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"Que Dieu lui-même achève en vous
ce qu’il a commencé"

(Rituel de l’ordination)

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Faire célébrer une messe ?

  Publié le mardi 12 février 2013 , par Yann de Rauglaudre

Faire célébrer une messe à une intention particulière est-ce possible ?
Nombreux de nos contemporains l’ignorent, et pourtant il s’agit là d’une pratique des plus anciennes dans notre Eglise.
En dehors de l’assemblée des dimanches et fêtes, la tradition a reconnu et favorise l’offrande de l’eucharistie par et pour des groupes de fidèles ou des fidèles en particulier, vivants ou défunts.


Intention de messe

Sans tarder, il est cependant nécessaire de préciser ce que l’on entend par "intention de messe".

L’intention de messe c’est la prière que l’on veut faire porter au cœur même de la prière par excellence : le sacrifice eucharistique.

Cette intention de prière peut-être :
- soit personnelle et concerner tous les domaines de sa propre vie : santé, travail, vocation, études… ;
- soit pour d’autres personnes : les membres de sa famille, les jeunes, les personnes âgées, la paix dans tel ou tel pays en guerre, une population victime de la famine ou d’une catastrophe naturelle, l’unité des chrétiens, etc. ;
- soit en action de grâces pour tel ou tel événement vécu : anniversaire, fiançailles, noces d’or ou d’argent, ordination sacerdotale, santé, paix, unité familiale retrouvée… ;
- soit pour confier un défunt à la miséricorde du Seigneur.

Une telle pratique à l’intention des défunts semble avoir existé dès le 2ème ou 3ème siècle, d’abord plutôt pour des anniversaires qu’au jour même de l’enterrement. Ainsi "dès les premiers temps, l’Eglise a honoré la mémoire des défunts et offert des suffrages en leur faveur, en particulier le sacrifice eucharistique, afin que, purifiés, ils puissent parvenir à la vision béatifique de Dieu. L’Eglise recommande aussi les aumônes, les indulgences et les œuvres de pénitence en faveur des défunts…" [1] Et dans une homélie de St. Jean Chrysostome nous pouvons lire : "Portons-leur secours et faisons-leur commémoraison. Si les fils de Job ont été purifiés par le sacrifice de leur père (cf. Jb. 1,5), pourquoi douterions-nous que nos offrandes pour les morts leur apportent quelque consolation ? N’hésitons pas à porter secours à ceux qui sont partis et à offrir nos prières pour eux".

Une messe célébrée à l’intention d’un défunt a une valeur inestimable. C’est le plus beau cadeau qu’on puisse offrir à un être cher qui nous a quittés, la prière la plus puissante à son égard.

Si les messes célébrées pour les défunts sont celles qui sont le plus fréquemment demandées, nous pouvons aussi faire célébrer une messe en l’honneur de la bienheureuse Vierge Marie ou d’autres saints.

Sens de l’offrande

Mais on peut se demander si une telle pratique n’est pas en contradiction avec le fait que l’eucharistie est célébrée pour le monde entier et qu’elle a toujours valeur universelle.

Certes, la messe est le sacrifice du Christ auquel s’unit toute l’Eglise, celle du ciel comme celle de la terre. Cependant, chaque célébrant peut joindre à la grande prière de l’Eglise les intentions particulières qui lui seraient confiées. D’ailleurs, les textes des Prières Eucharistiques prévoient l’inclusion de telles intentions particulières.

On peut être gêné par le fait d’avoir à payer une messe, comme si on pouvait acheter la faveur de Dieu. Il faut d’abord rappeler que l’eucharistie de la communauté chrétienne a toujours comporté l’offrande matérielle faite par les fidèles, sous des formes diverses : offrande du pain et du vin pour l’eucharistie, et conjointement offrande pour les besoins de l’Eglise, la subsistance du clergé et celle des pauvres. Cette tradition n’est pas une invention du christianisme : déjà dans l’Ancien Testament, les prêtres recevaient une part des sacrifices faits à Dieu (Lv. 2 et 7). Il y a donc une antique tradition qui témoigne que le prêtre doit toujours pouvoir vivre de l’autel, c’est à dire, de la part que Dieu lui fait dans les biens que les hommes offrent au Seigneur. L’actuel code de droit canon légitime d’ailleurs cette pratique en précisant que "selon l’usage approuvé de l’Eglise, tout prêtre célébrant ou concélébrant la Messe peut recevoir une offrande, pour qu’il applique la Messe à une intention déterminée". (Canon 945).

Ensuite, bien évidemment, on n’achète ni la puissance ni la miséricorde de Dieu ! Ce trafic des biens spirituels est d’ailleurs condamné dans les Actes des Apôtres à travers les agissements de Simon le magicien (Ac. 8, 9-25) qui visaient à enchaîner à prix d’argent la puissance de Dieu, ce qui est dérisoire. La messe n’a pas de prix. Le prix qu’a payé le Christ en se sacrifiant est infini. On n’achète pas une messe, on n’achète pas Dieu pour quelques pièces de monnaie. On ne peut donc pas parler de prix en ce qui concerne la somme versée pour une intention de messe, mais bien plutôt d’offrande ou d’honoraires. Cet argent n’est pas pour payer la messe, mais pour aider le prêtre à vivre : cette offrande est alors une participation financière dont le but principal est de subvenir aux besoins du prêtre et de sa communauté et pour contribuer aux frais de sa mission. Le prêtre ne peut être humilié en recevant ce don de la part du fidèle ; ce n’est pas une aumône qu’on lui fait, c’est un mandat qu’on lui confie, celui de porter à l’autel par l’exercice de son ministère le don que le fidèle offre à l’autel ; et c’est de l’autel, de par une volonté divine, qu’il recevra ce qui sert à sa subsistance : "celui qui sert à l’autel participe à l’autel". (1 Co 9, 13-14) . Quant au fidèle, il est grandement honoré. En donnant son offrande, il exerce de façon excellente ce sacerdoce commun que tout baptisé possède, que le Concile Vatican II a rappelé et qui consiste précisément à offrir à Dieu supplications et oblations. Il use d’un des moyens les plus efficaces pour obtenir la grâce qu’il désire. En même temps, il satisfait au moins en partie à son devoir de chrétien, qui est d’aider l’Eglise dans ses besoins matériels en portant sur l’autel ce que Dieu réserve à ses prêtres (Canon 946).

