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"Vous allez recevoir une force,
celle du Saint-Esprit
qui viendra sur vous.
Alors vous serez mes témoins"
(Actes 1, 8)
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2ème dimanche ordinaire (année B)

  Publié le mercredi 11 janvier 2006 , par Paroisses d’Hyères


2ème dimanche ordinaire, année B
La 1ère rencontre dans saint Jean : "Que cherchez-vous ?"

C’
est sans doute le plus beau de tous les passages d’évangile, pour moi, après Emmaüs, ou bien après la guérison de l’aveugle Bar Timée , de l’enfant prodigue, et des récits de la naissance, et de résurrection.
C’est la première rencontre de Jésus avec ses amis. C’est Jean-Baptiste qui ouvre le feu : "Voici l’Agneau de Dieu !" C’est le premier titre, donné par le dernier des prophètes .

Tout à coup, Jésus sent qu’Il est suivi . Il se retourne  ; c’est le 1er face à face. Ce qui va durer, pendant l’éternité, cette vision qu’on appelle "béatifique", bienheureuse avec Dieu, c’est le premier instant. Voir Dieu, enfin, le grand rêve, réalisé  ! Il faut aussi laisser Dieu nous aimer, nous voir, et nous rencontrer . Moi, ce que j’admire, ici, c’est aussi la culture de ces gens-là  : André, Pierre, des gens tout à fait normaux, pas du tout des savants ; ils savaient ce que voulait dire : "l’agneau de Dieu", et aussitôt, ils se mettent à suivre Jésus. Ils connaissaient l’histoire de l’agneau mangé, partagé, passeport pour quitter l’Égypte, étape incontournable de l’histoire d’Israël . Et ils se mettent à Le suivre, et en plus, tout de suite ! C’est fou. À partir de là, ils le suivent partout.

Quel délicatesse ! quel respect !

Et puis il y a cette parole bouleversante de Jésus : “Que cherchez-vous  ?” Jésus ne commence pas par leur faire la morale ! Moi, si j’étais Jésus ; j’aurais peut-être dit : “Je vous aime bien, mais vous allez faire comme je vous dis de faire ! vous allez changer votre vie ! Et la société, c’est pareil ; je veux, que le monde change !” Non ! la 1° parole de Jésus dans tout l’évangile, - c’est la toute première, regardez le texte de saint Jean-, c’est une question, ce n’est même pas une affirmation . Quelle délicatesse ! quel respect des personnes ! Ça nous en dit long, sur la façon d’agir de Dieu . Jamais, Il ne s’impose, toujours Il propose. Jamais Il ordonne, toujours Il se donne ! Jamais Il commande, toujours Il demande ! Une question  : “Mes amis, ce dimanche matin, qu’est-ce que vous êtes venus chercher, à l’église ? Hein ?” C’est une question qui vaut bien un instant de silence, dans la prière, non ?

“Venez et voyez !” L’évangile, ce n’est pas d’abord une morale, ce n’est pas d’abord des bonnes idées, ce n’est pas une idéologie, non ! Même pas d’abord de "bons repères". Non ! L’évangile, c’est d’abord une rencontre !

Écoutez je n’ai pas le temps, là, mais on va regarder l’agenda  !
Et Lui, Il n’avait vraiment pas le temps : quand on n’a que 3 ans pour sauver le monde, et fonder l’Église … on n’a pas le temps de recevoir, non ?

“Et ils restèrent avec Lui ce jour-là.” “Ce jour-là.” Jésus aurait pu répondre : “Dommage : Je n’ai pas le temps de vous rencontrer aujourd’hui ! Revenez dans 3 semaines. Allez, on va trouver un rendez-vous.” Non ! Jésus les reçoit tout de suite. Jésus aurait pu dire : “Écoutez, je n’ai pas le temps.” Et c’est vrai : Jésus, quand on y réfléchit, Il a peu de temps : Jésus a à peine 3 ans pour sauver le monde, et pour fonder l’Église !” Jésus n’a pas dit : “Repassez dans 3 semaines.” Non. Disponibilité totale, et immédiate . Présence incroyable  ! On Le voit déjà nous recevant dans toutes les églises et chapelles du monde, nous recevant à n’importe quelle heure, du jour et de la nuit ! C’est fous, ça … "Ils restèrent avec lui, ce jour-là…"

Et puis, il y a cette précision : “C’était 4 heures de l’après-midi.” Saint Jean a écrit ça à l’âge de 8O ans, il se rappelle de l’heure de la rencontre, quand il avait 16 ans ! mais c’est trop fort : il s’en souvient encore ! Quand on a rencontré un fiancé, une amie, ou bien une fiancée, quand on fait la rencontre de sa vie, oui, on s’en rappelle de l’heure, du moment, on se rappelle à coté de qui on était ce jour-là, du paysage des visages, mais dans les moindres détails ! C’est gravé, c’est indélébile  ! Et … c’est l’évangile. Mais ça n’a pas pu être inventé : c’est vécu, c’est vérifié.

