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"Ton Père voit ce que tu fais dans le secret :
il te le revaudra"

Evangile de Saint Matthieu 6, 18

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1° DIMANCHE DE CAREME

"le baptême ne purifie pas des souillures extérieures"

  Publié le dimanche 22 février 2015 , par Père Thierry Galant


Au moins nous sommes sûrs d’une chose... plutôt rassurante.

Dieu nous affirme qu’il n’y aura plus de déluge pour ravager la terre.

Enfin... jusqu’au déluge final, celui qu’annonce Jésus, et qui sera de guerres et de cataclysmes cosmiques.

Mais ce dernier déluge ne sera pas de purification. Il sera un passage du monde terrestre, corruptible, à une béatitude de vie comblée par la grâce.

Du moins pour ceux qui seront prêts. Pour les autres, Jésus dit que ça fera mal...

Bref, plus de déluge.... on ne périra pas noyés. C’est déjà ça..

Mais il y a dans cette décision de Dieu, une proposition très puissante aux hommes.

Qui trouve, au long de la Bible et de l’Histoire Sainte, une progression pour trouver son expression géniale en Jésus-Christ.

Cette nouvelle route de Dieu jusqu’à l’homme, je la dessinerai en trois phrases tirées des lectures d’aujourd’hui.

1 – les eaux ne détruiront plus tout être de chair. Mais elles se changeront en signe de l’Alliance, en arc-en-ciel.

2 – Jésus resta dans le désert 40 jours, tenté par Satan. (Tiens il existe vraiment celui-là... ?)

3 – le baptême ne purifie pas des souillures extérieures.

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Vous voyez, frères et sœurs, ou peut-être pas, vous ne voyez pas encore, mais il y a un basculement

ou plutôt on part de l’arc et on atteint une cible par la flèche.

L’arc et on peut dire aussi l’arc-en-ciel, c’est le signe extérieur qui est un signe bienveillant.

Dieu a d’abord agi sur sa création par une intervention extérieure.

Le déluge, c’était moins doux... Mais il y a eut des quantités de signes visibles et forts de la part de Dieu.

Les victoires et les défaites du peuple juif étaient des signes soit quant il avait la foi ou quand il était en perte de vitesse dans sa foi et sa relation avec Dieu.

Et puis les avertissements des prophètes, et les manifestations grandioses de Dieu, les ouragans, les grands miracles.

Mais Dieu ne pouvait se suffire de cette approche trop matérielle, de la grosse artillerie.

C’est un peu la différence qu’on peut pratiquer dans l’éducation d’un enfant.

On peut lui dire : tu fais cela, sinon je frappe (de temps en temps, ce n’est pas inutile)

mais on peut aussi user d’une pédagogie plus épanouissante.

C’est celle d’entrer dans son jeu, dans son processus intérieur pour le conduire à découvrir sa façon de penser la réalité , de vivre le bien et le mal.

Et cela demande le véritable amour, qui n’est pas de ramener à soi mais de se donner à l’autre sur son terrain pour lui donner la confiance de gravir les sommets.

Dieu dépasse son premier mode de relation pour engager une invitation intérieure.

Cela change aussi pour nous quelque chose .

Ça veut dire que le principal n’est pas de vouloir à tout prix, frères et sœurs, trouver un équilibre de paix avec le monde qui nous entoure, ni à plus forte raison de viser une victoire sur nos ennemis extérieurs.

Notre combat se joue dans du beaucoup plus sophistiqué, élevé et évolué.

Ce combat, c’est celui de l’accueil de la grâce de Dieu, en notre cœur.

C’est celui de combler notre solitude par une Présence.

Jésus a essayé de nous le faire comprendre. Quand on lui demande, les apôtres, pourquoi tel ou tel événement tragique est-il arrivé ? Il répond : chercher donc à vous convertir plutôt...

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Et c’est ce que permettent les sacrements et particulièrement le baptême. Il ouvre à une nouvelle vie autrement plus généreuse et fructueuse que celle qui a surgi de l’arche de Noé.

Que Dieu soit capable de sauver sa création en la purifiant et en gardant un couple de chaque espèce. Il peut le faire et c’est bien.

Mais qu’il offre à l’homme d’entrer en communion librement avec une nouvelle vie intérieure, c’est divin dans la profondeur du bonheur de l’homme.

Il y a véritablement une résurrection, une nouvelle vie.

Ce n’est plus l’arc-en-ciel rassurant, le ciel humide mêlé de soleil.

C’est une union intérieure, une sève nouvelle en nos âmes.

Pour cela il a fallu que le Christ trace un chemin dans son cœur d’homme, un chemin qui descend jusqu’à l’infini de la souffrance, jusqu’à habiter le désert où il n’existe rien d’autre que le mal de Satan.

Ce combat, nous le laissons à Jésus, on ne peut pas le vivre seul, c’est trop fort pour nous.

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Jésus repart du désert pour ressemer la vie à partir d’une zone dévastée.

Cette zone, ce peut être notre cœur.

Et cela c’est l’amour divin pour nous :

Dieu venant nous comprendre et nous illuminer dans notre désert et notre déroute.

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Il veut sauver le monde par l’esprit.

Le monde qui souffre tant de manque d’esprit, tout tourné qu’il est vers la domination de la matière par la matière.

En fait, nous ne sommes pas si loin du temps de Noé et de la Tour de Babel.

Nous avons simplement des moyens technologiques plus puissants et nous poursuivons la même erreur de l’Histoire des premiers temps.

L’homme fait toujours du petit avec des grandes choses.

Alors que Jésus est passé par là. Maintenant

Et surtout qu’il est passé par nos cœurs et nos âmes.

La seule invitation de Jésus à tous, aux foules, c’est de permettre à notre regard de retrouver la simplicité, et même la simplicité de l’enfant .

Ensuite, les moyens à prendre reviennent à la décision de chacun de nous.

C’est un chemin d’écologie personnelle.

Les signes de Dieu, ils sont toujours là , tout aussi merveilleux et certains que ceux des peuples de l’Antiquité. Mais il se cachent derrière les signes de l’homme. Et dont on est ébloui.

Ce silence du cœur et de l’esprit qui redécouvre les signes du créateur, qui perçoit les appels de la grâce, sont autrement et tellement plus transformants que les avancées scientifiques.

Mais cela réclame d’accepter la pauvreté, la pauvreté dans la pureté.

Qui peut nous mener loin, jusqu’aux frontières du martyr....

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Qu’est ce qui peut sauver le monde ?

Notre mission, c’est de vivifier notre monde profane, par l’Esprit du Christ.

Ensuite, il revient à chacun de nous de prendre les moyens de la pauvreté pour vaincre l’armure artificielle de notre monde qui ressemble à Goliath .

Ces moyens de pauvreté seront toujours dans la ligne d’une simplification de vie et de temps, consacrée au silence intérieur et à l’Esprit de Dieu.

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C’est notre choix de poser en priorité, dans notre vie, l’esprit.

Et à avancer avec détermination, discrète, dans la prière.

C’est le nom de Jésus murmuré constamment, qui fera de nous des chrétiens solides, des sous-marins porteurs de la lumière de Dieu dans un monde de chaos.

Des flammes de la charité de Dieu, frères et sœurs, c’est ce à quoi nous sommes destinés, dans un monde en expansion qui se refroidit.










 

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