Eglise Catholique du Var - diocese-frejus-toulon.com

"Que Dieu lui-même achève en vous
ce qu’il a commencé"

(Rituel de l’ordination)

FR | EN | PT |
Newsletter de l'église du var



devenir prÍtre faire un don nouveaux articles

Homélie du 4ème dimanche de Carême 2015

  Publié le vendredi 20 mars 2015 , par Philippe Roy

Ne manquons pas le rendez-vous d’amour et de miséricorde que Dieu nous préparé ; ne cherchons pas à étancher notre soif infinie avec les eaux du monde, peut-être séduisantes mais passagères et illusoires, mais abreuvons-nous au cœur de Jésus.


« Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique : ainsi tout homme qui croit en Lui ne périra pas, mais détiendra la vie éternelle »

Avec cette affirmation de l’Evangile, nous sommes au cœur de notre salut : oui, nous avons une âme à sauver, c’est là l’essentiel de notre vie, et cette âme est sauvée par le Christ moyennant une foi active de notre part, une foi qui vive par la charité.

Sommes-nous bien conscient de cette vérité fondamentale ? Imprègne-t-elle concrètement notre vie ? Nos pensées, nos actions, nos paroles sont-elles animées par cette conviction ? Cherchons-nous à annoncer, par amour pour notre prochain, cette vérité du salut, de la vie éternelle à ceux qui nous entourent : tel est le grand service que nous pouvons leur rendre … pour l’éternité.

Pour sauver son âme, encore faut-il savoir que l’on en a une ! Bernanos disait déjà qu’ «  il y a des gens qui ne se sont jamais servi de leur âme  ». C’est un peu comme celui qui a des pieds mais qui ne sait pas à quoi cela sert ; alors il s’assoit sur un muret et regarde ses pieds ballants. C’est bien souvent notre monde contemporain : beaucoup sentent plus ou moins qu’ils ont une âme, mais ils ne s’en servent pas, ils ne savent pas à quoi cela sert, ils sont fixés uniquement sur le matériel, ils vivent à la surface d’eux-mêmes. Trop nombreux sont ceux qui vivent comme s’ils n’avaient pas d’âme à sauver, alors la foi abandonne leur cœur et puis leurs biens matériels ne donnant pas entière satisfaction, ils sont doublement malheureux.

Nous-même connaissons–nous notre âme ? Si nous la regardions dans un miroir, la reconnaîtrions-nous ?

Savoir que l’on a une âme est nécessaire, encore faut-il tout faire pour la sauver, pour laisser le Christ régner en elle. En effet, dit Jésus dans l’Evangile : « celui qui agit selon la vérité vient à la lumière, mais tout homme qui fait le mal déteste la lumière » (Jn3, 20-21).

Sainte Thérèse de Lisieux (que l’on n’accusera pas de jansénisme) écrivait quelques temps avant sa mort : «  je ne puis craindre un Dieu qui s’est fait pour moi si petit… je l’aime, car il n’est qu’amour et miséricorde  » (lettre du 25/08/97), Sainte Thérèse écrivait également à sa sœur Céline (14/07/89) : « sauvons les âmes... les âmes, elles se perdent comme des flocons de neige, et Jésus pleure  ». N’avons-nous pas là un appel pressant à nous tourner vers la divine miséricorde. Jésus, pendant la passion, du haut de la Croix se fait mendiant de nos âmes ; il a soif de nos âmes. Ne perdons pas le temps que Dieu nous donne. La philosophe Simone Weil disait : « le temps est l’attente de Dieu qui mendie notre amour ».

Eh bien, rendons au Seigneur amour pour amour, demandons lui pardon de tout cœur, sauvons notre âme quand le temps nous en est encore donné i.e. tout de suite, durant ce Carême.

A la suite de Jésus, le chrétien dont le cœur est à Dieu a soif des âmes. Sainte Thérèse de Lisieux, méditant sur la Passion du Seigneur, fut remplie d’amour pour les âmes : « Depuis ce jour, nous dit-elle, le cri de Jésus mourant retentit à chaque instant dans mon cœur : “J’ai soif”…Je veux donner à boire à mon bien-aimé. Je me sens dévorée moi-même de la soif des âmes… Mon désir de sauver les âmes grandit toujours ; il me semble entendre Jésus me dire Donne-moi à boire” ! Mais plus je lui donne à boire, plus je verse aux âmes le sang de Jésus, plus la soif de ma pauvre petite âme augmente… Je veux à, tout prix, arracher les pécheurs aux flammes de l’enfer »

Ne manquons pas le rendez-vous d’amour et de miséricorde que Dieu nous préparé ; ne cherchons pas à étancher notre soif infinie avec les eaux du monde, peut-être séduisantes mais passagères et illusoires, mais abreuvons-nous au cœur de Jésus. « Dieu est riche en miséricorde  ; nous dit- Saint Paul dans la deuxième lecture, à cause du grand amour dont il nous a aimé, nous qui étions des morts par suite de nos fautes, il nous a fait revivre avec le Christ  ».

Le Pape François, lors de la prière de l’Angélus, disait en mars 2013 : «  n’ayez pas peur d’être joyeux. N’ayez pas peur de la joie…De cette joie que le Seigneur nous donne lorsque nous le laissons entrer dans notre vie. Laissons le entrer dans notre vie et nous inviter à aller au dehors, à annoncer l’Evangile… Joie et courage ».

Laissons le Seigneur entrer dans notre vie, laissons le Seigneur sauver notre vie, sauver notre âme ; laissons le gouvernail à l’Esprit–Saint. Demandons la grâce du courage, du courage de se reconnaître pécheur, du courage d’accueillir le pardon de Dieu, du courage de rayonner sa miséricorde à l’image de Sainte Thérèse et accueillons cette joie pascale, cette joie de notre salut dont la couleur rose de ce jour nous apporte les prémices.

Amen.










 

Conception et développement : bonnenouvelle.fr