Eglise Catholique du Var - diocese-frejus-toulon.com

« Voici la servante du Seigneur ; que tout se passe pour moi selon ta parole. »

Evangile de Jésus Christ selon saint Luc (1, 37)

FR | EN | PT |
Newsletter de l'église du var



devenir prÍtre faire un don nouveaux articles

Homélie pour la solennité du Christ-Roi 2016 (JGA)

  Publié le dimanche 20 novembre 2016 , par Philippe Roy

C’est le Pape Pie XI qui institue la fête liturgique du Christ-Roi, le 11 décembre 1925. Dans l’Encyclique "Quas Primas" il écrit : "C’est ici Notre tour de pourvoir aux nécessités des temps présents, d’apporter un remède efficace à la peste qui a corrompu la société humaine. Nous le faisons en prescrivant à l’univers catholique le culte du Christ-Roi".


Vive le Christ-Roi !
« 10 février 1928, jour de son entrée dans l’éternité.
Il n’y eut aucun jugement et ils ne lui donnèrent pas non plus l’occasion de se défendre. Ils le firent sortir les mains liées. Il était environ onze heures du soir. Les bourreaux choisirent cette heure, parce qu’ils ne voulaient pas que quelqu’un sache ce qu’ils allaient faire à ce garçon. Avec un couteau, ils lui coupèrent lentement la plante des pieds et l’obligèrent à marcher pieds nus sur du sel. Ensuite ils l’emmenèrent sur un chemin pierreux en direction du cimetière.
Sur le trajet, les soldats, voulant lui faire renier sa foi, lui donnaient des coups et des bourrades et, comme à un taureau de combat, avec de petits couteaux pointus, on lui donnait des coups de poignard sur tout le corps. A chaque coup de poignard, Joselito criait avec encore plus de force : « Vive le Christ Roi ! Vive la Vierge de Guadalupe » !
Les pierres du chemin se teintèrent de sang. De leurs maisons, les gens entendirent les cris et vinrent pour voir ce qu’on lui faisait. (...) Un de ses bourreaux lui promet la vie sauve s’il crie « Mort au Christ Roi », le jeune garçon répond encore une fois : « Longue vie au Christ Roi ». Ils voulaient le tuer à coups de couteaux pour éviter le bruit des coups de feu. En voyant qu’il ne cessait de crier « Vive le Christ Roi », l’un des soldats lui asséna un coup de crosse de fusil si rude qu’il lui fractura la mâchoire.
Arrivés au lieu du "Calvaire", le cimetière, ils l’obligèrent, malgré le peu de forces qui lui restait, à creuser sa propre tombe. Ensuite, n’arrivant pas à le faire renier et comme, au contraire, il proclamait encore plus fort sa foi au Christ Roi, le chef de la garde, exaspéré, s’approcha de Joselito, sortit son pistolet et le déchargea à bout portant en pleine tête.
Ses dernières paroles furent « Vive le Christ Roi et sainte Marie de Guadalupe ! ».
Son corps, baigné de sang, s’écroula sur le sol. Ils lancèrent dessus quelques pelletées de terre et s’enfuirent. Un papier, dans une bouteille, à côté de son corps, laissait la preuve irréfutable qu’un héros de la Patrie, un soldat du Christ et un martyr de l’Église de seulement 14 ans, gisait ici, à cet endroit ».

Nous venons d’écouter le récit du martyre de Joselito, José Luis Sanchez del Rio, martyr du Christ-Roi, canonisé le 16 octobre 2016 par le Pape François.
Ce récit est une bonne introduction à la fête du Christ Roi de l’univers et Maitre des nations que nous célébrons aujourd’hui.

Pourquoi une fête liturgique du Christ Roi dans l’Église catholique ?
C’est le Pape Pie XI, qui dans l’encyclique “Quas Primas” institue la fête liturgique du Christ-Roi, le 11 décembre 1925. Il écrit :

« Dans la première Encyclique qu’au début de Notre Pontificat Nous adressions aux évêques du monde entier, Nous recherchions la cause intime des calamités contre lesquelles, sous Nos yeux, se débat, accablé, le genre humain. Or, il Nous en souvient, Nous proclamions ouvertement deux choses : l’une, que ce débordement de maux sur l’univers provenait de ce que la plupart des hommes avaient écarté Jésus-Christ et sa loi très sainte des habitudes de leur vie individuelle aussi bien que de leur vie familiale et de leur vie publique ; l’autre, que jamais ne pourrait luire une ferme espérance de paix durable entre les peuples tant que les individus et les nations refuseraient de reconnaître et de proclamer la souveraineté de Notre Sauveur.

