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"Heureuse celle qui a cru à l’accomplissement
des paroles qui lui furent dites
de la part du Seigneur"
Saint Luc (chapitre 1, verset 45)
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6ème dimanche de Pâques

  Publié le vendredi 2 juin 2006 , par Paroisses d’Hyères


6ème Dimanche de Pâques - Année B

A
imer ! Quel mot fantastique et pourtant si confus. Utilisé 8 fois dans la lettre de Saint Jean, 9 fois dans l’Évangile ; à croire que Jean n’a que ce mot a la bouche et qu’il n’ose pas prononcer autre chose pour parler de Dieu, cela peut nous paraître un peu limité car dire "Dieu est Amour" dit tout et rien en même temps.

Jean, le dernier évangéliste, est pourtant celui qui a atteint une profondeur incroyable du Mystère de Dieu qui lui a fait comprendre que de dire le mot aimer c’est exprimer quelque chose qui dépasse tout ce que l’on peut imaginer : il exprime ce qui fait le centre de la foi chrétienne, il donne une définition de Dieu qui exprime la totalité de Dieu et qui pourtant demande à être explicité. C’est aussi cette découverte prodigieuse que fera soudainement Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus quand du fond de son carmel de Normandie. elle cherchera sa place dans l’Eglise en voulant vivre toutes les vocations et Dieu va lui faire comprendre ce qui est le plus important : "Je compris que l’Église avait un cœur, et que ce cœur était brûlant d’amour. Je compris que l’Amour seul faisait agir les membres de l’Église. Je compris que l’Amour renfermait toutes les vocations, que l’Amour était tout." Le problème ! C’est que dans notre vocabulaire français, ce mot est employé pour tout et n’importe quoi : on dit aussi bien j’aime la mousse au chocolat que j’aime quelqu’un, ou encore j’aime Dieu ! Jusqu’où suis-je capable d’aller par amour ?

1. Tout amour vient de Dieu

L’expérience de toute la foi biblique va être marquée par cette découverte progressive de Dieu, et progressivement, une nouveauté va transcender tous les autres courants religieux de l’époque où les dieux se fichent complètement du sort des hommes : la foi de la Bible, elle, va faire découvrir un Dieu qui aime l’homme : cela veut dire un Dieu qui se donne, un Dieu qui n’est pas étranger à sa vie de tous jours et qui veut le mener plus loin et plus haut ; un Dieu qui veut élever l’homme à Lui. C’est ce qui va être si bien décrit par les Prophètes : cette passion de Dieu pour son peuple, peuple qui ne cesse de trahir la confiance de son Dieu et à qui Dieu promet pourtant une Alliance éternelle. Et le sommet de l’Amour de Dieu C’est le Christ, la nouveauté ultime de toute notre foi. Jésus nous montre le sens véritable de l’amour dans le don de sa vie et il donne en même temps la source : l’amour c’est d’abord une définition de Dieu ; l’amour vient de Dieu. Voilà ce qu’a saisi Saint Jean, ce qu’ont compris Sainte Thérèse, et les nombreux saints qui nous ont précédés : on ne peut pas comprendre et parler d’amour si on ne remonte pas à la source qui est Dieu. L’amour en Dieu c’est ce qui unit le Père et le Fils dans l’Esprit-Saint. C’est ensuite cette vie que Dieu répand sur l’humanité toute entière, l’eau et le sang qui coulent du côté transpercé du Christ sur la Croix. L’Amour de Dieu, c’est l’Eucharistie, pain de vie pour notre pèlerinage en cette terre ! L’Amour de Dieu, c’est enfin l’Eglise fondée sur les Apôtres, cette Eglise qui a subi un échec cuisant quand Jésus est crucifié, seul et qui est encore bien vivante 20 siècles plus tard alors que tous les grands empires, tous les grands systèmes prometteurs et glorieux ont peu à peu disparus. Ce qui veut dire que ce qui n’est pas fondé sur l’Amour véritable, sur la source de l’Amour, sur Dieu, ne sert à rien, et ne peut que s’effondrer.

2. Ma vocation c’est l’amour : une spiritualité de la communion

Aimer est un commandement, nous sommes tous appelés à vivre de l’amour de Dieu : un seul et même commandement, aimer Dieu et aimer notre prochain comme nous-même. C’est le meilleur témoignage que nous aurons à rendre à notre monde qui cherche des repères. "Ce qui montrera à tous les hommes que vous êtes mes disciples, c’est l’amour que vous aurez les uns pour les autres." dira Saint Jean. Comment se fait-il que des hommes et des femmes qui se disent croire en Dieu rejettent l’Eglise en raison du manque de charité des chrétiens qu’ils rencontrent ? Notre vocation c’est d’aimer ! La force de l’Église, la force d’une communauté chrétienne, la force d’une paroisse c’est d’être le signe de l’Amour de Dieu pour chaque homme, d’être un lieu où l’on se sente aimé, accueilli pour ce que l’on est, un lieu où l’on sait que l’on ne sera pas jugé par les autres parce que nous sommes tous frères et sœurs dans le Christ, parce que nous sommes tous aimés de Dieu d’une manière unique. Quand Jean-Paul II ouvrait le 3ème Millénaire, il disait que la vocation des chrétiens, la vocation des communautés chrétiennes, c’était de promouvoir une spiritualité de la communion, de faire de l’Église la maison et l’école de la communion. Quatre éléments sont nécessaires pour une spiritualité de la communion, quatre éléments qui sont pour nous un critère de discernement pour voir où nous en sommes : un regard du cœur porté sur le mystère de la Sainte Trinité qui habite en nous, et dont la lumière est perçue sur le visage de nos frères. Une attention à l’autre en apprenant à partager ses joies, ses peines pour lui offrir une amitié vraie et profonde. Une capacité de voir ce qui est positif dans l’autre, le voir et le valoriser comme un don de Dieu. Enfin, savoir donner une place à son frère en repoussant les tentations égoïstes qui nous poussent à nous mettre au centre, qui nous entraînent dans un esprit de compétition, de carriérisme,...

Permettez-moi de vous inviter à fixer votre regard sur la Croix même en ce temps pascal parce qu’au-delà de tout, elle reste le signe le plus éclatant de l’amour en Dieu et de l’amour de Dieu. Quand nous regardons la Croix, nous y voyons ces 2 branches : celle qui est verticale nous rappelle que Dieu est Amour et que nous ne pourrons puiser l’Amour qu’en Dieu seul, que tout ce qui n’est pas fait avec l’amour qui vient de Dieu ne sert à rien : puiser à la source tous les jours, c’est la 1e dimension de l’Amour. Celle qui est horizontale maintenant, la 2ème dimension de l’Amour, ce lien qui nous unit entre nous malgré nos tempérament, ce lien fraternel que nous sommes sans cesse appelé à retrouver, à montrer à tous ceux que nous rencontrons, le seul chemin qui conduit à Dieu : et qui s’appelle l’Église, Corps du Christ, signe et instrument de l’Amour de Dieu pour le salut de tout homme.

Dominique TRILLAT
Hyères 25 mai 2006








 

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