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"Ton Père voit ce que tu fais dans le secret :
il te le revaudra"

Evangile de Saint Matthieu 6, 18

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CINQIEME SEMAINE ORDINAIRE

"...éloigne-toi de moi, je suis un homme pécheur...."

  Publié le dimanche 7 février 2016 , par Père Thierry Galant


frères et sœurs,

Qu’il y ait un Dieu au-dessus du monde, ce n’est pas un problème, pour la plupart des gens.

Généralement, si vous interrogez vos proches, vos voisins, ou le commerçant qui vous vend les biscottes, ils affirment tous qu’ils croient en Dieu.

Bien sûr, il restera toujours des personnes bourrues et fières surtout, qui refusent de reconnaître, malgré leurs angoisses et leur malaise, qu’il y a Quelqu’un.

Mais le problème, il n’est pas là....

Il est davantage dans le fait qu’on ne sait pas comment se mettre devant Dieu, en relation avec Lui.

Quelle est notre place ? Comment regarder vers Dieu ?

et comment savoir qu’Il nous regarde et qu’Il nous aime ?

’Comment faire pour que Dieu, il m’aime plus ?’ disait un enfant il y a quelques jours.

Voilà la vraie question.

Et même elle est là l’angoisse de la vie. La vraie et profonde inquiétude.

Mon Dieu !! oh, oh, tu m’écoutes ? … !

Je m’en trouverais tellement mieux si je savais que tu m’écoutes.

Alors, on scrute l’horizon, on cherche des signes..

Parfois on les invente pour se rassurer ou se faire peur.

Mais on aimerait tant être Isaïe.

« Je vis le Seigneur qui siégeait », … Il voit les anges aussi, et les anges lui parlent, ils le touchent, le brûlent même, comme le ferait un feu.

Là, comme expérience, ça vaut le coup ! On en aurait pour notre argent.

… Mais des Isaïe, il n’y en a pas tous les quatre matins.

On aimerait être saint Paul.. :

Le Christ lui apparaît, ressuscité, sur la route. Il le plaque au sol.

Et les apôtres, des pêcheurs, Dieu en personne, en chair et en os, par un homme, Jésus, leur parle... Et ils le suivent !! qu’est-ce qu’ils auraient pu faire d’autre ?

A vrai dire, j’aurais aimé être sur les bords du lac de Galilée, à ce moment là.

Ç’aurait été si facile de croire ! C’est sûr...

Ce qu’on ne comprend pas, frères et sœurs, c’est que ces hommes qui ont été percutés par la divinité, et tous les autres de l’Évangile, depuis Jean Baptiste, la Sainte Vierge, Marie Madeleine, Pierre, les paralytiques, les bons larrons, les boiteux,

Plus loin, Moïse, Abraham, Jacob, Jérémie, tous....

ils ont été percutés par la lumière divine, changement radical pour leur vie, parce que, en fait, il ont acceptés d’être percutés.

Et juste à ce moment là, ils ont découvert leur place et leur relation avec Dieu, ils ont perdu leur angoisse.

Seigneur comment te rejoindre ?

Comment entamer cette relation dont je sais très bien que j’en ai besoin pour me calmer ?

Mais frères et sœurs, c’est Isaïe, Paul, Pierre et Jésus qui nous répondent.

Très clairement.

Si on a des difficultés à entrer en relation avec Dieu, ne cherchons pas plus loin :

elles proviennent d’un manque d’humilité.

Isaïe, Paul et Pierre, ce sont des monstres d’humilité, et Dieu recherche sans cesse ces hommes et ces femmes humbles, dans la foule.

S’Il en trouve un, une, sur l’instant il se découvre, et se communique à son cœur.

Vous voulez faire un pas de plus, peut-être un premier pas vers Dieu, mais attention... en Vérité... Vous voulez être aimé... ?

Il n’y a qu’une porte à ouvrir, celle de l’humilité.

Vous voulez vous calmer intérieurement, une seule issue : accepter, vraiment, sans condition, d’être humble.