Faire une offrande, c’est essentiellement s’offrir soi-même, c’est un geste d’association au sacrifice salutaire du Christ, en offrant une partie de son bien, fruit de son travail, de sa peine. Il faut bien retenir cependant que dans l’Eucharistie, il n’y a pas d’autre offrande que celle du Christ à son Père auquel se joint l’offrande de toute l’Eglise. Or, ce que l’Eglise a de plus précieux à offrir c’est le Christ lui-même : son Corps et son Sang. Faire célébrer une messe, c’est alors faire déposer sur la patène, avec l’offrande du Christ, notre supplique : la présenter devant le Seigneur, devant ses anges et ses saints.

Un apport indispensable

Certains pourraient penser que l’Eglise est assez riche pour subvenir aux besoins de ses prêtres. Evitons de penser à l’Eglise comme certains pensent à l’Etat : une source inépuisable de subsides ou de subventions de toutes sortes. Sur le plan matériel, l’Eglise c’est nous.

Par rapport à l’Etat, en France, à cause de la loi de séparation des Eglises et de l’Etat en 1905, l’Eglise ne jouit d’aucune subvention ni de privilèges spéciaux, et, généralement, l’économie des diocèses est davantage marquée par les charges que par les bénéfices. La vie matérielle de l’Eglise ne repose donc que sur la contribution volontaire des fidèles. Le denier n’est pas un moyen de subsistance suffisant pour nos prêtres. L’apport des offrandes de messes leur est indispensable.
Quel est le montant de l’offrande pour une messe ? Le montant de l’offrande est fixé par l’Assemblée des Evêques : actuellement 16 € pour une messe. Cette tarification est utile pour rendre justement dérisoire le prix (d’argent) par rapport à la valeur, infinie, du Sacrifice unique du Christ : ainsi nul ne pourra croire que son salut vaut 16 €. Il va de soi qu’un prêtre est tenu de célébrer la messe, sans recevoir d’offrande ou en ne recevant l’offrande que d’un euro symbolique, si l’intention est demandée par une personne n’ayant aucune ressource.

On peut aussi faire célébrer des neuvaines [2] ou des trentains grégoriens. [3]

Il faut savoir que, dans notre diocèse, les quêtes qui sont faites à l’occasion des obsèques sont affectées à la célébration de messes pour les défunts.

Comment demander qu’une messe soit célébrée à une intention particulière ?

La façon la plus simple consiste à vous adresser au prêtre de votre paroisse ou à un prêtre de votre connaissance. Si on souhaite la discrétion, on peut indiquer simplement au prêtre de célébrer pour une intention particulière, sans davantage de précisions. La date de la célébration est fixée avec le célébrant, ainsi, si on ne peut pas y assister, on peut au moins s’y unir par la prière. Le prêtre regroupe autour de lui toute l’assemblée, toute l’Eglise du ciel et de la terre, pour la prière aux intentions particulières de chacun de ses membres.

Terminons simplement par une citation du Saint Curé d’Ars : "Toutes les bonnes œuvres réunies n’équivalent pas au sacrifice de la messe parce qu’elles sont l’œuvre des hommes, et la Sainte Messe, l’œuvre de Dieu : elle est le sacrifice que Dieu fait aux hommes de son Corps et de son Sang".

Mgr Jean-Yves MOLINAS, vicaire général



[1] Catéchisme de l’Eglise catholique n°1032)

[2] Une neuvaine est la célébration de 9 messes consécutives (9 jours sans interruption)

[3] Un trentain est la célébration de 30 messes consécutives (30 jours sans interruption). Il n’est cependant pas nécessaire qu’elles soient célébrées par le même prêtre.

Le Trentain Grégorien est un usage très ancien qui remonte à la fin du VIème siècle, au Pape saint Grégoire le Grand. Avant d’être Pape, il était abbé de l’abbaye de St. André, à Rome. Un de ses moines, bon médecin et bon religieux, Justus, mourut et l’on trouva dans sa cellule des pièces d’or. A cette époque, les mœurs étaient rudes, la discipline exigeante : le Père Abbé ne badina pas avec cette faute qui était grave. Il fit jeter le cadavre du moine avec les pièces d’or à la décharge publique et chaque moine jeta sur le corps une malédiction : "Que ton argent aille avec toi à la perdition". (Cf. Actes 8,20) Cependant la miséricorde l’emporta dans le cœur de l’abbé qui fit célébrer la messe pendant trente jours pour la délivrance du malheureux. Au terme du trentain, le moine Justus apparut à l’un de ses frères et lui annonça qu’il était délivré du Purgatoire grâce à ces messes. Le Pape Benoît XIV, en 1752, la Congrégation pour les indulgences, en 1884, puis un décret du 10 janvier 1889, ont fait l’éloge de cette coutume qualifiée de « pieuse, approuvée et raisonnable ».










 
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