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(Rituel de l’ordination)

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Doctrine sociale de l’Eglise

A la suite de Zachée, Père Jérôme

  Publié le mardi 24 février 2015

La foi doit rayonner dans toute notre vie pour créer une société de l’amour à travers l’enseignement de l’Eglise.


Vendredi 6 février 2015

L’annonce du Christ Ressuscité qui vient accomplir les Ecritures et nous donner sa grâce est au centre des Evangiles. Tout système de doctrine en semble absent. Alors où se trouve l’enseignement moral du Christ ? Partout et nulle part.

Dans le Sermon sur La montagne (Matthieu, chapitre 5 à 7)

La montagne : parce que Jésus est le nouveau Moïse qui va donner une loi. Dans l’Ancien Testament, le Seigneur châtie ceux qui ne se tournent pas vers les petits et les pauvres. Les 613 commandements étaient adaptés à un peuple nomade. Par le Code de l’Alliance dans le Livre de l’Exode, ils sont relus pour adapter cette loi à la sédentarisation. Jésus, lui, veut que les chrétiens passent d’une montagne à l’autre.

L’Evangile des Béatitudes nous offre un portrait de Jésus : le pauvre par excellence ; le doux par excellence (parce que fort pour la justice) ; celui qui pleure (au tombeau de Lazare, sur Jérusalem), quand les hommes n’ont pas pu accéder à la foi dans la justice. Il est celui qui a un coeur pur, qui est artisan de paix, qui est persécuté pour la justice. Le changement moral que propose le Nouveau Testament vient de ce que ce n’est plus moi qui vit mais c’est le Christ qui vit en moi-même. Si je suis le Christ, je dois agir comme le Christ, sans besoin de règles établies. Je suis en effet directement introduit dans la vie trinitaire. Jésus n’est pas venu abolir comme le souhaitaient certains Juifs qui trouvaient ce joug trop pesant et qui voulaient une plus grande liberté. Il est venu accomplir, c’est-à-dire porter à sa perfection. C’est un dépassement quantitatif, puisqu’il faut en faire plus que ce qui était demandé au peuple d’Israël. Il n’y a plus de limite à l’amour des hommes et à la justice devant être exercé dans le monde. Mais aussi qualitatif : il faut aimer comme Jésus.

L’expression « passe le Ciel et la Terre » signifie le mort de Jésus, la décréation (fin du monde). A première vue, Jésus demande d’appliquer les 613 commandements, mais en fait l’exigence est plus subtile. Il dit aux disciples : jusqu’à ma mort, vous devez appliquer la Loi de la Torah ; après ma mort, vous devrez appliquer mes paroles, les Béatitudes. Et il va nous donner quelques exemples concrets.
- Chapitre 5, verset 25,26 (tuer) : C’est l’interdiction du meurtre portée à sa plénitude. En effet, il faut aussi dominer sa colère, parce que la parole aussi peut tuer. Ces versets traduisent l’immense respect que l’on doit avoir vis-à-vis de l’autre. Quand on lui manque de respect, en quelque sorte, on le tue.
- Réconciliation/offrande : Pour être en communion avec Dieu, les Juifs offraient la moitié de l’animal à Dieu. Si je vois que quelqu’un m’en veut, alors même que je ne lui ai causé aucun désagrément, je dois le regarder comme un pauvre que la vie a blessé. Alors je dois chercher à me réconcilier avec lui.
- Mariage/fidélité : (en référence à Exode, 20) ; Dans l’Ancien Testament deux écoles s’opposaient sur la répudiation. Dans la première, elle ne pouvait avoir lieu que si la faute commise par la femme était grave. Dans la deuxième, il suffisait qu’elle fasse mal la cuisine. Jésus nous dit que l’épouse est la pauvre : il faut envers elle un respect absolu, ainsi répudier est commettre l’adultère.
- Ethique de la parole (serment) : Il ne faut pas jurer ; or c’est bien ce que fait Saint Paul. L’Ancien Testament n’aimait pas les serments. En effet, si je ne peux pas jurer par moi-même cela veut dire que je ne suis pas crédible, alors je jure par Dieu, qui lui, l’est. Ce à quoi nous engage le Christ : notre seule parole doit être fiable.
- Non violence active : Dans la loi du Talion la responsabilité personnelle des actes était posée. Tout homme devenait égal devant le Loi, et le cycle de la vengeance barbare était enrayé. Jésus va pousser cette loi à son maximum. Par exemple, donner une gifle sur la joue droite était considéré comme un grand affront impliquant une réparation. Jésus nous dit de manière symbolique de ne pas demander d’indemnisation par amour pour l’autre. Par ce langage imagé, Jésus nous dit que je dois donner une éthique de l’amour inconditionnel, le regard tourné vers les autres
- Aimer son prochain : Les ennemis sont ceux qui vous persécutent, c’est-à-dire les systèmes totalitaires, les autorités religieuses (pharisiens, grand prêtre).Ce sont eux que nous devons aimer. Il ne s’agit pas d’avoir des sentiments ou des émotions, mais une attitude pratique : prier, saluer (souhaiter la paix) afin d’être à l’image et à la ressemblance de Dieu. Dans l’Ancien Testament, on ne nous dit jamais d’aimer nos ennemis, mais simplement de leur porter secours, et contrairement aux Stoïciens, où il s’agissait de maintenir un équilibre social, dans les Evangiles, cet amour est désintéressé parce que je suis à l’image du Christ. Nous n’avons pas de doctrine sociale à proprement parler mais une grande règle : agir avec un amour sans limite, en s’oubliant.
- « Là où est ton trésor sera ton coeur » : Il n’y a pas de suspicion envers les biens matériels mais comment vais- je les utiliser ? Si je les thésaurise, je risque de tomber dans l’ostentation et l’idolâtrie. Le trésor du ciel, c’est la charité.
- La lampe/l’oeil : Pour les Hébreux, la lumière vient de l’intérieur et passe par l’oeil pour éclairer l’extérieur. Alors, si tu es divisé en toi-même tu seras ténèbres ; si ton corps est tourné vers l’extérieur, tu seras lumière.
- Impossibilité de servir deux maîtres : engagement total et plénier.

La lettre de saint Jacques

Dans l’épître aux Romains st Paul explique que Dieu sauve tous les hommes s’ils ont la foi, par pure grâce. Les règles morales n’ont jamais sauvé personne. Saint Jacques dit le contraire.
Versets 14 à 26 : Si on a la foi, on s’occupe de son frère. Saint Jacques reprend l’argumentation de saint Paul sur Abraham pour montrer qu’il est allé sans limite dans l’amour de Dieu, concrètement. Abraham est un Juste non pas seulement par sa foi mais par ses actes. Le deuxième exemple est celui de Raab (Josué).

Ainsi la foi ne peut être une réalité abstraite, il faut qu’elle se voie dans les actes. L’amour de Dieu et le culte de Dieu sont indissociables de l’amour des autres. Ce n’est pas un repli sectaire, je suis dans le monde mais pas du monde (je vais m’extraire de ses souillures, jalousie etc).

Saint Jacques insiste sur le mal que peut faire la parole. Pourtant nous sommes appelés par la parole à édifier l’autre.
Il ne mâche pas ses mots contre ceux qui ont acquis des richesses et qui les thésaurisent en oubliant les plus pauvres de la communauté. C’est le scandale par excellence pour saint Jacques.

Ainsi sommes nous appelés à un amour illimité des hommes dans une ambition sans limite ! Mais n’oublions pas que la perfection pour un chrétien, c’est d’être en mouvement.

- Télécharger le texte de la conférence

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