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A propos de "Spe salvi facti sumus"

"Questions aux évêques" émission de RCF Méditerranée

  Publié le vendredi 14 décembre 2007 , par Françoise Girard

Monseigneur Dominique Rey fait une présentation de l’encyclique Spe salvi facti sumus, à partir de l’interview qu’il a accordé à Florence Gault dans le cadre de l’émission sur RCF "Questions aux évêques".


Florence Gault : Deux ans après la publication de Deus Caritas, Benoît XVI s’attache dans sa nouvelle encyclique Spe salvi, texte doctrinal à une autre des trois vertus théologale, l’espérance, les deux autres étant la foi et la charité.

Monseigneur Dominique Rey : En théologien, mais aussi en philosophe et en contemplatif, le pape Benoît XVI nous parle de l’espérance comme vertu théologale. Il souligne dès le début de son encyclique que l’espérance n’est pas un optimisme béat, une naïveté, un aveuglement face à l’avenir du monde. L’espérance est une vertu, c’est-à-dire une force qui nous est donnée au jour de notre baptême. Elle s’appuie sur la foi : "la foi est la substance de l’espérance" dit Benoît XVI.

La foi théologale fait mémoire. Elle nous propose une intelligence du monde et de l’histoire. L’espérance, elle, élargit au cœur de nos combats, notre regard vers les vastes horizons de l’avenir du monde.

FG - Une autre des idées principales, c’est d’expliquer que le progrès ne sauvera pas l’humanité, c’est l’idée reprise un peu partout, de montrer qu’aujourd’hui il ne faut pas uniquement s’appuyer sur la science, le progrès et toutes les technologies que l’on peut voir aujourd’hui.

DR - L’espérance chrétienne fait face au tragique de la condition humaine et à l’effort des philosophes pour dégager des réponses face à l’inéluctable et l’avenir incertain de nos sociétés. A travers les siècles, et en particulier aux XIX° et XX° siècles, un certain nombre d’utopies, en s’appuyant sur la raison et en exaltant la liberté humaine, ont essayé de développer des idéologies du progrès. Ces idéologies partaient de la conviction que l’humanité en mobilisant ses ressources individuelles et collectives, pouvait transformer la face du monde. L’espérance chrétienne était remplacée par la prétention de l’homme de se sauver par lui-même. Encore aujourd’hui, les idéologies du progrès véhiculent l’idée que la science ou le développement économique et matériel peuvent conduire au bonheur et à l’épanouissement. Certes, ceux-ci font partie des conditions d’amélioration de la vie, mais ce n’est ni la science ni la raison qui apportent le bonheur. Il suffit de constater le taux de suicide chez les jeunes dans les pays les plus développés, pour s’en convaincre.

L’espérance chrétienne interprète l’histoire humaine en la soumettant à une lumière supérieure qui dépasse notre expérience subjective : l’amour de Dieu, manifesté en Jésus-Christ et qui rejoint notre histoire. Tel est le contenu de l’espérance. Le Saint Père le formule avec force : "Seul Dieu donne l’espérance, car Il est l’espérance". On ne peut atteindre le salut, le bonheur, l’accomplissement de soi, en dehors de Lui.

FG - Alors il ne propose pas justement le rejet complètement du progrès ou de la science. Comment faire pour trouver ce juste milieu entre progrès et espérance chrétienne ?

DR - Il ne faut pas se placer dans une alternative progrès-espérance, comme si chaque choix excluait l’autre. La notion d’espérance intègre et qualifie la notion de progrès. L’œuvre de salut est un processus d’humanisation qui intègre toutes les dimensions de l’existence humaine (le corps, l’intelligence, l’affectivité, l’intériorité, la relation aux autres…) mais en même temps, élève et transfigure toutes ces dimensions dans une rédemption. Pour s’accomplir dans toute son humanité, l’homme a besoin d’une force extérieure, d’une grâce que Dieu lui donne en Son Fils Jésus-Christ. La question de l’espérance met en jeu la question du salut.

Ces réflexions du Saint-Père montrent combien la notion de progrès est ambiguë. La tentation qui guette l’humanité contemporaine est de ne plus attendre du Ciel, le salut. L’homme prétend être l’artisan de son bonheur, par la science et par la raison. La foi est ramenée à une illusion voire à une affabulation.

