Hyères
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Paroisses d’Hyères
Publié le mercredi 15 novembre 2006 , par Paroisses d’Hyères
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FIGURES
DE LA CHRÉTIENTÉ HYÈROISE
Sainte-Douceline
et son frère Hugues
Saint- Louis Roi Jean-Baptiste Massillon Saint-Jean Bosco par
Jacques Berger
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Ste DoucelineL’
essor de la ville
d’Hyères a vraiment commencé à s’affirmer aux XIème
et XIIème siècles, époque où
apparurent les grands personnages du christianisme qui
insufflèrent un renouveau de la spiritualité lequel
nourrit encore aujourd’hui les fidèles : Saint-Dominique,
Saint-François d’Assise, Saint-Antoine de Padoue, Saint-Thomas
d’Aquin, Saint-Bonaventure, Saint-Albert le Grand.
Les Hyèrois ne pouvaient être insensibles à ce foisonnement propice à la prise de conscience des valeurs évangéliques. Parmi eux apparaît une âme exceptionnelle de sainte, celle de Douceline qui a eu la chance d’être encouragée dans la voie de la perfection par son frère Hugues, personnage connu pour son érudition et son rayonnement spirituel. Or Hugues avait pris l’habit des franciscains, ceux-là mêmes qui imprimèrent à Hyères par leur présence, couvent et église (dédiée plus tard à Saint-Louis), une force religieuse remarquable. ![]() Façade de l’église Ste Douceline (céramique de Philippe Meyer) Douceline et Hugues recueillis au pied de la croix et une béguine représentant le peuple chrétien. Béranger, le père de Hugues et Douceline, marchand ambulant, était de Digne où il avait rencontré leur mère Huguette. Le garçon naquit en cette ville vers 1205, sa sœur en 1214. La famille, installée à Barjols, était exemplaire, les enfants reçurent une éducation religieuse et intellectuelle d’une grande qualité. Douceline, dit sa biographe, était réfléchie et pieuse, parfois perdue en méditation elle avouait qu’elle était "là-haut avec les anges". Hugues se passionnait pour les livres sacrés et profanes. Huguette mourut alors que Douceline n’avait encore que quinze ans et pour oublier cette grande peine ils vinrent vivre à Hyères. La très jeune fille se comporta en maîtresse de maison exemplaire et elle s’imprégna de l’esprit franciscain qui commençait à souffler sur la ville où les frères cordeliers avaient implanté une petite communauté. Elle couchait sur de la paille, visitait les malades, recevait et servait les pauvres que Béranger ramenait à la maison. Hugues, lui aussi édifié par l’enseignement et l’exemple des frères franciscains, décida de se vouer au service de l’Église. Pour en être digne et conforter son jugement il alla inlassablement quêter l’enseignement des maîtres les plus respectés : en Italie, à Lyon, à Paris, se forgeant une solide culture religieuse qui allait faire de lui un conseiller des âmes réputé dans toute la Provence après qu’il eut revêtu la bure des cordeliers en 1236. Après la mort de Béranger, Douceline se consacra totalement aux pauvres de sa cité s’entourant d’autres femmes vouées à la charité. Conseillé par Hugues, elle adopta l’habit de "béguine" (religieuse laïque). Ainsi se forma à Hyères un groupe de personnes modèles, que les Hyèrois appelèrent "Dames du Roubaud", du nom de la petite rivière locale près de laquelle elles avaient un lieu de réunion et de prière. En 1240, toujours guidée par son frère, elle prononça des vœux de virginité et de pauvreté, imitée par d’autres Dames qui lui donnèrent le nom de "Sainte Mère" puisqu’elle dirigeait les prières, les offices et les activités de cette communauté exemplaire. En 1250 Hugues ayant opté pour le couvent de Marseille, il invita sa sœur à venir y créer une autre "Maison du Roubaud" près de l’actuelle église Saint-Théodore.
Considérée Sainte déjà de son vivantDouceline vit sa nouvelle communauté Marseillaise s’étoffer rapidement et on n’hésitait pas, dans toute la Provence, à la dire sainte, surtout après la mort de son frère Hugues en 1255. De lui elle avait acquis la sagesse et la force de caractère de sorte que l’on venait à elle avec la certitude que Dieu et Notre-Dame lui inspiraient les paroles les plus justes et que ses prières étaient efficaces. C’est ainsi que Béatrix, l’épouse de Charles, duc d’Anjou, comte de Provence, la voulut près d’elle lorsqu’elle fut enceinte. Amie et protectrice des plus pauvres elle fut donc aussi la conseillère habituelle de la Cour qui ne manquait pas de solliciter ses avis judicieux. Ses extases durant les offices de prière contribuèrent à attirer à elle ceux qui avaient confiance en sa puissance d’intercession et on lui a attribué plus d’un miracle. Elle mourut épuisée pour s’être trop consacrée à la prière et au dévouement auprès des autres le 1er septembre 1274 à l’âge de 60 ans entourée des sœurs de son ordre et des frères cordeliers qui n’avaient cessé de la considérer comme franciscaine. Son corps a d’abord reposé près de celui de son frère Hugues dans l’église des Frères Mineurs qui fut démolie en 1524 parce que hors des remparts de Marseille. Les ossements qui on été recueillis en ce lieu, et parmi lesquels se trouvaient, peut-on penser, ceux de Douceline et de son frère Hugues, furent transportés à l’église Majeure, dite aujourd’hui "Vieille Major". Celle-ci fut en partie détruite en 1857 pour la construction de la nouvelle cathédrale. On sait que les restes des évêques du passé ont alors été pieusement rassemblés et répartis dans les tombeaux des autels, on aime à penser que s’ y trouvent les reliques de Douceline. Le roi Louis IX à l’écoute de Frère HuguesP
our le Roi Louis IX,
Hyères a représenté la fin d’un long cauchemar et
ce fut comme une renaissance. Le court séjour qu’il y fit lui a
laissé un souvenir lumineux et il en a été
reconnaissant.