C’est pourquoi, après avoir affirmé qu’il fallait chercher la paix du Christ par le règne du Christ, Nous avons déclaré Notre intention d’y travailler dans toute la mesure de Nos forces ; par le règne du Christ, disions-Nous, car, pour ramener et consolider la paix, Nous ne voyions pas de moyen plus efficace que de restaurer la souveraineté de Notre Seigneur ...

C’est ici Notre tour de pourvoir aux nécessités des temps présents, d’apporter un remède efficace à la peste qui a corrompu la société humaine. Nous le faisons en prescrivant à l’univers catholique le culte du Christ-Roi. La peste de notre époque, c’est le laïcisme, ainsi qu’on l’appelle, avec ses erreurs et ses entreprises criminelles.

Comme vous le savez, Vénérables Frères, ce fléau n’est pas apparu brusquement ; depuis longtemps, il couvait au sein des Etats. On commença, en effet, par nier la souveraineté du Christ sur toutes les nations ; on refusa à l’Église le droit - conséquence du droit même du Christ - d’enseigner le genre humain, de porter des lois, de gouverner les peuples en vue de leur béatitude éternelle. Puis, peu à peu, on assimila la religion du Christ aux fausses religions et, sans la moindre honte, on la plaça au même niveau. On la soumit, ensuite, à l’autorité civile et on la livra pour ainsi dire au bon plaisir des princes et des gouvernants. Certains allèrent jusqu’à vouloir substituer à la religion divine une religion naturelle ou un simple sentiment de religiosité. Il se trouva même des Etats qui crurent pouvoir se passer de Dieu et firent consister leur religion dans l’irréligion et l’oubli conscient et volontaire de Dieu.

Les fruits très amers qu’a portés, si souvent et d’une manière si persistante, cette apostasie des individus et des Etats désertant le Christ, Nous les avons déplorés dans l’Encyclique “Ubi arcano”.

Nous les déplorons de nouveau aujourd’hui. Fruits de cette apostasie, les germes de haine, semés de tous côtés ; les jalousies et les rivalités entre peuples, qui entretiennent les querelles internationales et retardent, actuellement encore, l’avènement d’une paix de réconciliation ; les ambitions effrénées, qui se couvrent bien souvent du masque de l’intérêt public et de l’amour de la patrie, avec leurs tristes conséquences : les discordes civiles, un égoïsme aveugle et démesuré qui, ne poursuivant que les satisfactions et les avantages personnels, apprécie toute chose à la mesure de son propre intérêt. Fruits encore de cette apostasie, la paix domestique bouleversée par l’oubli des devoirs et l’insouciance de la conscience ; l’union et la stabilité des familles chancelantes ; toute la société, enfin, ébranlée et menacée de ruine.
La fête, désormais annuelle, du Christ-Roi Nous donne le plus vif espoir de hâter le retour si désirable de l’humanité à son très affectueux Sauveur.

Pourquoi Jésus est-il Roi ?

Depuis longtemps, dans le langage courant, on donne au Christ le titre de Roi au sens métaphorique ; il l’est, en effet, par l’éminente et suprême perfection dont il surpasse toutes les créatures.

Ainsi, on dit qu’il règne sur les intelligences humaines, à cause de la pénétration de son esprit et de l’étendue de sa science, mais surtout parce qu’il est la Vérité et que c’est de lui que les hommes doivent recevoir la vérité et l’accepter docilement.

