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"Que Dieu lui-même achève en vous
ce qu’il a commencé"

(Rituel de l’ordination)

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15° DIMANCHE ORDINAIRE

""Les apôtres expulsaient de nombreux démons, faisaient des onctions d’huile à de nombreux malades, et les guérissaient.."

  Publié le dimanche 12 juillet 2015 , par Père Thierry Galant


On peut penser que saint Paul plane au-dessus de la réalité avec ses grands mots. Prédestination – rédemption universelle – Le Christ récapitule tout sur terre et au Ciel…

Alors je voudrais faire un exercice pratique et éclairer par saint Paul, un sujet difficile, qui a rien de théorique : la sexualité.

Montrer par saint Paul que la foi est une lumière qui nous ouvre les yeux sur des réalités aussi sensibles que notre sexe.

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Personne ne trouve à redire devant n’importe quelle évocation déviée qui pullulent sur les écrans et les sites web.

Mais on dirait que l’Église est la seule à être suspectée quand elle aborde le sujet.

Elle le fait rarement parce que le sujet dont elle est obsédée, c’est Jésus-Christ.

Son premier propos c’est l’union à Dieu plutôt que l’union dans la chair.

Mais la sexualité est un sujet sur laquelle elle propose des éclairages tout aussi limpides que sur de nombreux autres sujets.

Je sais bien qu’il y a des risques à parler ’sexe’.

Chacun se sent concerné et croit vivre son expérience unique, intime dit-on, ceci dit si souvent blessée et pauvre.

Mais ça, à part les femmes qui échangent parfois plus aisément entre elles sur ce sujet, on n’en parle pas.

De toute façon, tout ce qui touche le corps, le plaisir, les sentiments et les émotions, la chair, suscite une certaine pudeur dans toutes les cultures, même si certains veulent faire comme s’ils étaient détachés de cela. (les naturistes...)

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Premier risque donc : parler ’en vérité’, de ce que personne ne veut exprimer « en vérité ».

Je précise : ’En vérité’ ... parce que les blagues et les représentations tordues, ça, ça pullule.

Deuxième risque : la fausse image que la société propage pour manipuler les gens et tirer profit de nos pulsions. Et ça marche. Pas besoin de preuves....

Troisième risque s’il y a pudeur, c’est qu’il y a quelque chose à cacher, quelque mal qu’on n’arrive pas à tortiller vis à vis de notre conscience. Et dans l’autre sens une délicatesse qu’on aimerait bien découvrir et préserver. Mais si fragile...

La sexualité est l’écho de notre vie totale, corps et âme.

Elle est donc le lieu le plus fragile de notre personnalité, qui nous échappe et en même temps qui peut révéler beaucoup de nous. Elle se trouve à l’intersection du meilleur et du plus animal en nous, du plus pur et du plus dévié, du plus expressif et du plus caché.

Freud l’a fort bien mis en évidence. Dommage qu’il n’ai vu que cela.

Enfin, dernier risque c’est que ce domaine sensible est en grande partie incontrôlable, enraciné dans le dynamisme obscur des passions et des hormones.

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Ceci dit, je me lance au delà de ces risques, parce que L’Église me le permet avec sa lumière si pure.

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Notre monde nous étourdit par ses messages sans boussoles. Entre autres, cette fausse image dont il nous harcèle, d’un épanouissement par la jouissance dont les jeunes rêvent Une sorte d’idole. Avec des pratiques qui rejoignent tout à fait une adoration sacrée.

Ça ne date pas d’aujourd’hui...

Hypocritement, des mouvements sans vérité, luttent pour que les femmes ne soient plus objets du sexe de l’homme, alors qu’au même moment ils favorisent un modèle de femme non plus ’objet’, mais ’être de sexe’, avant que d’être amie, épouse ou mère.

Nombre de femmes se calquent, inconsciemment, sur le mode masculin d’une fausse liberté de leur sexualité.

