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Exhortation apostolique "La Joie de l’Amour" ({Amoris Laetitia})

Paroisse Saint-Pie X à Toulon, 49 rue Henri Poincaré, 83000

  Publié le vendredi 8 avril 2016 , par Patrice Quesnel

Le Vatican a rendu publique ce vendredi 8 avril 2016 à midi l’exhortation apostolique que le pape François adresse à l’Eglise après les travaux des deux synodes des évêques sur le thème de la famille tenus en octobre 2014 et 2015.

Textes et clefs de lecture.


Plan de l’article :

- 0.0. Synthèse de l’exhortation apostolique post-synodale Amoris Laetitia


- 0. Texte intégral


- 1. Présentation en conférence de presse par le cardinal Lorenzo Baldissari, secrétaire général du Synode des évêques.


- 2. Commentaires en conférence de presse par le cardinal Schönborn, archevêque de Vienne, docteur en théologie.


- 3. Etude sur la structure et les significations du texte, par le Père Antonio Spadaro, S.J., directeur de la revue La Civiltà Cattolica.


0.0. Synthèse officielle en français (source Site du Saint-Siège)

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Amoris Laetitia, synthèse officielle (source VIS - 08/04/16)

0. Texte intégral en français (source Site du Saint-Siège).

Chirographe du Saint-Père François aux Evêques pour accompagner l’exhortation apostolique post-synodale “Amoris laetitia”, sur l’amour dans la famille, 08.04.2016

Chrirographe du pape François du 8 avril 2016 + JHS

Cité du Vatican, le 8 avril 2016

Cher frère,

Invoquant la protection de la Sainte Famille de Nazareth, je suis heureux de t’envoyer mon Exhortation « Amoris laetitia » pour le bien de toutes les familles et de toutes les personnes, jeunes et âgées, confiées à ton ministère pastoral.

Unis dans le Seigneur Jésus, avec Marie et Joseph, je te demande de ne pas oublier de prier pour moi.

Franciscus


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1. Présentation par le cardinal Lorenzo Baldisseri, secrétaire général du Synode des évêques.

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Lorenzo cardinal Baldisseri

Le cardinal secrétaire général du Synode [1] présenté, lors d’une conférence de presse, Amoris Laetitia (La joie de l’amour), exhortation apostolique sur l’amour dans la famille publiée officiellement ce vendredi 8 avril 2006 à midi sous le sceau du pape François :

Amoris Laetitia, a indiqué le Cardinal Baldisseri, est dans le sillage de l’exhortation Evangelii Gaudium, qui porte de la joie de l’Evangile à celle de l’amour vécu au sein de la famille. Le Synode a exposé la beauté de la famille en parlant de l’amour qui constitue le fondement de l’institution familiale. Trine, Dieu n’est pas solitude mais amour partagé. Dans son exhortation, approfondissant l’Evangile du mariage et de la famille, le Pape offre des orientations pastorales concrètes, porteuses dans la continuité de nouvelles dynamiques. L’ensemble des interventions des pères, attentivement écoutées, écrit le Pape, m’a proposé l’image du polyèdre, une image géométrique figurant déjà dans Evangelii Gaudium. De fait, le résultat des travaux synodaux rassemble une pluralité d’expériences et de positions des Eglises particulières. L’échange des opinions s’est fait en toute liberté et franchise, ce qui a permis un résultat presque unanimement partagé. D’autre part, le principe selon lequel le temps est supérieur à l’espace rappelle que prendre du temps est nécessaire et qu’il existe diverses modalités pour atteindre les solutions les plus adaptées cas par cas. L’exhortation ne dit-elle pas que si, dans l’Eglise, l’unité de doctrine et de pratique est nécessaire, cela n’interdit pas divers modes d’interprétation de certains aspects doctrinaux, ni les conséquences en dérivant. Ainsi le texte signale-t-il trois situations qui nécessitent de temps, la préparation au mariage, l’éducation des enfants et le deuil familial".

