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"Vous allez recevoir une force, celle du Saint-Esprit qui viendra sur vous. Alors vous serez mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée et la Samarie, et jusqu’aux extrémités de la terre"

(Actes des Apôtres, chapitre 1, verset 8)

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SEPTIÈME DIMANCHE DE PAQUES

"..Viens, Seigneur Jésus " .........

  Publié le dimanche 8 mai 2016 , par Père Thierry Galant


( Homélie à l’occasion du baptême d’une petite fille. )

Comment concevoir, chers frères et sœurs, la scène de la lapidation du diacre Etienne dans toute son expression tragique ?

Comment vivre l’impact bouleversant que peut produire son martyr.

Bien sûr, le martyr de Jésus est autrement plus intense.

Mais il n’y a pas que le martyr de Jésus, mais la lumière divine aussi qui émanait de sa personnalité : Il était le reflet de la divinité du Père.

« Qu’ils soient Un comme Toi, Père tu es en moi, et moi en Toi 

Mais c’est formidable d’imaginer la Présence divine, devant nous, dans un homme.

Ce devrait être bouleversant d’entrer dans une église.

Bouleversant jusqu’à nos nerfs même.

La Présence de Jésus dans le Saint Sacrement. Qui est là

Comme il est douloureux au temps de la prière, de voir rentrer de braves gens dans l’église qui se promènent comme au marché. Sans comprendre, ils papillonnent quelques minutes devant nos statues, passent devant le Saint Sacrement sans aucune attention ni silence intérieur.

Nous avons envie de crier : « braves gens ! Une étincelle de conscience et de foi, un petit signe d’adoration, une signe de croix, une génuflexion, une recherche de silence, et votre vie passerait de la promenade vaguement curieuse et fumeuse, à un mouvement de vérité de votre cœur qui changerait votre journée et qui sait, votre vie.

Jésus est là, en sa divinité. Qui vous porte et porte le monde....

Pardonne-leurs. Ils ne savent pas ce qu’ils font, où ils sont, qui Tu es....

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Mais revenons au martyr de saint Étienne.

« je vois le Fils de l’Homme debout à la droite de Dieu »

C’est là la plus profonde expression d’Étienne, tout son corps est engagé et toute son âme est engagée.

Il vit de tout lui-même un amour qui lui permet de vivre son martyr dans un esprit de foi qui emporte tout.

Quand Étienne reçoit les pierres, son cœur est touché au plus intime de lui-même et il est brûlé de désir. Tout son être dit : « viens Seigneur Jésus, viens parce que je te connais. Viens parce que tu es celui qui me donne une vie formidable en fin de compte. »

C’est le texte de l’Apocalypse. ’Viens Seigneur Jésus, c’est mon désir.’

Et je me rends compte que c’est ce désir qui est le fondement de ma vie.

C’est seulement par ce désir que je vis. « Viens sans tarder ! »

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Frères et sœurs, les textes de la Bible nous pouvons les prendre comme des épisodes de feuilleton, en les lisant en mangeant des frites.

Le Saint Esprit a bien de la peine à passer.

Nous pouvons même lire la Bible comme on lirait des anecdotes de l’Histoire de France.

C’est intéressant, mais en fait ça ne nous touche pas au fond de nous-même.

La Parole de Dieu, elle porte vie ou mort.

La Bible, c’est une tragédie. Celle de la relation d’amour entre Dieu et nous.

Le martyr d’Étienne s’est inscrit dans le cœur de Saul, qui deviendra le grand saint Paul.

Cet événement le marquera à jamais. Et suscitera un génie de l’Esprit Saint, pour marquer le monde.

Ça veut dire que ce martyr d’Étienne a produit un tremblement de terre jusqu’en la vie éternelle.

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Ma question, j’y reviens : ’comment vivre l’impact bouleversant de la foi des premiers chrétiens ?

Comment recevoir une étincelle de leur foi immense en Jésus ?

Pour que nous soyons touchés et que quelque chose change pour nous.

Sinon, à quoi bon venir vers le Seigneur, dans cette église… ?

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Je voudrais prendre un autre témoignage plus proche de nous.

Un petit livre m’est tombé dans les mains, récemment...

Il n’est pas d’un martyr, mais d’un témoin de la foi catholique.

Comme il en existe de nombreux en notre temps.

Un certain Marino Restrepo.

Ce que je retiens de lui c’est son expérience forte de conversion et la façon de la raconter.

En bref : ce Marino est né colombien dans une famille catholique. Il grandit et part de chez lui pour se faire une carrière. En cours de route, il laisse tomber la foi .

Carrière dans le cinéma. Grande vie. Réussite pas très propre, mais bon....

Producteur, scénariste, plein d’argent.

Sa vie intérieure il la nourrit de philosophies et de recherches ésotériques.

