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"Que Dieu lui-même achève en vous
ce qu’il a commencé"

(Rituel de l’ordination)

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11° DIMANCHE ORDINAIRE

"..Qu’as-tu fait là...?" .........

  Publié le dimanche 12 juin 2016 , par Père Thierry Galant


« pourquoi m’as-tu méprisé », dit le Seigneur à David ?

Ça fait penser à la question de Dieu à Adam et Ève : « Qu’as-tu fais là ? »

Mais il y a aussi celle que Paul entendra sur la route de Damas : « Pourquoi me persécutes-tu ? »

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Frères et sœurs, est-ce que quelqu’un n’a pas entendu cette question un jour :

« pourquoi as-tu fait cela ? » après une faute …

En tout cas, à cette femme pécheresse pleurant sur ses pieds, Jésus ne lui demande pas : « qu’as-tu fait ? »

tout simplement par ce que, lui, le sait. Jésus connaît toutes les pensées et connaît toutes les profondeurs claires et obscures de nos cœurs. On ne se cache pas de Dieu.

Et puis, en fait, à ces questions : « pourquoi l’as-tu fait ? », « qu’as- tu fait ? »...

il n’y a pas de réponse.

Il n’y a pas de réponse valable. Et nous le savons.

C’est vrai que David aurait pu répondre : ’le désir m’a brûlé, j’ai dérapé, à ce moment-là je n’étais plus moi.’

« Qu’as-tu fait Ève, et toi Adam ? ». S’ils avaient été sincères, ils auraient pu répondre : ’Je ne sais pas. J’ai voulu feinter. Je me suis menti. Je ne peux te

répondre, Seigneur, parce qu’à ce moment là, ma vue s’est troublée et j’ai perdu la joie.

« Pourquoi Paul, tant de haine. Avant ta conversion... ? »

’justement parce que je n’y comprenais rien et que je ne voulais pas l’admettre, quand je frappais les autres.’

Mais en fin de compte, la seule réponse valable, c’est celle de David qui devrait être la nôtre, le plus vite possible.

« Pardon ! », « je te demande pardon ! »

« je ne veux pas discuter mon Dieu. » « j’ai péché contre Toi. » David pleurera ensuite

Remarquez, c’est la même réponse à la façon féminine, de la femme chez Simon.

Elle pleure d’abord.

Ses larmes sont un aveu qui suffit devant Jésus. Son cœur parle.

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L’excès des passions, cette espèce de feu mal contrôlé, cette divagation d’un esprit qui perd pied et se ferme sur un mensonge ;.. Ce geste soudain qui souille une œuvre de grande beauté, ce moment de vertige à goût de mort...

Il ne se résout que par les larmes, l’humiliation reconnue et avouée.

Pas par l’analyse, ni un nouveau retour sur soi stérile qui ne mène nulle part.

Est-ce que L’Église recommande par là, une sorte de culpabilisation morbide ?

Mais frère, si tu n’ouvres pas ta plaie, elle pourrira en toi !

Il n’y aura pas de culpabilisation, il y aura tout simplement alors un cancer de ton âme.

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Le Christ et L’Église proposent un chemin élémentaire.

Un chemin qui court-circuite le vacarme de notre tête et de nos affections échevelées.

Le péché qu’il soit petit ou grand, véniel comme on dit ou mortel, il est comme une allergie qu’on alimente et qui nous pourrit la vie, qui démange notre âme.

Le péché mortel, c’est le péché qui nous aveugle complètement. Il envahit nos jugements, comme une marée noire. Et on se débat pour ne pas s’accepter comme on est.

Parce qu’on a trop mal, mais l’orgueil fait qu’on ne veut pas le reconnaître.

On ne peut pas avoir, ni comprendre, l’Esprit de L’Église tant que nous restons en cette cassure morale grave.

Un train qui a une seule roue déraillée ne peut pas avancer tout entier.

Et on va se débattre contre le monde et contre l’Église.

Quant au péché véniel, il salit, ternit notre âme, qui devient comme une vitre à travers laquelle la lumière ne peut plus passer.

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Frères et sœurs, un seul mouvement pour s’en sortir :

« Pardon ! »... dire pardon.... du fond du cœur.

Parce que ce pardon, mon frère, il t’es accordé. Et tu le sais, par un amour plus grand.

’Mais comment je peux dire ce pardon ?’

certains diront : ’Je ne sais même plus où trouver ce mot en moi ! ’

Hé bien , tu viens devant L’Église représentée par un pauvre homme comme toi, un prêtre, mais que le Seigneur a missionné.

Devant L’Église pour que ta démarche soit vraie de la grâce de Dieu.

Comme tu peux : en bafouillant ou en pleurs, vider la charge qui pèse à ton cœur et qui t’encombre depuis si longtemps parfois.

« le cœur humilié et l’esprit abattu » dit le psaume.

Comme tu peux...

Et le Seigneur sera là. Il restaurera ton âme.

Ça tu le sais avant de venir.

« Le Seigneur passe sur ton péché... » dit le prophète Nathan à David.

Quelle belle expression.

Dieu ne s’arrête pas à ton péché, à partir du moment où cet obstacle en toi est regretté et avoué.

Le Seigneur est trop bon. Il peut alors passer comme un flot d’amour qui te lave.

Et ton péché perd de son poison, de son pouvoir venimeux.

Et tes yeux retrouvent une nouvelle lumière.

Rien n’est expliqué.

En tout cas ce n’est pas ça le plus important, d’expliquer.

Mais la foi a guéri.

La relation s’est rétablie.

On se retrouve soi-même

Et on découvre que l’amour est plus fort. Qui nous attendait.

A celui qui donne beaucoup, même de son péché, surtout de son péché, il sera donné davantage d’amour.

Le Seigneur passe.

Si elle a montré tant d’humilité et tant d’amour, cette femme pécheresse, c’est qu’elle s’est sue aimée, comprise et pardonnée.

Le Seigneur est venu pour nous pardonner, nous guérir, nous renouveler.

Quelque soit l’absurdité et la gravité de ce que tu as fait.

Il aime les déglingués.

Et il a la force de les rendre lumineux.

« Tes nombreux péchés te sont pardonnés ! »

Seraient-ils encombrants comme une montagne, ou tordus comme ces vieux oliviers maltraités par les vents, le Seigneur peut passer avec douceur

Il est passé et te fait renaître d’une nouvelle lumière,

parce qu’il est plus fort que ton péché.

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Il suffit bien sûr, de lui faire signe quand il lance son appel et qu’Il veut passer.










 

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