Eglise Catholique du Var - diocese-frejus-toulon.com

"Que Dieu lui-même achève en vous
ce qu’il a commencé"

(Rituel de l’ordination)

FR | EN | PT |
Newsletter de l'église du var



devenir prÍtre faire un don nouveaux articles

Homélie du 7ème dimanche de Pâques 2015

  Publié le samedi 23 mai 2015 , par Philippe Roy

Pour éviter les pièges du mensonge, de la suspicion, du doute, de l’indifférence, l’attrait déréglé des plaisirs, des honneurs et des richesses, ce que le Christ appelle le "monde" , il nous faut continuellement demander au Seigneur, dans la prière, d’ajuster notre esprit, notre cœur et nos actions sur la Parole du Christ ; « Si vous demeurez dans ma Parole, vous êtes vraiment mes disciples, vous connaîtrez la vérité et la vérité vous rendra libres ».


A la suite de dimanche dernier, l’Evangile de ce jour prend place dans la grande prière sacerdotale que Jésus adresse à Dieu son Père pour ses disciples le jeudi Saint au soir, alors qu’il vient d’instituer le sentiment de l’Unité, de l’Eucharistie et qu’il va débuter son agonie.

A cette heure suprême, c’est justement une prière pour l’Unité que le Christ fait monter vers son Père ; une prière pour que les apôtres et tous les chrétiens restent fidèles à Dieu dans la vérité : « consacre-les par la vérité : ta parole est vérité  » dit Jésus ; « qu’ils soient consacrés par la vérité  » répète-t-il à la fin de notre évangile.

Cette notion de vérité autour de laquelle le Christ nous appelle à rester unis ne fait pas toujours recette, elle est même devenue intolérable à certains sous prétexte de liberté et de tolérance ! Qu’est-ce que la vérité demandait déjà Pilate le sceptique à Jésus. «  A chacun sa vérité » entendons–nous dans les conversations, cela revient à dire que tout, ou presque, se vaut , tant dans les opinions que dans la manière d’agir : c’est mettre sur pied d’égalité le couple marié et les autres formes d’union ; c’est accepter et même promouvoir le libertinage ; c’est dire que ma vérité économique peut servir à enfoncer des familles ou des peuples entiers dans la pauvreté pour m’en mettre plein les poches ou que ma liberté de choix permet d’éliminer l’enfant porté dans le sein de sa mère ; c’est tout simplement laisser grandir des enfants comme des herbes folles sous prétexte qu’il ne faut pas leur imposer des manières de faire, tout en leur imposant de ne pas en avoir.
Et bien, au risque de briser un tabou ou même un dogme, il faut affirmer que : non, toutes les façons de vivre et de penser ne se valent pas, toutes les doctrines et tous les comportements ne sont pas à mettre sur un pied d’égalité. En effet lorsque le relativisme prend le pas, sous prétexte de tolérance, on relativise aussi les droits fondamentaux de la loi morale naturelle ce qui ouvre la porte au totalitarisme. Les tenants d’une telle façon de penser peuvent alors violer les droits humains les plus essentiels dans une société qui ne sait plus comment défendre, arguments à l’appui, les valeurs absolues. Ainsi les états qui dénient le droit inaliénable à la vie depuis la conception jusqu’à la mort naturelle sont, disait Saint Jean-Paul II dans son encyclique Evangélium vitae, des « Etats-tyrans ». Notre liberté personnelle n’a donc pas comme fin d’être à la remorque de nos fantasmes intellectuels ou de nos pulsions charnelles qui bientôt nous rendront esclaves de leur emprise, mais la liberté véritable a comme finalité de vivre dans la vérité, conformément à la raison. Loin d’être une limitation ou menace de la liberté, la référence à la vérité sur la personne humaine garantit sa dignité, elle en est donc sa protectrice.

Autrement dit, il y a, fondamentalement, une norme objective que l’homme doit suivre pour agir conformément à la vérité de sa nature et ainsi s’épanouir : cette loi naturelle est résumée dans les dix commandements.

Il reste que Jésus, dans l’Evangile, va plus loin : « Je suis la voie, la vérité et la vie  ». Si donc la loi naturelle nous donne un cadre pour vivre de façon digne de l’homme, les paroles du Christ nous enseignent le chemin pour vivre de façon digne de Dieu : nos idées, nos comportements ne sont véritablement bons, vrais, sanctifiants, que dans la mesure où ils sont fidèles aux paroles du Christ transmises par son Eglise. Nous touchons alors à une union intime avec le Seigneur et avec tous ceux qui s’approchent de lui.

L’unité à laquelle le Seigneur nous appelle n’est donc pas une unité de compromis, une unité imposée au faible par le fort, une unité de façade aux allures d’élection sous régime soviétique ou de marche de pas de l’oie. L’unité à laquelle le Christ nous appelle est l’aboutissement de notre connaissance et de notre amour du Seigneur, elle est le résultat de notre fidélité à sa parole, de notre attachement à suivre le Christ dans nos actions quotidiennes, dans notre travail, dans nos relations humaines, familiales, de parents, d’époux, d’épouse. L’unité à laquelle le Seigneur nous invite est notre communion à Lui dans la sainteté : « Soyez Saint comme votre Père céleste est Saint ».

Si donc il n’existe qu’une seule et unique vérité, il est également juste de dire qu’elle n’est pas toujours facile à discerner dans notre vie quotidienne, et moins encore à suivre. En effet, depuis le péché originel, l’homme est sujet à l’erreur, au doute. La nature humaine qui était, auparavant, harmonieusement équilibrée et naturellement tendue vers le vrai, le bien, a été blessée. A l’image d’une girouette sensible au vent, notre intelligence peine à trouver ce qui juste et vrai et notre volonté boude à le mettre en pratique, victime de la tyrannie exercée par l’attrait des richesses le plaisir des sens ou la volonté de dominer. Nous ne savons plus vers quoi, vers qui orienter notre vie, nous devenons sujets des idées à la mode et des comportements ambiants et « si l’on ne vit pas comme l’on pense on finit par penser comme l’on vit ».

Pour éviter les pièges du mensonge, de la suspicion, du doute, de l’indifférence, l’attrait déréglé des plaisirs, des honneurs et des richesses, ce que le Christ appelle le “ monde” , il nous faut continuellement demander au Seigneur, dans la prière, d’ajuster notre esprit, notre cœur et nos actions sur la Parole du Christ ; « Si vous demeurez dans ma Parole, vous êtes vraiment mes disciples, vous connaîtrez la vérité et la vérité vous rendra libres ».

En ce jour, demandons au Christ la grâce d’avoir au cœur un véritable amour de ce qui est vrai et bien ; demandons la grâce de pénétrer davantage sa Parole qui est lumière de vérité, afin de ne pas être esclave de l’erreur ou du mensonge mais que nous puissions vivre de la vie même de Dieu en« état de grâce » et parvenir petit à petit à l’unité à laquelle le Seigneur nous appelle.

Amen










 

Conception et développement : bonnenouvelle.fr