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"Je désire que le premier dimanche après Pâques soit le dimanche de la miséricorde"

(Petit Journal de sainte Faustine, n° 299)

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NUIT de PAQUES

"Pourquoi pleures-tu ?.."

  Publié le dimanche 5 avril 2015 , par Père Thierry Galant


Marie Madeleine. Mais je voudrais commencer par le commencement.

Il y a une autre ,toujours plus discrète que tout autre. La Vierge Marie.

C ’est elle qui est quand même première en cette nuit.

La Vierge Marie, là en cette nuit, en premier, elle n’a pas pu croire qu’il n’y avait plus rien.

Parce qu’elle serait morte, du vide de son cœur.

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La mère en premier, et Marie Madeleine, et saint Jean et les autres, femmes et hommes.

Tous ceux et celles qui n’ont pas dormi de la nuit.

Il y avait quelque chose qui leur disait : « retourne, cherche... Si plus rien n’existe, même pas en espérance, le monde est définitivement mort. Perdu à jamais »

Néant. Tout.

Inutile et impossible de vivre.

Jésus avait tant pris de place dans leur vies. Il avait tant parlé de vie...

Et même de résurrection, de victoire finale, de gloire, alors même qu’il vivait déjà ses moments tragiques.

Vraiment, Marie et les autres femmes, il y avait une flamme qui les tenait en leur cœur pour qu’elles aient la force d’aller jusqu’au matin du dimanche.

Ce n’est plus leur tête qui mène leurs pas.

En elles tout est brouillé, mais c’est leur cœur..

Vous savez, frères et sœurs, il y a des moments dans une vie où les raisons s’écroulent.

On ne sait comment, il n’y a plus que le cœur, comme un réflexe de bête, d’instinct, qui nous fait faire le bon choix.

Comme un réflexe de bête, mais relié à une grâce, mystérieuse et invisible.

Et on se dit : pourvu que mon cœur ne lâche pas... Il n’y a plus que ça qui me reste.

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Un ange dans l’obscurité du tombeau attendait Marie Madeleine. Il était là pour faire le pont entre la rive perdue, désespérée, noire... et la rive lumineuse.

Il lui révélera une solution, complètement folle et qu’on n’arrivait pas à clarifier.

« Il est vivant, il est ressuscité, celui que tu aimais.

C’est pas vrai, ça peut pas se faire ! »

Mais si, il l ’avait dit, lui-même, Jésus, lui qui était ton enfant, ton fils, ton ami, ton amour, et qui avait déjà changé ta vie.

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Mais si le tombeau est vide, c’est qu’il est ailleurs. Bien sûr.

Plus rien, plus jamais, ne sera irrémédiable.

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Marie Madeleine passera du tout au tout.

De la présence physique, corporelle de leur relation avec Jésus.

Avec sa voix qui devait la ravir, non seulement le son de sa voix parfaitement juste et posé, mais le sens de ses paroles qui l’emmenait à chaque mot plus loin.

Avec ses gestes, ses regards, toujours chargés de délicatesse et d’amour.

Cette connivence entre la mère et le fils, mais menée par le fils, jusques dans son obéissance.

Marie dans une aventure de bonheur continu.

Marie-Madeleine, ça avait commencé un peu plus tard pour elle. Elle le savait bien.

Mais ç’avait été fort.

Et tout cela..... plus rien.

Déchiré. La Vierge Marie était la seule la plus apte à savoir la nécessité de cette déchirure du cœur. Nécessité historique. Depuis Jésus, bébé, elle méditait chaque signe chaque annonce de la douleur de la Croix et.....

Chaque annonce d’une gloire mystérieuse qui devait éclater au grand jour.

Marie Madeleine et les apôtres devaient passer par une expérience absolument nouvelle, inédite.

Il y a quelques jours, une religieuse m’avouait : « je viens de découvrir que l’Histoire du Salut est réelle »

Ça paraît bizarre comme réflexion, mais elle énonçait une expérience très profonde.

Elle affirmait par là qu’elle était entrée dans une nouvelle perception de la réalité de son catéchisme.

Ça la concernait vraiment.

Ça la bousculait.

Marie et les femmes devaient faire une nouvelle expérience, première, de la relation avec Jésus.

Un frisson d’existence qui leur était inconnu, devait les traverser jusqu’en leur esprit.

Nous devons savoir, frères et sœurs, que nous pouvons entrer dans d’autres perceptions de la vie.

Admettre et désirer dans le courant de la foi, une intuition, formidable, cachée depuis notre enfance, en nous, et qu’un événement fort, parfois difficile peut faire éclore, jaillir de nos capacités profondes.

Je dis une intuition. Mais ce sont des trains de nouvelles perceptions qui nous demeuraient ignorées jusques-là.

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C’est le grand silence terrible qui se charge en présence de Dieu, en présence nouvelle de Jésus, ressuscité.

En vraie prière. Pure, permanente.

La vraie prière est cette permanence de vie en nous..

Seulement, nous, nous y arrivons par de multiples étincelles de grâces en nous, peu à peu, toujours plus profondes et substantielles.

Les femmes, au tombeau, elles, ont été prises dans tout leur être, en une seule fois, une seule expérience, totale.

Jean puis Pierre, de la même façon. Il vit et il crut

Il est vivant. Pas comme avant, mais vivant oui.

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Jésus, tu es là, tu m’accompagnes.

C’est une expérience de chaque instant qui se préparait dans la nuit.

Tout l’être de ces femmes et des deux premiers apôtres a été secoué, pour revivre.

Pour passer de gestes communs, très beaux peut-être, comme d’apporter des parfums sur une tombe, à une vibration incontrôlée, reçue, de vie dans leur corps et dans leur âme.

Le monde change en vibrations de lumière, se propageant en nos âmes, désormais plus jamais seules.

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Alléluia ! Amen !

Il fallait que Marie, et tout de suite après elle, Marie Madeleine, et puis les apôtres aimés, perdent tout lien affectif avec l’amour de leur vie.

Mais ils plongent alors dans une relation totalement purifiée, de grâce, avec Jésus. .

« Ne me touche pas » dira Jésus à Marie de Magdala.

Ça veut dire : ne cherche plus à me saisir par l’affectif, le sensible.

Accepte l’obscurité en ton esprit pour vivre maintenant d’une lumière de foi.

Joie qui t’inonde, mais au sommet de ton âme. Pure et seule.

Une autre forme de ma présence .

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Ne me touche pas ! Laisse tomber tes aromates, femme.

Si tu veux découvrir la seule dimension en toi qui ne sois pas cernée par la déception ou l’inquiétude.

Hop ! La rive de lumière est touchée. C’est l’infini d’une vie qui est perçu.

Les femmes ont laissé leurs aromates aux pieds de l’ange, sur une rive de leur vie, et sont entrées dans une nouvelle relation .

Qui dépasse de loin et définitivement l’affection.

Et ouvre ses portes toutes grandes à la paix.










 

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