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Homélie du 29ème dimanche du temps ordinaire 2015

  Publié le lundi 19 octobre 2015 , par Philippe Roy

L’humilité consiste à se reconnaître tel que l’on est, c’est-à-dire une créature dépendante de Dieu et qui lui doit ce qu’elle est et ce qu’elle possède ; il est alors bon de s’appliquer à la prière quotidienne en reconnaissant la grandeur du Seigneur et notre petitesse face à Lui.


Il nous arrive parfois d’être confus, gênés, quand apparaissent au grand jour les petits calculs mesquins, égoïstes que nous avions fait tout bas, de façon confidentielle : que va-t-on penser de moi ?

C’est un peu cela qui arrive, dans l’Evangile d’aujourd’hui aux apôtres Jacques et Jean qui, à l’écart des autres disciples, essaient d’amadouer Jésus afin d’obtenir la plus haute place au Paradis. Mais les dix autres qui ont entendu s’indignent de cette bassesse, de cette manœuvre déloyale.
Le Christ, quant à lui, appelle tous ses apôtres à l’humilité car dit-il « Le Fils de l’homme n’est pas venu pour être servi mais pour servir ».

Cet appel de Jésus à l’humilité et au service s’adresse à chacun de nous sans exception, car le péché d’orgueil attaque chacune de nos personnes.
L’orgueil, en effet, est un amour désordonné de soi-même, qui fait de notre personne un absolu, une lumière, le centre de toute chose. Par l’orgueil nous nous prenons pour un petit dieu, ne dépendant de personne, et même quand on vit pour notre prochain, que l’on se dépense pour lui, on ne cesse de vivre par soi ; on se prend pour la source de l’être, on est suffisant, indépendant !

On demanda un jour à Saint Philippe Néri d’aller visiter une religieuse dont le renom de sainteté s’étendait en Italie. Cette religieuse faisait de grandes austérités, priait comme un ange, accomplissait des choses extraordinaires.
Saint Philippe Néri arrive au couvent et demande à voir la religieuse, quelques minutes plus tard la religieuse arrive ; « c’est vous la sainte ? » demande le prêtre, « oui c’est moi  » répondit la sœur…Saint Philippe Néri n’eût pas à pousser plus loin les questions, il repartit tout de suite avec les résultats de son enquête.
C’est là un orgueil que l’on peut qualifier de “classique” : grossir nos qualités, ou ce que l’on croit tel ; cacher nos défauts ; nous mettre habilement en avant, mettre en relief nos connaissances intellectuelles, notre position sociale, nos relations, nos exploits sportifs ; aimer à être bien vu, avoir toujours raison ; ne pas reconnaitre ses torts, avoir du mal à dire merci. Ce sont là les manifestations les plus courantes de l’orgueil.
Un jour, lors d’un discours, une personnalité répétait sans cesse : «  je suis d’autant plus heureux de ma réussite que je suis parti de rien », au bout de quelques minutes quelqu’un murmura : « il a dû prendre un aller-retour » !

Mais il y a des manifestations plus subtiles et donc plus dangereuses car moins repérables. Le péché d’orgueil, en effet, arrive à s’insinuer partout, même dans nos bonnes actions ; c’est le plus malin des péchés qui, comme le caméléon, change de couleur et de physionomie en fonction des circonstances, en fonction du milieu.
Il y a la fausse humilité qui consiste à avoir les dehors de l’humilité mais qui n’en pense pas moins ; celui qui ne pense qu’à lui alors qu’il parle d’un autre, celui qui ne demande jamais rien à personne de peur d’être redevable ; ou bien cette fausse humilité qui consiste à ne pas accomplir ses devoirs sous prétexte d’incompétence : « vous savez , moi je ne sais rien donc je ne peux pas faire ceci ou cela… et je finis par faire ce que je veux ». Ainsi nous ne faisons pas fructifier les talents que Dieu nous a donnés, ce qui est plus grave qu’une vantardise. Se haïr est aussi de l’orgueil, sans cela comment aimer notre prochain comme nous-même.
Je commets une indélicatesse au cours d’un repas de famille ou entre amis, est-ce que je regrette ma bêtise ou le fait d’avoir écorné mon image ?

Il y a l’orgueil de celui qui ne se sent pas concerné par l’homélie : « oh, ce que dit le curé c’est vrai, c’est exactement le comportement de mon voisin, ma voisine ; c’est le portrait de mon époux, mon épouse…  ». Et pourtant le voisin de mon voisin c’est moi !

Quels remèdes pouvons-nous trouver à l’orgueil ?
D’abord se sentir concerné.
Lorsque très souvent, c’est notre orgueil qui est au principe du découragement que nous pouvons connaître dans notre vie spirituelle ou temporelle, l’humilité consiste à se reconnaître tel que l’on est, c’est-à-dire une créature dépendante de Dieu et qui lui doit ce qu’elle est et ce qu’elle possède ; il est alors bon de s’appliquer à la prière quotidienne en reconnaissant la grandeur du Seigneur et notre petitesse face à Lui, nous sommes des mendiants de Dieu qui attendons de Lui tout ce qu’Il voudra bien nous donner.

Vis-à-vis de notre prochain, sachons rester à notre place, accueillir une remarque, un conseil avec reconnaissance, voilà qui peut nous aider à progresser. Ne pas toujours faire prévaloir son avis, taire nos réussites qu’il n’est pas nécessaire de publier, garder patience vis-à-vis de notre entourage et de nous-même, voilà qui nous aide à posséder notre âme et qui évite bien des problèmes.
Louis XI, fin psychologue, disait : «  Quand l’orgueil chevauche devant, honte et dommage suivent de près… »
L’obéissance aux supérieurs légitimes, parents, chefs, autorité ecclésiastique, chacun dans son domaine, est certainement un excellent remède au péché d’orgueil. « L’obéissance vaut mieux que les sacrifices » nous dit la Sainte Ecriture.

Un autre point est celui du service à rendre, comme le Seigneur nous le demande dans l’Evangile : servir comme le Christ serviteur en mettant, sans ostentation, nos talents à la disposition de nos frères ; voilà qui qui nous ouvrira les portes du Paradis car « servir, c’est régner  » pour l’éternité.

Amen.










 

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