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Chapelle de la Transfiguration - Patrimoine du XXe siècle

  Publié le mardi 30 août 2016 , par Evelyne Barbieri

La chapelle, 182 rue Francis Garnier, Val Fleuri, fait partie de la paroisse Saint-Vincent de Paul, Montéty. La messe y est célébrée le dimanche à 9h30.






- En contrebas d’un raidillon à flanc de coteau, la chapelle de la Transfiguration trouve place dans une impasse toulonnaise.

Vue d’en haut, l’architecture qui joue avec les pleins de béton et les jours de son toit et de ses vitrages traduit la maîtrise de son auteur, Jean-Gérard Mattio, à qui l’on doit la fresque monumentale (1972) du Stade nautique du Port Marchand, classée au patrimoine du 20e siècle.

Pris dans le bâti urbain, l’édifice moderne a l’originalité de s’ouvrir au monde et d’inviter à la contemplation de l’immensité de la Création. Dès son abord, la façade soignée du lieu de culte (mitoyen à la propriété voisine) apparaît chapeautée d’un élégant dais oblique qui sert d’auvent et abrite la porte d’entrée.

A l’intérieur, le mobilier liturgique épuré en bois clair, un simple banc fixé au mur à droite de l’autel, une boîte au sommet pyramidal pour le tabernacle, une grande croix sans fioriture, laisse glisser le regard vers l’exceptionnelle baie qui inonde le chœur de lumière.

Derrière l’autel surélevé, l’immense fenêtre, point focal de l’ensemble, tournée vers la mer révèle la spectaculaire rade de Toulon.

Sur les hauteurs de la ville, la création du téléphérique du Faron à la fin des années 1950, entraîne l’arrivée de nouveaux habitants. Très vite, l’oratoire existant se montre insuffisant pour accueillir les familles des officiers de marine venus s’installer là.

Le père Eouzan, curé de l’église Saint-Vincent de-Paul du quartier de Montéty, est le premier à envisager l’érection d’un nouveau sanctuaire. En toute simplicité, il s’adresse à l’un de ses fidèles, Jean-Gérard Mattio, professeur aux Beaux-Arts de la ville, qui aménage et décore au même moment l’immeuble de la Caisse d’épargne toulonnaise.

Mattio, qui n’est pas architecte mais enseigne la perspective, se voit confier le seul terrain disponible appartenant au diocèse : un ancien blockhaus.

Libre dans ses plans, il n’a qu’une contrainte : enjamber le bâtiment militaire sans le toucher ! Fils de deux peintres du pays, Mattio conçoit son projet avec l’aide d’un voisin, ingénieur en béton. "Cela s’est fait en famille, raconte Alice Mattio. Mon mari était passionné par le nombre d’or et les théories de l’architecte Le Corbusier qu’il admirait. Il s’est beaucoup inspiré de sa chapelle Notre-Dame-du-Haut à Ronchamp (70) pour concevoir la sienne."

La construction est incluse dans le programme des Nouvelles Eglises du Var lancé en 1964. Elle est financée par les paroissiens de Saint-Vincent de Paul et ne doit pas dépasser 20 millions d’anciens francs.

Le lieu de culte, commencé en septembre 1967, est consacré par Gilles Barthe, évêque de Fréjus-Toulon, et l’abbé Eouzan le 26 mai 1968.

Une inscription au patrimoine du 20e siècle a été demandée. "Cette vue vers le large nous rappelle qu’au-delà de nos côtes, les conflits sont nombreux, souligne Alice Mattio. La prière nous lie à ces populations souffrantes et divisées. Afin que tous, nous soyons aussi transfigurés !"

(paru dans le journal La Vie, n°3648 du 30 juillet 2015, p.52-53, par Martine Sautory)





Jean Gérard Mattio, nait à Toulon en 1927. Il enseigne à l’Ecole des Beaux-Arts de Toulon (1951-1995). En 1956 il reçoit le Prix du Press-Club de la Côte d’Azur et la médaille d’argent de la ville de Paris. En 1981 il réalise le tympan de l’église du Sacré-Coeur, Les Routes, Toulon. En 1995 il décède à La Seyne-sur-Mer (83).


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- Jeudi 26 mai 2016 - Inauguration de la plaque Patrimoine du XXe siècle




- Présentation de Mme Alice Mattio



Monseigneur

Monsieur Ie Curé

Frère Benoit-Philippe Peklé, responsable de la commission d’Art sacré

Mesdames, les représentantes de la Direction des Affaires Culturelles de la Région Provence Côte-d’Azur

Monsieur l’Architecte des Monuments

Monsieur l’adjoint au maire et madame le conseillère municipale représentant la municipalité de Toulon

Et vous tous qui avez pris de votre temps pour participer à cette inauguration,

Mes enfants et moi-même sommes heureux de vous accueillir à la chapelle de la Transfiguration. Pour certains elle est familière, pour d’autre mystérieuse. Son architecture rompt avec l’image issue de la tradition que nous nous faisons d’un édifice religieux.
Nous allons mieux la connaître en reprenant son histoire.