Il touche à tout : la magie, superstition , pratiques occultes.

Il se croit spirituel. Mais, comme il dit, il est spirituel du côté de l’esprit des ténèbres.

Sa sœur lui demande un jour de faire une neuvaine à l’Enfant Jésus.

Il accepte en pensant obtenir un avantage supplémentaire pour sa vie.

Le jour qui suit la fin de la neuvaine, il est kidnappé par des guérilleros colombiens pour être libéré contre rançon. Ou être liquidé.

Cette expérience va bouleverser sa vie. Pas parce qu’il s’en sortira vivant, mais parce que le Seigneur va venir le rencontrer dans la jungle, dans une sorte de caverne où il était gardé prisonnier.

« Pourquoi, dit-il au Seigneur, n’es-tu pas venu à ma rencontre dans ma maison d’Hollywood ? Pourquoi au milieu de la jungle ? »

La réponse est, d’une certaine façon, facile à donner....

C’est qu’au fond de la jungle, dans le désert, ou dans une épreuve qui ébranle nos assurances, dans une situation qui nous met nu devant notre existence, nous ne pouvons plus nous agripper à nos décors fragiles et aux jeux illusoires du démon.

L’expérience de notre conscience, l’expérience de la foi peut alors atteindre le plus impénétrable de nous-même et nous montrer le lieu de notre bonheur.

Et le monde et ses artifices prennent un autre visage.

En tout cas pour ce Marino, l’expérience et la grâce sont si intenses, qu’il voit toute sa vie défiler et voit clairement qu’il a les deux pieds en enfer, au milieu des démons qui ne sont pas des bêtes immondes, dit-il, mais des êtres très séduisants et fascinants qui ont l’art de nous ficeler.

Il a cette phrase très intéressante... Il dit que, ’avant que Dieu puisse entrer en nous, pour nous toucher et nous transformer, tout ce qui est en nous et nous concerne doit être anéanti, parce que tout cet édifice est infiltré d’orgueil et de vanité.

Il ajoute avec douleur, que si nous vivions vraiment notre foi catholique, beaucoup d’âmes en péril trouveraient le salut, grâce à nous.

Notre armée de croyants est si endormie.... si enlisée dans les soucis du monde.

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Et je reviens vers saint Étienne.

Cette foi que nous offre L’Église catholique, avec toute ses vérités ( et rien n’y manque, absolument rien) , elle se cueille dans nos plus profondes expériences.

Et Marino l’a compris. Son plus ardent désir, dans sa grotte sale où il devait boire de l’eau trouble, c’était de rencontrer au plus vite, (avant qu’il ne meurt d’une rafale de mitraillette) un confesseur, pour purifier son cœur de tout son passé.

« La seule chose que je te demande, Seigneur : donne moi un prêtre, même un prêtre prisonnier comme moi, peut-être, mais ne me laisse pas mourir au fond de la brousse sans que je puisse me confesser et recevoir le pardon de Dieu ! »

« Viens Seigneur Jésus », c’est le plus bel appel

« Seigneur Jésus reçois mon esprit, c’est à dire mon cœur, mon âme, ma vie toute mon existence »

Quand un homme arrive à crier en vérité cet appel, à ce moment sa vie prend toute son expression et sa valeur. Sa beauté et sa force.

Parce que le grand problème, la grande question, et la recherche de tout homme, qui est celle d’Enora aujourd’hui c’est celle ci :

« A qui je vais unir ma vie, au plus profond de moi pour lui faire donner sa force. ? »

Sa force de bonheur....

Avec qui je peux être un en mon âme. En quelle union, avec quelle personne, je trouverai l’épanouissement de ma vie. ?

Et je ne pourrais pas atteindre cette union avec quelqu’un, fut-ce mon conjoint, si je ne rencontre pas Dieu, si je ne connais pas le Nom de Dieu au cœur de moi, au cœur de Lui-même. C’est la lumière de Dieu qui libère mes possibilités et me permet de vivre le risque de l’union.

Le baptême c’est cette formidable possibilité de rencontre avec le Christ qui vient, dans une âme innocente, donner la première touche qui sera en fait le principe de toute union et de tout amour qui suivra.

C’est à dire — et pourquoi le cacher ? —, le baptême c’est ce qui donne aujourd’hui à Enora, la force de témoigner peut-être un jour, jusqu’au martyr pour Jésus .

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C’est une certaine façon le message de cette année de miséricorde :

« Viens, Seigneur Jésus, viens toucher mon cœur, donne moi le désir de te contempler Toi, le Fils de l’Homme, pour mon plus grand bonheur, mais aussi pour celui de tous les hommes que je peux porter dans ma prière.

Jusqu’à se savoir aimer par Jésus alors même que le monde s’effondrerait.










 

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