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"Que Dieu lui-même achève en vous
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(Rituel de l’ordination)

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19° DIMANCHE ORDINAIRE

"à qui a, il sera beaucoup confié..."

  Publié le dimanche 7 août 2016 , par Père Thierry Galant


Grâce à la foi....

Grâce à la foi....

Grâce à la foi, Abraham partit. Il devint un étranger.

Sarah eut un enfant.

Dans la foi, le peuple hébreux est mort jusqu’au dernier, sans rien avoir la terre promise où coule le lait et le miel.

Grâce à la foi, Abraham, leva le couteau du sacrifice sur son fils unique.

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Comme tout cela est mystérieux. Et encore :

’Dans la foi, attendez le retour du Maître, sans faiblir dans votre espoir.’

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Mais frères et sœurs, qu’est-ce que la foi ?

Si fondamentale que sans elle, il est impossible de plaire à Dieu. Et sans plaire à Dieu, notre vie tombe en ruine... Nous devenons étriqués avec des problèmes insolubles.

« Croyez-en moi, Celui qui croira aura la vie éternelle. Il sera sauvé » dit Jésus

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Il y a deux conceptions de la foi. Deux conceptions qui travaillent en nous et parfois luttent l’une contre l’autre.

Une manière de vivre sa foi selon un mode incomplet

et selon un mode parfait.

Saint Paul dirait : ’D’un côté, en buvant le lait de la foi, destiné aux enfants’ [1 Cor 3:1-23]

et de l’autre en se nourrissant de la substance forte de ceux qui désirent vivre profondément de Dieu. En quelque sorte ’à plein la vie’.

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L’une et l’autre foi sont valables.

Pour les comparer, je pouvons prendre l’image du navigateur.

1 - Il y a le navigateur qui fait de la croisière côtière.

Il fait des petites boucles pour relier chaque soir un nouveau port d’attache.

Bien sûr, entre deux ports, les flots peuvent secouer, les vents être contraires, il aura des histoires croustillantes à raconter.

Mais il a l’assurance de jeter l’ancre en un lieu fixe et de se ravitailler après l’effort.

Au pire, il peut appeler à l’aide si ça secoue trop.

La côte n’est pas très loin...

A ce genre de navigateur dans la foi, le Seigneur envoie à doses régulières des signes et des grâces de soutien, pour le rassurer et relancer son désir de foi.

Des lumières ou des événements réconfortants. Et nous aimons cela.

Avec le grand danger de s’accrocher à ces signes et même de les rechercher, voire de les fabriquer.

Jésus nous met en garde, plusieurs fois, de ne pas rechercher les signes de Dieu, mais le Dieu des signes. Sinon nous vivons pour nous-mêmes et non pour le don de nous-mêmes. .

La foi incomplète, elle consiste à faire de « l’accrosigne », comme on fait de l’accrobranche. On prend toutes les sécurités nécessaires et on passe d’un signe à un autre.

On peut même se croire Tarzan.

Et si les événements deviennent contraires, on se sent mal.

En fait, c’est l’inverse de l’attitude de foi, si on en reste à ce mode.

Ces signes, ce peut être une parole qui nous touche, un événement auquel on déduit un sens spécial. Une illumination intérieure. Mais ce peut être une dévotion qui devient comme une obsession, ou encore une manifestation charismatique ou miraculeuse qui nous console momentanément.

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Je le répète, ce n’est pas mauvais en soi, mais c’est le lait des enfants, avec un peu de compote, la foi en petits pots, que Dieu distribue pour soutenir notre peu de foi.

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La foi ne consiste pas en ce qu’on peut distinguer ou ressentir ou

expliquer même par des interprétations spirituelles.

Quand on en reste là, à vrai dire, notre imagination et notre jugement vont travailler à nous faire croire « des choses », et à nous fabriquer une foi trop naturelle, à notre mesure.

Et pour certains jusqu’à la surchauffe de leur esprit.

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Mais alors la foi plus accomplie, jusqu’où va-t-elle ?

Hé bien, c’est elle dont les textes parlent aujourd’hui.

C’est elle que montre Jésus dans cette attente du serviteur qui travaille avec soin, mais sans plus savoir trop pourquoi en fin de compte….

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2 - C’est la foi du grand navigateur.

Il a quasi le même bateau que le précédent.

Mais il barre vers le grand large et pour rejoindre un autre continent.