C’est ainsi qu’on arrive à réduire homme et femme à leurs tendances, à leurs désirs, (même s’ils sont déviés de la nature), sans chercher plus loin.

Les jeunes vivent selon des modèles. Faciles à reconnaître. Il suffit d’entendre leurs expressions entre eux. Simple exemple, quand ils disent à propos d’une fille : « elle est bonne »... Ce n’est pas toujours pour signifier qu’elle est charitable....

La difficulté, c’est qu’on présente des modèles qui ne sont pas la réalité, mais simplement une impression de cinéma.

Pour les filles par exemple, le gros problème est quand elles se soumettent au regard réducteur posé sur elles, pour devenir ce qu’elles pensent qu’on attend d’elles.

Pas simplement devant les gars, mais entre elles aussi, où elles s’examinent sur la couleur de leur haut ou l’aspect de leur tour de taille.

L’écran de télé favorise et achève leur formatage esthétique.

Leurs désirs profonds, elles le savent, c’est d’être aimées d’amitié, être soutenues, reconnues par un homme qui respecte leur originalité féminine.

Et pourtant elles ne livrent, par soumission, que le plus grossier d’elles mêmes pour une première accroche, avec l’espoir qu’elle feront changer leurs admirateurs par la suite vers une relation plus profonde. C’est perdu d’avance .

Comment d’ailleurs avoir une juste conscience de soi-même quand on part sur des slogans comme : « mon corps m’appartient »...

Quand une femme dit que son corps lui appartient, on peut se demander à qui appartient son âme ….

Notre corps pour chacun de nous, ne nous appartient pas ; pas plus que notre âme...

Il est expression de notre âme.

En fait, nous sommes notre corps et notre âme.. Et nous sommes ce que nous en faisons.

J’avais un jour, un témoignage d’une femme de 50 ans qui me disait :

’Pendant les périodes où j’ai pris la pilule, je ne me reconnaissais pas (je crois même qu’elle a dit : ’je ne me connaissais plus’)

Je n’étais plus vraiment moi-même avec tant de brouillages en mon corps (et en son âme bien sûr). Il n’existe pas de frontières entre l’âme et le corps.

D’ailleurs le fait même d’utiliser des moyens contraceptifs artificiels indique qu’il y a une approche faussée de son corps et de la relation à l’autre et de l’amour

Bien souvent ça inclut une soumission au mode masculin de vivre sa sexualité (on pourrait dire d’utiliser sa sexualité)

Bien sûr, qu’il y a des tas de raisons, parfois passagères, d’utiliser des moyens de facilité. Ce qui ne les justifie pas complètement.

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Les femmes demandent une approche plus intuitive et affective de l’union dans le couple.

Si cette approche n’est pas perçue, par l’un et l’autre, elle va virer au mode masculin plus direct pour vivre la relation.

Il y a aura frustration de la femme privée de la profondeur qu’elle recherchait, .

Elle n’aura pas su faire respecter ou simplement faire percevoir son attente.

Et frustration de l’homme qui attendait un appel à aller plus loin que son mode de fonctionner.

L’un et l’autre resteront sur leur faim profonde, sans trop savoir pourquoi.

Et la faute incombera autant à l’un qu’à l’autre qui auront cédé à l’intérêt ou à un besoin immédiat.

Et c’est là qu’on découvre une nécessité.

La sexualité nécessite un environnement favorable pour se vivre.

Qui rassure la femme

qui retient l’homme ou plutôt l’invite à une perception plus profonde de la relation.

Quel est cet environnement ?

Certainement pas une stimulation par l’image ou plus désastreux encore, par la chimie ou autres instruments.

Cet environnement, quel est-il ? : Il est une écoute silencieuse de la vie intérieure.

Paradoxal.... mais la vie sexuelle se place bien quand le couple se met en position... de silence intérieur, avec persévérance.

Tout le contraire des modes d’emploi qui courent les rues... je suis désolé !