Le magnificat d’André !
"On a trouvé le Messie" : non ! Il aurait pu mieux faire, mieux dire  : s’il avait dit : "Le messie nous a trouvés !"
C’est toujours d’abord Dieu qui nous a rencontrés !

“Et puis André va trouver Pierre, et André lui dit : “Nous avons trouvé le Messie !” C’est son magnificat. En fait, il y a une petite erreur, ou alors, André s’est mal exprimé. André aurait pu dire, et c’est plus juste : “Le Messie nous a trouvés.” En fait, c’est plutôt Jésus qui les avait trouvés. C’est même pas nous qui avons trouvé Dieu dans notre vie, c’est plutôt Dieu qui nous a d’abord rencontrés. "Tu ne me chercherais pas, si tu ne m’avais pas déjà trouvé", comme le dit si bien Pascal dans ses Pensées, en faisant parler Dieu. C’est toujours Lui qui nous aime d’abord .


Dans la 1ère lecture qui est tellement belle, c’est Dieu qui a l’initiative par rapport à Samuel : c’est toujours Dieu qui appelle !
D
ans la 1ère lecture, c’est Samuel : "Parle, Seigneur, ton serviteur écoute." D’abord, on voit que Samuel a besoin d’Élie, pour savoir, pour connaître Dieu, pour discerner ses appels. Parfois, on dit : "Vous savez, moi, je n’ai pas besoin des autres, et de l’Église, pour trouver Dieu. Je peux très bien le faire tout seul ! Vous savez  : l’Église a confisqué Dieu, elle a acquis un pouvoir, pour manipuler les foules mais moi, je peux très bien vivre ma foi tout seul, chez moi . J’ai pas besoin de tout ça". (En parlant de l’Église, de l’eucharistie, des sacrements, etc). Détrompons-nous  : on a besoin des autres, pour rencontrer Dieu. Sinon, je risque d’être laissé à l’instabilité, à l’incertitude de mes sentiments. Et vous connaissez cette parole du directeur d’Air France pour les hôtesses de l’air à leur premier stage : "Sachez, Mesdemoiselles, que les passagers d’Air France n’ont que faire de vos sentiments, et de vos états d’âme ! Ils ont besoin de votre sourire et de votre accueil." Qui m’a fait passer cette bible ? C’est la communauté des croyants, je regrette : c’est l’Église, qui me l’a transmise ! Elle n’est pas arrivée reliée plein cuir, tombée du ciel !

Prier ? Faire le vide ? Non ! mais plutôt faire le plein !

La prière, ce n’est pas que des sentiments. La prière, ce n’est pas non plus "faire le vide." Parfois, vous trouvez des gens, par ailleurs excellents, qui vous disent : "Moi, quand je prie, je n’arrive pas à faire le vide !" Mais je réponds : prier, ce n’est pas faire le vide, c’est d’abord faire le plein ! on cherche à faire le plein  ! Le plein de "l’essentiel", ce que je traduis pour les plus jeunes : le plein d’essence du ciel ! "L’essentiel : l’essence du ciel."

Vous me direz on ne peut pas remplir un vase déjà plein  : il faut faire d’abord le vide. Oui, et non ! Car je crois que l’eau partira d’elle-même, si le plein qu’on va faire, c’est de l’or, c’est quelque chose de bien plus précieux, qu’on désirera bien plus encore  ! Faire le vide, c’est négatif : ça n’attire pas toujours, il faut faire des exercices de volonté, c’est pas facile. Mais faire le plein, c’est positif, c’est ce qui attire, ce que l’on désire  ! de plus précieux, de ce qui fait partie réellement, de Dieu.

Un conseiller spirituel. , pour quoi faire ?

Samuel va voir Élie : il a besoin d’un conseiller ! Il ne peut pas le faire tout seul. Et c’est Élie, que Samuel choisit. Et vous, avez vous aussi un conseiller "spi", dans votre vie ? C’est une bonne question aussi ! Que vous ne verrez peut-être qu’une seule fois par an, mais c’est important.

