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31 mars 2013 - Homélie de Pâques

  Publié le dimanche 1er avril 2012 , par Henri Gouraud


« Pâques ! D’abord un fait, qui a bouleversé le cours de l’histoire de l’humanité, un événement sans précédent. Un homme appelé Jésus déposé dans un tombeau en Palestine après avoir été crucifié, qui en ressort vivant, transfiguré. Ceux qui l’ont vu témoigneront jusqu’à la mort de cette résurrection. Comme le disait le philosophe Pascal : « je crois seulement des témoins qui se font égorger ». La résurrection du Christ est une brèche dans la frontière qui sépare le monde présent du monde à venir. Son corps porte les stigmates du passé et pourtant, il appartient à l’éternité de l’amour. »
(message de Mgr Rey pour Pâques 2013)

En Jésus, le changement, c’est maintenant.

Le grand changement, c’est d’abord celui de la Mort. La mort n’a plus de pouvoir absolu ou définitif sur l’homme. Dieu n’a pas fait la mort, il a créé l’homme et la femme pour la vie. La mort est entrée dans le monde à cause du mal : l’humanité a fait le choix dramatique de se couper de Dieu, de faire sa vie sans Dieu, et même contre Dieu. En se coupant de Dieu l’humanité s’est coupée de la source de la vie, l’humanité est entrée dans la survie. La mort ne faisait pas partie du projet de Dieu à l’origine. Elle s’est invitée dans le plan de Dieu, parce que l’homme l’a invitée par un choix suicidaire.
Jésus en se relevant de la mort a fait une brèche dans ce mur infranchissable. Il a ouvert une porte, définitivement ouverte. La brèche ne cesse de s’agrandir au fur et à mesure que des hommes et des femmes croient à ce miracle et entrent dans cette dynamique de la résurrection. La mort est passée de l’état de néant à celui de sommeil : ressusciter signifie se réveiller, ou plus précisément « être réveillé » par Dieu. Tous ceux qui croient au Réveillé, au Ressuscité, se mettent immédiatement en contact avec lui, entrent dans son influence, dans son aura vivifiante, intègrent son corps, l’Eglise, et sont en train de ressusciter eux mêmes. Nous ne devons plus croire en la mort, mais en la vie. Nous ne devons plus avoir peur de la mort, ni la désirer : mort ou vivant, nous appartenons au Seigneur, nous sommes déjà dans la vie éternelle par la foi en lui.

Le deuxième grand changement, c’est celui de la Haine. La passion a été un déchainement de haine contre Jésus, un déchainement de violence, de trahison, de couardise, de lâcheté. C’est comme si tous les péchés du monde s’étaient d’un seul coup donné rendez-vous au Golgotha. Comment Jésus a-t-il répondu à cela ? a-t-il riposté ? a-t-il convoqué 12 légions d’anges pour exterminer ses bourreaux ? a-t-il voué à l’Enfer ceux qui l’avaient laissé tomber ? Est-il entré en vengeur dans la salle où étaient réunis les apôtres ? Est-il allé faire la leçon aux Grands prêtres et à Pilate ? Rien de tout cela : « Père pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font » ; « La paix soit avec vous » ; « soyez mes témoins » ; « Pierre, m’aimes-tu ? »…
La réponse de Dieu à la haine, c’est l’Amour, le pardon, la paix. Jésus brise définitivement le cycle infernal de la violence, de la vengeance et de la haine. « Aimez vos ennemis, priez pour ceux qui vous persécutent, afin d’être les fils de votre Père qui est aux cieux ». Pour Jésus, il n’y a plus de situations inextricables, de rancœurs définitives. Ce qui pour nous est sans appel, pour lui est toujours surmontable. Lorsque l’on ne s’aime plus, aujourd’hui on divorce. Jésus ne divorcera jamais de l’humanité : jamais il ne se lassera de pardonner nos péchés et d’attendre que nous revenions à Lui. L’amour ne passera jamais.

Le troisième grand changement que Jésus apporte c’est celui du péché. Repliés sur nous-mêmes comme des feuilles mortes, centrés sur nos propres problèmes, nos difficultés personnelles, nos échecs cuisants, nos déboires… Jésus nous apprend à nous déplier, à nous ouvrir, à nous épanouir, à nous revitaliser, à nous laisser grandir, pousser, mûrir, fleurir et porter du fruit. La réponse au péché, pour Jésus, c’est la sainteté ! Un saint, ce n’est pas quelqu’un qui ne pèche jamais, mais qui sait se laisser pardonner, relever, et conduire par Dieu. Un saint c’est un pécheur pardonné. Pour celui qui croit que Jésus a vaincu la mort et la haine, un nouveau chemin, une nouvelle manière de vivre s’ouvre. « Les laïcs consacrent à Dieu le monde lui-même, rendant partout à Dieu par la sainteté de leur vie un culte d’adoration. Tous se doivent de coopérer à l’extension et à la croissance du royaume du Christ dans le monde. À travers les formes diverses de vie et les charges différentes, il n’y a qu’une seule sainteté cultivée par tous ceux que conduit l’Esprit de Dieu (...) Chacun doit inlassablement avancer, selon ses propres dons et fonctions, par la voie d’une foi vivante, génératrice d’espérance et ouvrière de charité. Tous les fidèles donc sont invités et même tenus à rechercher la sainteté.  » A sa résurrection, non seulement Jésus n’abandonne pas l’humanité qui l’a assassiné, mais il s’approche de nous, nous pardonne, nous relève et nous envoie en mission ! La sainteté ne se réduit pas à une vie morale plus ou moins impeccable : pour être saints, il faut d’abord prier, car la sainteté vient de Dieu. Ensuite il faut se former toute notre vie, apprendre sur Dieu et sur nous-mêmes, en particulier en lisant et en relisant la Parole de Dieu. Troisièmement, pour être saint il faut vivre dans une communauté, une paroisse : on n’est jamais saint tout seul, on fait partie d’un corps, d’une famille. Quatrièmement, pour être saint, il faut évangéliser, partager notre foi, la transmettre – une foi gardée pour soi ne peut grandir. Cinquièmement, pour être saint il faut servir, surtout les malades et les plus pauvres.
Prier, apprendre, vivre avec d’autres chrétiens, évangéliser, servir. Voilà le programme, le changement que Jésus nous propose à tous, pas à quelques uns qui seraient meilleurs ou plus doués que les autres, à tous ! Ce qu’aucun homme politique ne peut réaliser en profondeur, Jésus peut l’accomplir pour tous les cœurs.

Dieu Très-Haut et glorieux,
viens éclairer les ténèbres de mon coeur ;
donne-moi une foi droite, une espérance solide et une parfaite charité ;
donne-moi de sentir et de connaître, Seigneur,
afin que je puisse l’accomplir, ta volonté sainte qui ne saurait m’égarer. Amen.

(St François cité hier par le pape François)

Père Benoît Moradei










 

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