Le Cardinal a ensuite dit que, en harmonie avec le temps jubilaire que vit l’Eglise, la bonne clef de lecture de l’exhortation est la logique de la miséricorde pastorale. Au chapitre III notamment, le Pape affirme clairement la doctrine sur mariage et famille, proposée comme un idéal indispensable. Et à propos des jeunes, il écrit que pour éviter toute dérive d’interprétation, l’Eglise ne peut en aucune façon renoncer à proposer l’idéal complet du mariage comme projet de Dieu. En vue de prévenir sa rupture, l’effort pastoral de consolidation de l’union matrimoniale doit avoir le pas sur une pastorale de l’échec. Et puis le Pape n’oublie pas de se pencher sur la fragilité comme sur l’échec du mariage en reprenant un passage d’Evangelii Gaudium : Sans diminuer la valeur de l’idéal évangélique, il faut accompagner avec miséricorde et patience la croissance des personnes, jour après jour et en donnant toute sa place à la miséricorde du Seigneur qui nous encourage à faire le bien possible".

Puis il a abordé la question des sources. "Importante expression du pontificat, cette exhortation post-synodale constitue une belle synthèse de la question abordée et un projection vers l’horizon. Sa base sont les documents conclusifs des deux assemblées synodales (52 citations de la Relatio 2014 et 84 de la Relatio 215. Ainsi le Pape a-t-il attribué une part majeure au travail collégial du Synode. Enrichi de nombreuses citations patristiques, le texte propose aussi celles de grands maîtres de la théologie, de saint Thomas d’Aquin à saint Ignace de Loyola, de saint Robert Bellarmain à saint Jean de la Croix, et de théologiens ou d’écrivains contemporains comme Joseph Pieper, Antonin Sertillanges, Gabriel Marcel, Erich Fromm, sainte Thérèse de Lisieux, Dietrich Bonhoeffer, Jorge Luis Borges, Octavio Paz, Mario Benedetti ou Martin Luther King. Des Papes, sont cités Casti Connubii de Pie XI, Mystici Corporis Christi de Pie XII, Humanae Vitae de Paul VI, les catéchèses sur l’amour humain et Familiaris Consortio de Jean-Paul II, Deus Caritas Est de Benoît XVI, sans oublier Evangelii Gaudium et les catéchèses sur la famille du Pape François. En outre les documents conciliaires sont cités 22 fois, le Catéchisme de l’Eglise catholique 13 fois, ainsi que d’autres documents du Saint-Siège et de diverses conférences épiscopales". En outre, "le Pape salue une bonne vingtaine de fois le travail accompli en deux ans par les évêques et leurs Eglises".

