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"Quand paraîtra le Christ, votre vie, alors vous aussi, vous paraîtrez avec lui en pleine gloire".

Lettre de saint Paul Apôtre aux Colossiens

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4° DIMANCHE DE CAREME

"C’est par grâce que vous êtes sauvés..."

  Publié le dimanche 15 mars 2015 , par Père Thierry Galant


Ces textes, grands, puissants, je dirais même, aujourd’hui, violents.

Et je voudrais choisir une phrase dans chacun d’eux. Juste une phrase, on ne peut pas être trop gourmand, juste un part du gâteau.

Dans la première lecture, par exemple...

Je vous rappelle le contexte : la foi des juifs s’était affaissée.

Nabuchodonosor, roi de l’empire Babylonien, (en gros l’Irak actuel, la Syrie, le Liban la Jordanie, une partie de l’Arabie saoudite,) les déporte quasiment tous à Babylone.

Cela ça se passe en 600 avant Jésus Christ.

70 ans ensuite à vivre en ghetto et en esclavage.

Et puis Cyrus, roi de Perse, (en gros l’Iran actuel) prend le dessus sur Nabuchodonosor et lui prend son empire..

Il trouve plus commode de renvoyer ces rescapés de juifs dans leur région à Jérusalem.

Et même il favorise leur réinstallation. A partir de 537, les juifs réoccupent leur territoire.

Alors ? Une phrase dans ce texte...

Je pendrai la prophétie de Jérémie très forte.

« La terre sera dévastée et elle se reposera durant 70 ans, jusqu’à ce qu’elle ait compensé par ce repos tous les sabbats profanés. » Et ça s’est réalisé.

Mais …. la résurrection viendra, après ces 70 ans d’exil. Ça fait long 70 ans. Ça fait quasiment 3 générations.

 ;

et la deuxième lecture, voilà ma phrase :

« Nous qui étions morts, il nous a donné la vie avec le Christ :

c’est bien par grâce que vous êtes sauvés. »

Nous étions morts... dit saint Paul aux Ephésiens

et l’Évangile :

« celui qui fait la vérité vient à la lumière pour que soit manifesté que ses œuvres ont été accomplies en union avec Dieu. »

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Si je voulais peindre un tableau à partir de ces 3 phrases.

Ça donnerait quelque chose comme un tableau de Soulage, avec de grandes surfaces noires.

Le noir. Quasi de partout

Le noir, ce serait le désert, l’exil - le mal – le non-sens – l’abandon..., le noir quoi..

on pourrait y voir aussi la toile de fond de notre monde.

En fait, les nuits de l’Humanité, il y a en eu régulièrement, comme des vagues qui passent sur les civilisations. Celles-ci alors disparaissent ou reprennent souffle.

Les nuits spirituelles circulent tout au long de l’Histoire des hommes, depuis toujours.

Caïn a déjà été à l’origine de l’une d’elles, de ces obscurités sur le monde..

Ça ne date pas d’hier...

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Donc un tableau de Soulage, le maître de la peinture informelle. Tout noir...

Il existe carré blanc sur fond blanc. Lui, c’est tableau noir sur fond noir.

Et puis là-dedans, de la lumière, une résurrection, une intrusion de vie éternelle.

Qui sort du noir, en émerge, mais reste insaisissable.

Et même cachée..

Cette lumière, ce sera Cyrus ou plutôt l’esprit de Dieu en Cyrus qui rouvrira les portes de la Terre promise.

Et bien sûr, c’est Jésus cette lumière finale, qui était préfigurée par le serpent de bronze et par Cyrus.

Jésus mais Jésus mort sur la Croix.

Mais aussi, Jésus lumière éternelle, sur cette Croix

Le signe de la joie, donné dans les ténèbres...

Donné, c’est cela qui est important.

Ça veut dire que la situation de sauvetage du monde présent, elle ne trouve pas sa solution ailleurs, dans une autre configuration, politique ou autre.