On dit qu’il règne sur les volontés humaines, parce qu’en lui, à la sainteté de la volonté divine correspond une parfaite rectitude et soumission de la volonté humaine, mais aussi parce que sous ses inspirations et ses impulsions notre volonté libre s’enthousiasme pour les plus nobles causes.
On dit enfin qu’il est le Roi des cœurs, à cause de son inconcevable charité qui surpasse toute compréhension humaine et à cause de sa douceur et de sa bonté qui attirent à lui tous les cœurs : car dans tout le genre humain il n’y a jamais eu et il n’y aura jamais personne pour être aimé comme le Christ Jésus.
Mais, pour entrer plus à fond dans Notre sujet, il est de toute évidence que le nom et la puissance de roi doivent être attribués, au sens propre du mot, au Christ dans son humanité ; car c’est seulement du Christ en tant qu’homme qu’on peut dire : « Il a reçu du Père la puissance, l’honneur et la royauté » (Daniel, 7, 3-14.) ; comme Verbe de Dieu, consubstantiel au Père, il ne peut pas ne pas avoir tout en commun avec le Père et, par suite, la souveraineté suprême et absolue sur toutes les créatures.

La royauté du Christ, est-elle affirmée dans la Bible ?

Que le Christ soit Roi, ne le lisons-nous pas dans maints passages des Écritures ! C’est lui le « Dominateur issu de Jacob » (Nombres 34,19), « le Roi établi par le Père sur Sion, sa montagne sainte, pour recevoir en héritage les nations et étendre son domaine jusqu’aux confins de la terre  » (Psaume 2), « le véritable Roi futur d’Israël, figuré, dans le cantique nuptial, sous les traits d’un roi très riche et très puissant, auquel s’adressent ces paroles : Votre trône, ô Dieu, est dressé pour l’éternité ; le sceptre de votre royauté est un sceptre de droiture » (Psaume 44, 7). Passons sur beaucoup de passages analogues ; mais, dans un autre endroit, comme pour dessiner avec plus de précision les traits du Christ, on nous prédit que «  son royaume ignorera les frontières et sera enrichi des trésors de la justice et de la paix : En ses jours se lèvera la justice avec l’abondance de la paix... Il dominera, d’une mer à l’autre, du fleuve jusqu’aux extrémités de la terre » (Psaume 71, 7-8).

A ces témoignages s’ajoutent encore plus nombreux les oracles des prophètes et notamment celui, bien connu, d’Isaïe : « Un petit enfant... nous est né, un fils nous a été donné. La charge du commandement a été posée sur ses épaules. On l’appellera l’Admirable, le Conseiller, Dieu, le Fort, le Père du siècle futur, le Prince de la paix. Son empire s’étendra et jouira d’une paix sans fin ; il s’assoira sur le trône de David et dominera sur son royaume, pour l’établir et l’affermir dans la justice et l’équité, maintenant et à jamais » (Isaïe 9, 6-7.).

Les autres prophètes ne s’expriment pas différemment.

Tel Jérémie, annonçant « dans la race de David un germe de justice, ce fils de David qui régnera en roi, sera sage et établira la justice sur la terre  » (Jérémie 23, 5). Tel Daniel, prédisant « la constitution par le Dieu du ciel d’un royaume qui ne sera jamais renversé... et qui durera éternellement » (Daniel 20,44) ; et, peu après, il ajoute : « Je regardais durant une vision nocturne, et voilà que, sur les nuées du ciel, quelqu’un s’avançait semblable au Fils de l’homme ; il parvint jusqu’auprès de l’Ancien des jours et on le présenta devant lui. Et celui-ci lui donna la puissance, l’honneur et la royauté ; tous les peuples, de toutes races et de toutes langues, le serviront ; sa puissance est une puissance éternelle, qui ne lui sera pas retirée, et son royaume sera incorruptible  » (Daniel 7,13-14).

Tel Zacharie, « prophétisant l’entrée à Jérusalem, aux acclamations de la foule, du juste et du sauveur, le Roi plein de mansuétude monté sur une ânesse et sur son poulain  » (Zacharie 9,9) : les saints évangélistes n’ont-ils pas constaté et prouvé la réalisation de cette prophétie ?

Cette doctrine du Christ-Roi, Nous venons de l’esquisser d’après les livres de l’Ancien Testament ; mais tant s’en faut qu’elle disparaisse dans les pages du Nouveau ; elle y est, au contraire, confirmée d’une manière magnifique et en termes splendides.

