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Homélie de la fête de la Sainte Famille 2015

  Publié le vendredi 2 janvier 2015 , par Philippe Roy

Que Nazareth nous enseigne ce qu’est la famille, sa communion d’amour, son austère et simple beauté, son caractère sacré et inviolable. (Paul VI lors de sa visite à Nazareth le 05/01/1964)


Quand j’étais curé en Lorraine et que le froid de l’hiver se faisait sentir, je me posais la question de savoir comment, auparavant, on se chauffait dans les petites écoles des villages où il n’y avait ni fuel, ni guère d’électricité. Et les anciens de me répondre que chaque enfant devait apporter le matin une bûche pour le poêle et que la somme des bûches permettait de passer une bonne journée. Cela développait l’entraide et le sens de l’effort.

Et puis… « Vous savez, mon père, la bûche, elle vous réchauffe trois fois : quand vous abattez l’arbre, quand vous sciez la bûche et quand elle brûle ». Nous avons là un exemple, bien concret, de l’apprentissage du don de soi, du service, de la participation au bien commun qui doit se transmettre et se développer dans nos familles, à l’image de la Sainte Famille de Nazareth que nous honorons en ce jour.

Notre société de consommation, hyper individualiste, centrée sur son confort personnel qui ne veut rien se refuser, cette société a terriblement imprégné et abimé nos familles chrétiennes. Le « T.T.S.S » (Tout, Tout de suite, Sans effort, Sans soucis) est devenu la règle : on ne se marrie pas pour donner, mais pour prendre… et bien souvent on ne se marrie pas du tout.

L’amour, dans une famille, est un feu qui s’alimente avec le bois du sacrifice et du don de soi ; s’il ne se nourrit pas ainsi, il s’éteint et tout le monde prend froid. Prendre du temps avec son épouse, son époux pour se parler autrement que par texto, prendre du temps avec ses enfants pour les écouter, les comprendre, simplement les rassurer par sa présence, c’est déjà une victoire sur le diktat que nous impose le TTSS.

Offrir un cadeau en cette fin d’année est une façon d’entretenir l’amour familial, mais gâter matériellement ses enfants, petits-enfants c’est passer à côté de l’essentiel : le Christ qui se donne pour nous sauver, et c’est ne pas les aider. Prendre du temps avec ses vieux parents, avec des personnes isolées, ce n’est pas rentable économiquement, mais c’est le prix du bonheur, de la joie du cœur, c’est le prix de ce qui n’a pas de prix : l’Amour !

Un deuxième point essentiel, que nous rappelle cette fête de la Sainte Famille, est l’importance de la prière en famille et pour la famille. Si une famille ne repose pas en Dieu, elle s’écroule tôt ou tard. « Une famille qui prie est une famille unie » disait Mère Térésa. Combien de familles se liquéfient pour n’avoir pas prié ensemble. C’est parce qu’elles brûlent dans un même foyer que les bûches réchauffent, dispersées la chaleur serait bien moindre.

Il n’y a pas de doute que Saint Joseph, la Sainte Vierge Marie et Jésus n’aient pratiqué la prière familiale comme elle se faisait à l’époque dans une famille juive.

Concrètement profitons de ce temps de Noël pour nous retrouver ensemble, en prière, en famille, devant l’enfant jésus. La prière sera, en plus, une aide décisive pour les pardons, grands et petits, à demander, à donner et à accueillir dans les familles.

Le bienheureux Pape Paul VI, en visite à Nazareth il y a cinquante ans, nous invitait, et nous invite toujours, à nous mettre à l’école de la Sainte Famille, notamment par la prière et le nécessaire don de soi, il disait : «  Que renaisse en nous l’estime du silence, cette admirable et indispensable condition de l’esprit, en nous qui sommes assaillis par tant de clameurs, de fracas et de cris dans notre vie moderne, bruyante et hyper sensibilisée. O silence de Nazareth, enseigne-nous le recueillement… enseigne-nous le besoin et la valeur des préparations de l’étude, de la méditation, de la vie personnelle et intérieure, de la prière que Dieu seul voit… » Et de poursuivre : «  Que Nazareth nous enseigne ce qu’est la famille, sa communion d ’amour, son austère et simple beauté, son caractère sacré et inviolable  ».

En ces temps difficiles pour les familles, rapprochons nous de la Sainte Famille : ni foie gras, ni tablette mais un amour intense. Prions en famille, investissons des efforts dans la famille. La famille , ce n’est pas toujours facile, mais c’est source de très grandes joies pour le temps et pour l’éternité. Même le Fils de Dieu en a voulu une !

Amen










 

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