Elle est dans ce qui existe, ici, et maintenant.

C’est dans notre histoire d’aujourd’hui que nous devons déceler le signe de vie et de lumière.

Je parle de l’actualité du monde, morale ou religieuse.

Mais, frères et sœurs, cela vaut tout autant pour notre cœur encombré dans ses limites et ses blocages, ses aveuglements et ses nuits...

Nous voudrions attendre des jours meilleurs ou des occasions nouvelles, des réussites, pour enfin s’ouvrir à un autre bonheur, une sorte de paradis nouveau qu’on rêve...

Erreur !

Alors même que la toile de fond de notre vie serait toute noire, ou à dominante noire, Dieu vient nous rejoindre dans ce tissu sombre, dans notre pauvreté qui peut restée pauvreté, dans nos épreuves et nos difficultés qui peuvent durer.

Dieu ne dit pas : « je transformerai le monde en lumière, en facilité et en fruit de joie »

Par contre, il dit : « la lumière est venu dans les ténèbres et les ténèbres ne l’ont pas reconnu ».

Jésus a donné un mouvement.

Elle est là cette lumière, pourtant, mais elle respecte les ténèbres. Mystère de la grandeur de Dieu... devant ce qui lui est contraire.

C’est notre cœur, pauvre, qui doit se tourner vers elle, cette lumière, l’accepter, la vouloir

Mais.... en restant dans les ténèbres ambiantes.

Nos ténèbres à nous, celles qui logent dans notre cœur, parfois en celui de notre conjoint, dans des recoins que nous n’arrivons pas à saisir.

Nous devons supporter cette part d’impuissance, de ténèbres en nous.

C’est pas facile, mais Dieu purifie et donne sa force en notre âme, il renforce sa puissance dans l’obscurité. Notre obscurité, personnelle.

Cette obscurité parfois teintée de nos fautes, de notre ignorance, de nos héritages ; de nos expériences ratées.

Et avec ça : « ça n’empêche pas que j’ai la lumière »

Et la joie, une joie profonde … le reste reste où il est.

Le monde continue de tourner sur lui-même.

Et la source de vie, cachée, vitalise L’Église et l’humanité.

Ce que nous vivons dans la nuit de notre cœur, nous le vivons au nom de tous nos frères, dans la chair de nos frères, qui n’ont pas la foi.

Et ils ne le savent pas. Mais c’est nous qui les portons.

C’est la grande expérience de sainte Thérèse de Lisieux, qui a porté les ténèbres de l’athéisme ambiant de son époque.

Les ténèbres, ce sont les nôtres, mais ce sont aussi celles de nos frères éloignés de Dieu, qui pénètrent nos cœurs et que nous devons porter.

Par nous la lumière est infusée au monde... merveille, ignorée, mais merveille d’autant plus. C’est cela la foi.

Notre cœur fixé vers Jésus. Illuminé par la grâce. Radieux de la grâce.

Les ténèbres poursuivent leur route... et alors ?

Nous nous épuiserions à vouloir les combattre.

De toute façon, elles s’épuisent d’elles-mêmes. .. et pouf, un beau jour, plus rien.

Ouvrons bien plutôt notre cœur à l’intimité divine.

Et avançons, dans le silence, la patience et la confiance.

Je dirais bien plus, dans l’allégresse.

Les circonstances, même les défavorables, nous sont source de grâces merveilleuses.

Notre mission, elle n’est pas de faire tourner le monde à l’envers du mouvement présent.

On se casserait le dos.

Elle est : « suis-je avec Toi, mon Dieu ? Avec Toi qui pourrait faire tourner le monde dans l’autre sens. Mais Tu ne l’as pas fait, même avec Jésus-Christ... »

Mon Dieu, la paix, pas ailleurs, mais là, en mon cœur.

C’est ça ta recette, pour nous inonder de ton bonheur et à partir de là, traverser le monde de cette lumière. Comme tu l’as fait jusques sur la Croix.










 

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