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Homélie pour le 12ème dimanche du temps ordinaire 2016

  Publié le lundi 20 juin 2016 , par Philippe Roy

« Dans le monde d’aujourd’hui, les chrétiens forment le peuple le plus persécuté, puisqu’ils sont non conformes, s’opposant aux tendances de l’égoïsme et du matérialisme. L’arbre de l’Eglise n’est pas mourant, mais il grandit toujours, malgré les chutes. L’avenir est à nous » Benoît XVI .


« Celui qui veut marcher à ma suite, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix chaque jour et qu’il me suive », dit le Seigneur.
Cette parole de Jésus me fait penser à cet évêque roumain qui sous le régime communiste, passa la plus grande partie de sa vie en prison et qui chaque jour embrassait les barreaux de la fenêtre de sa cellule pour manifester son amour du Christ pour qui il souffrait. Enfermé longtemps dans une cellule d’isolement, sans fenêtre, il embrassait alors la serrure de la porte en bénissant Dieu. Ce fût, dit-il, des années riches et intenses pour la vie de l’âme.
Je pense à José Sanchez del Rio, jeune mexicain cristero de quatorze ans mort le 10 février 1928, que les soldats fédéraux ont torturé et qu’ils obligent à marcher après lui avoir coupé la plante des pieds. Il dut creuser sa tombe avant d’être poignardé et abattu à bout portant. Chaque jour il priait longuement. Ses derniers mots furent : « vive le Christ-Roi ».
Je pense à Mgr Oscar Romero, archevêque de San Salvador, défenseur des pauvres, assassiné en 1980 alors qu’il célébrait la sainte messe : il a vécu dans sa chair le sacrifice qu’il actualisait sur l’autel.
Je pense aux dizaines de millions de chrétiens persécutés aujourd’hui pour rester fidèles au Seigneur. Rappelons que le dernier siècle totalise le triste, mais glorieux, record du nombre des martyrs. Il y a plus de martyrs ces cent dernières années que durant les dix-neuf siècles précédents.

« Celui qui veut marcher à ma suite, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix chaque jour et qu’il me suive ».
Je pense également à nous, chrétiens de France, qui vivons une « persécution en gants blancs » comme dit le Pape François, dont la liberté d’expression est de plus en plus réduite ; pour qui il devient difficile d’exercer certaines professions car l’objection de conscience est refusée, comme ce pharmacien de Gironde condamné et suspendu pour ne pas vendre de contraceptifs, ou les maires ne voulant pas marier les personnes de même sexe (cela peut aller jusqu’à cinq ans de prison et soixante-quinze mille euros d’amende) ; chrétiens pour qui il devient de plus en plus difficile d’éduquer les enfants car l’état se substitue au droit naturel des parents premiers responsables de de leurs enfants, cela s’appelle du totalitarisme.
Sans compter que le christianisme est peut-être la seule religion en France qui peut être attaquée, ridiculisée, blasphémée dans les médias et cela sans émoi particulier des autorités.

Oui, il n’est pas toujours très facile d’être chrétien, en effet le disciple n’est pas au-dessus du Maître et il n’y a pas de dimanche de Pâques sans Vendredi Saint. Comme disait Benoît XVI : « Dans le monde d’aujourd’hui, les chrétiens forment le peuple le plus persécuté, puisqu’ils sont non conformes, s’opposant aux tendances de l’égoïsme et du matérialisme. L’arbre de l’Eglise n’est pas mourant, mais il grandit toujours, malgré les chutes. L’avenir est à nous  ».
Bien plus, c’est en étant unis au Christ par la grâce, en vivant notre foi, en la transmettant, en prenant Jésus pour modèle, en mettant nos pas dans ses pas que nous serons heureux, non seulement dans l’éternité, mais déjà ici-bas. En effet la joie profonde du cœur vient de l’union au Christ et du bien accompli par amour et non des plaisirs futiles et éphémères, des comptes en banques et de la fumée des honneurs qui nous plongent bien souvent dans la tristesse, l’insatisfaction, l’ennui, l’angoisse et le remord voire le désespoir.
Si la joie d’être uni au Christ engendre un certain plaisir, au moins intérieur, le plaisir, lui, n’engendre pas la joie du cœur. Comme l’avouait Eve Lavallière que toute la société branchée de l’époque adulait et enviait : « Mon cœur se meurt de faim, car tout ce qu’on lui a donné, c’était des truffes et du champagne ».
La joie chrétienne n’est pas une joie “made in China” , à bon marché, mais qui ne vaut rien, qui ne comble pas le cœur. La joie facile, à bon marché n’existe pas, car la joie vraie est manifestation de la charité et celle-ci est exigeante. Répandre la miséricorde demande que l’on se donne, cela n’est pas toujours facile mais rempli de joie ! Mère Teresa disait : «  Un amour pour être vrai doit faire mal. Voici ce que je vous propose, nous aimer les uns les autres, jusqu’à en avoir mal ».
« L’amour de Dieu a fait ce miracle que nous puissions arriver à fondre la joie et la souffrance en une harmonie » (Mère Solange Bazin de Jessey), les saints sont les témoins vivants de cette joie chrétienne au milieu des épreuves.

« Environnés que nous sommes d’une si grande nuée de témoins rejetons tout ce qui nous alourdit et le péché qui nous entrave et courons avec constance au combat qui s’offre à nous, les yeux fixés sur Jésus qui a enduré la croix sans regarder à la honte, et qui est désormais assis à la droite du trône de Dieu. Songez à celui qui a enduré de la part des pécheurs une telle hostilité, et ne vous laissez pas abattre par le découragement ». (Heb 12, 1)

« Joie et courage » dit le Saint Père.

Amen.










 

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