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Historique de l’Église Saint Cyprien.

  Publié le dimanche 26 juin 2016 , par André Robert

Historique Église Saint Cyprien : Informations complémentaires aux articles précédents.


PAROISSE SAINT CYPRIEN
344 boulevard Maréchal Joffre
83100 - TOULON -

04 94 36 26 64

paroissesaintcyprien.toulon@gmail.com

Picto carte Google Maps https://www.google.fr/maps/@43.1237...

Historique de l’église Saint Cyprien.

Articles précédents :

Église Saint-Cyprien. Historique. Partie 1/2
Église Saint-Cyprien . Historique . Partie 2/2

En 1845 à Toulon, beaucoup d’habitants du faubourg des "Maisons Neuves" (appelé aussi "Saint-Jean-du-Var") présentèrent des doléances à la Municipalité, réclamant à grand voix la construction d’une nouvelle église dans leur quartier. Quelque temps après, les conseils de fabrique des paroisses voisines – la Cathédrale et Saint Flavien – purent ainsi délibérer sur la délimitation d’une nouvelle paroisse desservant ce quartier naissant.

Entre 1840 et 1845, une petite église fut construite aux frais de M. Berthier, sur un terrain dépendant d’une villa nommée Château-Vert, qui lui appartenait (elle se trouvait dans l’actuelle place Voltaire). Cette chapelle, située au centre du faubourg, fut prise en location par la ville de Toulon, en attendant qu’un édifice communal destiné au culte pût être érigé.

Desservie par les pères Maristes, cette chapelle est dédiée à Saint Jean-Baptiste, et elle est bénie le 20 juin 1847. Elle sera érigée en paroisse succursale le 18 novembre 1850 par décret du Président de la République, Louis Bonaparte, et en paroisse "pleine" le 10 janvier 1851 par Monseigneur Wicart, Évêque de Fréjus-Toulon. Cette église est placée sous le patronage de "Saint Cyprien".

D’origine marseillaise, Cyprien devint disciple de Saint Césaire, qui l’ordonna archidiacre à Arles. Il devint ensuite évêque de Toulon en 517. Sa réputation se répandit, grâce à la sainteté de sa vie, à son zèle apostolique et à la sûreté de sa doctrine. Il écrit la biographie de saint Césaire, et il mourut peu de temps après lui. Il est fêté en l’anniversaire de la translation de ses reliques, qui eut lieu le 3 octobre 546.

Pour sa fête, on lit à l’office des lectures la monition de saint Césaire sur la méditation de la parole de Dieu : "Que le Christ vous aide, frères très chers – disait le saint dans le sermon VII – à toujours accueillir la lecture de la Parole de Dieu avec un cœur avide et assoiffé : ainsi votre obéissance très fidèle vous remplira de joie spirituelle. Mais si vous voulez que les saintes Écritures aient pour vous de la douceur et que les préceptes divins vous profitent autant qu’il le faut, soustrayez-vous pendant quelques heures à vos préoccupations profanes. Relisez dans vos maisons les paroles de Dieu, consacrez-vous entièrement à sa miséricorde. Celui qui met les paroles de Dieu au fond de son cœur ne pèche pas".

La chapelle de M. Berthier devient vite insuffisante pour recevoir tous les fidèles, car le nombre des habitants du lieu et des quartiers environnants s’étaient considérablement accru en quelques années. Le Conseil Municipal dut ainsi songer à la construction d’une église plus grande, d’autant plus que le Mourillon et le Pont du Las avaient vu s’édifier Saint Flavien en 1864, et Saint Joseph en 1865.

La proposition fut faite au Conseil Municipal, mais elle ne fut pas du goût de tous les conseillers ; il se trouva parmi eux de nombreux opposants à l’érection d’un nouveau bâtiment. La raison de cette opposition dut venir, en partie, de ce que beaucoup d’habitants du faubourg désiraient conserver l’église existante, et demandaient même que la ville en fît l’acquisition. Après bien des débats, des pourparlers, des expertises sur la solidité et les inconvénients que présentait l’église en location, le conseil municipal délibéra, en 1861, que le faubourg de Saint-Jean-du-Var serait aussi, ainsi que les autres faubourgs de Toulon, doté d’une nouvelle église.

