bien que s’ils gardent la balle, ils ne vont pas gagner. Eh oui ! Donnez-le, ce ballon ! Partagez-le ! Ne le gardez pas pour vous. Sinon, nous perdrons tout !
- Mais si vous le donnez le ballon, si vous le partagez, et si vous la donnez, votre vie, pour de bon, un peu comme ce ballon , vous verrez : un jour, vous serez vainqueurs : pourquoi avons-nous peur ?

- Demandons ce soir la grâce de la qualité de la foi, de la qualité du service .
- Demandons-nous aussi : est-ce que j’aime cette vie, au point de la donner ? Cette vie, c’est à dire ce temps qui est le nôtre, pour le donner aux autres !
- Oui, Seigneur, si je devais te dire : "Je t’aime", avec un grain de sable, je n’aurais pas assez avec toutes les plages du monde !

Ce 8 octobre 2OO7,
- Père GILLES LE TOURNEUR, - Vicaire à saint Louis-sainte Douceline, d’Hyères (Var)









 

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