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Homélie de la Fête-Dieu 2015

  Publié le vendredi 12 juin 2015 , par Philippe Roy

La fête du Corps et du Sang du Christ nous invite à réchauffer notre ferveur eucharistique, si nous ne cultivons pas la piété envers le Saint-Sacrement notre foi se dissoudra.




Entendant ces paroles prononcées par le Seigneur la veille de sa Passion : « Prenez, ceci est mon Corps ; buvez ceci est mon Sang » , nous pouvons avoir l’une des trois réactions suivantes :

Celle de penser que Jésus “déraille” complétement pour tenir de tels propos ; il serait une sorte de fou illuminé racontant une énormité. Mais alors où serait sa sagesse reconnue par tous, croyants ou incroyants ? Ces paroles prononcées au moment clef de sa vie seraient en contradiction avec toute son existence et toute son œuvre. Sans compter que le Christ étant Dieu, il ne peut avoir de “coup de folie”, si ce n’est justement la folie d’amour d’un Dieu qui se donne, d’un amour qui se moque des convenances.

Nous pouvons également penser que Jésus parle de façon imagée et qu’il ne faudrait pas prendre au pied de la lettre son affirmation. Là non plus, l’hypothèse ne tient pas. En effet, dans son discours sur le « Pain de Vie » au chapitre 6 de Saint Jean , nous voyons beaucoup de disciples du Christ le quitter quand il enseigne la réalité de son corps et de son sang dans le sacrement de l’Eucharistie. S’il s’était agi d’un malentendu, Jésus aurait rectifié afin de ne pas perdre ceux qu’il est venu sauver ! Mais le Christ persiste et signe sur sa présence réelle dans le sacrement.

La troisième solution, celle écrite noir sur blanc dans l’Evangile, c’est l’institution par le Fils de Dieu lui-même du sacrement de son Corps et de son Sang réellement présent dans l’Eucharistie et cette réalité est crédible parce que Jésus ne peut, ni ne veut nous tromper. C’est en cette réalité de la présence du Christ dans le Saint-Sacrement que les apôtres et les premières communautés chrétiennes ont cru. Cette foi n’a jamais quitté l’Eglise et le Catéchisme de l’Eglise Catholique nous rappelle que : « Dans le très Saint-Sacrement de l’Eucharistie sont contenus vraiment, réellement et substantiellement le Corps et le Sang conjointement avec l’âme et la divinité de Notre Seigneur Jésus-Christ, et, par conséquent, le Christ tout entier » .
Nous croyons parce que Jésus l’a dit. Notons d’ailleurs que lors de la communion, au prêtre qui présente l’hostie consacrée en disant : « le Corps du Christ », le fidèle répond : « Amen », c’est-à-dire qu’il affirme sa foi en la réalité du Christ ressuscité réellement présent.
C’est la même personne qui est née dans la crèche, qui a marché sur les routes de Palestine, qui a multiplié les pains, guéri les paralytiques, qui a subi la Passion, est morte, ressuscitée et qui est maintenant glorieuse au Ciel ; c’est la même personne, Jésus Fils de Dieu, qui est là réellement présente dans le sacrement de l’Eucharistie.

La fête du Corps et du Sang du Christ nous invite à réchauffer notre ferveur eucharistique, car il vrai que la présence du Seigneur ressuscité ne saute pas aux yeux sous le voile de l’hostie. Nous vivons dans la foi et si nous ne cultivons pas la piété envers le Saint-Sacrement, nous n’y verrons plus très clair, notre foi se dissoudra et alors pourquoi venir à la messe ? Voyez comme nous avons tendance à banaliser ce sacrement, nous aurions peut-être plus d’attention pour le préfet s’il venait parmi nous que pour le Seigneur de l’univers qui est là.

Je voudrais à ce propos rappeler en quelques mots trois piliers fondamentaux de notre piété eucharistique. _ Tout d’abord l’adoration de Jésus-Eucharistie, à la messe dominicale et puis, si l’on peut, lors de temps réservés. En effet il n’y a pas de véritable religion sans adoration de Dieu, et d’un Dieu qui est Amour.
Ensuite entretenir le désir de s’unir au Christ et donc de s’offrir à lui. Si nous le pouvons, allons communier, mais toujours en préparant notre communion intérieurement et en faisant une action de grâce. Communier sans accueillir le Christ, sans prendre de temps avec lui, sans le remercier, sans lui demander ses grâces ne sert à rien ! Bien sûr il faut d’abord se confesser avant de communier si nous avons commis un péché grave, on se confesse trop peu pour ce que l’on communie.
Enfin, notre attitude, nos gestes extérieurs, notre habillement, notre tenue générale à l’église doivent refléter notre foi en cette présence de Jésus. Nous ne sommes pas des anges, notre corps lui-même doit participer à ce recueillement, cette adoration, à cette louange au divin maître.

Les périodes de foi en l’Eucharistie sont des époques fécondes, de foi vivante et de science profonde. A l’inverse, les époques de faible pratique eucharistique comme la nôtre sont celles de la tiédeur, de l’anémie spirituelle, du flou théologique et de vies marquées par le péché.

En ce jour, demandons au Seigneur d’évacuer indifférence et routine de nos cœurs et d’y renouveler notre foi et notre ferveur au Seigneur qui reste présent au milieu de son Eglise.

Amen.










 

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