Aux chapitres IV et V "le document met largement l’accent sur la beauté de l’amour conjugal et de la vie de famille, malgré le contexte de crise de cette institution... Cela constitue une méditation spirituelle et existentielle pour la vie des époux... qui proposent avec profondeur des lignes guide spirituelles pour la croissance de la charité conjugale". D’autre part, a rappelé le Cardinal Baldisseri, "l’évêque a la charge de conduire le peuple de Dieu à l’exemple du Bon Pasteur, qui appelle une à une ses brebis, et ce service pastoral inclut l’exercice du jugement... Il en découle par le biais des prêtres et autres agents pastoraux bien préparés qu’il prépare des mesures appropriées en faveur des époux en crise. Comme tout pasteur, le Pape veut appliquer sa paternelle sollicitude à une innombrable variété de situations. Il écrit notamment qu’on ne saurait attendre du synode comme de l’exhortation une nouvelle loi canonique applicable à l’ensemble des cas. C’est pourquoi, comme l’a affirmé le synode, il faut tenir compte des différents degrés de responsabilité et procéder avec discernement pastoral et responsabilité au cas par cas. Les baptisés remariés doivent être inclus, et l’exhortation est très claire sur ce point : Si leur participation peut s’exprimer dans divers services ecclésiaux, il convient de discerner celles des actuelles formes d’exclusion qui pourront être surmontées. Pour accompagner et intégrer les fidèles en situation irrégulière, les pasteurs doivent traiter ces personnes une à une. Les prêtres ont le devoir d’accompagner ces personnes sur la voie du discernement selon l’enseignement de l’Eglise et les orientations de l’évêque. En l’occurrence, il sera utile d’effectuer un examen de conscience au moyen de moments de réflexion et de repentance. Les divorcés remariés devront s’interroger sur leur comportement envers leurs enfants lors de la crise du couple, s’ils ont tout tenté pour la réconciliation, dans quelle situation se trouve le conjoint abandonné, quelles conséquences a eu la nouvelle relation sur le tissu familial et la communauté d’appartenance, quel mauvais exemple ils peuvent avoir offert aux jeunes qui se préparent au mariage. Ce discernement se produit grâce au dialogue avec le prêtre qui, au for interne, forme un jugement qui, correct, ne doit pas faire obstacle à une plus large participation de ce fidèle à la vie de l’Eglise. En vue de l’accomplissement de l’idéal matrimonial, l’exhortation souligne l’importance de la préparation des fiancés au sacrement...dans laquelle on doit insister sur les convictions doctrinales et les grandes ressources spirituelles dont dispose l’Eglise... Le document montre également la nécessité de poursuivre ce cheminement après la célébration, en particulier durant les premières années du mariage. Le Pape rappelle enfin aux jeunes époux que le mariage ne doit pas être considéré comme chose conclue, et qu’il faut tabler sur l’avenir en bâtissant jour après jour avec la grâce de Dieu". Amoris Laetitia "rappelle encore que les pères synodaux ont envisagé aussi le cas du seul mariage civil voire de l’union libre dans lesquels, faites les différences, il existe une stabilité du lien, une affection profonde, une responsabilité envers les enfants et une capacité à affronter les difficultés de la vie. Ceci doit être vu comme des occasions d’accompagner ces couples dans une démarche tendant au sacrement du mariage. Dans la prise en charge ou l’accompagnement des fragilités, dans le soin des blessures, le principe de la gradualité pastorale doit refléter la pédagogie divine. A l’image de Dieu qui prend soin de tous ses fils, à commencer par les plus faibles et éloignés, l’Eglise doit témoigner de son amour envers ceux des siens qui prennent part de manière imparfaite à la vie de la communauté ecclésiale. Tous doivent pouvoir y prendre part. Personne, écrit-il, ne peut être condamné à jamais. Ce n’est pas la logique de l’Evangile. En ne se limitant pas aux situations irrégulières, l’exhortation apostolique post-synodale ouvre donc le vaste horizon de la la grâce imméritée et de la miséricorde inconditionnelle à chacun, quelle que soit sa situation. Face aux grands bouleversements du monde, ainsi découvre-t-on la grandeur de Dieu et son amour pour l’homme qui, constamment blessé, a besoin d’être accueilli et soigné par le Christ, le Bon Samaritain de l’humanité. Dieu offre à l’humanité sa miséricorde car la société ne saurait être seulement régie par le rapport droits devoirs. C’est la dimension de la gratuité qui doit primer, et avant tout la miséricorde et la communion. D’où la nécessité de dépasser la vision humaine de la justice par un saut en avant qui ne peut venir que de l’amour miséricordieux face à la fragilité humaine. Amoris Laetitia entend toucher le cœur de l’Evangile et faire du bien à l’homme blessé : La miséricorde est la plénitude de la justice, écrit le Pape François, et la manifestation la plus éclatante de la vérité de Dieu".


2. Commentaires par le cardinal Schönborn, archevêque de Vienne, docteur en théologie.

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Christoph cardinal Schönborn

Au cours de la même conférence de presse, le cardinal Christoph Schönborn [2] livré un premier commentaire officiel sur ce texte. Le cardinal Schönborn, archevêque de Vienne, docteur en théologie, membre de la commission internationale de théologie, ancien secrétaire de la commission de rédaction du Catéchisme de l’Eglise Catholique, est un proche du pape François ; il a publié en 2015 avec le Père Antonio Spadaro, s.j., autre très proche du Pape, : Le regard du bon pasteur, éditions Parole et Silence et La Civiltà Cattolica.