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C’est là qu’on discerne la grande sagesse pratique de L’Église, qui insiste sur l’aspect amitié de la relation, pureté de la relation, complémentarité, respect dans l’union, que favorisent les méthodes de contraception naturelles pour gérer sa sexualité.

Bien sûr, chacun est unique, chaque relation de couple est unique et rencontre souvent des difficultés ou se développe sur des bases faussées.

Alors comment tendre à la pureté au respect, à la chasteté dans le couple (voilà encore une notion extraterrestre que pourtant L’Église recommande avec aplomb...)

Comment ? Par la Présence de Dieu et du Christ dans la vie intérieure du couple.

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La femme, dans la foi surnaturelle entretenue en sa vie intérieure, trouve la confiance et l’assurance qu’elle va préserver sa personnalité et ce qu’elle est vraiment, sa richesse et son trésor intérieur.

Elle ne se sentira pas seule et à la merci de l’homme.

Elle peut alors s’engager avec l’homme sans risquer de se diluer ou d’être tournée en objet.

( c’est ce risque parfois inconscient qui la détourne souvent, soit vers le blocage soit vers la dissimulation)

Et l’homme, dans un mouvement de foi surnaturelle, dépasse son mouvement premier qui lui semble simple, mais le place en position de pouvoir et de possesseur, qui ne le satisfait pas vraiment, puisqu’il cherche à sa façon, une dimension d’amour qui le fait sortir de lui en l’ouvrant à un mystère qui le porte plus loin.

Sans se sentir ligoté ou noyé, bien sûr.

Ce n’est pas une histoire de possession ou de domination ou de détente auquel la foi l’invite...

mais à une histoire d’entrer dans un mystère d’amour qui est celui de Dieu pour l’homme. Du Christ pour son Église.

Il faut prier pour approcher ce mystère qui libère l’intimité du couple.

Prier pour comprendre le Christ, et connaître la beauté de L’Église.

C’est du pur saint Paul ce que je dis là.

Et nous voilà au cœur de la sexualité :

L’union sexuelle émerge d’un mystère de foi.

Elle appelle alors la pureté, la discipline et la croix avec ses exigences qui semblent inhumaines, de chasteté, entre autres.

Et pourtant, l’expérience du désir grandit toujours sur le manque, que propose justement la chasteté .

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Tout commence et se termine par la relation indissoluble du Christ avec L’Église,

la plus belle de toutes les relations,

qu’une femme et un homme doivent vivre dans leur union.

C’est le seul chemin pour ouvrir la sexualité à sa pleine dimension et donc lui donner une chance d’être bien vécue et de grandir, et de lui donner un sens heureux. La vivre avec Dieu. Faire lit à trois...

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’Revenons sur terre’, pensez-vous....

Nous y sommes en plein, si nous comprenons cela en chrétien, avec la foi.

Il y a cependant un élément gênant dans les jours et les nuits des couples.

C’est la proximité du péché.

Parce que le péché originel (ses conséquences) vient perturber l’amour par un repliement sur soi.

Il est toujours là, à vouloir détourner le don que l’on fait à l’autre et vient habiter ce don de tout ce qui peut être parfois sale et tordu.

Certains croient même qu’il ne peut y avoir désir sans mensonge.

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Le péché s’attache directement à ce qui a été créé pour unir.

Il se sert de la sexualité pour diviser et troubler en profondeur, alors qu’elle est créée pour unir et apaiser.

Il provoque la honte, là où il y a promesse d’harmonie.

Le péché, l’impureté intérieure déstabilise par un goût d’échec, là où l’homme et la femme devraient trouver leur vérité par le corps de l’autre et une communion à l’image de Dieu. .

Il n’y a pas d’autres solutions pour vaincre ce vertige vicieux que deux sorties de secours :

- soit se résigner à vivre de petites recettes nulles ou malsaines.... Mais on s’y fait.... !

- soit se tourner ensemble dans un élan de foi vers le Christ et inviter Dieu comme garantie de l’amour, de l’union des corps, d’une communion spirituelle.

C’est par le corps que la personne va totalement vers l’autre, sans réserve...

