"Quand paraîtra le Christ, votre vie, alors vous aussi, vous paraîtrez avec lui en pleine gloire".
Lettre de saint Paul Apôtre aux Colossiens
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Paroisse Saint-François de Paule
Publié le mercredi 23 mars 2011 , par

Cet article paraît plus réaliste que celui du figaro présenté dans le bulletin du mois dernier. Sur une situation aussi complexe, nous désirons cependant présenter différents points de vue.
Le 4 février, l´agence d´information vaticane Fides citait Mgr Youhannes Zakaria, évêque des coptes catholiques de Louxor, en Haute-Egypte : « La situation est calme parce que toute la population de Louxor, chrétiens comme musulmans, travaille pour le tourisme ». « Tous ont intérêt à éviter les désordres afin de préserver le tourisme. Malheureusement, la présence de touristes est presque nulle. Les premiers à en faire les frais sont les travailleurs les plus pauvres qui se retrouvent sans travail et sans salaire ». « Ce sont surtout les jeunes qui n´ont pas de perspectives d´avenir qui sont à la pointe de la révolte. Les media ont eu un rôle dans le déclenchement de leur rage parce qu´ils ont diffusé la culture de l´éphémère et du consumérisme dans un pays qui compte nombre de personnes pauvres ». « Ce qui se passe actuellement en Egypte pourrait arriver dans tout autre pays où existe un contraste social et économique aussi fort », concluait Mgr Zakaria.

En Egypte, les mouvements islamistes dont font partie les Frères musulmans « veulent le pouvoir », a affirmé le P. Samir Khalil Samir, jésuite égyptien, professeur d´islamologie et de culture arabe à Beyrouth (Liban), sur Radio Vatican le 30 janvier. « Environ 40 % de la population égyptienne vit dans des conditions de pauvreté absolue, ils n´arrivent pas à deux dollars par personne et par jour. En un an, les prix ont augmenté de 5 à 30 fois ». Face à cela, « le gouvernement fait peu de choses… Et de là naît le danger de l´islamisme, parce que les mouvements islamistes fondamentaux, dont les Frères musulmans et d´autres, ont compris que pour gagner des votes, il suffit de promouvoir des œuvres sociales ». « Les Frères musulmans sont nés en 1928 dans ce but : créer des pays vraiment islamiques, parce qu´ils pensent que l´Egypte est trop influencée par l´Occident, qu´elle n´est pas suffisamment musulmane ». « Ils veulent donc le pouvoir pour faire les réformes qu´ils considèrent comme les meilleures pour le peuple et que d´autres considèrent comme les pires », expliquait-il. « Le régime de Moubarak, dès le début, a interdit ces groupes politiques mais cela ne limite pas leur rayon d´action. Ils entrent dans d´autres partis sous n´importe quel nom pour proposer une politique islamique ». Mais, précisait le P. Samir, l´Egypte est un pays modéré et par nature, « l´Egyptien n´est pas rebelle. Il veut simplement vivre ». Des réformes en profondeur sont nécessaires, car l´école égyptienne, par exemple, se trouve dans une situation catastrophique, avec beaucoup d´analphabètes qui arrivent sur le marché du travail. « La réalité, c´est que nous ne sommes pas loin de 40 % d´analphabètes ». Benoît XVI est intervenu publiquement lors de l´angélus du dimanche 6 février : « Ces jours-ci, je suis avec attention la situation délicate dans cette chère nation égyptienne », a-t-il confié en demandant à Dieu « que cette terre bénie par la présence de la sainte Famille, retrouve la tranquillité et la cohabitation pacifique, grâce à un engagement partagé pour le bien commun ».
Mgr Antonios Naguib, patriarche d´Alexandrie et primat de l´Eglise catholique copte, a mis en garde contre l´émergence d´un Etat religieux en Egypte. Si tel devait être le cas, tous les gains dans les relations entre chrétiens et musulmans seraient perdus et la société pourrait en souffrir, déclarait-il dans un courriel à l´agence de presse catholique américaine CNA. Cependant, si les événements conduisent à la constitution d´un Etat laïc, basé sur l´égalité, les droits civiques et la loi, ce serait, aux yeux du prélat, un succès historique. Mgr Naguib avait appelé les Egyptiens au retour à la paix et à l´ordre, demandant que tous rentrent chez eux et retournent à leur travail. Il s´est également dit impressionné par l´engagement de nombreux jeunes. La révolte a été portée par des jeunes qui se sont trouvés sur Internet où nombre de manifestants ont été « recrutés » sur des sites web.
Les catholiques très minoritaires ne sont pas susceptibles de jouer un grand rôle dans les délibérations sur l’avenir de l’Egypte. Les autorités égyptiennes considèrent le patriarche Chenouda III de l’Eglise copte orthodoxe, comme la voix de la minorité chrétienne dans le pays. Des membres de la communauté copte ont exprimé leur compréhension et leur respect pour les manifestants. 10.000 chrétiens et musulmans se sont souvenus, le 6 février sur la place Tahrir du Caire, des victimes de la « révolution ». L´un après l´autre, un prêtre copte et un responsable musulman ont prié, chanté et pleuré les morts. Selon les Nations Unies, le nombre de morts depuis le 25 janvier s´élève à plus de 200, dans tout le pays. Le ministère de la santé parle de 5.000 blessés.