Rappelons seulement « le message de l’archange apprenant à la Vierge qu’elle engendrera un fils ; qu’à ce fils le Seigneur Dieu donnera le trône de David, son père ; qu’il régnera éternellement sur la maison de Jacob et que son règne n’aura point de fin  » (Lc 1,32-33).

Écoutons maintenant les témoignages du Christ lui-même sur sa souveraineté. Dès que l’occasion se présente - dans son dernier discours au peuple sur les récompenses ou les châtiments réservés dans la vie éternelle aux justes ou aux coupables ; dans sa réponse au gouverneur romain, lui demandant publiquement s’il était roi ; après sa résurrection, quand il confie aux Apôtres la charge d’enseigner et de baptiser toutes les nations - il revendique le titre de roi (Matthieu 25,31-40), il proclame publiquement qu’il est roi (Jean 18,37), il déclare solennellement que « toute puissance lui a été donnée au ciel et sur la terre » (Matthieu 28,18). Qu’entend-il par-là, sinon affirmer l’étendue de sa puissance et l’immensité de son royaume ?

Dès lors, faut-il s’étonner qu’il soit appelé par Saint Jean le « Prince des rois de la terre  » (Apocalypse 1,5) ou que, apparaissant à l’Apôtre dans des visions prophétiques, « il porte écrit sur son vêtement et sur sa cuisse : Roi des rois et Seigneur des seigneurs  » (Apocalypse 29,16). Le Père a, en effet, constitué le Christ héritier de toutes choses (Hébreux 1,1) ; il faut qu’il règne jusqu’à la fin des temps, quand « il mettra tous ses ennemis sous les pieds de Dieu et du Père  » (I Corinthiens 15,25).

Pourquoi Jésus est-il Roi ?
Il est Roi par droit de nature.

Quant au fondement de cette dignité et de cette puissance de Notre-Seigneur, saint Cyrille d’Alexandrie l’indique très bien : « Pour le dire en un mot, dit-il, la souveraineté que Jésus possède sur toutes les créatures, il ne l’a point ravie par la force, il ne l’a point reçue d’une main étrangère, mais c’est le privilège de son essence et de sa nature » (In Lucam X, PG LXXII 666.). En d’autres termes, son pouvoir royal repose sur cette admirable union qu’on nomme l’union hypostatique, union de la nature humaine du Christ avec sa nature divine.

Il en résulte que les anges et les hommes ne doivent pas seulement adorer le Christ comme Dieu, mais aussi obéir et être soumis à l’autorité qu’il possède comme homme ; car, au seul titre de l’union hypostatique, le Christ a pouvoir sur toutes les créatures.

Il est Roi par droit acquis.

Mais quoi de plus délectable, de plus suave que de penser que le Christ, en outre, règne sur nous non seulement par droit de nature, mais encore par droit acquis, puisqu’il nous a rachetés ? Puissent tous les hommes qui l’oublient se souvenir du prix que nous avons coûté à notre Sauveur : « Vous n’avez pas été rachetés avec de l’or ou de l’argent corruptibles, mais par le sang précieux du Christ, le sang d’un agneau sans tache et sans défaut » (I Pierre, 1, 18-19). « Le Christ nous a achetés à grand prix » (I Corinthiens 6, 20) ; « nous ne nous appartenons plus. Nos corps eux-mêmes sont des membres du Christ » (I Corinthiens 6, 15).

Quelle est la nature de sa royauté ?

II est presque inutile de rappeler qu’elle comporte les trois pouvoirs, sans lesquels on saurait à peine concevoir l’autorité royale. Les textes des Saintes Lettres que Nous avons apportés en témoignage de la souveraineté universelle de notre Rédempteur le prouvent surabondamment.

C’est, d’ailleurs, un dogme de foi catholique que le Christ Jésus a été donné aux hommes à la fois comme Rédempteur, de qui ils doivent attendre leur salut, et comme Législateur, à qui ils sont tenus d’obéir. Les évangélistes ne se bornent pas à affirmer que le Christ a légiféré, mais ils nous le montrent dans l’exercice même de son pouvoir législatif.