Le Cardinal Christoph Schönborn a tout d’abord tenu à dire la raison pour laquelle il avait lu l’Exhortation avec joie, gratitude et une forte émotion : "Dans le discours ecclésial sur le mariage et la famille, il existe souvent la tendance, peut-être inconsciente, de tenir un discours sur deux voies quant à ces deux réalités de la vie. D’un côté, il y a les mariages et les familles qui sont en règle, où tout va bien, tout est en ordre, et puis il y a les situations irrégulières qui représentent un problème. Ne serait-ce que le terme d’irrégulier suggère que l’on puisse faire une telle distinction, avec tant de netteté. Ceux qui se retrouvent donc dans le camp des irréguliers doivent vivre avec le fait que, dans l’autre camp, se trouvent les personnes en règle. Je sais personnellement, en raison de la situation de ma propre famille, combien c’est difficile pour ceux qui viennent d’une famille patchwork. Le discours de l’Eglise peut blesser, il peut donner l’impression d’être exclu. Le Pape a placé son Exhortation sous le signe d’une phrase conductrice : Il s’agit d’intégrer tout le monde... Et il a réussi à parler de toutes les situations sans cataloguer, sans faire de catégories, avec ce regard fondamental de bienveillance qui a quelque chose à voir avec le cœur de Dieu et les yeux de Jésus qui n’excluent personne, qui accueille chacun et concède à tous la joie de l’Evangile. C’est pour cette raison que la lecture d’Amoris Laetitia est aussi réconfortante. Personne ne doit se sentir condamné ou méprisé. Dans ce climat accueillant, le discours de la vision chrétienne du mariage et de la famille devient une invitation, un encouragement, la joie de l’amour auquel nous pouvons croire et qui n’exclut personne, vraiment et sincèrement personne... Les deux autres mots-clefs du document sont discernement et accompagnement, qui ne sont pas uniquement valables pour les soi-disant situations irrégulières... Elles sont valables pour tous les hommes, pour tous les mariages et pour toutes les familles. En effet, tous sont en en chemin, et tous ont besoin de discernement et d’accompagnement".

Le principe continuel de l’inclusion, a poursuivi le Cardinal Schönborn, préoccupe certains. "Ne parle-t-on pas là en faveur du relativisme ? La tant évoquée miséricorde ne devient-elle pas trop permissive ? Il n’existe plus la clarté des limites à ne pas franchir, des situations qui objectivement doivent être définies comme irrégulières, immorales ? Cette exhortation ne favorise-t-elle pas un certain laxisme ? La miséricorde de Jésus n’est-elle pas au contraire, souvent, une miséricorde sévère et exigeante ?... Le Pape François ne laisse planer aucun doute sur ses intentions et sur notre devoir : En tant que chrétiens nous ne pouvons pas renoncer à proposer le mariage pour ne pas contredire la sensibilité actuelle, pour être à la mode, ou par complexe d’infériorité devant l’effondrement moral et humain. Nous priverions le monde des valeurs que nous pouvons et devons apporter. Certes, rester dans une dénonciation rhétorique des maux actuels, comme si nous pouvions ainsi changer quelque chose, n’a pas de sens. Mais il ne sert à rien non plus d’imposer des normes par la force de l’autorité. Nous devons faire un effort plus responsable et généreux, qui consiste à présenter les raisons et les motivations d’opter pour le mariage et la famille, de manière à ce que les personnes soient mieux disposées à répondre à la grâce que Dieu leur offre. Le Pape est convaincu que la vision chrétienne du mariage et de la famille a encore aujourd’hui une force d ?attraction inchangée. Mais il exige une salutaire réaction d’autocritique... Parfois, notre manière de présenter les convictions chrétiennes, et la manière de traiter les personnes ont contribué à provoquer ce dont nous nous plaignons aujourd’hui. Nous avons présenté un idéal théologique du mariage trop abstrait, presque artificiellement construit, loin de la situation concrète et des possibilités effectives des familles réelles. Cette idéalisation excessive, surtout quand nous n’avons pas éveillé la confiance en la grâce, n’a pas rendu le mariage plus désirable et attractif, bien au contraire... Pendant longtemps, nous avons cru qu’en insistant seulement sur des questions doctrinales, bioéthiques et morales, sans encourager l’ouverture à la grâce, nous soutenions déjà suffisamment les familles, consolidions le lien des époux et donnions un sens à leur vie commune. Nous avons du mal à présenter le mariage davantage comme un chemin dynamique de développement et d’épanouissement, que comme un poids à supporter toute la vie. Il nous coûte aussi de laisser de la place à la conscience des fidèles qui souvent répondent de leur mieux à l’Evangile avec leurs limites et peuvent exercer leur propre discernement dans des situations où tous les schémas sont battus en brèche. Nous sommes appelés à former les consciences, mais non à prétendre nous substituer à elles".

