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JEUDI SAINT

" ....Ceci est mon Corps..."

  Publié le jeudi 17 avril 2014 , par Père Thierry Galant


La veille de sa mort, que fait Jésus ?

Il reprend exactement la liturgie juive du repas pascal.

Cette fête de Pâques, je le rappelle, était le mémorial de la sortie d’Égypte, de la libération du peuple de son esclavage.

La communauté juive célébrait la fête en deux temps :

A la synagogue chacun écoutait la Parole de Dieu lu dans le rouleau de parchemin.

Puis remerciait ce Dieu libérateur de tous ses bienfaits.

« bénis sois tu Seigneur, Sauveur d’Israël. »

Nous retrouvons ce rite de la Parole et de la louange dans la partie de notre messe qui va jusqu’au sanctus que nous allons chanter .

En ce moment, je suis dans cet écho de la liturgie juive dans la synagogue.

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Puis ensuite nous entrerons dans la partie sacrificielle de la messe qui correspond au repas béni que les juifs prenaient chez eux avec sa dimension de sacrifice spécialement à Pâques, pour rappeler le sang de l’agneau qui avait permis de préserver les hébreux en aspergeant le linteaux de leurs maisons.

Quand je vais dire : « Père infiniment bon, toi vers qui monte nos louanges... »

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Jésus reprend ce repas qui était, à vrai dire, comme tout repas juif béni par des prières.

« Bénis sois-tu Seigneur notre Dieu, Roi des siècles , qui nous a donné ce fruit de la vigne » et tous buvaient quelques gouttes de vin. De même pour le pain.

« Bénis sois-tu, Seigneur notre Dieu, Roi des siècles, qui fais produire le pain à la terre ».

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Jésus va reprendre exactement ces paroles et nous après Lui.

Même rituel depuis 2000 et même 3000 ans. Notre messe est très très proche des messes des premiers chrétiens et du rituel juif, surtout depuis le Concile Vatican II qui est revenu aux formes primitives en se rapprochant de la liturgie ancienne.

Et là, tout chavire - explose – s’accomplit. Jésus ajoute 5 ou 6 mots. « Ceci est mon corps, sur le pain - ceci est mon sang, pour la coupe de vin » Il venait de dire à Judas qu’il allait le trahir. L’atmosphère était plutôt tendue. Mais alors là, rien de plus surprenant que ces mots pour les apôtres... Vous voyez comme Jésus fait vivre. Il entre dans un rite très simple de bénédiction, et insuffle une puissance de vie infinie et surnaturelle qui nous greffe sur la vie divine. Deux petites phrases, et Jésus introduit dans un geste quotidien une présence, une incarnation en parlant de son corps, un drame en parlant de son sang (le sang étant déjà, pour un juif le canal de l’âme.) Jésus introduit dans le même acte, son sacrifice, qu’il sait pour le lendemain.

Il offre de manière non sanglante le m^me sacrifice qu’il va vivre sur la Croix.

Il pulvérise le temps et l’espace en récapitulant l’Histoire de Dieu avec Israël et en les ouvrant sur tous les temps à venir et sur l’éternité.

« Faites ceci en mémoire de moi ».... encore une formule juive qu’il gonfle de sens.

Attention ! ’mémoire’ ou ’mémorial’ signifie bien plus qu’un exercice de mémoire.

C’est une action qui renouvelle et appelle une grâce que Dieu a déjà accomplit un jour.

La réactualise, la prolonge dans le présent.

Mémorial est un mot actif et très fort.

Ce moment de grâce qu’un jour, Dieu a accordé à son peuple, il est là, à cet instant et tout aussi efficace et surabondant de vie qu’au jour où il a été accordé la première fois.

Un jour je sauve la vie à quelqu’un qui se noie. Hé bien, toutes les fois que je rencontre cette personne, il resurgit entre elle et moi ce moment magnifique qui fait qu’elle soit là.

Il revit entre elle et moi une relation qui tient à ce moment là, une reconnaissance vivante qui crée une union que le temps n’effacera jamais. Une mémoire inscrite dans la chair et ravive la joie de notre rencontre.

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Donc Jésus en lui récapitule tout.

Présence – temps – espace et le sacrifice qui nous ouvre les portes du Ciel.

Mais plus encore.

Il donne à ce repas initial une dimension d’union nuptiale. Entre Dieu... et nous.

Union pas pour une jouissance sensible, mais pour une joie qui nous sauve.

Car quand nous allons manger l’hostie, qui n’est plus du pain, mais le Corps de Dieu fait homme, souffrant et ressuscité, nous trouvons la libération de nous-même par cette union de mode nuptial.

Et là encore il y a un rapprochement de la Pâque juive, où les fidèles lisaient la Cantique des Cantiques pour signifier la relation intime de Dieu et de son peuple.

Jésus vient déposer en nous la réponse qui nous divinise, réponse que Dieu attendait pour nous sauver de notre enfermement.

Réponse d’union nuptiale mais qui rejoint aussi celle de la maternité, dans ce sens que l’enfant dans le sein de sa mère est le fruit à l’intérieur d’elle-même, qui la délivre de sa solitude.

Une vie en elle, qui la fait revivre et la dépasse.

La communion est le fruit divin, le Christ, qui vient par une union merveilleuse nous unifier et nous libérer, par une sorte de chant qui monte de notre cœur jusqu’au Ciel.

Notre cœur, par la communion de la messe devient palpitant de vie.

Le chant d’action de grâce de leur libération, que les juifs entamaient à leur repas, devient le chant de notre cœur.

La vie du Christ en nous envahit toute notre personne et celle de L’Église par l’eucharistie.

Le Christ se perd en L’Église pour qu’elle se perde en Dieu

Il se donne à nous pour nous transformer en Lui.

Il crée notre fidélité par cette union

Il stimule notre désir par cette communion.

Il ouvre la possibilité d’agir en charité

Et l’ultime perfection de ce Jeudi d’avant sa mort, c’est que Jésus a confié ce miracle et ce sacrifice aux mains de ceux même qui ont besoin d’être sauvés.

La messe source et sommet de toute la vie chrétienne et de L’Église.










 

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