Le pape Benoît XVI situe l’espérance chrétienne dans la perspective du jugement final. Ce jugement n’est pas une menace, mais un achèvement de l’histoire en Dieu. Ce jugement est aussi une révélation, d’une part du mystère de Dieu dans la gloire du face à face, et d’autre part une mise à nu de notre âme. Ce jugement, souligne le pape, est à la fois justice et grâce. Cette perspective ne nous écarte pas des réalités présentes de notre monde. Elle nous invite au contraire, à faire la vérité de Dieu dans notre vie de chaque jour, c’est-à-dire à ramener la fin dernière de l’histoire humaine dans l’actualité de nos vies.

FG - Benoît XVI propose une introspection, une critique de la société et même temps une auto-critique du christianisme moderne.

DR - Il y a eu, dans la manière dont on a pensé notre foi, des altérations et des perversions. En particulier, l’encyclique souligne la réduction du salut à une dimension purement individuelle. Il s’agirait de se sauver tout seul. L’espérance est communautaire, souligne le Saint-Père. L’espérance qu’apporte la foi nous fait rentrer dans un réseau de solidarité. L’amour de Dieu va de pair avec l’amour du frère. Benoît XVI prend pour exemple les premiers monastères au début du christianisme qui étaient, non pas des lieux de fuite du monde, mais surtout des lieux d’espérance. On y découvrait un art de vivre entre chrétiens, un espace de défrichage spirituel et agricole, pour préparer l’humanité nouvelle. L’espérance portée par le témoignage des saints ou des communautés, est prophétique d’un monde nouveau : "Voici que je fais toutes choses nouvelles."

FG - Pour démontrer tout cela, Benoît XVI s’aide des figures, témoins de l’espérance. Dans des situations dramatiques, il évoque sainte Joséphine Bakhita, esclave soudanaise, Paul Le-Bao-Tinh, martyr vietnamien du XIX° ou encore le Cardinal Nguyên Van Thuan, incarcéré 13 ans par le régime communiste. Alors comment faire pour garder l’espérance pour des gens qui ne sont pas forcément dans ce genre de situations dramatiques, heureusement.

DR - Nous découvrons le mystère de l’espérance chrétienne grâce aux témoignages d’hommes et de femmes qui, au nom de la foi, se trouvent dans des situations limites, et qui vont jusqu’au bout du martyre et de la charité, dans le don d’eux-mêmes. Ils incarnent l’espérance. La force du Christ leur permet de garder confiance. Par leur fidélité, ils se trouvent placés aux avant-postes de l’humanité. Ils sont des passeurs d’espérance, car ils nous ouvrent la route. Au cœur de nos doutes et de nos nuits, grâce à eux, nous continuons d’avancer dans la foi. Ils sont des "premiers de cordée".

Le pape souligne que ces témoins sont aussi des modèles. Ils nous invitent à assumer la souffrance dans notre propre vie, en offrant les petites peines du quotidien. Nous découvrons, par eux, que la prière est la langue de l’espérance, et qu’elle féconde. Ils nous enseignent à ne pas fuir le monde, mais à nous engager, de l’intérieur, à le transformer en l’imprégnant des valeurs évangéliques.

FG - Pour finir, monseigneur, quelles sont vos figures de l’espérance ?

DR - D’abord l’espérance s’incarne dans le visage des enfants. Leur regard nous tourne naturellement vers l’avenir. Leur vie est promesse. Les enfants personnifient en raison de leur joie de vivre, de leur spontanéité, de leur créativité, de leur simplicité.

J’entrevois également l’espérance dans les nombreux témoignages de fidélité. Je pense à ces prêtres âgés, qui essaient de vivre jusqu’au bout le service de leurs frères et la prière de l’Eglise.

Je pense aussi à mes parents. Ils ont vécu 70 ans ensemble. Ils ont traversé ensemble le 20ème siècle, avec la tragédie des guerres, qu’ils ont affrontées avec courage. Ils ont gardé la foi et l’ont transmise à leurs 7 enfants, en les éduquant dans des conditions de vie difficiles.

On a besoin de se raccrocher à de telles figures d’espérance quand surgissent les déceptions. Le pape Jean-Paul II, homme de prière et de foi, reste pour moi l’un des plus beaux exemples d’espérance pour l’Eglise et pour le monde.











 
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