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Homélie du 3ème dimanche de Pâques 2015

  Publié le samedi 25 avril 2015 , par Philippe Roy

Seigneur, augmente en nous la foi en ta résurrection.


Saint Luc nous rapporte l’apparition de Jésus ressuscité à ses apôtres. Et l’évangéliste souligne la difficulté des disciples à accepter le miracle de la Résurrection, malgré le témoignage des anges adressé aux femmes et de ceux qui ont vu le Seigneur ressuscité (Mc 16, 12-13 : les disciples d’Emmaüs & les saintes femmes).

Jésus leur apparaît à l’improviste, les portes étant fermées, ce qui explique leur surprise et leur réaction : « Saisis de frayeur et de crainte, ils croyaient voir un esprit » (Jn 20, 19).

Saint Ambroise nous dit que le Christ pénétra dans l’enceinte fermée non pas en vertu de sa nature incorporelle, mais parce qu’il avait la « qualité d’un corps ressuscité ». Dans le paradis nos corps glorieux seront à la ressemblance du corps de Jésus ressuscité.

Ils auront quatre qualités :

L’impassibilité : par laquelle le corps ne meurt plus, ne souffre plus, ne se fatigue plus, n’a plus besoin de nourriture. Si Jésus demande à manger à ses disciples, c’est seulement pour les rassurer, ils n’ont pas un fantôme en face d’eux !

La clarté : par laquelle les corps glorieux resplendiront comme autant de soleil et d’étoiles dans le paradis. « Alors les justes resplendiront comme le soleil dans le royaume de leur Père. » (Mt 13, 43). C’est en vertu de cette qualité que Jésus est reconnu ou pas quand il apparaît après sa résurrection, à Marie-Madeleine ou aux disciples d’Emmaüs.

L’agilité : par laquelle le corps pourra se transporter en un moment et sans fatigue d’un lieu à un autre et de la terre au ciel.

La subtilité : cette qualité rend le corps entièrement soumis à l’empire de l’âme, de sorte qu’il peut traverser les obstacles matériels sans rencontrer de résistance. Et c’est en vertu de cette dernière qualité que Jésus peut entrer au Cénacle bien qu’il soit barricadé. (Catéchisme du Concile de Trente, I, ch.12, § 3).

Dans cette apparition du Christ, nous voyons d’une manière particulière la condescendance que Jésus montre à ses apôtres pour les confirmer dans la foi en la vérité de sa Résurrection. Il fait preuve d’une grande patience et d’une grande bonté malgré leur lenteur à croire. Le Seigneur les rassure par ses paroles et les invite à le toucher et il mange en leur présence. Ensuite Il nourrit leur intelligence et leur foi en leur montrant que tout ce qui avait été prédit à son sujet dans l’Ancien Testament a été accompli. Dans son évangile, saint Luc a montré combien les apôtres furent lents à saisir la prophétie de Jésus sur sa mort et sa Résurrection : «  Eux ne comprirent rien à cela : c’était une parole dont le sens leur était caché, et ils ne saisissaient pas de quoi Jésus parlait » (Lc 9, 45 ; 18,34).

Et maintenant qu’ils comprennent les événements du mystère pascal de Jésus et le sens de ses paroles d’alors, le Christ leur confie la mission de témoigner de ce qu’ils ont vu et vécu à ses côtés, en proclamant l’appel universel à la conversion pour le pardon des péchés.

Cette mission Jésus nous la confie à nous aussi. Le Christ veut embraser le monde, non pas de violence et de larmes, mais de paix, de justice et d’amour. Et c’est par nous, ses fidèles, que le Seigneur veut mettre le feu au monde. Mais ce qui manque encore, c’est que nous, chrétiens, nous nous décidions enfin à mettre nos pas dans les pas du Christ, pour réaliser la vérité de son message. C’est là que chacun de nous doit accepter de reconnaître sa lenteur à vivre cette “folie” qu’exige la Parole de Dieu ; de confesser son infidélité ou sa tiédeur. Nous avons trop souvent fait de la pratique de notre foi une assurance tous risques : mais ce n’est pas ça l’Evangile.

L’heure est à la sainteté ! (Missionnaire intrépide, vie de Mgr Seitz).

Saint Jean Paul II, s’adressant aux jeunes à Toronto disait : « Il faut une nouvelle génération de bâtisseurs qui, animée non par la peur ou par la violence, mais par l’urgence d’un amour authentique, sachent poser une pierre après l’autre, pour édifier dans la cité des hommes la cité de Dieu » (discours du 27 juillet 2002).

Si la mission du Christ est passée par le mystère de la croix, notre mission à nous aussi passera par la croix. « Le disciple n’est pas au-dessus de son Maître » (Jn 13, 16), mais n’oublions jamais, spécialement à l’heure de la croix, que suivre les pas de Jésus ne s’achève pas à la croix, mais à la Résurrection.

Demandons à Dieu la grâce de croire en la puissance de la Résurrection du Seigneur.

« Seigneur, augmente en nous la foi en ta résurrection ».

Ainsi-soit-il !










 

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