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Doctrine sociale de l’Eglise en ses fondements

Père François-Régis Wihélem

  Publié le mercredi 11 mars 2015

Pourquoi l’Eglise intervient-elle en matière sociale ?


Introduction

Du fait même de sa mission de salut, l’Eglise « participe aux joies et aux espoirs, aux angoisses et aux tristesses des hommes », elle « est solidaire de tout homme et de toute femme en tout lieu et en tout temps, et leur apporte la joyeuse nouvelle du Royaume de Dieu » (Gaudium et spes.1). Elle est là où se trouve l’homme ; cette mission découle de sa foi. Le Compendium de la Doctrine sociale de l’Eglise est l’ouvrage de référence que tout chrétien devrait avoir chez lui ! Cette doctrine est un défi pour les chrétiens : montrer qu’il y a un discours non pour convertir mais en faveur de l’homme, à la lumière de l’Evangile.

I. L’Eglise est là où se trouve l’l’homme

- L’Eglise est appelée à refléter la « philanthropie divine »

L’Eglise est appelée à se comporter à l’égard de tout homme, selon « la philanthropie de Dieu » manifestée dans le Christ (Tt 3 , 4-5a). Et il s’agit toujours de l’homme envisagé dans les conditions réelles de son existence. La bienheureuse Mère Térésa témoignait dans ce sens : « Nous mettons, nos yeux, notre coeur à la disposition du Christ pour qu’il agisse à travers nous » (in : Tu m’apportes l’amour. Ecrits spirituels, p. 160). C’est donc bien cet homme-là qui est rejoint par la vie concrète du Christ, lui découvrant ainsi la pleine signification de sa destinée. En restaurant en lui la ressemblance divine par le mystère de l’Incarnation et de la Rédemption, le Christ lui révèle sa « vocation dernière », « vocation qui est réellement unique, à savoir divine » (GS, 22, 5)
- La communauté politique et l’Eglise sont au service du bien commun

L’Eglise n’est experte ni en sciences économiques, ni en humanité ; elle n’est pas une troisième voie, elle n’est pas une idéologie. Elle aborde les problèmes sous l’angle spirituel, moral et pastoral, et tous les membres de la communauté ecclésiale sont concernés. Les laïcs mettent en ouvre les orientations éclairées par Dieu. La démarche de la doctrine sociale : « réfléchir/comprendre ; interpréter/juger ; orienter) (Compendium, 72, 74)
- La destination universelle de la doctrine sociale

Son universalité repose sur une recherche de la raison fondée sur le droit naturel, et illuminée par la lumière de l’Evangile. Aujourd’hui, dans nos sociétés, l’homme prétend faire ce qu’il veut avec la réalité de la nature humaine. La tentation est de devenir Dieu ; ce qui est le ressort même de la tentation évoquée dans la Genèse (insinuer dans le coeur de l’homme que Dieu redoute sa créature) Le péché d’autonomie est de vouloir grandir en se passant de Dieu. S’il est récurrent dans l’Humanité, il bénéfice aujourd’hui de moyens techniques extraordinaires. Cette doctrine est universelle parce qu’elle est accompagnée du témoignage de tous les chrétiens, pour servir et non pour dominer. C’est à partir de là un témoignage de foi.

II. L’articulation des principes à partir et autour du thème de la dignité

- Le thème de la dignité

Le fondement biblique essentiel est le passage de la Genèse 1, 27. L’homme et la femme sont faits à la ressemblance de Dieu ; voilà ce qui va fonder tous les principes. En effet, la personne humaine reçoit une dignité inaliénable qui l’oriente en même temps vers une fin surnaturelle. La lumière supérieure de l’Evangile nous invite à regarder chaque personne comme étant créé à l’image de Dieu : aucun ne peut perdre ce sceau divin. Toute personne doit être accompagnée vers sa vraie fin : le bonheur en Dieu. De cette dignité mais aussi de la nature sociale de l’homme découlent les droits de l’homme. Les trois points d’appui de la Doctrine sont : la dignité, les droits inaliénables qui en sont la conséquence, et la sociabilité. C’est sur eux que s’appuient les autres principes. Le bien commun : C’est l’ensemble des conditions qui permettent tant au groupe qu’à chacun de leurs membres d’atteindre la perfection. Il est à rechercher en coopération. La destination universelle des biens : La Terre appartient à tous ; tous doivent pouvoir s’en nourrir. Les biens sont matériels, mais ce sont aussi ceux de l’Esprit. Le droit de propriété est légitime mais il y a des limites : on ne peut pas abuser. La subsidarité : elle relève de la justice. L’état et les sociétés qui composent le tissu social se mettent en attitude d’aide par rapport aux groupes sociaux plus petits. Mais ces mêmes instances « supérieures » ne doivent pas gêner le fonctionnement de ces cellules « mineures » (par exemple, l’état aide les familles financièrement mais ne doit pas interférer sur leur fonctionnement). Il s’agit donc d’aider et de respecter. La participation : engagement volontaire et généreux dans le champ social. Le citoyen contribue à la vie de la communauté sociale dans laquelle il vit par sa créativité. La solidarité : Chaque personne, de manière indissociable, est liée à l’avenir de la société et par la puissance de l’Evangile, au salut de tous les hommes. Ce n’est pas une vague compassion mais une détermination ferme et persévérante de travailler pour le bien commun (qui n’est pas l’intérêt général).

III. La charité comme accomplissement des valeurs et vertus sociales

Le Compendium (197) enseigne que « la doctrine sociale de l’Eglise, au-delà des principes qui doivent présider à l’édification d’une société digne de l’homme, indique aussi des valeurs fondamentales » : vérité, liberté, justice et amour. Il y a une relation intrinsèque et réciproque entre principes, valeurs et vertus. Les numéros 204-208 soulignent le rôle essentiel de la charité entre valeurs et vertus : « Entre les vertus dans leur ensemble, et en particulier entre les vertus, les valeurs sociales et la charité, il existe un lien très fort qui doit être toujours plus profondément reconnu ». Coordinatrice des autres valeurs et vertus, la charité apparaît sous l’angle de vertu sociale, devenant ainsi le « critère suprême et universel de l’éthique sociale tout entière. »
- La charité, « critère suprême et universel de l’éthique sociale » :

La charité n’est pas que l’aumône. Cet amour qui nous vient de Dieu est cette force dynamique qui donne son sens à tout l’agir chrétien et qui est capable de susciter de nouvelles voies. Elle ne s’épuise pas dans les relations entre personnes, mais se déploie dans la sphère politique. Ainsi ne faut-il pas se désintéresser de la politique.
- La charité « présuppose et transcende la justice »/ La refonte de la justice dans l’amour

La justice seule ne suffit pas, elle doit trouver dans la charité un complément nécessaire. La justice n’est pas capable d’unir les personnes, alors que l’amour unit dans la miséricorde. Il s’agit de refondre la justice dans l’amour. Qu’est-ce que la miséricorde ? C’est de ne pas pouvoir supporter le mal qui est en autrui parce que je l’aime. C’est un sentiment fort qui veut apporter du changement. « La charité fait sourdre le désir de justice » ; toute société a besoin de l’imagination créatrice de la charité.
- Télécharger le texte de la conférence

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