Le Pape, a ajouté le Cardinal, "parle d’une profonde confiance dans les cœurs et dans la nostalgie des hommes. Ses prises de positions sur l’éducation l’expriment très bien. On y perçoit la grande tradition jésuite de l’éducation à la responsabilité personnelle. Il parle des deux dangers contraires que sont le laissez-faire et l’obsession de vouloir tout contrôler et tout dominer... Or nous sommes appelés à former les consciences, mais non à prétendre nous substituer à elles. Evidemment, la grande question est de savoir comment se forme la conscience ? Comment parvenir à ce qui est le concept-clef de ce grand document, la clef pour comprendre correctement les intentions du Pape, surtout dans les situations difficiles, ou complexes ?". Il faut trouver le "discernement, un concept central des exercices ignaciens qui doivent aider à discerner la volonté de Dieu dans les situations concrètes de la vie. C’est le discernement qui porte les personnes à acquérir une personnalité mature et le chemin chrétien veut être une aide afin d’atteindre cette maturité personnelle, non pour former des automates conditionnés par l’extérieur, télécommandés, mais des personnes qui ont mûri grâce à leur amitié avec le Christ... Le huitième chapitre parle du discernement pastoral... Nombreux seront ceux qui sauteront les deux chapitres centraux d’Amoris Laetitia pour arriver directement aux points critiques. En fin pédagogue, le Pape sait bien que rien n’attire ni ne motive aussi fortement que l’expérience positive de l’amour".

C’est ici que croître, une autre parole-clef d’Amoris Laetitia, trouve sa place : "Nulle part ailleurs, ne se manifeste aussi clairement le fait que l’amour est un processus dynamique qui peut grandir, mais aussi se refroidir. Je ne peux qu’inviter à lire et déguster ce délicieux chapitre. Je tiens à souligner qu’ici le Pape parle avec une rare clarté, du rôle qu’ont également les passions, les émotions, l’éros et la sexualité dans la vie matrimoniale et familiale. Ce n’est pas un hasard s’il s’appuie sur Thomas d’Aquin, lui qui attribue aux passions un rôle tellement important, tandis que la morale moderne, souvent puritaine, les a décréditées ou négligées. En cela le titre de l’exhortation s’exprime pleinement...car on comprend comment il est possible de réussir à découvrir la valeur et la richesse du mariage. Mais, c’est également là que l’on se rend compte, douloureusement, combien les blessures d’amour font mal, combien les échecs de nos expériences relationnelles nous lacèrent. Pour cette raison, il n’est pas étonnant que ce soit en particulier le chapitre huit qui attire l’attention et suscite l’intérêt. En effet, la manière dont l’Eglise traite ces blessures, ces échecs de l’amour, est devenu une question-test pour comprendre si l’Eglise est vraiment le lieu où il est possible d’expérimenter la Miséricorde de Dieu.... Le Pape fait siennes, de manière explicite, les déclarations que les deux synodes lui ont présentées.. Et en ce qui concerne les divorcés remariés au civil, il déclare accueillir les considérations de beaucoup de pères synodaux, qui ont voulu signaler que la logique de l ?intégration est la clef de leur accompagnement pastoral. Ils ne doivent pas se sentir excommuniés, mais ils peuvent vivre et mûrir comme membres vivants de l’Eglise, la sentant comme une mère qui les accueille toujours. Mais qu’est-ce que cela signifie concrètement ? Nombreux se posent cette question, à juste titre. Les réponses décisives se trouvent dans Amoris Laetitia, au paragraphe 300. Elles...fournissent un éclaircissement important et une indication quant au chemin à suivre... Nombreux attendaient une nouvelle norme canonique. Ils resteront déçus. Qu’est-ce qui est possible ? Le Pape le dit clairement : Il faut seulement un nouvel encouragement au discernement responsable personnel et pastoral des cas particuliers, qui devrait reconnaître que, étant donné que le degré de responsabilité n’est pas le même dans tous les cas".

