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Publié le mercredi 27 juin 2007 , par Yann de Rauglaudre

"Être au service de l’Église", voilà une expression qui revient souvent dans la bouche du futur prêtre, né en 1979 et qui est entré dès la fin de ses études secondaires, au séminaire de Toulon.
"En 1997, on est allé avec des amis aux JMJ à Paris et j’ai été vraiment enthousiasmé par l’invitation qu’avait fait Jean Paul II de pouvoir se donner au service de l’Église. De retour, avec un copain, j’ai dit à mon curé : " on voudrait lancer une aumônerie, une aumônerie de jeunes " et il nous a répondu " moi j’ai soixante quinze ans, je vous laisse carte blanche. Vous lancez ça, vous invitez des jeunes, vous priez, vous faites des enseignements et puis on verra par la suite ". On a donc lancé cette aumônerie qui s’appelait Cap Nouveau "
"J’étais bien décidé à servir l’Église c’est-à-dire là où l’évêque m’enverrait car c’est de l’Église que l’on reçoit son projet. Au séminaire, au milieu de mon cycle de philosophie, j’ai fait un voyage découverte en Algérie qui était organisé par la mission étudiante et qui s’est passé dans le diocèse d’Alger : une semaine d’université d’été avec les étudiants de l’ENA, ici à Alger et une semaine d’insertion dans un service tenu par l’Église : grâce à cela, j’ai rencontré des échantillons de toute l’Église, ce fut très riche pour moi. J’y suis revenu une année en 2002/2003, au Centre des Glycines, pour connaître d’avantage l’Église et me faire une idée plus claire de ce qui pourrait être un appel pour moi dans cette Église d’Algérie. Lorsque est arrivé pour moi le moment de faire la demande d’ordination, j’ai écrit ma lettre, non pas à l’évêque de Toulon mais à celui d’Alger ; j’ai averti l’évêque de Toulon après coup. Celui-ci m’a dit qu’il allait m’aider, que c’était une belle démarche missionnaire et que si l’évêque d’Alger acceptait, je pourrais finir ma formation à Toulon. J’ai été ordonné diacre à Toulon par Monseigneur Rey mais pour le diocèse d’Alger".
"Lorsque j’étais au lycée, j’ai rencontré beaucoup d’algériens avec qui j’ai eu l’occasion d’échanger en profondeur sur la vie, sur la foi ; j’ai eu l’occasion de pouvoir parler de ce que en quoi je croyais et les gens à qui je parlais étaient toujours attentifs à ce qui m’habitait. Et puis, mes parents étaient coopérants ici, médecins en Kabylie ; ce pays faisait un peu partie de l’histoire de la famille ça m’a un peu marqué"
"Ce qui m’a marqué en venant ici, c’est qu’on puisse vivre sa foi simplement, la partager avec les gens qui nous sont proches, avec ceux avec qui on travaille et avec les chrétiens qui sont là. Je me suis rendu compte qu’en France, les rencontres que j’avais étaient trop informelles et que l’on passait d’une chose à une autre très rapidement alors qu’ici, on a le temps de creuser à la fois notre relation avec le Seigneur et avec les gens que l’on rencontre. Il y a un intérêt à approfondir la langue et la culture arabe, à connaître le monde musulman parce que dans les rencontres que je peux avoir, je me suis rendu compte qu’il y avait de mon côté une méfiance ou tout au moins une réticence du fait de la méconnaissance que j’en avais. Mais le fait de connaître, de rencontrer les gens là où je me trouve, cela fait tomber certaines barrières. L’Eglise en Algérie est fragile et elle a besoin de prêtres et de pasteurs qui puissent lui être dévoués dans la pastorale qu’elle a à mener".