A tous ceux qui observent ses préceptes, le divin Maître déclare, en diverses occasions et de diverses manières, qu’ils prouveront ainsi leur amour envers lui et qu’ils demeureront en son amour.

Quant au pouvoir judiciaire, Jésus en personne affirme l’avoir reçu du Père, dans une réponse aux Juifs qui l’accusaient d’avoir violé le Sabbat en guérissant miraculeusement un malade durant ce jour de repos : «  Le Père, leur dit-il, ne juge personne, mais il a donné au Fils tout jugement » (Jn 5,22). Dans ce pouvoir judiciaire est également compris - car il en est inséparable - le droit de récompenser ou de châtier les hommes, même durant leur vie.

Il faut encore attribuer au Christ le pouvoir exécutif : car tous inéluctablement doivent être soumis à son empire ; personne ne pourra éviter, s’il est rebelle, la condamnation et les supplices que Jésus a annoncés.

Toutefois, ce royaume est avant tout spirituel et concerne avant tout l’ordre spirituel : les paroles de la Bible que Nous avons rapportées plus haut en sont une preuve évidente, que vient confirmer, à maintes reprises, l’attitude du Christ-Seigneur.
Quand les Juifs, et même les Apôtres, s’imaginent à tort que le Messie affranchira son peuple et restaurera le royaume d’Israël, il détruit cette illusion et leur enlève ce vain espoir ; lorsque la foule qui l’entoure veut, dans son enthousiasme, le proclamer roi, il se dérobe à ce titre et à ces honneurs par la fuite et en se tenant caché ; devant le gouverneur romain, encore, il déclare que son royaume n’est pas de ce monde. Dans ce royaume, tel que nous le dépeignent les Évangiles, les hommes se préparent à entrer en faisant pénitence. Personne ne peut y entrer sans la foi et sans le baptême ; mais le baptême, tout en étant un rite extérieur, figure et réalise une régénération intime.
Ce royaume s’oppose uniquement au royaume de Satan et à la puissance des ténèbres ; à ses adeptes il demande non seulement de détacher leur cœur des richesses et des biens terrestres, de pratiquer la douceur et d’avoir faim et soif de la justice, mais encore de se renoncer eux-mêmes et de porter leur croix.
C’est pour l’Église que le Christ, comme Rédempteur, a versé le prix de son sang ; c’est pour expier nos péchés que, comme Prêtre, il s’est offert lui-même et s’offre perpétuellement comme victime : qui ne voit que sa charge royale doit revêtir le caractère spirituel et participer à la nature supraterrestre de cette double fonction ?

D’autre part, ce serait une erreur grossière de refuser au Christ-Homme la souveraineté sur les choses temporelles, quelles qu’elles soient : il tient du Père sur les créatures un droit absolu, lui permettant de disposer à son gré de toutes ces créatures.

Néanmoins, tant qu’il vécut sur terre, il s’est totalement abstenu d’exercer cette domination terrestre, il a dédaigné la possession et l’administration des choses humaines, abandonnant ce soin à leurs possesseurs. Ce qu’il a fait alors, il le continue aujourd’hui. Pensée exprimée d’une manière fort heureuse dans la liturgie : « Il ne ravit point les diadèmes éphémères, celui qui distribue les couronnes du ciel » (Office de la fête de l’Epiphanie).
Ainsi donc, le souverain domaine de notre Rédempteur embrasse la totalité des hommes. Sur ce sujet, Nous faisons Volontiers Nôtres les paroles de Notre Prédécesseur Léon XIII, d’immortelle mémoire : « Son empire ne s’étend pas exclusivement aux nations catholiques ni seulement aux chrétiens baptisés, qui appartiennent juridiquement à l’Église même s’ils sont égarés loin d’elle par des opinions erronées ou séparés de sa communion par le schisme ; il embrasse également et sans exception tous les hommes, même étrangers à la foi chrétienne, de sorte que l’empire du Christ Jésus, c’est, en stricte vérité, l’universalité du genre humain » (Léon XIII, Lettre encyclique Annum sacrum).

