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BAPTEME DU CHRIST

"... Celui-ci est mon Fils Bien-aimé.."

  Publié le dimanche 11 janvier 2015 , par Père Thierry Galant


Le Christ, Jésus, devant jean Baptiste.

Il y a dans ce tableau une grande leçon.

On pourrait imaginer le jeu vidéo avec Dieu qui arrive sur terre en ovni, justicier invincible.

Or, après 30 ans de vie, très discrète, si discrète qu’on ne connaît rien de cette vie – ça veut dire qu’Il l’a vécue sans miracles, sans événements extraordinaires, Jésus entre dans le courant du Jourdain, à l’endroit le plus bas de la terre et entre dans un rite humble et très juif, de purification. Ce rite, avec Jean, est chargé d’un sens prophétique. Qui annonce quoi ?

Jean le dit lui-même.

Son scénario de baptême annonce Celui qui aujourd’hui s’y soumet.

Le baptême du Christ, c’est comme si une pièce de théâtre représentait la vie de d’un personnage de génie, un grand roi ou un artiste par exemple.

On voit un acteur qui évoque les actions ou les œuvres de ce génie

Et voilà qu’au dernier acte, ce roi ou cet artiste en personne, se lève parmi les spectateurs et prend sa place sur la scène.

Et il n’y a plus de jeu de scène, plus d’Histoire racontée ou prévue, puisque le personnage lui-même est là.

Depuis des siècles, par des prophéties plus ou moins précises, on annonçait un Messie.

Et le Messie entre un beau jour dans l’une de ses prophéties, il entre dans l’un de ces gestes prophétiques qui l’annoncent.

L’eau évoque une renouvellement de vie. Et c’est Jésus qui est cette nouvelle vie.

« l’eau que je donnerai sera source jaillissante en vie éternelle » dit-il à la femme de Samarie.

Et au-dessus de la scène, une voix off annonce : « ne cherchez plus l’acteur, abandonnez votre imagination, vous avez maintenant le Vrai, le Véritable, le Fils, vous avez Dieu sans mise en scène.

L’Histoire s’arrête là. Place maintenant à l’éternité.

Et il faudra 3 ans pour que les spectateurs les plus curieux, les critiques aussi reconnaissent qu’il n’y a plus de programme ou de promesse.

Ils ont affaire à du vrai qui dépasse tous les rêves. .

Et nous comment nous situer dans le jeu ?

Le baptême que nous avons reçu, fait-il partie du théâtre prophétique ou nous fait-il entrer dans l’Histoire divine qui n’est plus une Histoire justement mais un accomplissement ?

Cela revient à nous demander :

Notre baptême, frères et sœurs, est-il simplement un dessin qui évoque quelque chose ou est-il la réalité de ce qu’il représente ?

Le dessin peut aider, mais il ne donne pas la réalité.

Notre baptême il est comme la graine que je plante dans mon jardin. Elle est promesse de la rose.

Mais la graine contient cette rose, non seulement la rose, mais elle contient toute la puissance de déploiement du rosier, jusqu’à la rose. Dans un seul germe.

Et cette rose, elle correspond à quoi pour notre vie chrétienne ?

Car si on veut comprendre une graine, et la distinguer d’une autre graine, il faut regarder ce qu’elle va donner en finale.

On comprend la graine en apprenant à connaître d’abord la rose qu’elle va donner.

Qu’elle est la rose épanouie que nous promet et contient le sacrement du baptême ?

Cet état parfait, cette rose finale, c’est l’union intime avec Dieu.

Le plein soleil, les pleines couleurs sur nos dons et notre vie.

Dieu tout proche, tout proche... si proche que nous sommes en Lui et inondés des flots de sa vie.

La béatitude éternelle, c’est se savoir aimé, admiré même et recevoir la Vie de Celui qu’on aime.

Le bonheur le plus parfait, c’est de vivre par celui qui nous aime.

Voilà la rose et voilà ce que contient en germe le baptême.

Tout est dans le germe.

Mais la rose finale et parfaite, elle ne vient que sur un rosier.

Il n’y a pas de perfection et de béatitude sans un pied qui porte le fruit.