"Comment peut et doit être ce discernement personnel et pastoral ?... Il s’agit d’un itinéraire d’accompagnement et de discernement qui oriente ces fidèles à la prise de conscience de leur situation devant Dieu. Le Pape rappelle également que ce discernement ne pourra jamais s’exonérer des exigences de vérité et de charité de l’Evangile proposées par l’Eglise... L’Eglise ne doit d’aucune manière renoncer à proposer l’idéal complet du mariage, le projet de Dieu dans toute sa grandeur. On se demande naturellement ce que dit le Pape à propos de l’accès aux sacrements pour les personnes qui vivent en situations irrégulières. Benoît XVI avait déjà dit qu’il n’existait pas de simples recettes. Ainsi est simplement rappelée la nécessité de bien discerner les situations selon les lignes de Familiaris Consortio de Jean-Paul II. Le discernement doit aider à trouver les chemins possibles de réponse à Dieu et de croissance au milieu des limitations. En croyant que tout est blanc ou noir, nous fermons parfois le chemin de la grâce et de la croissance, et nous décourageons des cheminements de sanctifications qui rendent gloire à Dieu... Le Pape affirme, de manière humble et simple, dans une note que l’on peut aussi apporter l’aide des sacrements dans certains cas. Mais dans ce but, il n’offre pas de casuistique, de recettes... Le fait que le discernement des situations ne soit pas réglé de manière plus précise, n’est-ce pas un défi excessif pour les pasteurs, les guides spirituels, pour les communautés ?... En posant trop de conditions à la miséricorde, nous la vidons de son sens concret et de signification réelle. C’est la pire façon de liquéfier l’Evangile. En somme le Pape François s’en remet à la joie de l’amour, qui sait trouver le chemin. C’est la boussole qui indique la route. Ceci est l’objectif et le chemin même, parce que Dieu est l’amour et parce que l’amour demeure en Dieu. Rien n’est aussi exigeant que l’amour. Et on ne peut l’avoir à bon marché. Pour cela, personne ne doit redouter le fait que le Pape nous invite, avec Amoris Laetitia, à un chemin trop facile. Le chemin n’est pas facile, mais il est plein de joie !".


3. Etude du Père Antonio Spadaro, S.J.

Le Père Antonio Spadaro, S.J., est jésuite, ami très proche du Pape François et directeur de la revue "La Civiltà Cattolica" souvent présentée comme la voix officieuse du Pape, qui fait donc autorité pour éclairer les gestes et propos du Saint-Père.

Il a publié sur son blog "Cyberteologia.it", dès ce 8 avril à 12h27 un très long commentaire intitulé "« The Joy of Love », The Structure and Meaning of Pope Francis’ Post-Synodal Apostolic Exhortation", disponible pour l’instant en italien et en anglais, que nous reproduisons ci-après (cliquer sur l’image) —>

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Amoris Laetitia, Commentaires par A. Spadaro, SJ


[1] Source Wikipédia : Biographie

Ordonné prêtre à Pise en 1963, Lorenzo Baldisseri étudie à l’université pontificale du Latran, puis à l’université de Pérouse de 1970 à 1973, avant son affectation au service diplomatique du Saint-Siège, en poste au Guatemala. Dans ce cadre, il travaille dans de nombreux pays du monde. En 1992, le pape Jean-Paul II le nomme nonce apostolique à Haïti. Dans le même temps, il est nommé archevêque titulaire de Diocletiana. Pendant son séjour en Haïti, Mgr Baldisseri est témoin de la guerre civile. Il est ensuite nommé à la nonciature apostolique au Paraguay (1995-1999), en Inde et au Népal (2000-2002), et au Brésil (2002-2012).

Le 11 janvier 2012, il est nommé secrétaire de la Congrégation pour les évêques, en remplacement du Portugais Manuel Monteiro de Castro, promu à la Pénitencerie apostolique quelques jours auparavant. À ce titre, il supervise la sélection des nouveaux évêques en dehors des territoires de mission ou des zones qui relèvent de la compétence de la Congrégation pour les Églises orientales, avant l’approbation du pape. Il organise aussi les visites ad limina que chaque évêque doit réaliser tous les cinq ans et il prépare la création de nouveaux diocèses.

Le 21 septembre 2013, lors du premier mouvement d’ampleur de son pontificat au sein de la curie, le pape François le nomme secrétaire général du synode des évêques.

Le 16 décembre 2013, il est nommé par le pape François, membre de la Congrégation pour les évêques.

Conclave de 2013

Traditionnellement, le secrétaire de la Congrégation pour les évêques est également secrétaire du Collège des cardinaux. Le 7 mars 2012, le pape Benoît XVI le nomme à ce poste1. Il est donc le secrétaire du conclave de 2013 chargé d’élire le successeur de Benoît XVI. À l’issue du conclave, le 13 mars 2013, lorsqu’il promet obéissance au pape élu à la suite des cardinaux, celui-ci lui impose sa propre calotte cardinalice selon une tradition ancienne qui veut que le secrétaire du conclave soit nommé cardinal par le pape nouvellement élu lors du premier consistoire qu’il convoque3,4. Cette tradition n’a toutefois pas toujours été respectée.