Celui-là ne peut pas lâcher l’ancre chaque soir.

Il ne peut pas se protéger des aléas de la météo, ni même des tempêtes.

Il doit faire face.

Ça ne marche plus de prendre le téléphone et de dire : « venez me ravitailler ou me chercher, car je fatigue » !

Il ne peut plus changer de paysage tous les soirs pour dormir plus tranquillement.

Il doit perdre ses repères confortables et les phares qui pourraient le guider.

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Cette foi là, au contraire fuit les signes extérieurs et même intérieurs... en nous.

Tous ces états d’âmes fluctuants qui nous trompent et les calculs de notre petite intelligence qui cherche à saisir un reflet de Dieu.

Plus de reflets, plus d’images, plus de sentiments que l’on confond avec la grâce de Dieu.

Et en fin de compte, un réalisme beaucoup plus solide.

Où rien ne nous sera donné de sensible, parce que rien de sensible et de conscient n’est Dieu au fond de nous.

Ce qu’on attrape par le sensible ou nos idées, ce n’est pas Dieu. C’est clair. C’est tout simplement le bout de notre nez.

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Il reste quoi alors, dans ces cas là, quand on joue le jeu de la foi

profonde ?

Il reste l’Esprit Saint comme un vent qui nous stimule et il reste l’obéissance à L’Église comme boussole à ne jamais perdre.

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La foi des grands fonds, c’est elle qui nous procure un autre goût des choses.

C’est la foi, non pas qui nous console, mais c’est la foi qui nous dépouille jusqu’à nous-même.

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Dieu se trouve au-delà des signes.

Là où nous ne l’attendons pas.

Là où nous ne savons pas quoi attendre.

Là où nous ne savons plus jusqu’à quand il faut attendre.

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En fait, si. Nous savons quoi : c’est un amour des profondeurs qui nous appelle

Et nous savons jusqu’à quand : c’est quand il ne restera rien de possessif, rien de nous même.

Alors, la paix de Dieu montera comme un soleil levant dans notre cœur.

Et la paix d’une lumière spéciale, obscure peut être, animera vigoureusement les efforts de notre vie.

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« le Maître tarde à venir »..., bien sûr ! Puisque c’est par là que grandit notre foi !

Dans l’attente....

Même quand nous essayons de lire la Bible, Dieu se cache derrière la lettre, toujours plus insaisissable. Quand nous croyons comprendre, alors nous enfermons Dieu dans nos idées et nous ne le connaissons pas. Nous le passons au crible de notre critique.

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Par exemple, le Livre de la Sagesse parle d’une nuit,

cette nuit qui a été connue d’avance par nos Pères, par les prophètes et les amis de Dieu, est-il dit.

Mais cette nuit elle n’est pas simplement la nuit de la sortie d’Égypte, qui est évoquée effectivement dans ces lignes, la nuit de la première Pâque.

C’est la nuit de la foi qui nous promet le meilleur et le pire.

Et qui nous offre une joie sur-naturelle, la meilleure.

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Et qui nous enfonce dans l’épaisseur du mystère de Dieu.

Sans savoir où nous sommes dans cet abîme de foi, de charité et de bonté.

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Alors pourquoi allons nous en pèlerinage ?, allez vous dire...

Pourquoi égrener notre chapelet ?

Pourquoi faire bénir nos médailles ? Et tous les autres actes de dévotion ?

Ce sont des signes, tout ça !

Mais oui, et très bons. En fait, tous ces actes de religion nous permettent de recevoir la capacité de nous donner, de tout donner, de nous dépouiller.

Et d’aller plus loin quand le Seigneur nous le demande.

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D’ailleurs, le travail fidèle et persévérant du serviteur qui attend le maître, c’est bien cela son meilleur travail : c’est de se dépouiller sans se lasser.

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Pour mieux aimer... dans la nuit.... de la foi.

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Le plus triste chrétien, c’est celui qui s’affadit et se laisse prendre par de multiples attaches, souvent utiles d’ailleurs (c’est ça qui trompe) mais pour vivre pour lui et son confort. Parfois en profiteur de notre Église.

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Mais cela, Dieu lui-même le fait comprendre, par ses chemins à Lui, si nous laissons le désir nous brûler.

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Car, qu’est-ce qui donne le plus de vie dans notre vie, sinon l’intensité avec laquelle nous nous élançons dans les voies insondables de Dieu ?

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Le reste lui appartient...










 

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