C’est là que se présente Jésus Christ.

Et que ce fait la rencontre et le lien.

Mais cette rencontre qui peut changer la vie, qui doit la changer, celle du moment du baptême, elle contient le martyr.

Rien que ça.

Le martyr, c’est le bourgeon qui devient la fleur....

Je ne peux pas le dire à chaque fois, mais quand des parents portent leur bébé au dessus du baptistère, ils le promettent au martyr, parce qu’ils demandent que leur enfant soit habité par un Dieu qui est cloué sur la Croix.

Mais vous savez, frères et sœurs, quand vous communiez, quand nous recevons le sacrement du Corps et du Sang du Christ, c’est tout simplement une demande pour avoir la force du martyr. Ni plus ni moins.

Parce que toute affirmation de la grâce divine, dans la foi, contient la vie de Jésus Christ qui est venu se donner.

Le baptême nous rend vainqueur du monde, dit saint Jean l’évangéliste... par le martyr.

La mission de la Parole de Dieu sur notre terre c’est de renouveler cette terre qui est notre cœur, de la changer en cœur de chair.

De lui permettre de dévoiler la rose en lui, cette rose qui est la tendresse de la charité donnée.

Et il ne faut pas se leurrer, frères et sœurs, ce renouvellement, il est union à Jésus jusques sur la Croix, condition sine qua non, nécessaire et suffisante aussi.

Ça paraît exagéré ?

Mais en fait, vous y êtes déjà, nous y sommes, si nous sommes sincères avec notre baptême.

La rose elle sera au Ciel.

La rose elle est déjà en bourgeon par l’expérience de Dieu en nous, dans la foi et dans l’amour.

De toute façon il n’y a pas le choix.

Soit vous êtes des rosiers, soit vous êtes des buissons aux fruits vénéneux.

Soit on meurt dans un acte d’amour porté par la grâce, soit on meurt en ne valant rien.

.

Soit vous vivrez le martyr avec les délices de la foi et de la grâce. Et la présence de Jésus. Autrement dit, en paix, en se sachant sauvé.

Soit vous vivrez le martyr du malaise et d’une certaine angoisse, sans la foi.

En souffrances perdues.

Le rosier, c’est la la découverte que Jésus qui nous accompagne en ami.

Découverte parfois délicieuse quand nous sommes sur l’épaule du Bon Pasteur.

Et la graine où est-elle ? Dans tout cela.

Elle est où la vie commence, dans le désir de Dieu, d’abord, puis dans le sacrement du baptême.

La vie contenue dans la graine. Et après on découvre celle du rosier, si on l’arrose de fidélité à la grâce bien sûr, et enfin l’épanouissement de la rose.

C’est la sève de la lumière de Dieu qui traverse les combats des ténèbres qui se mangent entre elles.

Le monde au Pouvoir du Mauvais se déchire et nous déchire. Mais la grâce de Dieu nous permet, nous demande même de ne pas entrer dans ces troubles du monde.

Notre vie est si simple. Et cela nous évite tant de bêtises et d’erreurs.

Notre vie depuis le baptême, elle est cela : Jésus-Christ est le vrai Dieu. Il est la vie éternelle. Il est ma vie. Il est celui que j’ai rencontré une fois et qui est la réponse, si simple, à tout.

Que pensez-vous de ceci, de cela, de ces problèmes, du mal, du bien, de telle personne ou de tel événement tordu ? Oh, je ne pense pas, je suis avec Jésus qui est mon bonheur... !

Et ça me suffit.

Dieu a la réponse. C’est Lui qui sauve, pas moi.

Notre Dieu n’a pas besoin de nous pour se défendre. Il sait se défendre Lui-même.

Le monde, on ne le fabrique pas. On le traverse, avec la foi ou sans la foi.

Cependant, Dieu aura le dernier mot envers celui qui a la foi, ou envers celui qui le méprise.

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La vie reçue au baptême c’est la même que celle de la foi qui s’épanouit

et ce sera la même que celle de la douceur divine que l’on goûte déjà aujourd’hui et dont nous serons comblées au Ciel.










 

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