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Homélie pour le 12ème dimanche du temps ordinaire 2017 (EA).

  Publié le dimanche 25 juin 2017 , par Philippe Roy

Il est possible que, de nos jours, nous ne ressentions plus assez cette crainte de Dieu que nous n’ayons plus assez le sens du respect dû à sa puissance et à sa sainteté. Nous devons la retrouver car elle est une grande force lorsque surviennent les tentations.
La crainte de Dieu est la conscience de ce qu’il est grand et de ce qu’il n’accepte aucune infidélité ou lâcheté de notre part. Lorsqu’une persécution menace, la tentation de la lâcheté est très grande.


En ce dimanche, la liturgie nous propose un Evangile qui a accompagné de nombreux martyrs, un Evangile qui nous encourage à traverser l’épreuve avec fidélité et intrépidité.
Jésus dit à ses disciples : « Ne craignez pas les hommes ... Ne craignez pas ceux qui tuent le corps mais ne peuvent pas tuer l’âme ; craignez plutôt celui qui peut faire périr dans la géhenne l’âme aussi bien que le corps ».
Le martyre tue le corps mais fait entrer l’âme dans la vie alors que le péché fait mourir l’âme.

Ce passage évangélique est préparé par un extrait de Jérémie qui fait preuve de courage. Le prophète est victime d’un complot : « Dénoncez-le ! » Mais il sait se montrer courageux car il demeure avec le Seigneur et le Seigneur demeure auprès de lui : « Mais le Seigneur est avec moi, comme un guerrier redoutable ».
Le prophète annonce qu’il sera préservé de la mort, ce qui adviendra effectivement.

Les martyrs ont le courage de traverser la mort avec un esprit de vainqueur : ils savent que la mort corporelle est une occasion de manifester la victoire divine. La mort de Jésus fut l’occasion de la plus grande victoire divine car, en affrontant avec amour sa propre mort, il l’a vaincu et en a révolutionné le sens : la mort n’est plus une rupture et une défaite mais, grâce à la force de l’amour, elle est devenue l’occasion de fonder une nouvelle Alliance.

Dans l’Eucharistie, à chaque Messe, nous commémorons la fondation de cette nouvelle alliance dans la mort de Jésus. Au cours de la dernière Cène, il a en effet dit : « Car ceci est mon sang, le sang de l’Alliance, répandu pour la multitude en rémission des péchés » (Mt 26,28). La mort de Jésus est donc une victoire sur la mort qui se manifeste pleinement au moment de sa Résurrection. « Ressuscité d’entre les morts, le Christ ne meurt plus ; sur lui la mort n’a plus aucun pouvoir  » (Rm 6,9).
Les martyrs affrontent la mort avec la conscience de participer à la Passion de Jésus afin d’avoir aussi part à sa Résurrection.
Jésus nous dit : « Ne craignez pas ceux qui tuent le corps, mais ne peuvent pas tuer l’âme ; craignez plutôt celui qui peut faire périr dans la Géhenne l’âme aussi bien que le corps  ».Jésus nous fait transcender notre peur en agitant une peur plus grande encore : la peur des hommes, des persécuteurs qui tuent le corps doit être dépassée par la crainte de Dieu qui a le pouvoir de faire périr et le corps et l’âme dans la Géhenne. La crainte de Dieu a beaucoup accompagné les martyrs. Saint Justin, lorsqu’il fut jugé et menacé des pires tourments, affirmait ne pas craindre les tourments mais bien plutôt Dieu seul. C’est la crainte de Dieu, la profonde conscience de sa majesté et de sa sainteté qui donne leur force aux martyrs.

Il est possible que, de nos jours, nous ne ressentions plus assez cette crainte de Dieu que nous n’ayons plus assez le sens du respect dû à sa puissance et à sa sainteté. Nous devons la retrouver car elle est une grande force lorsque surviennent les tentations.
La crainte de Dieu est la conscience de ce qu’il est grand et de ce qu’il n’accepte aucune infidélité ou lâcheté de notre part. Lorsqu’une persécution menace, la tentation de la lâcheté est très grande. Spontanément, chacun est tenté de fuir, d’éviter la persécution et le moyen le plus simple est l’apostasie. Mais une telle réaction (c’est à dire, renoncer à l’amour de Dieu pour l’amour propre, l’amour de ce monde ou un moment de plaisir...) fait périr l’âme, détruit notre relation filiale à Dieu notre relation fraternelle avec le Christ. Elle ne peut donc être acceptée en aucun cas.

Jésus nous dit : « Celui qui me reniera devant les hommes, moi aussi je le renierai devant mon Père qui est aux cieux ». Cette affirmation aussi a donné une grande force aux martyrs pour leur permettre de témoigner avec courage de leur foi au milieu des menaces et des souffrances endurées. Le lien personnel avec Jésus est la chose la plus importante et doit être défendu avec un grand courage.
Jésus affirme : « Celui qui se prononcera pour moi devant les hommes, moi aussi je me prononcerai pour lui devant mon Père qui est aux cieux  ». Les martyrs ont eu l’espérance que le Christ se prononce en leur faveur devant le Père des cieux et n’ont pas cédé à la tentation, donc, ne sont pas tombés dans l’infidélité et la lâcheté.
Jésus veut faire naître la confiance dans le cœur des martyrs, en leur rappelant qu’ils ne sont pas seuls. A l’image de Jérémie qui était persuadé que le Seigneur demeurait à son côté comme un chevalier protecteur, les martyrs, et nous tous appelés à l’être aussi, doivent savoir que le Père céleste prend soin d’eux.
Jésus affirme que Dieu qui veille même sur les oiseaux du ciel, le fait beaucoup plus pour nous, ses enfants. « Soyez donc sans crainte : vous valez bien plus que tous les moineaux du monde  ». Nous ne devons pas avoir peur car la confiance dans le Père nous libère de toutes les craintes humaines.
Si la crainte de Dieu est parfois utile, la confiance en lui l’est encore plus. Les martyrs savaient pouvoir compter sur l’aide de Dieu afin d’être victorieux dans leur lutte. Victorieux, car malgré les tortures, les souffrances et même la mort, ils n’ont pas cédé. Avec l’aide de Dieu, ils ont su faire de leur mort une victoire de la fidélité. Le Père ne laisse pas, en effet, sans aide ceux qui témoignent de la foi en lui et en son Fils, Jésus Christ.

Aujourd’hui Jésus nous invite à être courageux, à mettre en valeur la vie éternelle pour laquelle il a donné sa vie sur la croix, à prendre conscience que la véritable vie c’est la vie éternelle du Ciel, qui vient après la mort, et que pour l’obtenir il faut même être disposé à perdre cette vie s’il le faut. Enfin, Jésus nous appelle tous à vivre notre foi chrétienne comme un martyre. Si vous vous rappelez, c’est justement cela l’engagement que nous avons fait le jour de notre baptême : le renoncement à Satan pour vivre la vie de Dieu.

Nous nous confions à la Vierge Marie, elle a été toujours fidèle au bon Dieu, jusqu’à la fin, même pendant les terribles moments de la passion de son Fils. Qu’elle nous accorde la grâce de renouveler chaque jour notre oui à Dieu et de nous tenir debout, fermes dans la foi, l’espérance et la charité jusqu’au bout.

Ainsi soit-il.










 

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