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Homélie pour la mission paroissiale prononcée par Monseigneur Rey le 11 mai 2014

  Publié le mardi 13 mai 2014 , par Philippe Roy

Confiance, vigilance, présence , endurance, exemplarité, espérance doivent guider l’action des bons pasteurs mais aussi des bonnes brebis.


Jésus, Bon Pasteur

Dimanche du Bon Pasteur. Dimanche aussi des vocations. Car l’Eglise profite de ce dimanche pour nous faire prier spécialement pour obtenir de Dieu les nombreux pasteurs dont le peuple chrétien a des nos jours tant besoin.

Dommage que notre civilisation de moins en moins rurale, ne connaissant plus la poésie bucolique de la campagne d’antan, ne puisse facilement savourer cette page de l’Evangile. Il faut avoir vu de près en effet le berger et son troupeau pour bien la comprendre. Jésus, enfant, avait eu le temps de contempler les robustes qualités des bergers de son époque. Il avait été frappé, sans nul doute, par ce double souci de tout berger : l’unité, la cohésion de son troupeau et l’attention à chacune des brebis en particulier.

Le souci du troupeau.

  • Le Bon pasteur de l’Evangile n’est pas un berger d’opérette. C’est d’abord un gaillard solide, qui marche en tête du troupeau, un bâton à la main. Indiquant bien sûr la bonne direction, mais aussi affrontant les obstacles possibles (et à l’époque de Jésus, il fallait bien protéger les brebis des voleurs mais aussi des carnassiers pour qui les moutons sans défense étaient une proie facile et une viande délicieuse).

    Jésus est le Bon Pasteur par excellence, qui s’est porté en tête de la caravane humaine, et qui, avec sa croix comme arme, a fait une brèche dans les fourrés du mal pour faire un chemin de transhumance vers les pâturages radieux de la Terre promise.

    Tout pasteur dans l’Eglise, tout pape, tout évêque, tout prêtre doit lui aussi se porter en première ligne et qu’importe les critiques. A temps et à contretemps, il ose s’en prendre aux lobbies de la société moderne, qui font de l’avortement un progrès, de la liberté sans entrave une exigence moderne. On le traite d’assassin, il récidive. Il risque les balles. Il a dit la vérité, il doit être exécuté.

    En cette journée des vocations saurons nous dire aux jeunes que la vocation sacerdotale ou religieuse vaut la peine d’être vécue à une époque où précisément c’est plus difficile et risqué d’être prêtre, où il faut aller à contre-courant d’une opinion conditionnée, où le prêtre est ridiculisé ou sali comme dans de nombreux films ou dans certaines émissions qui se veulent intelligentes. N’est-ce pas passionnant d’être prêtre aujourd’hui pour un jeune qui entent relever un défi, un défi quand même plus exaltant qu’un saut inutile à l’élastique ?

  • Le Bon pasteur a le souci de l’unité du troupeau. Il surveille constamment d’un œil la brebis qui traînasse, ou s’éloigne du groupe. Et sa joie, c’est chaque soir, de les voir toutes réunies dans le bercail, sans qu’une seule manque à l’appel.

    Le Christ Bon Pasteur a eu un tel souci de l’unité de son Eglise qu’il a prié longuement avant sa mort «  pour qu’ils soient, disait-il, un comme mon Père et moi nous sommes uns  ». Il entend rassembler les brebis dispersées aussi bien celles qui viennent de l’enclos d’Israël que celles qui viennent des nations (Jos 10,16 ; 11,52). Son désir, c’est que pas une seule de ses brebis ne se perde, que pas une seule ne s’éloigne de sa main.

  • Le Bon Pasteur donne sa vie pour ses brebis : Il donne l’impression de préférer la vie de ses brebis à la sienne. Pas seulement sa vie physique quand il les protège du loup, de l’ours ou du lion (c’était le cas au temps de Jésus), mais sa vie de chaque instant. En fait, il lie sa vie avec celles de ses brebis. Il dort souvent dans la bergerie. « Il a l’odeur des brebis » (pape François). Il y a entre elles et lui comme une communauté de destin. Il passe des nuits blanches pour les soigner ou quand elles mettent bas. Il fait des kms pour les emmener vers les meilleurs pâturages. Elles d’abord, lui, en second !

    Le Christ Bon pasteur lui aussi a lié son destin au nôtre, en se faisant brebis avec nous, agneau avec nous, et dans un paradoxe étonnant, c’est justement parce qu’il est l’Agneau immolé qu’il est devenu le Bon Pasteur. A la suite du Christ, combien de pasteurs à leur tour ont donné leur sang, comme le père Kolbe, et ces centaines de prêtres et évêques martyrs de l’Evangile à travers le monde ; combien vivent la vie des parias de la terre dans les slums de Calcutta, les favellas du Brésil.

