Eglise Catholique du Var - diocese-frejus-toulon.com

"Heureuse celle qui a cru à l’accomplissement
des paroles qui lui furent dites
de la part du Seigneur"

Saint Luc (chapitre 1, verset 45)

FR | EN | PT |
Newsletter de l'église du var



21° DIMANCHE ORDINAIRE

"... Je le rendrai stable comme un piquet..."

  Publié le dimanche 24 août 2014 , par Père Thierry Galant


Pour certains tu es Jean-Baptiste, pour d’autres Élie, Jérémie, ou encore un prophète.

- Jean-Baptiste est le prophète de la droiture du cœur.

Il n’a pas fait de miracles, mais il fut un révélateur puissant de conversion, et celui qui annonça le changement de l’Histoire du monde.

- Élie fut le prophète par excellence par ses miracles. Puissant contre les idolâtres et les rois injustes. Feu, emporté dans un tourbillon de feu.

- Et Jérémie ? Lui, c’est le visionnaire malmené, seul contre tous, pour ne pas dévier de sa mission historique.

Et tous les trois d’ailleurs, seuls contre le courant de leur temps.

Jésus va reprendre la qualité de prophète.

Parole de sagesse. Dépassant par ses miracles tous ses prédécesseurs. Impatient de répandre sur la terre, un feu vivificateur.

… Et seul, infiniment seul à la mesure de sa divinité méconnue de ceux qui le suivaient.

Saint Jean écrit au début de son évangile :

.

« le monde ne l’a pas connu

il est venu chez lui, et les siens ne l’ont pas reçu.

Les ténèbres n’ont pas pu l’atteindre »

.

Alors Jésus se tourne vers ses intimes, ceux qu’Il appelle ses ’amis’.

Il attend une autre réaction.

« Qui suis-je pour vous ?...

Est-ce que cela vous suffit que je sois un prophète, même le plus grand des prophètes. ? »

.

Et c’est là qu’il va y avoir coïncidence entre deux choses inimaginables, même par les religions les plus puissantes de notre temps.

D’un côté, Pierre affirme d’une façon peut-être incomplète dans sa tête, et c’est normal... il affirme ce qu’il y a de mieux en lui :

« tu es le Messie, attendu depuis le commencement des temps !

Le Fils du Dieu vivant !

Pierre ne pouvait pas faire mieux, dire plus... comme ça d’un coup !

Il ne pouvait pas donner une définition théologique de la Deuxième Personne de la Trinité devenu homme. L ’Église mettra des siècles à trouver les mots justes et les concepts pour dire cela.

Pourtant Pierre dit tout et il le dit dans un élan d’enthousiasme.

Et c’est cela dont nous avons besoin, frères et sœurs, de cette spontanéité du cœur, bien plus que de 10000 paroles prudentes qui soupèsent la justesse des mots.

Car c’est à ce moment là, au moment de l’expression du cœur, que le Saint Esprit peut faire quelque chose de nous et à travers nous et faire transparaître sa puissance de vie.

Le Saint Esprit ne peut pas passer dans des paroles qui ne sortent pas du cœur.

Pierre, lui, laisse la grâce passer et Jésus va alors glorifier son audace.

Jésus attendait une ouverture au Saint Esprit. Il l’a !

Et voilà la coïncidence qu’il a provoquée et dont Pierre est l’instrument.

Jésus va faire jaillir d’un cri du cœur…quoi donc ? :L’Église. Le fondement de notre Église.

. On est loin d’un Jésus, simple prophète en son temps.

Jésus prophète, ça tranquillise, d’une certaine façon.

Parce qu’un prophète, même s’il est grand, on le colle à une époque et on peut dire qu’on peut le dépasser. Que les temps changent et on attendra un autre prophète.

Tandis que ’Fils du Dieu vivant’, c’est gênant. Sa venue exclue la venue d’autres prophètes. Si Jésus est Dieu - et c’est notre foi... - il n’y a plus de prophètes après Lui.

Jésus inscrit, une fois pour toutes, le bonheur des hommes dans l’éternité et il n’y a plus besoin d’autres conquêtes, ni même d’autres messages.

Tout autre conquête sera vaine et disparaîtra avec le temps.

.

L ’Église n’est pas fondée sur la chair et le sang, mais elle a ses racines dans les cieux, par une grâce spéciale de Dieu.

Comme les paroles de Pierre, elle traverse les puissances de la mort, avec douceur.

Parfois avec la douceur des martyrs.