Je parle d’entrer dans un acte d’humilité qui dépasse tous nos calculs.

Votre foi va alors comme par enchantement, trouver un souffle. Votre amour va être conforté.

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Et un acte d’humilité, c’est quoi ?

C’est accepter de se laisser dépasser par la bonté de Dieu.

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Je peux donner des exemples :

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Puisque nous sommes dans l’année de la miséricorde, c’est faire une démarche de vérité sur nous-même. Admettre nos fautes qui nous gènent. Se confesser. Sans compromis.

« Oui, Seigneur, je suis nul, j’ai été nul pour ce coup là. Hé bien je le reconnais. »

Ça nous arrache le cœur... peut-être. Mais la gloire de Dieu arrivera en notre cœur par le même chemin qui a produit nos larmes.

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Un acte d’humilité, ça peut être aussi un temps de prière qui nous pèse, qui devient intenable même, dans nos nerfs, dans notre tête, mais on reste … devant Dieu. On ne sait plus pourquoi... Et Dieu se donne....

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Ça peut être aussi de reconnaître ce que notre femme nous reproche : « tu rentres trop tard du travail, les soirs... » « tu ne joues pas assez avec les enfants... », il existe pas mal d’autres reproches.... Pas facile de changer notre point de vue...

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L’acte d’humilité, c’est le lépreux répugnant, puant même, que François d’Assise va embrasser, et qui va transformer sa vie, lui ouvrir le cœur à la grandeur de Dieu.

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L’acte d’humilité, c’est au moment où le Seigneur nous mène un peu plus loin qu’on aurait pensé. On Lui dit : « je ne te lâcherai pas, ne me lâche pas ! »

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C’est accepter une vérité de L’Église qui nous gène, qu’on a peine à avaler.

Pas l’accepter par la tête, d’une manière cérébrale, mais l’encaisser dans notre corps, notre esprit... « Oui, Seigneur ! », je n’y comprends rien, ça va à l’encontre de ma tranquillité, mais je te dis « oui ! », parce que je t’aime et même mieux... parce que je sais que Toi, tu m’aimes.

L’acte d’humilité, frères et sœurs,

c’est un choix, une décision. On sait qu’il faut la prendre et on piétine devant la porte : « j’y vais, j’y vais pas », je ne sais plus...

Et pourtant, ça va m’en coûter, mais je pressens que la paix sera comme un fleuve.

Alors Seigneur, je pousse la porte, je rentre et je me présente, peut-être nul, peut-être nu, peut-être aveugle, peut-être en rampant sur le sol, ma vie bouleversée, changée, j’aurais jamais cru cela...

Comment va-t-on me regarder ?...

Mais qu’importe, Seigneur, je rentre et tu m’accueilleras.

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Voilà le vrai acte d’humilité qui nous donne Dieu. Celui auquel Dieu ne résiste jamais.

Il va toujours avec la crainte, la crainte du Seigneur. Il va avec une sorte de tremblement, de notre âme, de notre corps même. De vérité sur nous même.

Je sais Seigneur, Seigneur Dieu, Seigneur Jésus, que je vais y perdre de belles plumes....

Mais je vais y gagner la paix.

La crainte du Seigneur, elle est cette expérience de l’angoisse, de cette angoisse, humble celle-ci, - ouverte je dirais - qui ne se retourne pas en arrière, et qui accueille la puissance de Dieu. D’un coup, une nouvelle force créatrice en nous.

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« Je suis un homme aux lèvres impures « ... « Je te ferai prophète. Laisse moi t’envahir par mon Esprit. Entre dans mon amitié. »

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...

Tout s’apaise et devient lumineux. Et on peut désormais au Seigneur comme à un ami.

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L’acte d’humilité qui sauve, c’est quand, un jour, on a accepté (par quel courage, on n’en sait rien), d’être saisi par la main, un peu redoutable il est vrai, mais amoureuse, la main de Dieu qui nous a faits.

Alors... commence notre mission.

Et on se rend compte, qu’avant, notre vie, ce n’était que du brouillard.










 

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