Le souci de chaque brebis.

  • Le Bon Pasteur connaît ses brebis. C’est peut-être cela qui étonne les plus l’ignorant en oviculture. Mais comment diable, faites-vous pour les connaître toutes, et voir d’un coup d’œil celle qui manque. Il connaît la brebis fragile et la brebis agressive ; il connaît la brebis-tendresse et la brebis-jalousie. Et la raison est simple, c’est parce qu’il les aime, ne cherchons pas plus loin.

    Le Christ bon pasteur connaît chacun de nous. « Je t’ai appelé par ton nom » (Is 43,1). Nous sommes unique pour lui, précieux à ses yeux. Le rapport à chacun de nous est un rapport personnalisé. Bien sûr, qu’on peut crier à la papolâtrie ou au théâtre, quand le pape sur la place Saint Pierre distribue des poignées de mains à la foule qui l’entoure et se rue pour les obtenir, mais quand vous le voyez soudain s’arrêter un instant devant une petite religieuse confuse, l’écouter, lui parler come si elle était seule au monde au milieu de ces 30.000 pèlerins, vous ne pouvez pas ne pas penser à ce Dieu qui aime chaque personne au monde.

    L’Eglise aura peut-être moins de prêtres demain, mais puissent ces prêtres à venir compenser leur petit nombre par une présence relationnelle plus grande et plus chaleureuse. Et nous qui regrettons le manque de prêtres, prenons le risque d’écouter. C’est peut-être nous ou notre fils que Dieu appelle.

  • Le Bon Pasteur a une attention particulière pour les brebis en difficulté. Il court chercher la brebis égarée, quitte à laisser un instant le troupeau. Il porte au besoin la brebis à la patte blessée, et soigne mieux qu’un vétérinaire la brebis malade ou donne le biberon à l’agneau avant terme.

    Le Christ Bon Pasteur, c’est vrai, a des brebis prioritaires. Il donne la priorité aux déshérités, aux malades, aux pécheurs, aux pauvres, aux exclus.

  • Le Bon Pasteur en définitive aime ses brebis, il les bichonne, les caresse, les brosse, les panse. Une familiarité s’établit entre lui et elles.

    Le Christ bon pasteur établit avec chacun de nous le même rapport d’intimité et d’amour qu’il vit lui-même au sein de la Trinité. «  Sur des prés d’herbe fraîche, il me fait reposer. Vers les eaux tranquilles, il me mène.  »

    Dans l’Eglise moderne, devenir prêtre, ce n’est certes pas chercher à faire carrière, à devenir un notable, trouver un emploi bien rémunéré (même si c’est encore une des seules branches où l’on embauche !). Et les jeunes d’aujourd’hui qui s’engagent dans le sacerdoce, s’ils sont peu nombreux, ont du moins le mérite de n’avoir comme seule motivation possible que l’amour passionné de Dieu et des hommes. C’est l’amour qui est à la base d’une vocation.

    Dans l’Ancien Testament, Dieu par la bouche des prophètes est particulièrement virulent pour les chefs de son peuple qui sont infidèles à leur mission : « Ils ne s’occupent pas du troupeau mais se paissent eux-mêmes, laissant les brebis s’égarer et se disperser » (Jr 23, Ez 34).

En conclusion. Aurons-nous demain pour nous guider des papes, des évêques, des prêtres qui seront tous de bons pasteurs ? Espérons-le. Mais ce qui est certain, c’est que, nous les brebis, nous avons à être des brebis actives et responsables et non des moutons bêlants ou a priori révoltés. « Les brebis écoutent le Bon pasteur, dit l’Evangile, connaissent sa voix… et le suivent ». Quelles que soient nos sensibilités, nous devons avoir un a priori de sympathie et d’estime pour ceux qui ont dans l’Eglise une responsabilité importante, nous avons à leur faire confiance, sachant que rude est leur tâche et qu’ils connaissent des aspects des problèmes que nous ignorons. A bon pasteur, il faut bonnes brebis. Et bonnes brebis font bons pasteurs.

Et puis, s’ils nous déçoivent, nous n’oublierons jamais qu’ils ne sont que des hommes, et que seul Jésus a pu dire fortement : Je suis le Bon pasteur. Luis seul est le médiateur unique, la porte d’accès à la bergerie. Seul, il peut constituer une existence nouvelle fondée sur la connaissance mutuelle du pasteur et des brebis. Lui seul est le pasteur parfait capable de donner sa vie pour ses brebis, parce qu’il est lui-même habité par l’amour infini du Père.

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