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Homélie (JGA) pour le 17ème dimanche du temps ordinaire 2017.

  Publié le dimanche 30 juillet 2017 , par Philippe Roy

Il en est ainsi du Royaume de Dieu : celui qui le trouve n’a pas de doutes, il sent que c’est ce qu’il cherchait, qu’il attendait, et qui répond à ses aspirations les plus authentiques. Et il en est vraiment ainsi : qui connaît Jésus, qui le rencontre personnellement, est fasciné, attiré par tant de bonté, tant de vérité, tant de beauté, et le tout dans une grande humilité et simplicité. Chercher Jésus, rencontrer Jésus : voilà le grand trésor. »


Un trésor dans un champ, une perle de grand prix : derrière l’apparente simplicité de ces deux paraboles de Jésus se cache toute l’aventure de la foi chrétienne. Elles montrent le surgissement de la joie, un changement radical de vie, et un comportement paradoxal : « il va vendre tout ce qu’il possède », est-il répété deux fois.
Pourquoi ? Parce que la rencontre avec le Christ, en nous invitant à une nouvelle existence, ne se réalise pleinement qu’en renonçant au monde, dont la mentalité est à l’opposé de l’Évangile.

Le Sermon sur la montagne nous l’a expliqué en détails. Et les foules de convertis qui, tout au long de l’histoire, ont vécu radicalement cette parabole, sont là pour nous offrir une illustration convaincante. Ainsi en est-il de l’apôtre Paul : « Oui, je considère tout comme une perte à cause de ce bien qui dépasse tout : la connaissance du Christ Jésus mon Seigneur. A cause de lui, j’ai tout perdu ; je considère tout comme des balayures, en vue d’un seul avantage, le Christ  » (Ph 3, 8).
Saint François d’Assise a, lui aussi, payé le prix fort pour pouvoir vivre avec son étrange trésor, dame Pauvreté. Mais n’oublions pas que l’Evangile s’adresse à tous et qu’il rejoint tous les chrétiens dans tous les états de vie. Beaucoup de couples, par exemple, pourraient dire, eux aussi, comment le Christ s’est révélé un trésor pour leur histoire familiale, tout en leur demandant bien des renoncements.

En 2003, alors qu’il est en randonnée dans les gorges du sud-est de l’Utah, Aron Ralston, alpiniste chevronné, fait tomber un rocher de plus de 350 kilos qui lui coince la main droite contre la paroi du canyon. Durant cinq jours, il tente par touts les moyens possible de libérer son bras, en vain. Épuisé et déshydraté (il perdra 18 kilos), il oscille entre conscience et inconscience, et se résigne à l’idée qu’il va bientôt mourir. Il grave son nom, sa date de naissance et la date présumée de sa mort sur la paroi, et enregistre un petit film dans lequel il fait ses adieux à sa famille. Puis il a une vision. Il voit apparaitre un petit garçon d’environ trois ans qui s’avance vers lui. Ralston n’a pas d’enfant, mais il comprend que ce petit garçon sera le sien, et que l’existence de cet enfant dépend de sa survie. Quand la vision disparait, il fabrique un garrot. Il se sert du poids du rocher pour casser sons radius et son cubitus et ampute son bras à l’aide d’un canif à la lame émoussée. Il enveloppe ensuite son bras dans un de ses vêtements pour limiter le saignement, se hisse hors de la faille et finit par être secouru par un hélicoptère. Aron et Jessica, sa femme, se sont mariés en 2009, et ont eu l’année suivante leur premier enfant, un garçons. Ralston avait beau savoir que sa vie était menacée, il n’a pas trouvé la motivation nécessaire pour amputer son bras que lorsqu’il s’est rendu compte que la vie de son futur enfant dépendait de sa volonté et de sa capacité à souffrir.
Autrefois, on disait que pour qu’un chevalier soit courageux, il fallait qu’il soit amoureux. Seul l’amour avait le pouvoir de le libérer.

Que l’on découvre le trésor sans l’avoir du tout voulu, ou la perle parce que l’on est déjà en quête de vérité, il s’agit toujours d’un don gratuit et inattendu, une découverte de grande valeur qui change toute la vie car il va au-delà de ce que nous espérions.
A deux reprises, Jésus nous invite à vendre tout ce que nous possédons pour acquérir ce trésor ou cette perle (Mt.13,44.46). Notons l’extravagance de la situation : une fois que le négociant n’a plus rien que la perle, comment vivra-t-il ? Le Royaume des Cieux est paradoxal : il exige de tout abandonner, de ne rien lui préférer ; mais il rend tout au centuple.

Car le Royaume est le Christ lui-même, rencontré et suivi de façon radicale par les disciples, comme l’explique le pape François : « Mais dans un cas comme dans l’autre, reste la donnée première que le trésor et la perle valent plus que tous les autres biens, et par conséquent lorsqu’ils les trouvent, le paysan et le marchand renoncent à tout pour pouvoir les acquérir. Ils n’ont pas besoin de raisonnements, de réfléchir : ils se rendent compte tout de suite de la valeur incomparable de ce qu’ils ont trouvé, et ils sont prêts à tout perdre pour l’obtenir. Il en est ainsi du Royaume de Dieu : celui qui le trouve n’a pas de doutes, il sent que c’est ce qu’il cherchait, qu’il attendait, et qui répond à ses aspirations les plus authentiques. Et il en est vraiment ainsi : qui connaît Jésus, qui le rencontre personnellement, est fasciné, attiré par tant de bonté, tant de vérité, tant de beauté, et le tout dans une grande humilité et simplicité. Chercher Jésus, rencontrer Jésus : voilà le grand trésor.  »

Saint Thomas d’Aquin écrit :
« Il est logique que la fin de tous nos désirs, c’est-à-dire la vie éternelle, soit indiquée à la fin de tout ce qui nous est donné à croire dans le Credo avec ces paroles : « La vie éternelle. Amen »... Dans la vie éternelle, il y a l’union de l’homme avec Dieu..., la louange parfaite..., et le rassasiement parfait de nos désirs, car chaque bienheureux y possédera encore plus qu’il ne désirait et n’espérait. En cette vie personne ne peut combler son désir ; jamais rien de créé ne pourra rassasier le désir de l’homme. Dieu seul rassasie, et à l’infini. C’est pourquoi nous ne nous reposons qu’en Dieu, comme le dit saint Augustin : « Tu nous as faits pour toi, Seigneur, et notre cœur est sans repos jusqu’à ce qu’il se repose en toi ». Puisque dans la patrie les saints posséderont Dieu parfaitement, il est évident que non seulement leur désir sera rassasié mais qu’en outre il débordera de gloire. C’est pourquoi le Seigneur dit : « Entre dans la joie de ton Seigneur » (Mt 25,21). Et saint Augustin dit à ce propos : « Ce n’est pas toute la joie qui entrera en ceux qui se réjouissent, mais ceux qui se réjouissent entreront tout entier dans la joie. » ».

Un trésor, une perle, ou comme dans le cas de Ralston un fils de 3 ans, voilà le Royaume des Cieux, la Vie Éternelle, qui vient nous secouer en se présentant dans notre vie pour lui donner un sens. Réfléchissons, pensons souvent au Ciel, que le Seigneur a préparé pour nous et qui vaut bien les sacrifices que sa possession demande.

Ainsi soit-il.

Sources :
http://lectio-divina-rc.fr/
Saint Thomas d’Aquin, Homélie sur le Credo.
M. Fradd, Libres !, Ed. Emmanuel, Paris 2015, 9-10.










 

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