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Homélie du 23ème dimanche du temps ordinaire 2015

  Publié le dimanche 6 septembre 2015 , par Philippe Roy

Saint Jacques dans sa lettre nous invite à nous situer sous le regard de Dieu, à considérer les personnes et les évènements avec les yeux de Dieu ; il nous rappelle que toutes les choses doivent être jugées en fonction du Royaume des Cieux auquel nous sommes appelés.


La lettre de Saint Jacques, d’où est tirée la seconde lecture, ressemble à une homélie où l’apôtre passe en revue différents problèmes pratiques qui se présentent dans la vie des chrétiens. Cette lettre est donc constituée d’une suite d’exhortations qui traitent notamment du support de nos épreuves, de l’origine de la tentation, de la maîtrise de langue, de la bonne entente, de la prière…

Parmi ses diverses recommandations, l’apôtre nous invite à purifier notre regard vis à vis de ceux qui nous entourent.
« Imaginons, dit Saint Jacques, qu’arrivent un homme bien en vue, riche, qui a une haute place dans la société, qui a des relations…en même temps qu’un homme pauvre d’humble condition. Nous allons nous tourner vers celui qui « présente bien » afin de le saluer, de lui parler, de le placer avec beaucoup d’égards ; nous serons très attentifs à lui alors même que le second attendra debout en arrière, nous aurons à peine pour lui un “bonjour” en passant, si nous l’avons vu. Il ne nous intéresse pas et la politesse elle-même fera défaut à son égard… Agir ainsi, n’est-ce pas juger selon des valeurs fausses » demande Saint Jacques.

Par cet exemple concret et toujours d’actualité, l’apôtre nous touche en plein cœur, car bien souvent, nous jugeons nos frères sur l’extérieur, sur la richesse, sur la position sociale… et en fonction des personnes nous modifions notre comportement : « Vais-je me faire des relations si je fréquente telle ou telle personne, tel ou tel groupe ou association ? »« Que va-t-on penser de moi dans le village si j’affirme telle conviction ? » « Est-il avantageux pour moi de me rapprocher de monsieur X ou de madame Y afin d’être bien vu ? ».
Ainsi bien souvent, c’est le qu’en dira-t-on qui nous fait agir, c’est le jugement, le regard extérieur que je pose sur ceux qui m’entourent, ou que les autres poseront sur moi, qui me font prendre mes décisions, qui vont décider de mes relations. Ce n’est donc pas ce qui est bien ou mal, ce n’est donc pas le regard de Dieu mais celui des hommes.

Avec cette façon de procéder, où nous serions nous placés le Vendredi Saint lors de la crucifixion ? N’aurions-nous pas craint d’être mal vus par les dirigeants, par les hommes au pouvoir, par ceux qui comptaient dans la société les puissants et les riches ? N’aurions-nous pas redouté ce que notre famille, nos collègues de travail, nos voisins auraient pensé de nous si nous avions suivi Jésus sur le chemin du Golgotha ? Etait-il humainement valorisant de se retrouver avec trois ou quatre femmes et un disciple à soutenir un homme dont la vie se terminait par un cuisant échec, comme un bandit ? Aurions-nous suivi les enseignements d’un tel personnage que tout le monde a abandonné dans l’épreuve ?

Ceux qui se déterminent en fonction des hommes, qui cherchent les places d’honneur dans les banquets et les salutations sur les places publiques ont déjà, ici-bas, leur récompense nous dit Jésus dans l’Evangile, mais les personnes qui cherchent à faire le bien sans se soucier de ce que l’on pourra penser d’elles, ceux dont la main gauche ignore ce que donne la main droite, ceux qui règlent leur conduite à la lumière divine, à la lumière de l’Evangile, non seulement seront en paix, dans la joie, mais en plus toucheront leur récompense du Seigneur.

Notons que l’Apôtre n’interdit pas, bien au contraire, le légitime respect des personnes constituées en responsabilité, mais les situations terrestres ne doivent pas prévaloir dans l’Eglise et, moins encore, détourner notre conscience de ce qui est bien. Au contraire l’autorité est au service du bien commun, elle est là pour faire grandir dans ce qui est juste et bon. Saint Jacques dans sa lettre nous invite donc à nous situer sous le regard de Dieu, à considérer les personnes et les évènements avec les yeux de Dieu ; il nous rappelle que toutes les choses doivent être jugées en fonction du Royaume des Cieux auquel nous sommes appelés.

En ce dimanche, demandons au Seigneur cette grâce de toujours renouveler notre regard et notre façon d’agir afin de vivre davantage selon l’Esprit-Saint reçu à notre baptême. Ainsi, comme le dit Saint Jacques, le Seigneur nous fera héritiers du Royaume qu’il a promis à ceux qui l’auront aimé.

Amen.










 

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