Eglise Catholique du Var - diocese-frejus-toulon.com

"Allez dans le monde entier. Proclamez la Bonne Nouvelle à toute la création."

saint-Marc 16,15

FR | EN | PT |
Newsletter de l'église du var



TROISIÈME DIMANCHE DE PAQUES

"..Il faut obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes " .........

  Publié le dimanche 10 avril 2016 , par Père Thierry Galant


Frères et sœurs, .

Avec ces apôtres fouettés repartant tout joyeux et la deuxième lecture, l’Évangile bien sûr, il y a un air de liberté, comme un petit vent de bon air...

Cette louange d’une voix forte, à l’Agneau, figure du Christ tout Puissant et doux.

Et Pierre qui met sa chemise avant de se jeter à l’eau pour arriver plus vite près de Jésus sur la plage.

Liberté de l’Esprit et du corps. On n’est pas dans les manières polies et sophistiquées....

Tranquille pourtant, mais tranquille d’une vraie liberté..

pas de cette revendication nerveuse de liberté, du genre :

« personne m’empêchera de faire ce que je veux ! » (c’est le refrain de notre temps)

Nous sommes plutôt dans le style : « rien ne m’empêche d’être ce que je suis »....

C’est très différent le son de cloche de ces deux refrains.

Entre les deux, chers frères et sœurs, il y a deux visions du monde différentes.

Qui d’ailleurs cohabitent très souvent, en conflit, dans notre cœur à nous.

La vision de Napoléon, disons, ou celle de Nietzsche : « vouloir libère » écrivait-il (dans Zarathoustra)

D’une certaine façon nous sommes attirés par Napoléon et ses exploits de conquête.

.

… Et les apôtres ?

Quelque chose nous dit qu’ils sont libres de Napoléon

Aucun n’a fait de traité sur la liberté, mais le Christ leur a dit :

« la vérité vous rendra libre » (Jn 8, 32)

Et ils l’ont vécue ainsi.

Libres de tous et libres du démon.

Vainqueurs de tout et du mensonge.

.

Remarquons que si nous choisissons la liberté : « j’aurai ce que je veux ! », nous n’échapperons pas au mensonge et à la dissimulation, même sous des décors d’honorabilité et de recherches savantes ou de succès. Nos intérêts contre la vérité.

Et nous ne serons pas libres. Nous serons esclaves de nos dissimulations.

Une vie pipée n’est pas libre. Qu’elle soit en position de force qui écrase, ou en position de faiblesse qui choisit la discrétion.

Jésus est fort de liberté en disant simplement : « jetez vos filets à droite de la barque »

Il est fort de liberté en étant sur la plage en train de se faire griller des poissons.

Il est fort de liberté en demandant à Pierre qui vient de le trahir : « m’aimes-tu ? »

.

C’est assez facile de repérer les personnes qui portent un masque de dissimulation.

Mais notre foi nous propose un autre chemin de liberté.

Et je veux suivre les apôtres sur celui-ci. Je respirerai mieux.

Plus besoin d’armée à sacrifier à notre volonté de puissance.

« Pierre, m’aimes-tu ? » ; Trois fois.

Et ça y est, Jésus donne sa liberté à Pierre par cette question répétée trois fois.

Pourquoi ? Parce que Jésus va chercher la vérité du cœur de Pierre.

Et Pierre va savoir ce qu’il est vraiment à partir de cette rencontre avec le Christ.

Tant que nous ne savons pas ce que nous sommes, nous ne pouvons pas prétendre être libre.

Parce que la liberté c’est de viser à être ce que nous sommes ;

« M’aimes-tu ? » . C’est cette question qui donne la solution.

Parce que nous sommes ce que nous aimons. Et quand cet amour devient puissant, toutes les peurs de notre vie disparaissent. ’L’amour bannit la crainte’.

Je ne dis pas frères et sœurs, vos amours... Je dis l’amour premier qui illumine tous les amours de votre vie.

Le suprême amour auquel vous sacrifieriez tous les autres.

Celui qui donne la raison de votre liberté.

Et l’amour auquel vous obéissez de tout vous même.

Si c’est vous mêmes que vous suivez, votre liberté prend pour limites votre jugement, vos envies, vos erreurs aveugles, et toutes ces peurs qui en résultent.

Pauvre liberté, nerveuse ou rouleau-compresseur !

.

Chers frères et sœurs, si nous admettions nos phobies qui ligotent notre liberté …

ces peurs qui nous recroquevillent sur nous-mêmes.