![]() Statue de St Louis vénérée à St Denis (copie dans l’église St Louis d’Hyères) La septième Croisade avait été calamiteuse. Obligé de battre en retraite en Égypte, fait prisonnier, libéré contre rançon, malade il rentrait en son royaume de France par la mer lorsque sa flotte vint à relâcher en vue d’Hyères en juillet 1254. Il refusait de descendre à terre, la Provence n’étant pas à lui. Ses proches l’en persuadèrent cependant et il fut accueilli par une foule en liesse qui l’accompagna jusqu’au château où il fut reçu en hôte de marque. On lui parla alors d’un "très vaillant cordelier qui allait prêchant parmi le pays, ayant nom frère Hugues de Digne." Louis tint à faire sa connaissance et souhaita l’entendre prêcher dans l’église des cordeliers. Loin de jouer au courtisan, Hugues s’exprima avec une franchise particulièrement audacieuse, reprochant au Roi de s’entourer de trop de gens d’Église faisant bonne chère et trop prompts à la flatterie. Une telle audace plut au Roi qui voulut le garder auprès de lui comme conseiller, ce que refusa Hugues. Lors de sa dernière prédication Hugues s’adressa encore au Roi : "Sire, retenez bien ceci : Que le Roi de France fasse bonne justice. Qu’il soit droit justicier. Alors Dieu tiendra son royaume en paix toute sa vie." Et l’on dit que Louis en bon souvenir ordonna la restauration de l’église des cordeliers que l’on montra à Henri IV en 1560 comme fondée par son aïeul. Jean-Baptiste Massillon, prédicateur des rois, évêque de Clermont, membre de l’Académie"Mon père, j’ai entendu plusieurs grands orateur dans ma chapelle, j’en ai été fort content. Pour vous, toutes les fois que je vous entends, je suis mécontent de moi-même"A
insi s’est adressé
Louis XIV à Jean-Baptiste Massillon, prêtre de l’Oratoire,
qui allait être évêque de Clermont, membre de
l’Académie Française, et qui est né à
Hyères au n° 7 de la rue Rabaton, à l’ombre de la
tour Saint-Blaise des Templiers, le 24 juin 1663.
Le Roi Soleil le tenait pour l’un des plus grands prédicateurs. Quand la lumière du souverain s’est éteinte, l’éloquent enfant d’Hyères médita sur l’évènement en une oraison funèbre qui commençait par ces mots restés célèbres : "Dieu seul est grand, mes frères"
Ses parents le destinaient au barreau mais il choisit d’entrer dans les ordres à l’âge de 18 ans. Études de théologie à Arles, il est un élève intelligent et même brillant. Il enseigne les lettres et la rhétorique puis la théologie au séminaire deVienne alors qu’il n’a que 26 ans et on le dit déjà excellent pédagogue. Ordonné prêtre en 1691 dès l’année suivante il prononce l’oraison funèbre de l’archevêque deVienne et son talent sera si évident qu’on l’applaudira ! Le supérieur de l’Oratoire a vite saisi sa grande intelligence et l’appelle à la maison de Lyon puis au séminaire de Saint-Magloire à Paris où il attire de plus en plus d’auditeurs. On le demande à Montpellier pour le carême, et à Lyon on le charge de l’oraison funèbre de l’archevêque Camille Villeroy. Sa célébrité est faite. En 1699 on lui demande de prêcher le carême de l’Oratoire à Paris, rue Saint-Honoré. Un chroniqueur rapporte : "Il ne tonnait point dans la chaire, il n’épouvantait point l’auditeur par l’éclat de sa voix, il versait dans les cœurs les sentiments qui attendrissent et qui se manifestent par les larmes et par le silence. Dès son troisième sermon il fut regardé comme le premier prédicateur du Royaume." Louis XIV voulut alors l’entendre pendant l’Avent de 1699 puis pour les "Carêmes du Roi" en 1701 et 1704. Des jalousies l’éloigneront de la Cour mais il a toutefois prononcé les oraisons funèbres du Prince de Conti en 1709, du Grand Dauphin en 1711, et, on le sait, celle du Roi en 1715. Le régent fit de lui l’évêque de Clermont en 1717 et il se consacra avec passion à son diocèse. Il prêchera encore le carême du jeune Louis XV, c’est "le petit Carême" resté célèbre pour ses exhortations à la paix. Il exprimera ainsi ses vœux pour la France : "Mon Dieu, nous ne vous demandons pas qu’il devienne le vainqueur de l’Europe, nous vous demandons qu’il soit le père de son peuple". Ce sera le sommet de sa renommée qui lui vaudra d’être admis à l’Académie Française. Il est mort à l’âge de 80 ans en 1742. Jean Bosco, fondateur de la Navarre.
E
n 1860 un propriétaire
de La Crau fit don au diocèse du domaine de La Navarre, tout
proche d’Hyères. En 1877 Mgr Terris, évêque, confia
celui-ci à un prêtre de Turin, Don Bosco, fondateur en
1851 des "prêtres de St-François de Sales"
(salésiens), connu pour son apostolat auprès des enfants
déshérités, pour en faire un orphelinat.
Don Bosco vint plusieurs fois à Hyères pour réaliser cette mission. Il a alors célébré la messe à N.D. de Consolation et à Saint-Louis où il a eu la vision anticipée de ses futures missions de Patagonie. Le grand vitrail sud de N.D. de Consolation à Costebelle montre le Saint en compagnie de Ste-Douceline et de St-Louis. |
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