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Homélie du 2ème dimanche de l’avant 2015

  Publié le lundi 7 décembre 2015 , par Philippe Roy

Il nous faut redécouvrir le visage du Seigneur et de sa Miséricorde. Il nous faut retrouver la valeur du silence pour méditer la Parole de Dieu qui nous est adressée. C’est ainsi qu’il est possible de contempler la miséricorde de Dieu et d’en faire notre style de vie.


Voilà des milliers d’années que les hommes attendent un sauveur ; voilà deux mille ans avant Jésus-Christ que cette attente se précise, qu’un peuple est choisi pour accueillir ce Messie espéré. Cette attente d’Abraham se spécifie, se précise dans le peuple élu avec Moïse, les prophètes… Le Sauveur arrive !

Mais, avons-nous vraiment besoin d’un sauveur ? De quoi vient-il nous sauver ? Serions –nous perdus, nous, hommes évolués du 21ème siècle ? De plus, comme pour enfoncer le clou, le Pape François décrète une année jubilaire extraordinaire, qui débute le 8 décembre, et, qui plus est, une année jubilaire de la Miséricorde ! C’est un comble !

L’Eglise, le Pape ne sont-ils pas obsédés, psycho-dépendants de cette “Miséricorde”, du fait que l’homme doit être sauvé. Pourquoi une telle insistance ? Nous pourrions dire une telle obstination ? Pourquoi ? Tout simplement parce que nous sommes là au cœur de l’Evangile.
Tout au long de l’Evangile, le Christ délivre un message de pardon. Il révèle un Dieu qui est Père et dont la joie est de pardonner (Lc 15). Il enseigne le Notre Père : « Pardonnez-nous nos offenses comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensé  ». Jésus prescrit à Saint Pierre de pardonner jusqu’à soixante-dix fois sept fois, c’est-à-dire inlassablement (Mat 18,21) ; le Christ couronne son œuvre de salut en versant son sang pour le pardon des péchés (Mat 26,28) et il meurt en pardonnant à ses agresseurs : « Père, pardonne leur, ils ne savent pas ce qu’ils font ».

C’est pourquoi l’Eglise est authentique lorsqu’elle professe et proclame la Miséricorde qui est l’attribut le plus admirable du Créateur et du Rédempteur, et lorsqu’elle conduit les hommes aux sources de la Miséricorde du Sauveur.
Si le Pape, l’Eglise, se fait peut-être encore plus pressant dans sa volonté d’annoncer et de diffuser la Miséricorde divine, c’est parce que notre monde contemporain a oublié Dieu ou s’en fait une image terriblement déformée.

Le Pape François, dans sa bulle « Misericordiae Vultus » d’indiction du Jubilé extraordinaire de la Miséricorde, nous dit en citant Saint Jean Paul II : «  La mentalité contemporaine semble s’opposer au Dieu de Miséricorde, et elle tend à éliminer de la vie et à ôter du cœur humain la notion même de miséricorde… » (M.V.11). En effet, oublier et même rejeter le Dieu de Jésus Christ c’est oublier et rejeter Celui dont nous sommes l’image, c’est donc fausser toutes nos relations avec Dieu, avec nos frères, avec la société ; c’est devenir soi-même l’origine et la mesure de la vérité.
Alors nous ne pouvons plus goûter la bonté et la miséricorde d’un Dieu qui se donne à Noël pour nous sauver, pour nous pardonner : «  pour nous les hommes et pour notre salut, il descendit du Ciel ».

Les Papes Pie XII, Saint Jean XXIII, Bienheureux Paul VI, Saint Jean Paul II et Benoît XVI nous disaient déjà que le péché de notre temps est la perte du sens du péché. Comment en effet avoir le sens du péché si l’on n’a pas le sens de Dieu ni le véritable sens de l’humanité. Et pourtant le péché, le mal n’en est pas moins présent au cœur de nos vies et dans le monde qui nous entoure !
Il nous faut donc, en commençant par nous les chrétiens, redécouvrir le visage du Seigneur et de sa Miséricorde, nous débarrasser de cette mondanité qui nous affadit et nous dilue dans le monde. «  Il nous faut retrouver la valeur du silence pour méditer la Parole de Dieu qui nous est adressée. C’est ainsi qu’il est possible de contempler la miséricorde de Dieu et d’en faire notre style de vie  », nous dit le Pape François (M.V.13).

« Nous avons besoin de deux choses en ce moment : de miséricorde et encore de miséricorde  ». Au long des mois qui viennent, chacun de nous est appelé à se plonger dans cette miséricorde divine et à la mettre en œuvre, à contempler le visage du Christ et à le rayonner. Profitons dès à présent de ce temps d’Avent pour préparer concrètement notre cœur à la venue du Seigneur qui, dans sa Miséricorde, s’est fait petit enfant dans la crèche pour venir nous sauver.

Amen.










 

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