Quand je dis phobies, ce sont ces recoins parfois inconnus de tous, parfois que l’on se cache aussi à nous-mêmes.

Phobies par traumatismes : blessures qu’on a jamais voulu reconnaître ou acceptées et qui datent depuis si longtemps.

Phobie de la souffrance et de la maladie, qui nous fait plus souffrir encore que la souffrance elle-même...

Phobie du manque qui nous pousse à accumuler, à manger trop, à acquérir ou à défendre cruellement du superflu.

Phobie de se donner. Nous avons été blessé dans une amitié, trahi dans un moment où nous nous donnions à quelqu’un et nous craignons toute notre vie. Nous nous limitons par réflexe. « Il ne faut pas trop en faire » j’entends régulièrement.... peur de se donner.

Et nos peurs cultivées et entretenues...

Peur de vouloir sortir de nos schémas mentaux, de nos catégories, qui nous sclérosent en toutes nos affaires.

De ce point de vue Notre Pape François ne cessent de tirer la sonnette.

Il nous appelle à la conversion de l’esprit, avant de nous appeler à la conversion des mœurs. C’était le souci de Jésus face aux pharisiens . (lire son exhortation apostolique : le joie de l’amour)

Il y a la phobie du silence ou de la solitude, dans notre monde excité. Phobie d’être avec soi-même, seul avec soi, et de se reconnaître avec simplicité. De toucher nos faiblesses.

Le silence seul permet un chemin de vérité.

Et puis, il y a ces phobies bien cachées, de nos héritages qui limitent tant notre liberté.

Ces plis relationnels de peurs de l’autre, hérités par nos parents ou de plus loin encore.

Ces ambitions que l’on croient naturelles et essentielles, mais qui ont été greffées en nous depuis notre berceau. Et qui nous pourrissent la vie.

Ce rapport à l’argent et aux richesses, inculqué comme faisant partie de notre bonheur et même de notre identité. « Je ne lâcherai jamais cela ! »

J’ai tellement peur en fin de compte, de me retrouver sans ces biens, cette maison, cette télévision, ce portable ou cette paire de chaussures.... ou même « mes » enfants.

pourquoi ? Parce que papa et maman m’ont inoculé cette fausse certitude de possession.

Mais pas que cela … ils m’ont inoculé une façon d’aimer, de rechercher l’affection, ou encore de se croire regarder par les autres. De parler ou de ne pas parler.

Et même inoculé votre manière fausse de réagir avec votre épouse ou votre époux....

Que de peurs sommeillent ou sont en état de guerre en nous.

Et au bout du compte nous tiennent esclaves comme dans les griffes d’un rapace.

Inévitablement, elles réduisent notre joie. Car la joie, la vraie joie, c’est celle de la liberté intérieure. Et encore plus loin, celle de l’amour.

Il suffit de trouver l’amour suprême de notre vie qui nous permette de tout découvrir de nos peurs et de les neutraliser.

Pas besoins de psy, pas besoin de toute une vie d’analyse et de recherches de l’esprit.

Pas besoin d’ésotérismes obscurs et sans fin.

Les disciples sur la plage ne demandent même pas à Jésus : « qui es-tu ? »

ils savaient par instinct d’amour que c’était le Seigneur.

.

Voulez-vous vous libérer de vos peurs, frères et sœurs ? :

demandez-vous alors qui peut vous dire : « m’aimes-tu ? »

Ou plutôt à qui vous pourriez répondre en vérité à cette question ?

Le jour où jusqu’au fond de vous-même, vous accepterez devant quelqu’un de répondre à cette question, la pelote de vos peurs se dévidera.

Vous deviendrez libre des obstacles, mais bien plus encore libre de vous-même.

La vraie liberté.

.

Je ne vous le cacherai pas que si vous demandez au Christ de fonder votre amour principal sur Lui, Il vous répondra : « je te libérerai de toutes tes peurs ».

Vous aurez choisi votre joie.

Cela est tellement jouissif quand on se lance.

.

« ils repartirent tout joyeux d’avoir été jugés dignes de ressembler à leur Maître et Seigneur qu’ils aimaient plus que tout »

Ils étaient eux-mêmes. Tout était à eux, parce qu’ils avaient vaincu la peur.

A qui ai-je le courage de dire : « je t’aime » ?

Au-delà de toutes mes peurs de le dire de mes mots de ma bouche et de mon cœur.

Pour vérifier si vous le dites en vérité de tout vous-mêmes, il y a le dernier mot de Jésus... :

« suis-moi » ...










 

Conception et développement : bonnenouvelle.fr