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Publié le samedi 5 juillet 2008 , par Séminaire de La Castille

Mère Marie-Der, pensant que ses paroles ne nous intéresseraient pas, nous rencontre accompagnée de l’aumônier du monastère, le père Jacquard, personnage haut en couleurs, ayant eut une vie plus que bien remplie par le Bon Dieu. Le père conclut sa présentation en nous avouant, qu’après une vie des plus mouvementée, il est le plus heureux des prêtres au milieu de toutes ces sœurs (environ cinquante), car : "Elles sont folles ! Baigner dans quelque chose qu’on ne voit pas, qu’on ne touche pas ; et choisir cela pour toute sa vie, c’est de la folie !" nous lance-t-il en riant.
Mère Marie-Der confirma : "Si
nous sommes folles,
c’est parce que Dieu lui-même
est assez fou
pour nous demander de
vivre ici, ce à quoi nous
sommes appelées au ciel. Aujourd’hui, c’est
notre communauté, demain, c’en sera peut-être une autre. C’est la
même folie qui répond à la folie de Dieu, celle de l’amour infini. À cela j’ajoute, que si vous avez en
face de vous le plus heureux des prêtres, vous
avez également la plus heureuse des sœurs !" .
Après une telle entrée en matière, nous avons tous la certitude que, même la question la plus incongrue, aura une réponse édifiante. C’est pourquoi se succédent des questions d’ordre plus ou moins pratique. Le niveau des réponses ne baisse pas d’un iota.
À la question du
charisme de sa communauté, elle nous répond : "Nous essayons de vivre comme Marie au
sein de la sainte Trinité – comme s’il s’agissait
d’une simple évidence – elle poursuit, Marie
est la seule femme à être en Dieu avec son
corps et son âme. Nous essayons de vivre cette solitude de Marie en Dieu, grâce au silence et à
la communion fraternelle. Souvent, on me pose
la question de savoir comment cela est possible
de vivre la communion fraternelle dans le silence.
En réalité, dans le silence, il n’y a que cela à
vivre : la communion d’amour !"
Et sur l’organisation de leurs journées, elle réagit
immédiatement de sa voix douce et ferme à la
fois, et pleine de mesure : "Nous n’organisons
pas nos journées, nous les vivons ! Nous
les vivons, du moins
nous essayons, dans
une adoration perpétuelle,
comme Marie
les vivait elle-même pendant les trente
années de la vie
cachée du Christ.
Nous les vivons dans une solitude de communion
avec la sainte Trinité, afin de tendre à une
présence totale en Dieu, et ainsi, d’être en
contact avec le monde entier."
Enfin, quand un séminariste formule la demande qui doit brûler toutes les lèvres de ceux qui sont en présence d’une telle personne : "Mère, donnez- nous une parole", elle sortit d’une de ses poches, un petit livre usé par le temps et la prière en disant : "Vivez l’Évangile ! Ne vous attachez pas au fonctionnement, avalez la Parole de Dieu quelque soit son amertume. En effet, si nous incarnons toutes les Paroles du Christ, nous mettrons le feu sur la terre."

Bien sûr, il y eut aussi l’inévitable question de sa vocation. Elle nous répondit très gentiment, mais je pense que les mots que j’ai pu noter sont d’une épouvantable fadeur, s’ils sont détachés du regard brûlant et de la voix débordante d’humilité et d’amour de celle qui témoigna. Je rapporterai seulement : "Je bénis Dieu de m’avoir choisie. Celui qui est choisi devrait chanter le Magnificat du soir au matin, et même la nuit."
Et c’est ce que nous sommes allés faire, en participant à leur office de vêpres qui se termina par un "dialogue" de chants entre les sœurs et nous ; et nous avons été obligés de constater que leurs voix sont bien plus célestes que les nôtres…