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""Vous suivez la tradition des anciens..."

  Publié le dimanche 30 août 2015 , par Père Thierry Galant


Madeleine Delbrel fut dans les années 50 une grande évangélisatrice de la banlieue parisienne et des quartiers idéologiquement athées.

A l’époque il y avait une association très marquée entre les tendances politiques communistes, marxistes et le rejet de Dieu et de L’Église.

De nos jours, il reste le rejet de Dieu et de L’Église associé davantage à un matérialiste qui reste virulent et envahissant, mais qui a perdu sa couleur marxiste.

Du matérialisme marxiste athée, on a glissé dans nos pays un peu fatigués au matérialisme tout court,...

L’un des termes (’marxiste’) est tombé en enfer, cette vue intellectuelle qui a tant fait pour détacher les hommes de Dieu et de la foi de L’Église.

Et l’autre terme (’athée’) on le met entre parenthèses. Il est plus confortable de le vivre que de le proclamer et de le défendre.

Athée est un mot qu’il est impossible de justifier calmement.

Il se défend par des cris généralement, ou par des actions conduites dans l’ombre..

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Madeleine Delbrel cependant était une évangélisatrice de fond qui avait vécu sa propre conversion d’un milieu anticlérical.

Elle reste très actuelle. Parce qu’elle atteint le cœur de l’homme.

Elle disait : ’le chrétien n’est jamais seul. Là où il est, là est Jésus- Christ, fils de Dieu et fils de l’homme. Toute sa vie semble habitée par cet Autre.

Ce n’est pas discutable, ce n’est pas une opinion ou une idée à discuter, c’est notre certitude.’ Et quand un chrétien est habité par Celui qu’il aime, il provoque nécessairement l’étonnement pour un homme qui ne croit pas.

Et si un chrétien ne provoque pas cet étonnement, s’il ne fait pas surgir des questions dans le cœur des athées, il doit se demander s’il est vraiment chrétien et si sa foi est alimentée.

Surprendre, frères et sœurs, ça peut être par notre message, mais davantage par notre manière de vivre. Par des signes qui émergent du profond de nous.

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Sinon, nous tombons sous la remarque de Jésus aux pharisiens :

« Vous gardez les préceptes humains, les traditions humaines.... »

Quand on décroche de la grâce qui peut irriguer une vie, il reste à se raccrocher aux traditions, aux coutumes, aux habitudes humaines.

Une habitude, ça rassure, même si ses racines sont plantées dans la fausseté.

Dès qu’une habitude passe dans les mœurs, elle prend le label : « bonne à utiliser »

Ce sont d’ailleurs tous les efforts des médias et des circuits internet de rassembler le plus d’avis favorables sur n’importe quoi. « j’aime » 15 avis. Donc c’est bon.

Même les chrétiens qui sont par essence révolutionnaires de l’humanité (il n’y a jamais eu de révolution aussi profonde et

durable que celle du christianisme. Normal puisqu’il est fondé sur la vérité) …. même les chrétiens se font pollués par cette illusion « c’est admis par la société, donc c’est bon. Donc je peux me mettre à genoux devant »

L’homme a besoin, c’est inscrit dans la nature, de se mettre à genoux.

Il n’arrive pas à éviter de se mettre à genoux, mais il peut choisir devant qui.

Si nous voulons connaître quelqu’un, regardons devant qui ou devant quoi il se met à genoux : son fauteuil, sa tablette, sa télé, son assiette, les voyages, son conjoint, son travail, son miroir aussi, (l’idole à ce moment là devient vite décevante)....

Là où est ton coeur, (ce dont on ne peut pas t’arracher), là est ton trésor et ton idole.

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Soit on se met à genoux devant Celui qui sauve notre âme, et purifie notre cœur en option oblogatoire.

Soit on se met à genoux devant le monde et ses illusions encouragées.

Il suffit d’une orientation légèrement différente et l’on se retrouve en position de paix intérieure ou en position, admise par le grand nombre, mais qui favorise la maladie de l’âme.

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La nouveauté de Jésus c’est que la nature ne suffit pas.

« sans moi vous ne pouvez rien faire »

Nul ne peut venir à moi, si le Père ne l’attire »

« les préceptes humains et la tradition des anciens vous détournent de la vie. .

La grâce, ce mystérieux déclic intérieur, donne son envergure à l’homme et dépasse, élève la nature.

Sans la grâce nous restons des hommes rabougris.

Sans L’Église dans une vie d’homme, on se dit, au bout d’une vie, même bien remplie, « à quoi bon ? »

C’est cette triste constatation que reprenait Giacometti, génial d’obstination dans son art, et humble aussi, sur son lit de mort :

« comme je me suis donné du mal, pour rien du tout, toute ma vie ! »

L’homme de foi, agenouillé devant son Dieu, vit d’une autre lumière, mange d’un autre pain, invisible.

On ne peut pas forcer la grâce sur nous, mais nous pouvons l’appeler.

Comment dire avoir la foi, donc regarder Jésus, vivre en sa présence, sans venir le visiter souvent, venir vers Lui, dans sa Présence réelle.

Un ami, ça se visite.

On essaye de se rapprocher de Lui, au moins physiquement. De passer du temps avec Lui.

Et d’une certaine façon, c’est tout ce que nous pouvons faire.

Passer du temps avec Jésus, occuper notre cœur et notre esprit vers Lui.

Il est ressuscité, c’est notre foi. C’est cela notre foi.

Il est là, vivant à notre côté, habitant chaque pulsion de notre cœur.

Donc, il est très facile de reconnaître un chrétien.

Et nos amis ou ennemis athées (’athée, c’ets un mot un peu dinosaure. Je dirais de préférence, nos amis ou ennemis dans la confusion...) Hé bien, ils ne s’y trompent pas, même s’ils ne le disent pas toujours.

Ils nous reconnaissent vrais si nous vivons avec Jésus, ressuscité, comme compagnon, ami, source de nos choix et de notre vie.

Sinon, il se rient de nous et de notre duplicité.

Ils se moquent en silence de notre lâcheté.

et viennent doucement s’agenouiller à côté de nous, mais dans la direction du monde .

Et on s’entend bien ainsi, n’est-ce pas ?

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Un homme de foi s’agenouille devant son Dieu. Seul devant Lui mais en communion.

Et son cadeau, dans la foi, c’est la grâce qui grandit sa vie.

Et qui transparaîtra comme Dieu le jugera bon.

Il n’appartient pas, à l’homme de foi, d’utiliser la grâce à son profit.

Mais à ce moment là, même persécuté, il est envié et même estimé par ses bourreaux.

Parce que son cœur est pur et grand. Plus grand que lui.

Et il interpelle par cette pureté, cette grandeur, qui est celle de L’Église.

Je reprends Madeleine Delbrel :

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« Un chrétien semble habité par cet Autre. Et il en parle comme de son amour, et s’il en parle, c’est parce qu’on ne peut pas ne pas parler de Celui qu’on aime, mais aussi parce qu’on a besoin qu’on nous en parle.

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Le Royaume de Dieu, ce n’est pas l’amour du monde, mais celui des hommes. »

J’ajouterais, comme Jésus nous aime.










 

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