Le 11 février 2011, Mgr Michael Louis Fitzgerald, nonce apostolique en Egypte depuis 2006, s’est exprimé auprès de l’agence Zenit [en italique - non ?], après 18 jours de manifestation. L’archevêque a rappelé que chaque communauté humaine a besoin d’une autorité pour la régir, mais (…) qu’elle « doit agir pour le bien commun, utilisant des moyens moralement licites ». Citant le Catéchisme catholique de l’Eglise, il a déclaré : « Le bien commun se compose de trois éléments essentiels : respect et promotion des droits fondamentaux de la personne humaine ; prospérité ou développement des biens spirituels et temporels de la société ; la paix et la sécurité du groupe et de ses membres ». Concernant le dialogue interreligieux, le prélat a répondu que « les événements des semaines récentes ont produit un sentiment de solidarité parmi des chrétiens et des musulmans. Ceci devrait fournir une bonne base au dialogue et à la coopération accrus dans la société égyptienne. »
Pour mémoire, l’Egypte compte 84 millions d’habitants sur 145.000 km2 habitables, principalement dans la vallée du Nil, sur une superficie totale d’1 million de km2. Près de 50 % de la population est âgée de moins de 24 ans, et les chrétiens pour la plupart coptes représentent à peine 10 % de la population totale, dont 5 % de catholiques. (Sources : apic/fides/imedia/radiovatican/kna – DICI n° 230 du 19/02/11) Un ministre chrétien tué par les taliban au Pakistan
Mercredi 2 mars

Les taliban ont revendiqué mercredi l’assassinat à Islamabad du ministre des Minorités, seul chrétien membre du gouvernement, nouveau signe de la détermination des islamistes radicaux à défendre la loi sur le blasphème. Shahbaz Bhatti était dans sa voiture à proximité d’un marché de la capitale pakistanaise lorsqu’il a été abattu par un groupe d’hommes. Il s’agit du deuxième responsable public tué en deux mois pour s’être exprimé contre la loi sur le blasphème, qui punit de la peine de mort quiconque dit du mal de l’islam. "Les premiers témoignages indiquent que trois hommes l’ont attaqué. Il a probablement été visé avec une Kalachnikov mais nous tentons de vérifier ce qui s’est passé", a dit le responsable de la police d’Islamabad, Wajid Durrani. Le pare-brise de la voiture portait quatre ou cinq impacts de balles et la banquette arrière était couverte de sang, ont rapporté des témoins. Un responsable de l’hôpital a précisé que le ministre avait été atteint par plusieurs projectiles.
Bhatti n’avait pas de protection rapprochée au moment de l’attentat, ses deux gardes du corps étant restés à son domicile, a précisé Durrani. "Il n’avait que son chauffeur avec lui", a-t-il dit. Des tracts islamistes ont été trouvés près du lieu de l’attentat. Le 4 janvier, un farouche opposant à la loi sur le blasphème, Salman Taseer, gouverneur du Pendjab, province la plus peuplée du pays, avait été abattu par son garde du corps. Un porte-parole des taliban, Sajjad Mohmand, a revendiqué l’assassinat du ministre. "C’était un blasphémateur, tout comme Salman Taseer", a dit Mohmand par téléphone.
Le mois dernier, dans une interview au journal Christian Post, Bhatti avait révélé avoir reçu des menaces d’un chef taliban. "Mais je ne crois pas que des gardes du corps puissent me sauver, après ce qui est arrivé à Salman Taseer. Je crois en la protection du Ciel." La loi contre le blasphème suscite la polémique au Pakistan depuis novembre dernier, lorsqu’un tribunal a condamné à mort une mère de famille chrétienne qui se disait persécutée pour des motifs de voisinage et non de religion.
La justice pakistanaise a interdit au chef de l’Etat de la gracier et un imam de Peshawar proche des taliban a offert une récompense à quiconque tuerait cette chrétienne de 45 ans nommée Aasia Bibi. Ce nouvel attentat devrait dissuader les responsables publics de changer la loi.
Fazl-ur-Rehman, n°1 du Jamiat-e-Ulema-e-Islam, mouvement islamiste qui a quitté en décembre la coalition au pouvoir, a déjà affirmé qu’il n’accepterait aucun amendement.
Signe de l’influence de l’extrémisme religieux au sein de la société pakistanaise, Mumtaz Qadri, le meurtrier du gouverneur Salman Taseer, a été célébré en héros par de nombreux Pakistanais. Bilawal Bhutto Zardari, fils du chef de l’Etat Asif Ali Zardari et président du parti au pouvoir, a promis en janvier de défendre des minorités religieuses au Pakistan et condamné le meurtre du gouverneur du Pendjab.
Le pape Benoît XVI avait demandé l’abrogation de cette loi, estimant qu’elle servait de prétexte à des violences contre des minorités religieuses.
Mercredi, le Vatican a condamné "cet acte de violence d’une extrême gravité", a déclaré son porte-parole, le père Federico Lombardi, en réclamant une meilleure protection "de la liberté religieuse des chrétiens, qui sont l’objet de violence et de persécution".
Avec Zeeshan Haider et Faisal Aziz, ainsi que Philip Pullela au Vatican ; Clément Guillou, Guy Kerivel et Jean-Loup Fiévet pour le service français (Sources : YAHOO NEWS GLOBALS, 2 mars 2011)