Malgré la délibération du Conseil Municipal favorable à l’édification de cette nouvelle église, tout n’était pas fini, car l’on revint encore sur le projet d’acquisition de l’église Berthier, bien que condamnée par les experts à cause de sa solidité peu durable et de son exiguïté, ce qui renvoya à l’année 1869 la décision définitive d’ériger l’église actuelle. C’est à M. Revoil – l’architecte de Saint Flavien au Mourillon et de Saint Joseph au Pont-du-Las – que l’on fit appel pour construire l’église paroissiale sur le site de la propriété Thouron, proposé par les habitants. La première pierre fut posée le 6 juin 1870, et les travaux furent terminés vers le 30 juillet 1872, date de la réception de l’édifice.

L’église fut placée sous le patronage de Saint Cyprien. La dénomination de "Saint Cyprien" dérouta les autorités civiles, qui refusèrent d’abord cette appellation, croyant qu’il s’agissait d’une autre paroisse : le quartier garda donc le nom de "Saint-Jean", adopté par les habitants et préféré à celui de "Maisons Neuves".

Le 23 septembre 1972 Monseigneur Jordany, évêque de Fréjus-Toulon, fit solennellement la bénédiction de l’église. Selon une note conservée aux Archives Diocésaines de l’Évêché de Fréjus-Toulon le 29 septembre 1881, l’église n’avait pas encore été consacrée.

A l’époque de la fondation de l’église Saint Cyprien à Saint-Jean-du-Var, il faut remarquer le fait que, alors que la vie religieuse était active dans la ville de Toulon depuis le début du "Deuxième Empire" – on peut souligner en particulier la présence de plusieurs sociétés de "Secours Mutuel"… – cependant, les faubourgs étaient peu christianisés en profondeur : si la population restait en général attachée aux manifestations extérieures de la piété populaire, en 1900, à Saint-Jean du Var, seule une femme sur quatre faisait "ses Pâques", et un homme sur trente…

En 1904, la France traverse un contexte général de grèves et de manifestations violentes (saccages, destructions de biens, etc.) qui surviennent à Armentières (dans le Nord), à Brest, à Lorient, à Marseille, etc. En ce début du 20e siècle, les manifestations anticléricales étaient rares. Cependant leurs éclats, par leur brusquerie et leur ampleur, démontraient la survie d’un certain esprit. En juin 1904, à Saint Jean du Var, le curé avait exclu une dizaine d’enfants de la cérémonie de Première Communion : en réponse à cette décision, l’église est saccagée et profanée, tandis que 2000 personnes brûlent sur la place de l’église les objets du culte.

Voici un extrait de La semaine religieuse du Diocèse de Fréjus-Toulon du 11 juin 1904 : "Une bande de scélérats se rue sur l’église saint Cyprien et la saccage entièrement, ne pouvant la brûler parce qu’ils n’ont pas de pétrole. Dans leur rage satanique, ils entassent devant la porte du temple tous les débris des autels profanés, y mettent le feu et y allument leurs cigares en ricanant. C’est en vain qu’on s’adresse à la police du faubourg. Elle arrive une heure trop tard : elle s’est contenté de monter la garde autour de ce qui restait des plus beaux ornements du temple". Suite à cette profanation de l’église, l’Abbé Roustan, Chanoine et Curé de Saint Cyprien, célèbre avec ses paroissiens une Messe de réparation. Quelques mois plus tard, le curé est reçu en audience privée par le pape Pie X, qui l’invite à choisir un souvenir, dont Sa Sainteté a décidé de faire don à la paroisse. En l’occurrence, il s’agit d’un grand crucifix avec le Christ en ivoire, qui fut longtemps dissimulé sous une couche de peinture verte, et qui se trouve actuellement toujours dans la sacristie de l’église Saint Cyprien.

