"Quand paraîtra le Christ, votre vie, alors vous aussi, vous paraîtrez avec lui en pleine gloire".
Lettre de saint Paul Apôtre aux Colossiens
Toulon - Saint-François de Paule
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Paroisse Saint-François de Paule
Publié le vendredi 16 avril 2010 , par

Située en plein centre de Toulon, en bas du cours Lafayette, l’église Saint François de Paule mérite le détour.

La première pierre de cette église fut posée le 30 janvier 1744. L’église s’appela d’abord église Saint-Jean car elle remplaçait une chapelle vouée à saint Jean-Baptiste, édifiée au XVIIe siècle de l’autre côté de la place. La construction s’acheva en 1749. A cette époque, les Récollets ouvrirent un couvent contigu à l’église qui devint ainsi leur église conventuelle. L’ordre mendiant des Récollets, présent à Toulon depuis un siècle et demi, était intimement lié à la vie toulonnaise car les Pères, outre leur ministère à terre, fournissaient à la Flotte des aumôniers embarqués.
De 1790 à 1793, les Jacobins tinrent leurs réunions dans l’église. Après la prise de Toulon, le 19 décembre 1793, par les armées de la Convention, elle servit de prison. Successivement temple décadaire, dépôt de munitions, entrepôt de tonneliers, elle fut rendue au culte en 1803, et érigée en paroisse sous le nom de Saint-François-de-Paule.
Pourquoi cette nouvelle appellation puisque ce saint, mort en 1507, originaire de Calabre, fonda les Minimes et non les Récollets ? Peut-être à cause du transfert d’une statue le représentant et provenant du couvent des Minimes situé dans le proche quartier de Besagne. Autre hypothèse : l’église étant devenue, depuis sa réouverture au culte, le siège de la Confrérie charitable des Pénitents Noirs, et ceux-ci ayant pour patron saint François de Paule, l’habitude aurait été prise de l’appeler église Saint-François de Paule... Toutefois, certains Toulonnais l’appellent encore église Saint-Jean et une carte postale du début du siècle la représentant mentionne "église Saint-Jean-Baptiste".
Le culte paroissial fut assuré jusqu’en 1941, mais il était déjà bien réduit à cette date en raison de l’évacuation de la ville et des risques causés par la vétusté des balcons antérieurs. Très ébranlée par les bombardements, l’église fut complètement sinistrée lors du départ des Allemands en 1944. L’explosion des quais souffla la toiture. Les fresques admirables qui ornaient les murs et qui avaient motivé le classement de 1942, étaient irrémédiablement perdues. Toutes les recherches menées à ce jour pour en retrouver une copie ont été vaines. En 1945, l’église est rattachée à la paroisse cathédrale, mais le culte ne peut plus y être célébré.
Après la guerre, elle est l’objet d’une longue restauration sur le plan primitif de 1744. Le culte est rétabli en 1967. La réfection de la façade principale, entreprise en 1991, est achevée en 1994. Mais des désordres apparaissent maintenant dans l’architecture intérieure... En 2005, elle redevient paroisse indépendante de la cathédrale. Elle est confiée la même année à la Société des Missionnaires de la Miséricorde Divine.

De style baroque homogène, établie sur un plan basilical, cette ancienne chapelle du couvent des Récollets est composée d’une nef prolongée par un chœur à chevet plat. Les bas-côtés sont surmontés d’une large tribune qui court sur trois côtés, selon un modèle unique en France. Le couvrement est constitué d’un plafond plat enduit. Si l’intérieur est d’un classicisme presque austère, la façade principale, dont le motif central présente une subtile convexité, est marquée d’une influence baroque avec son porche curviligne dorique et ses pilastres doriques surmontés de pots à feu. Une grande fenêtre axiale, rouverte récemment, éclaire la tribune à l’est. A l’origine, la lumière venait aussi de l’ouest, par les baies du chœur, bouchées depuis. Le clocher date de la seconde moitié du XIXe siècle. Le clocheton primitif, à droite du chœur, a été restitué en 1990.
La chaire en noyer date de 1848. Elle est due au sculpteur ébéniste toulonnais Sénéquier. L’autel date du milieu du XVIIe siècle. Il provient de l’ancienne chapelle des religieuses Ursulines.
Les boiseries du chœur représentent la vie de saint François de Paule. Elles datent de 1842.
Trois statues en carton-pâte doré, datant du Second Empire, sont de même facture : dans l’allée de droite, saint Pierre, patron des marins pêcheurs, qui fréquentaient beaucoup l’église. Au dessus de l’autel latéral gauche, la sainte Vierge. Et saint Jean-Baptiste, ancien titulaire de l’église, à côté des fonts baptismaux (dans le chœur à certaines époques de l’année).
Sur l’autel latéral droit, dans une niche de la fin du XIXe siècle, restaurée en 1996, le Saint Enfant Jésus de Prague, statue récente provenant d’Arenzano, près de Gênes, en Italie, où se trouve un grand sanctuaire tenu par les Carmes déchaux et consacré au Saint Enfant Jésus de Prague. L’enfance du Christ est particulièrement honorée dans la tradition du Carmel. On remarquera les armoiries du Carmel sur la niche : le Mont Carmel (Palestine) stylisé, surmonté de la Croix, et les trois étoiles de la Virginité de Marie, ante partum, in partum, post partum. (avant, pendant et après l’enfantement)
A gauche de l’autel de la Vierge, l’icône du Christ Miséricordieux, reproduction de l’original se trouvant à Cracovie, dans le couvent de sainte Faustine à qui le Christ est apparu.
Les vitraux de la façade principale ont été posés en 1994.
Les bénitiers de marbre sont d’origine.
En haut de la nef droite, l’orgue, installé en 2001, a été conçu et construit par M. Robert Camus, organiste.
Dehors, la statue sur la façade principale représente saint François de Paule.

Né à Paule, en Calabre, saint François de Paule, après avoir vécu en ermite de 14 à 19 ans, réunit autour de lui quelques compagnons de vie religieuse. Ce fut l’origine d’un nouvel ordre, auquel il donna le nom de Minimes, « les plus petits » dans la maison de Dieu. Envoyé en France par le pape Sixte IV pour aider Louis XI dans ses derniers moments, il y resta et fonda à Tours un nouveau couvent de Minimes. Il mourut à Plessis-les-Tours (37 - Indre-et-Loire) le 2 avril 1507. L’église exalte son très grand amour de Dieu et l’humilité profonde dont il a donné l’exemple.