Saint Paul le clame en long et en large à tous les coins de ses lettres !

. Mais cela, frères et sœurs, est très engageant et à une portée très pratique, dans la conception que nous avons de L’Église.

Tant qu’on dit que L’Église est fondée sur les apôtres, ça passe.

L’Église est apostolique, il faut bien une succession à travers les siècles.

Mais quand il s’agit d’accepter que saint Pierre puisse lier une vérité, de façon permanente, surtout si ça nous concerne, là on commence à secouer la tête.

Combien de chrétiens ont tendance à mettre Jésus au rang de prophète, pour prendre le rôle, eux, de nouveaux prophètes de notre temps.

.

Se dire chrétien, c’est accueillir l’Église dans la foi, avoir foi en l’Église que Jésus a bâtie sur un homme.

C’est fou, mais c’est comme ça :

L’éternité de notre béatitude est garantie par un homme, un marin pêcheur, qu’on représente barbu, un peu rustre, et que Jésus a choisi sur une bonne réaction toute spontanée.

Et c’est tout.

Ça veut dire que notre esprit doit basculer dans un mouvement de foi. Notre Pape dit telle ou telle chose, ou fait quelque chose en tant que Pape.

Et les commentaires fusent.

« Il a raison, il a tort, ça il le dit bien, ça il ne devrait pas le dire comme cela !

L’Église doit être autrement. Ça marcherait mieux si on était de notre temps et on comprend mieux les choses, mieux que le pape et les Évêques et que Saint Pierre et que Jésus.

C’est normal, le Pape ne vit pas ce que je vis, etc... »

En fait, celui qui a cet esprit, parle selon la chair et il n’a pas la foi.

Parce que la foi, c’est de croire que, justement, la pensée du Seigneur me dépasse, quand elle me gêne et même quand elle me plaît.

Car approuver ce qui me semble sympathique, c’est une façon de dire : « ’j’aime’ parce que ça me correspond.

Mais ce n’est pas la foi cela, frères et sœurs !

Je prends exemple du Pape, mais ça peut être notre Évêque ou notre curé... ou L’Église en général.

Laissons ces réactions, frères et sœurs, à ceux qui n’ont pas la foi.

Ceux qui regardent la surface du ’phénomène Église’ qu’ils ne comprennent pas et auquel ils n’adhèrent pas dans leur existence.

Répondons-leur, quand nous croisons leur chemin :

« Je crois en L’Église. Je crois que le Saint Esprit parle par notre Église.

Elle choque peut-être, tant mieux ou tant pis !

Dieu a ses chemins bien à lui....

Elle semble être lumière pour notre temps, en tout cas la plus porteuse de sagesse, au-delà des autres religions, c’est normal, Jésus l’a fondée pour être la plénitude de la lumière.

Elle semble décalée, un peu folle, provocatrice et elle conteste la médiocrité, alors je crois !

Je crois, et c’est notre foi de chrétien de ne pas se contenter des échos du temps sur L’Église.

Le Saint Esprit, par sa mystérieuse action, je dirais parfois taquine, la porte et me porte, et m’ouvre, à travers ces chemins qui nous semblent imperfections, à la vie éternelle.

Le Christ l’a voulu ainsi. C’est la plus belle chose.

Nombreux saints sont morts pour L’Église parce qu’ils avaient foi en la Parole dite à Pierre :

« Ce que tu auras lié sera vérité d’éternité, et délié aussi sera vérité immuable. »

Quelle paix alors en nos cœurs que de suivre Jésus, jusqu’à cette intuition divine, exprimée par saint Pierre en trois mots :

« Tu es le Fils de Dieu ! » Spontanéité de confiance .

Toutes les inquiétudes de notre temps qui nous fatiguent.

Toutes ces critiques ou ses adhésions partisanes, toutes ces religions qui s’arrêtent au seuil de la foi en Jésus, toutes ces actualités qui nous agacent comme des mouches qui tournent et insistent,

tout cela ne tient pas devant la paix, on pourrait dire, le silence d’un regard de foi.

Et si on essayait de grandir dans la foi plutôt ….

« Seigneur, fais moi découvrir ta sagesse déroutante.... »

La profondeur de la richesse, la sagesse et la science de Dieu, celui qui s’en croit juge se fatigue à lutter pour son point de vue, et en tout cas il montre qu’il n’a pas la foi évangélique de L’Église..

’La lumière luit dans les ténèbres et les ténèbres n’ont pas pu l’atteindre.....’










 

Conception et développement : bonnenouvelle.fr