Cardinal

Le dimanche 12 janvier 2014, le pape François annonce au cours de l’Angélus, sa création comme cardinal qui aura lieu le 22 février 2014 en même temps que celle de 185 autres prélats 6.

Il est créé cardinal par le pape François le 22 février 2014 comme annoncé, et reçois la diaconie Sant’Anselmo all’Aventino comme titre cardinalice7.

Le 22 mai 2014, il est nommé membre de la Congrégation pour la cause des saints et de la congrégation pour les évêques8.

Il est nommé membre de la congrégation pour l’évangélisation des peuples le 13 septembre 20149.


[2] Source Wikipédia :

Biographie

Jeunesse et formation

Christoph Schönborn (historiquement comte de Schönborn-Buchheim) est né le 22 janvier 1945 d’une des plus importantes familles de la haute noblesse allemande de Bohême, il habite en Autriche dès septembre 1945. Il étudie à Schruns et Bludenz (Vorarlberg). Lorsqu’il a 13 ans, ses parents divorcent, il qualifiera ce moment plus tard comme : « le soir où j’ai appris leur séparation a été l’un des moments les plus douloureux de ma vie »1

De cette famille sont issus une bonne dizaine de prélats de la haute hiérarchie ecclésiastique de l’âge baroque (XVIIe et XVIIIe S.). On y recense en effet plusieurs princes-archevêques de Mayence ou de Trèves ainsi que plusieurs princes-évêques de Bamberg, de Spire ou de Wurtzbourg.

En 1963, Christoph Schönborn entre chez les Dominicains. Il commence ses études supérieures dans une école de l’Ordre à Walberberg, près de Bonn, pour la philosophie et la théologie, et au Saulchoir en France en théologie, puis à l’université de Vienne en philosophie et psychologie, à l’École pratique des hautes études à la Sorbonne (christianisme slave et byzantin) et à l’Institut catholique de Paris (théologie).

Il est ordonné prêtre le 27 décembre 1970. Il obtient la licence et le lectorat en théologie en 1971, puis un doctorat à Paris en 1974.

Prêtre

Il est aumônier des étudiants à Graz de 1973 à 1975, puis devient professeur extraordinaire de dogmatique à l’Université de Fribourg en Suisse. À partir de 1978, il est professeur auxiliaire de théologie chrétienne orientale, et professeur de dogmatique de 1981 à 1991.

Il est aussi appelé dans différentes commissions d’experts : Commission théologique de la conférence épiscopale suisse (1980-1991), Commission suisse pour le dialogue entre orthodoxes et catholiques (1980-1987), Commission pour le dialogue entre catholiques romains et autres chrétiens (1980-1984).

Mais surtout, il est membre de la Commission théologique internationale à partir de 1980 et de la fondation Pro Oriente, depuis 1984.

Il assume la responsabilité de secrétaire de la commission pour la rédaction du Catéchisme de l’Église catholique (1987-1992).

Évêque

Jean-Paul II le nomme évêque auxiliaire de Vienne le 11 juillet 1991, puis le 13 avril 1995 archevêque coadjuteur2. Il succède au cardinal Groër le 14 septembre 1995. Il prêche les exercices spirituels au Vatican pour le carême 1996.

Il est élu président de la Conférence épiscopale autrichienne en juin 1998. Il est l’auteur d’un grand nombre d’ouvrages et de nombreuses interventions sur les questions européennes.

Cardinal

Il est créé cardinal par le pape Jean-Paul II lors du consistoire du 21 février 1998 avec le titre de cardinal-prêtre de Gesù Divin Lavoratore. Il participe au conclave de 2005 et à celui de 2013 qui élisent respectivement les papes Benoît XVI et François.

Il est confronté en 2011 à un mouvement de prêtres conduit par son ancien vicaire général Helmut Schüller demandant des réformes de la prêtrise3. Le cardinal von Schönborn est grand aumônier de l’ordre autrichien de la Toison d’or.

Il s’est rendu en pèlerinage à Medjugorje en Bosnie-Herzégovine où six personnes affirment voir la Vierge leur apparaître depuis 1981. Ces apparitions n’ont toutefois pas encore reçu de reconnaissance officielle de l’Église catholique.

Il entretient de bonnes relations avec les orthodoxes viennois4. Il est également proche des milieux de la nouvelle évangélisation.

Ouvrage

Avec le père Antonio Spadaro, Le regard du bon pasteur, éditions Parole et Silence, La Civilta Cattolica, 2015.
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