Même le pape en a un, ! et pourtant, le pape n’en n’a pas besoin  : il est branché, à 1ère vue, en direct, sur Jésus ! Non ! le papa lui-même a besoin d’être aidé, comme tout baptisé ! Même Jésus, même Lui avait un conseiller "spi" : et c’est le saint Esprit. Le conseiller spirituel, qu’on peut appeler "Père spirituel", mais que j’appelle "accompagnateur spirituel", il est important, je crois, à deux étapes dans la vie :

  • d’une part aux grands choix de l’existence : prendre telle ou telle direction, consécration à Dieu ? mariage avec tel garçon, avec telle fille, c’est vraiment le grand amour ? ou bien, ordination peut-être un jour ?
  • et puis, aux moments où forcément dans une vie, on rencontre hélas, la souffrance un peu plus, et où on est un peu plus seuls . On a besoin de quelqu’un auprès de qui "se lâcher", quelqu’un avec qui parler. Le nombre de "SOS j’écoute" aujourd’hui … mais c’est que ça correspond à un besoin. Il n’y a personne, pour nous écouter, dans nos villes, dans nos cités. Un principal de collège (public), me disait un jour : "Vous , aumônier, vous faites partie aussi de l’équipe éducative, car vous êtes d’abord un écoutant !" J’ai trouvé ça très intéressant  !

"Écoute, Seigneur : ton serviteur parle !"

"Parle Seigneur, ton serviteur écoute." Il faut bien reconnaître, nous, qu’on dit bien plus souvent au Seigneur : “Écoute, Seigneur, ton serviteur parle !” Que "Parle, Seigneur, ton serviteur écoute  !" Samuel est super ! Et nous, il faudrait qu’on fasse tous silence, pour écouter ! On sait tous que ce n’est pas gagné ! "Ma fiancée et moi, disait Metternink, nous ne nous connaissons pas encore : nous n’avons pas osé encore faire silence ensemble !" On connaît l’autre, quand on fait silence. Silence du "moi" , respect et attente de l’autre, tolérance, bienveillance . Qu’est-ce qu’il dit, saint François de Sales ? il dit qu’on va à Dieu avec deux béquilles : l’humilité et la confiance ! comme c’est vrai.


"Le corps, d’accord ! mais le cœur : d’abord !"
Non ! Le corps n’est pas un simple objet, pas un kleenex ! il est porteur d’un cœur !
T
outes ces lectures de ce dimanche, c’est la victoire du "supplément d’âme" dans notre monde. Et saint Paul nous présente aussi la nécessité de ce supplément dans nos vies : "Le corps est le temple de l’Esprit Saint." Dans notre monde matérialiste, il faut aussi reconnaître qu’on a fait souvent du corps, un objet. Nos murs de nos villes ressemblent plus par les publicités à des expositions d’anatomie. Le corps devient vite un objet . Et non pas un sujet. Les publicités, les films télévisés, ne voient parfois que l’extérieur du corps. Mais y a-t-il un vrai respect de la personne ? Y a-t-il un vrai respect pour la femme, pour l’homme  ? pour le garçon, pour la fille ? La pornographie, c’est regarder le corps, sans voir le visage ; alors que le vrai regard positif sur l’autre, c’est regarder un visage, avant le corps. Voir les yeux, d’abord. Les yeux, c’est les fenêtres du corps. Et le regard, c’est les fenêtres des yeux. Le regard, c’est-ce qui est propre à l’homme, dit Dante  : "Béatrice regardait les cieux ; et moi, je la regardais dans les yeux, et le ciel était plus bleu !"

Saint Paul rappelle ce supplément d’âme, dont le monde a finalement soif aujourd’hui, car il étouffe ! Je dis souvent en préparation au mariage : "Dans la vie affective, Il n’y a pas de corps à corps, s’il n’y a pas finalement de cœur à cœur. Sinon, le corps se sent rejeté, mis de coté, un peu comme un kleenex, vous savez : je prends, je jette. Et on est malheureux. Alors qu’on pourrait faire de la rencontre affective, et de la sexualité, quelque chose de fantastique, qui ne peut que nous construire, quand on peut se valoriser, s’aimer, et se respecter.

Tout ça, la pornographie, la violence, c’est pour du fric, des gros sous, ça sera acheté, après c’est tout ! Nous le savons tous, hélas. J’aime bien l’expression : “Le corps ? d’accord ! Mais le cœur ? d’abord !”

Et tout ça, non pas pour "faire la morale", mais pour la tendresse  !