C’était en 1967-68. Après les bombardements de 1944 Ia reconstruction de Toulon s’effectue lentement en même temps que s’accroit sa population. La construction d’immeubles s’inscrit dans la modernité et le confort débutés dans les années précédant la guerre. Progressivement de nombreuses villas s’agrippent au flanc du Faron.
La petite chapelle qui servait jusque-là aux habitants du quartier, située dans la villa Ste Anne de la famille Potel, devient insuffisante. Monsieur le Curé Eouzan curé de la paroisse St Vincent de Paul décide la construction d’une Chapelle.
C’est alors que la famille Potel détache une parcelle de terrain de sa propriété et la cède à l’évêché. Il y a sur ce terrain une bergerie, et ...un blockhaus.
C’est par-dessus cette construction que sera édifiée la chapelle, qu’elle doit enjamber, c’est-à-dire ne pas s’y appuyer. Le père Eouzan fait appel à Jean-Gérard Mattio, mon mari, pour en dresser les plans et à monsieur Esquer, ingénieur béton, pour mener ce projet à bien. Les paroissiens en assureront le financement.

C’est Je temps d’une vaste émulation architecturale internationale. Jean-Gérard étudie à ce moment les règles harmoniques du Nombre d’Or que l’on retrouve jusque dans la nature, en particulier la croissance des plantes, et, sur ces bases, le Modulor initié par Le Corbusier.
Ce projet tombe à point pour le mettre en pratique dans les limites qui lui sont imparties.
C’est aussi le temps de Vatican Il et de la réforme liturgique qui préconise l’usage de matériaux et d’installations dépouillés de tout artifice.
Mais pauvreté ne signifie pas misère. Jean-Gérard joue avec l’opposition des masses et des mises en lumière. Le béton qui est le matériau utilisé est laissé brut de décoffrage par endroits ou recouvert d’un enduit poché aux doigts.

La façade Nord au vaste fronton en forme de carène se veut protectrice tout en laissant transparaître par endroits la vue qui de l’intérieur s’ouvre sur le paysage. Ce n’est qu’un clin d’œil à la chapelle Notre Dame du Haut édifiée par Le Corbusier à Ronchamp.

En façade Sud, Jean-Gérard ouvre la chapelle sur l’espace du ciel et de la rade pour que, par la prière, en particulier les familles de marins, soient en union de pensée avec ceux dont elles sont séparées. L’auteur est peintre paysagiste. Ceci explique aussi cela.

A l’intérieur, le siège du célébrant et le tabernacle en bois clair seront d’une extrême sobriété.
Près de l’entrée, sous le puits de lumière, la vierge en bois sculpté est une reproduction de Notre Dame des Anges à Pignans. Elle a été offerte par Mr le curé Eouzan espérant qu’aucune statue St Sulpicienne ne trouve place dans cet édifice.

Nous sommes en plein mai 68. C’est la fin de la construction qui a duré neuf mois depuis septembre 1967. On en est aux finitions. Les ouvriers se sont barricadés pour ne pas être dérangés. La bénédiction et la mise en service ont lieu le 26 mai. Il y a 48 ans.

Aujourd’hui, distinguée par la Direction des Affaire culturelles de notre Région Provence Côte d’Azur, elle entre dans l’histoire par l’inauguration de cette plaque qui la reconnait parmi le patrimoine du XXe siècle. Ce dont nous lui sommes infiniment reconnaissants.

Mais qui est son auteur ?

Jean-Gérard Mattio est né le 27 mars 1927 dans l’atelier d’artistes de ses parents les peintres Laurent et Odette Mattio. Il est situé sur le port de Toulon au dessus du feu légendaire Bar des Mécaniciens. En 1931 la famille s’installe à Sanary, là encore sur le port face à la mer.
En dehors de son temps de classe il suit ses parents sur nature, pour dessiner et peindre les paysages qui sont leurs sujets. Arrive la guerre. En 1944 leur parvient un ordre d’évacuation : le port est miné.
La famille se réfugie à Vougy, près de Roanne, dans la Loire. C’est là que j’ai fait la connaissance de Jean-Gérard. Il fait sa première exposition, des aquarelles, à Roanne en 1945. II a 18 ans.
Puis c’est le retour à Toulon dans une maison sinistrée en cours de réhabilitation. C’est le temps de la fréquentation des Beaux Arts et du service Militaire. En 1950 il obtient par concours un poste à l’Ecole des Beaux Arts où il enseigne le dessin, la perspective et la décoration.
Dans ses temps libres il répond à la demande qui lui est faite d’installations, et de meubles de magasins ou d’appartements, de panneaux décoratifs, d’entrées d’immeubles, qu’il réalise soit en céramiques soit en sculptures d’acier.
C’est ainsi qu’il réalisa en collaboration avec Alfred Henry la décoration de la Caisse d’Epargne dont les éléments sont en cours de dépose, le nouvel acquéreur les sacrifiant à un nouveau projet. Il est également l’auteur de l’animation murale du stade nautique du Port marchand. Il reprend ses pinceaux plus régulièrement en 1984. Par toutes ces activités pratiquées, l’expérience donne corps à son enseignement qu’il exerça pendant plus de 44 ans.

Il décède le 31 décembre 1995.

Je vous remercie.













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Paroisse Saint-Vincent de Paul

Picto adresse postale 11 boulevard Commandant Nicolas - quartier Montéty - 83000 Toulon
04 94 89 55 45
06 47 00 78 32

voir le nouvel agenda : http://agenda.frejustoulon.fr/stvin...


paroissemontety@orange.fr


Autre lieu de culte, le dimanche à 9h30
Chapelle de la Transfiguration, 182 rue Francis Garnier (Val Fleuri), Toulon


- Vous souhaitez faire un don à la paroisse _

 



 

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