Et, à cet égard, il n’y a lieu de faire aucune différence entre les individus, les familles et les Etats ; car les hommes ne sont pas moins soumis à l’autorité du Christ dans leur vie collective que dans leur vie privée. Il est l’unique source du salut, de celui des sociétés comme de celui des individus : «  Il n’existe de salut en aucun autre ; aucun autre nom ici-bas n’a été donné aux hommes qu’il leur faille invoquer pour être sauvés  » (Actes 4,12)...
Oh ! Qui dira le bonheur de l’humanité si tous, individus, familles, Etats, se laissaient gouverner par le Christ !

Conclusion
Si tout pouvoir a été donné au Christ Seigneur dans le ciel et sur la terre ; si les hommes, rachetés par son sang très précieux, deviennent à un nouveau titre les sujets de son empire ; si enfin cette puissance embrasse la nature humaine tout entière, on doit évidemment conclure qu’aucune de nos facultés ne peut se soustraire à cette souveraineté.
Il faut donc qu’il règne sur nos intelligences : nous devons croire, avec une complète soumission, d’une adhésion ferme et constante, les vérités révélées et les enseignements du Christ. Il faut qu’il règne sur nos volontés : nous devons observer les lois et les commandements de Dieu.
Il faut qu’il règne sur nos cœurs : nous devons sacrifier nos affections naturelles et aimer Dieu par-dessus toutes choses et nous attacher à lui seul. Il faut qu’il règne sur nos corps et sur nos membres : nous devons les faire servir d’instruments ou, pour emprunter le langage de l’Apôtre saint Paul, « d’armes de justice offertes à Dieu » pour entretenir la sainteté intérieure de nos âmes  » »

« Prends, Seigneur et reçois, toute ma liberté, ma mémoire, mon intelligence et toute ma volonté ; tout ce que j’ai et possède, c’est Toi qui me l’as donné : à Toi, Seigneur, je le rends tout est à Toi, disposes-en selon ton entière volonté. Donne-moi, ton Amour et ta Grâce : cela me suffit  » (Suscipe de Saint Ignace de Loyola).

« Le grand ami, le meilleur ami de José Luis, son compagnon d’aventures et de combats, fut toujours Jésus-Christ. Il conversait avec lui à tout moment du jour avec plus de naturel même qu’avec ses propres compagnons. Il lui racontait ses problèmes et ses difficultés et il aimait aussi fêter avec lui les moments de joie, ses bons résultats à l’école ou sa victoire à un jeu. Ils faisaient tout ensemble. Le Christ et lui avaient conclu un pacte d’amitié par lequel ils resteraient unis pour toujours, la mort elle-même ne devait pas les séparer.

La fidélité à cette amitié lui a pourtant coûté son sang, il a prononcé le nom de Jésus dans le martyre. « Vous pouvez me couper la langue et m’attacher les pieds et les mains, disait-il à ses gardes pendant qu’il était en prison, mais même dans cette situation, chaque geste et mouvement de mon corps sera pour moi une façon de crier : Vive le Christ-Roi ! ».

Tout en lui n’avait d’autre finalité que de transmettre le Christ, l’annoncer et témoigner son amour à tous ses compagnons, ses parents, ses frères, les cristeros et à ses bourreaux eux-mêmes.

José Luis ne perdit jamais de vue que le but de sa vie était le ciel et que cela valait la peine de faire quelques sacrifices ou de souffrir pour l’obtenir. Il savait que là, il pourrait jouir de Dieu pour toute l’éternité. Ainsi, il a su perdre sa vie pour la gagner pour le ciel : 14 ans lui ont suffi pour la vivre à fond et remporter le prix. Suivant le conseil de l’Évangile, il n’a pas craint ceux qui pouvaient tuer le corps, mais ceux qui pouvaient lui faire perdre sa foi et son amitié pour le Christ, lui voler sa pureté de corps et de cœur, lui faire renier ses convictions (Lc 12, 4-5). Plutôt mourir que pécher. C’est la raison pour laquelle il a préféré une vie courte, mais avec le Christ à une vie longue et confortable mais sans lui et sans la vie éternelle. Il est mort comme il a toujours vécu : debout, combattant comme un véritable chrétien, avec la lampe allumée de sa foi et de son amour » .
(http://www.centreflambeau.com/Jose-...)

Amen.










 

Conception et développement : bonnenouvelle.fr