Si...les deux évidemment sont d’accord sur leurs bases spirituelles....

D’où l’importance de la foi en L’Église. Et du pardon des péchés.

C’est par son esprit et la grâce de Dieu que quelqu’un découvre l’union amoureuse tout en se préservant de la fusion qui anéantit.

Je dirais ’avis aux amateurs’, parce que c’est important cette frontière entre union et fusion. L’une épanouissante, l’autre engloutissante à la manière de sables mouvants.

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Voilà pourquoi la sexualité du couple, vécue hors de cette beauté de la grâce, scellée par L’Église dans le sacrement du mariage sera une sexualité incomplète, tournée inévitablement sur elle-même, trop courte,

périlleuse pour la femme

réductrice pour l’homme

pas tranquille pour les deux.

orientée par une fin qui n’aura pas d’ampleur.

L’amour où le corps est engagé, s’il est en dehors du sacrement, est un amour castré qui ne se déploie pas totalement.

Donc en insuffisance -

et donc en faute puisque la faute, c’est un acte qui n’atteint pas sa perfection.

Voilà aussi pourquoi l’Église affirme que des couples, mariés ou non, utilisant des moyens de contraception artificiels ( pilule – stérilet – et à un autre niveau, des préservatifs )

ou encore des couples qui ne sont pas mariés à L’Église par le sacrement du mariage,

ou simplement qui portent un péché grave qui n’est pas pardonné

ne peuvent pas participer à la communion qui est le sacrifice du Christ jusqu’à la mort pour son Église, alors même qu’elle serait infidèle.

Si ce sacrifice n’est pas accepté dans la vie du couple, s’il n’est pas compris dans ses exigences et vécu dans la grâce de Dieu, comment peut-il être reçu en adéquation intérieure quand on s’approche de Dieu au moment de la communion ?

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Il ne s’agit pas d’avoir honte ou d’avoir un complexe d’exclusion si vous ne pouvez pas aller communier.

C’est témoigner de la beauté du sacrement que de venir demander la bénédiction en croisant les bras sur les épaules :

« je ne vis pas la Croix qui m’est demandée ou je ne vis pas encore de l’union du Christ en moi. Hé bien, je le reconnais.

Quand j’aurais ouvert ma vie à son pardon et décider de vivre, pauvrement, dans sa lumière, alors ’Dieu fera déborder jusqu’à moi sa richesse de sagesse et d’intelligence’.

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Et comme un hasard de la nature, quand l’homme et la femme se rencontrent et communient dans leur chair à une amitié qui les dépassent, leur chair va exprimer leur union par une autre personne qui sera leur unité :

l’enfant, nouvel infini de désir et d’amour.

Bien sûr qu’elle bouge, cette nouvelle unité ! Mais si les parents acceptent l’aventure, il enrichit d’une nouvelle relation et d’un nouvel appel à l’amour, notre vie qui en fin de compte ne réclame que de s’épanouir dans des unions plus profondes et plus engageantes.

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Voilà la dernière question, et j’en finirai par là.

Que cherchons nous, enfin ?

Un équilibre confortable, rafistolé, qui nous donne de jours en jours toujours plus d’émotions, de plaisir, ou simplement de tranquillité pulsionnelle ?

Alors, aucun doute, quelques soient nos slogans, la rencontre sexuelle n’atteindra jamais l’autre, ni soi-même, ni l’enfant reçu comme un don.

Ou cherchons nous un chemin vers notre Créateur et vers notre Sauveur, un chemin de libération, d’élévation et de soumission à la grâce ?...

le chemin de notre prédestination qui nous correspond parfaitement et nous ouvre à la vérité sur nous-même, c’est à dire le chemin de communion qui accueille l’autre comme il est, qu’il soit le conjoint ou l’enfant.

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Mais cela on ne peut le comprendre et on ne peut le vivre que dans la lumière de la foi, celle de l’amour du Christ pour son Église.

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C’est ce que saint Paul nous dit !










 

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