Le corps n’est pas fait pour être méprisé, mais pour être "maîtrisé". Et quand le corps est suffisamment maîtrisé, alors le cœur peut s’épanouir ! Il n’est pas enlisé. Il n’est pas ensablé. Il peut alors s’exprimer. Pour quoi faire ? Tout simplement, pour mettre en valeur la plus grande de toutes les valeurs : la tendresse. La conquête d’une affectivité qui se construit, c’est long dans une vie ! Acceptons que ce soit lent et long. On dit que la tour Montparnasse, qui a plus de 3OO mètres de hauteur, on dit qu’elle a en profondeur, 25O mètres de fondation, sous terre. Sinon, la moindre des tempêtes, elle s’écroule. Et moi je dis : c’est toute une vie, qu’il faut se construire ! Ce n’est pas en un jour, qu’on peut réussir  ! Et je crois que si on sépare l’affectivité ou la sexualité, du cœur : elle sera sans bonheur. "Votre corps est le temple de l’Esprit Saint !" Qelle bonne nouvelle ! Le corps en est valorisé, on peut alors le respecter, et non pas le mépriser : on est la maison du saint esprit ! Quelle valeur ! quel prix !

Avoir un zéro en maths, on n’en meurt pas, mais avoir un zéro en amour, on peut en mourir !

"Avoir un zéro en maths, on n’en meurt pas ; mais avoir un zéro en amour, on peut en mourir !" (Professeur Joyeux)(Suicide). Donc, ce regard positif sur l’autre, sur le corps, "temple de l’esprit saint", dit Paul aux gens de Corinthe, (et Corinthe, c’était pas terrible, ils vivaient en dessous du niveau de la mer, humainement, et moralement, ces gens-là ), oui, le corps sujet, et non pas objet, c’est très positif. Sinon, on risque tous de prendre des gamelles, avant même d’avoir un peu mûri, et par terre, le fruit pourrit ! On se met à désespérer de l’amour et de la vie. On va tomber même dans l’ennui.


Est-ce que vous connaissez l’histoire de Charles Péguy ? et je vais terminer par là . Pour vous montrer le respect que Dieu a de notre liberté, le respect qu’avait Péguy, et son amour pour sa femme toute sa vie ?
Écoutez cette histoire.
La femme de Péguy : "Tu es complètement fou ? Aller chez les curés ? ça risque pas. J’ai toujours été contre ces gars-là ! Hors de question !"
I
l y a eu un grand problème de santé chez ses 3 enfants, vous savez. Alors, il décide de se convertir et les confier à Marie. Il va à Chartres à pied, de Paris. C’est d’ailleurs, de là, que sont partis les pèlerinages des étudiants à Chartres. Péguy revient de Chartres, et dit à sa femme  : "Voilà, je me suis converti au christianisme, alors, je voudrais aller à la messe, et communier. Est-ce que tu accepterais qu’on se marie ?" Et sa femme lui dit : “Tu es complètement fou : aller chez les curés, ça risque pas ! J’ai toujours été contre ces gars-là, hors de question !”
J’étais au fond de l’église. j’étais comme une statue de pierre, les autres avaient le droit de communier. Et moi ? pas !
Il rencontre une autre femme, ses amis lui disent : "T’es pas marié..." Je suis peut-être "ex-communié", parce que je n’ai pas le droit d’aller à votre communion. Mais je ne suis pas "ex-christianisé  !"

Ses amis, et ses grands amis, comme le philosophe Jacques Maritain, et tout ça, lui disent : "Enfin, ta femme, tu n’as qu’à la forcer. Après tout, quand même…"
Alors Péguy : "Enfin : j’ai pas l’habitude de violer ma femme, excusez-moi  : elle dit : "“Non ! Ce sera non ! Et Péguy disait : "J’étais là, au fond de l’église. J’étais comme une statue de pierre, les autres avaient le droit de communier, et moi ? pas !"

Justement, à ce moment-là, il est devenu amoureux d’une autre femme : Blanche. Et ses amis lui disent : "Bon ! t’as qu’à changer  ! et puis tu la prends. Qu’est-ce que ça peut faire ? Vous n’êtes pas mariés !" Et je suis resté fidèle, dit Péguy, pétrifié de douleur, et tout, et tout … Et les gens, ils pensent que je suis excommunié. Et moi, je ne peux que leur répondre  : "Je suis peut-être excommunié, parce que je n’ai pas le droit d’aller à votre communion, mais, moi, je ne suis pas ex-christianisé  ! Moi ! Je ne suis pas ex-christianisé. Je continue de vivre dans le Christ." C’est magnifique. ce respect de Péguy pour celle qu’il aimait, et qu’il continuera toujours à aimer.

"Que cherchez-vous ?" L’amour vrai ! La tendresse ! C’est ça, la vraie vie ! Alors, puisque c’est encore le moment des vœux, j’en formulerai un pour chacun d’entre vous :

"Une nouvelle année commence : ce n’est pas pour ajouter une année à notre vie, mais pour ajouter de la Vie à notre année  !
A tous, une bonne et sainte année : je ne peux que vous remercier  !
Père GILLES LE TOURNEUR
2, allée des Oliviers Le Pyanet
834OO HYÈRES







 

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