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"Que Dieu lui-même achève en vous
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(Rituel de l’ordination)

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Frère Hubert-Marie

  Publié le mercredi 25 mars 2015 , par Françoise Girard

Le frère Hubert-Marie est responsable du Service des relations avec l’ISlam dans le diocèse.
Rencontre.


- Cher Hubert-Marie, te voici arrivé depuis quelques mois dans le diocèse, nommé responsable pour les relations islamo-chrétiennes. Peux-tu nous dire d’abord quel est ton parcours pour que nous puissions mieux te connaître ?

- Appelé à 18 ans par le Seigneur, je suis entré l’année suivante dans la vie religieuse, à la communauté Saint Jean, en 1988, pour vivre de l’esprit du disciple bien aimé. J’ai eu la grâce de recevoir l’enseignement et la paternité de notre fondateur, le père Marie-Dominique Philippe, durant presque 20 ans. Après 13 ans à Genève, plutôt investi auprès des enfants puis des jeunes, et aussi dans l’œcuménisme, je fus envoyé en Belgique, essentiellement pour l’évangélisation des jeunes. C’est dans ce cadre que j’ai découvert la proximité religieuse que nous pouvions avoir avec les musulmans ; ce qui m’a poussé, durant cinq ans, à m’investir et à me former dans la pastoral du Dialogue islamo-chrétien.


- Tu as commencé à entreprendre ta mission. Quelle est ta méthode de travail et comment envisages-tu de développer ces relations sur le diocèse ?


- Le pape François, dans Evangelii Gaudium, au n° 253, suggère trois aspects : formation, accueil et soutien d’un islam pacifique. Il y a donc deux grands « chantiers » de travail, car les 2ème et 3ème aspects se rejoignent. La formation des chrétiens – dont nous avons besoin pour ne pas faire fausse route - et les relations avec les musulmans – particulièrement difficiles dans le Var, pour des raisons qui ne tiennent pas qu’aux musulmans.
Pour cela, j’essaye tout d’abord, comme me l’a suggéré Mgr Rey, de repérer la situation. Et en parallèle, de fédérer une équipe, sur Toulon, avec des relais dans le diocèse - j’en profite pour faire un appel à qui voudrait nous aider !… - et de mettre en place des moyens de communications (site, newsletter, radio…).
Avec cette équipe, nous essayons de poursuivre ou créer des évènements et des formations, mais surtout des petits groupes d’amitié et d’échanges islamo-chrétien. En effet, le plus urgent est de se rencontrer, de se connaître. Le Cardinal Tauran le rappelle sans cesse. Pour cela, nous devons aller au-devant, frapper à la porte, inviter, accueillir. C’est donc ce que je fais progressivement, en allant rencontrer les imâms ou présidents d’associations cultuelles musulmanes. Mais il faudrait que partout des chrétiens fassent de même. Certains le font. Et quand c’est difficile, car on sent des méfiances, des regards hostiles, il faut prier pour demander à Dieu le « filon » par où on pourra briser le mur du communautarisme. Car c’est là un des dangers majeurs.


- De quelles manières penses-tu que les chrétiens et les musulmans peuvent nourrir des relations aptes à favoriser l’estime et l’amitié réciproque ?

Ça va peut-être t’étonner, mais contrairement à ce qui se dit parfois je pense que c’est en échangeant sur nos religions, sur ce qui nous unis quant à notre foi, qu’on peut, comme tu le dis très bien, « favoriser l’estime et l’amitié réciproque ». Car l’amitié est un lien profond, intérieur, comme la foi. Ainsi, échanger sur notre vécu de croyant permet de mieux se rejoindre. Et n’est-ce pas là, dans l’intériorité spirituelle, que l’Esprit-Saint agit chez les non chrétiens ? C’est pourquoi, lorsque nous pouvons échanger à ce niveau, ce dont j’ai souvent fait l’expérience, ça nous met dans un esprit de confiance. Or la confiance est la 1ère clé du dialogue. Même avec les musulmans non pratiquants : leurs culture d’origine est tellement liée à l’islam, que de connaître leur religion les touchent beaucoup. Ça demande de la patience, et d’y croire. Et il suffit d’avoir ne serait-ce qu’un seul ami pour croire que c’est possible. Et alors on peut aller jusqu’au bout de la recherche de la vérité. L’amitié seule permet de concilier fraternité & désaccords, et donc la vérité dans la charité, comme dirait Benoît XVI.
Pour les musulmans infiltrés de fondamentalisme un tel dialogue est évidemment beaucoup plus difficile. Là on doit soutenir les autres, pour qu’ils fassent barrage à un islamisme qui défigure ce qu’il y a de grand et de spirituel dans l’Islam.











 
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