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"Que Dieu lui-même achève en vous
ce qu’il a commencé"

(Rituel de l’ordination)

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15° DIMANCHE ORDINAIRE

"..Elle est tout près de toi, cette Parole" .........

  Publié le dimanche 10 juillet 2016 , par Père Thierry Galant


dimanche dernier, vous vous rappelez, frères et soeurs... je parlais de la paix, comme clef d’une évangélisation ’tolérante’.

Il n’y a tolérance que si nous avons la paix du Christ à offrir.

En approchant à pas de loups ou d’agneaux, avec la paix, et avec une tactique de paix.

Pour faire goûter la paix du cœur à celui chez qui nous frappons.

C’est à dire la paix du Christ en nous.

Nous sommes évangélisateur à la mesure de la paix qui nous habite.

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Et je me suis arrêté dimanche dernier sur la Croix qui fait toute la fierté de saint Paul.

Or aujourd’hui cette croix on la retrouve de nouveau associée à la paix ;

« Il fait la paix par le sang de sa croix »

pour qu’il y ait tant d’insistance, c’est que ça doit être important...

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Et alors ?... Hé bien alors, le Christ récapitule tout en Lui.

Ça veut dire que tout ce que vous vivez, chers frères et sœurs, trouve, devrait trouver sa beauté et sa perfection dans la lumière du Christ.

Ça veut dire quoi encore ?

Ça veut dire que nos actes depuis les plus intimes jusqu’aux plus publics, trouvent leur équilibre et leur sens, donc leur joie, en quelque sorte leur satisfaction complète, s’ils sont enveloppés, portés, par une prière permanente, sous le regard de Jésus, dans une union avec Lui.

Mais ça veut dire quoi encore ? ...

Ça veut dire que le sommet de cette présence du Christ dans notre vie, il est atteint dans les difficultés et même, au plus haut, dans les persécutions et la Croix.

Quand on saigne...

C’est quand ça saigne que le Christ, accueilli par la prière, nous réconcilie avec nous-mêmes et avec nos ennemis.

Et alors c’est gagné ! C’est la joie.

’La paix avec tous les êtres sur terre et au Ciel’.

Je dirais presque avec les démons aussi.

Ça doit les faire rager, les démons si je leur dis que je suis en paix avec eux, ou du moins vis à vis d’eux !!

Et l’illustration, c’est Jésus qui nous l’offre :

Un voyageur pillé, assommé, en sang sur le chemin aride de Jérusalem à Jéricho.

Sur ce chemin, il n’y a rien. C’est le désert caillouteux, pas même un arbre pour se mettre à l’ombre.

Et que font le prêtre et le lévite, qui sont tous les jours au service du Temple ?

Ils s’écartent. Ils choisissent la tranquillité. Parce qu’il savent que, quand on réagit, il y a toujours les ennemis du bien qui se lèvent pour nous accuser. Faire le bien dérange, en soi.

Parce que pour eux, dans leur monde intérieur, ils ne veulent pas avoir affaire à la souffrance. Ils préfèrent avoir une conscience élastique. Ils en prennent, ils en laissent.

Leur être profond n’est pas religieux. Leurs intérêts, oui, restent religieux.

Pour eux, il y a comme une frontière entre eux et le moribond.

Pas de communion. C’est un mot qui les effraie.

Je ne dis pas que c’est facile à vivre, mais il leur manque l’expérience de la souffrance.

Leur univers ne s’étend pas jusques là. Ils ont peur.

Ce ne sont pas des paroles qu’il faut chercher à ce moment là.

Et quoi alors ?

Hé bien c’est l’exclu, le samaritain qui le sait .

C’est la compassion...

Mais c’est quoi la compassion ?

Ce n’est pas de pleurer avec le dépressif sur son épaule.

Ce n’est pas de répéter : le pauvre, le pauvre !!

C’est de s’approcher de lui.

Assez près pour que passe de nous à lui, la paix du Christ en son être.

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Je dis assez près parce qu’il faut toucher celui qui attend de nous.

Devient prochain celui qu’on touche, celui qui est assez proche pour être touché.

Ce peut être physiquement, ce peut être affectivement.

Ce peut être dans sa sensibilité et dans son esprit.

« La charité exige la proximité jusqu’au pugilat » écrit Fabrice Hadjaj .

Et effectivement, il n’y a pas de charité par un chèque mis au courrier, qui nous coûte une signature.

Mais il y a charité quand après avoir nettoyé les croûtes du pauvre, nous laissons un chèque en blanc pour payer les frais d’hôpital ou d’aubergiste.

Et comme le dit le Christ : que nous nous recevons des coups de bâtons en prime. Le prochain, c’est celui qu’on touche.

C’est celui qui nous touche.

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En fait, il n’y a pas plus prochain que l’ennemi... si on l’aime. Ou l’amant.

Dans les deux cas, celui à qui on laisse le champ libre sur notre cœur.

Celui qui peut nous blesser, mais aussi celui auquel on ouvre les espaces de paix de notre cœur. Sinon la relation ne sera pas prochaine. Elle restera dans les convenances.

Quand notre cœur est ouvert, il n’y a pas de meilleur prochain que celui qui le cloue à la Croix, ou celui qui le décroche de la Croix..

Ce n’est pas mauvais d’être décroché de la Croix, ça ne fait pas de mal de temps en temps.

Mais il est préférable d’être en paix, sur la Croix.

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Notre belle Église que j’aime tant, elle est belle sur la Croix.

Ce n’est pas L’Église des procès, qui se défend.

Ce n’est pas L’Église des Croisades, qui est la plus belle.

Ce n’est pas L’Église de l’Inquisition, ni même L’Église des cathédrales ou l’Eglise des grands projets. Mais c’est L’Église du silence et de la prière.

C’est L’Église de la Croix qui embrasse Jésus qui saigne.

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Jésus, qui est à la fois l’homme massacré sur le chemin.

Et Jésus, qui à la fois celui qui soigne, en touchant le cœur.

Il s’approche par une grâce amoureuse qui illumine notre âme et nous ouvre à la paix, et ensuite il nous conduit sur le chemin de Jéricho.

Parfois, il commence par le chemin de Jéricho pour la rencontre....

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Celui qui comprend, entre dans la joie du Maître.

Le disciple n’est pas plus grand que le Maître.

Il ne peut pas trouver une joie plus grande que la paix de son Maître crucifié.

Cela, c’est notre religion et c’est notre évangile qui libère notre joie et nous libère de tout.










 

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