Plusieurs mouvements se développèrent en lien avec l’église Saint Cyprien : en 1922 le patronage des garçons et des filles, à la Providence ; puis la chorale paroissiale, les enfants de Marie, la confrérie du Rosaire, les catéchistes bénévoles dénommées "mères chrétiennes". En 1937, une première troupe de scouts est installée sur le terrain de La Coquette, don de Mme Savatier-Lagane. Depuis l’avant guerre, la fanfare "Clique de Saint Jean" anime les fêtes du quartier. Dans les années ’50 est créée l’Action Catholique de l’Enfance – 150 enfants et adolescents. Suivent le club du troisième âge (devenu ensuite le MCR), les groupes d’Action Catholique Générale, et la Société Saint Vincent de Paul, active en centre ville depuis 1843. Les objets d’art contenus dans l’église Saint Cyprien (cette description remonte à la fin du 19e siècle. Dans la nef. Au-dessus de la porte d’entrées, une tribune en chêne soutenue par des arcs-boutants en fer scellés au mur, supporte le buffet d’orgues. Contre le troisième pilier de droite se trouve la chaire à prêcher, en menuiserie de chêne sans sculpture, dont le corps ou tribune est supporté par une colonne trapue en marbre et pierre.

Dans le chœur. L’autel, isolé et élevé sur trois marches, est en marbre. Contre le mur de fond est fixé un tableau représentant "Saint Cyprien donnant le baptême à deux soldats saxons de l’armée d’Alaric" : il s’agit de Saint Flavien et Saint Mandrier (ce tableau se trouve aujourd’hui dans la chapelle "de semaine").

Contre la paroi de droite, on voit une toile dont le sujet est Jésus-Christ guérissant un paralytique. Plus loin, on trouve un tableau de Notre-Seigneur montrant son Cœur. Jésus, debout sur un nuage, écarte de la main gauche les bords de sa tunique pour montrer son cœur, et il étend la main droite vers la terre. Dans le bas, à gauche, saint Louis, couvert du manteau royal, vu de dos et à genoux, lève les mains vers le Rédempteur ; à droite sainte Roseline, en costume monastique, une couronne de roses sur la tête, vue de profil et agenouillée, appuie la main gauche contre la poitrine et tend l’autre main vers le Christ.

Sur la paroi de gauche est placée une copie du tableau du Titien, conservé au Louvre et représentant le Christ couronné d’épines. Contre la même paroi se trouve une toile avec Jésus et la Samaritaine. Jésus-Christ, debout, la tète radiée, appuie la main droite sur la margelle d’un puits et lève l’autre main. A genoux à ses pieds, la Samaritaine, en costume oriental moderne, écoute la parole de Jésus ; à gauche, une femme noire accroupie regarde le Sauveur avec surprise ; à droite, une autre femme, et, de-ci de-là, des cruches posées à terre ; en troisième plan, un homme tenant un billon.

Bas-côté droit. Au-dessus de l’autel des Morts est représenté sur toile l’Archange saint Michel. Il est ailé, dans une attitude mouvementée, le pied gauche sur la tète du démon, et il tient un glaive dans la main droite. Contre le mur de fond du même bas côté, au dessus d’un autel, se trouve un tableau représentant la Sainte Famille. Au milieu de la toile, la Vierge, assise sur un rocher peu élevé, se penche à gauche en tenant une écuelle dans la main ; à droite le Petit Jésus, à demi couvert d’une camisole blanche, tient dans ses mains des fleurs que vient de cueillir saint Joseph, placé derrière la Vierge.

Bas-côté gauche. Dans la sacristie – à laquelle on accède par une porte dans le mur de fond de ce bas-côté – il y a une copie du tableau de Sima à Conegliano, exposé au Louvre, représentant la Vierge, avec l’Enfant Jésus adoré par saint Jean et sainte Marie Madeleine. La Vierge, assise sur un trône surmonté d’un baldaquin, tient un chapelet à la main et l’Enfant Jésus sur ses genoux.










 

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