Eglise Catholique du Var - diocese-frejus-toulon.com

« Voici la servante du Seigneur ; que tout se passe pour moi selon ta parole. »

Evangile de Jésus Christ selon saint Luc (1, 37)

FR | EN | PT |
Newsletter de l'église du var



devenir prÍtre faire un don

LA BONNE NOUVELLE DU JOUR

Evangile

-


nouveaux articles

nouveaux articles

Homélie pour le 14ème dimanche du temps ordinaire

  Publié le lundi 10 juillet 2017 , par Philippe Roy

Comme il est réconfortant d’entendre l’appel du Seigneur miséricordieux ! Lorsque nous sommes épuisés et oppressés, au lieu de nous décourager, nous devrions plutôt retrouver des forces en pensant à l’accueil que nous réserve Jésus et à l’invitation qu’il nous fait à aller à lui pour y trouver le repos, le réconfort et la force.


L’Evangile de ce jour nous fait pénétrer dans l’âme de Jésus.

Il nous rapporte d’abord sa prière au Père : une prière de louange et d’action de grâce qui nous introduit dans ses sentiments les plus profonds. Le sentiment le plus profond du Fils à l’égard du Père est celui de la gratitude : une intense gratitude qui se manifeste en chaque moment de sa vie.

A la fin de ce passage Jésus nous invitera à vivre l’humilité à sa suite. C’est justement la gratitude, une des plus sûres manifestations de la vertu d’humilité comme l’écrit Saint Paul aux Thessaloniciens, qu’il nous faut revêtir du sentiment d’humilité, en vivant dans l’action de grâces. Si l’humilité c’est vivre dans la vérité et si la vérité de notre existence est que nous avons tout reçu de Dieu, il nous faut donc vivre continuellement dans la gratitude envers notre Dieu.
L’occasion qui offre à Jésus la possibilité de témoigner de la gratitude envers son Père est une circonstance inattendue : un échec dans son ministère. Jésus a parlé à la foule, mais sa prédication n’a pas été reçue par les élites du peuple, par ceux qui se trouvaient dans la situation la plus favorable pour recevoir cette prédication. Les personnes instruites et intelligentes devraient recevoir avec plus de facilité les enseignements de Jésus. Il annonce le royaume de Dieu, en révèle les mystères par des paraboles, mais les scribes, les pharisiens et les grands prêtres, toutes les autorités du peuple hébreu, ne veulent pas accueillir ce message.
Devant cette difficulté, Jésus rend grâce au Père car il a compris son dessein : « Père, Seigneur du ciel et de la terre, je proclame ta louange : ce que tu as caché aux sages et aux savants tu l’as révélé aux tout-petits ».
Jésus sais que la volonté du Père s’oppose à l’orgueil humain et veut se révéler aux petits, aux humbles... d’ailleurs les seuls capables d’accepter le message de Jésus, un Messie crucifié.
Il est vrai que parfois, l’intelligence peut favoriser l’orgueil et, alors, au lieu de servir la vérité, elle devient nocive, un gros obstacle pour accepter Jésus. C’est ce qui arrive aux autorités du peuple hébreu.
Jésus perçoit cette vérité et loue son Père pour son dessin d’amour qui se révèle aux petits, aux simples, aux humbles et ne peut pas être reçu par les cœurs endurcis et superbes.

Jésus s’adresse ensuite aux hommes et en particulier à ceux qui sont dans le besoin. Il manifeste son cœur miséricordieux en disant : «  Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi, je vous procurerai le repos  ».
Comme il est réconfortant d’entendre cet appel du Seigneur miséricordieux ! Lorsque nous sommes épuisés et oppressés, au lieu de nous décourager, nous devrions plutôt retrouver des forces en pensant à l’accueil que nous réserve Jésus et à l’invitation qu’il nous fait à aller à lui pour y trouver le repos, le réconfort et la force. Ces paroles de Jésus devraient toujours demeurer imprimées profondément en nos cœurs ; elles sont précieuses dans les difficultés, dans les moments de crise.

Jésus ajoute une phrase qui peut nous étonner : il dit à ces personnes fatiguées et qui peinent de prendre son joug sur leurs épaules.
« Prenez sur vous mon joug ». Si ces personnes sont déjà fatiguées, pourquoi leur imposer un poids supplémentaire, un autre joug ? Mais nous pouvons comprendre qu’il s’agit en réalité d’un joug qui rend toutes choses plus faciles. Jésus dit en effet : « Vous trouverez le repos. Oui, mon joug est facile à porter et mon fardeau, léger  ». Le joug de Jésus est un joug d’amour et l’amour rend tout plus facile. « Dans ce qu’on aime, dit saint Augustin, ou bien il n’y a pas de fatigue ou bien cette fatigue elle-même est aimée et devient ainsi légère ».
Lorsque nous éprouvons de la fatigue et rencontrons des difficultés, nous devons penser à ces paroles de Jésus qui nous invitent à sortir de nous-même et à vivre dans l’amour. Les épreuves que la vie nous impose peuvent nous amener à nous replier sur nous-mêmes. Jésus nous invite à prendre son joug d’amour et à l’accueillir, en union avec lui et pour le bien de nos frères.
Les épreuves de la vie nous offrent ainsi un double avantage : celui de nous unir à la Passion du Christ et celui de nous rendre solidaires avec les personnes qui souffrent.

Humilité : Jésus, enfin, explique la raison pour laquelle son joug est facile à porter et son fardeau léger : « Devenez mes disciples, car je suis doux et humble de cœur ». Il est facile à porter car il est doux et humble de cœur. Jésus n’est pas un maître dur et orgueilleux, mais, au contraire, il est un Seigneur plein de compréhension de compassion et de douceur, un très humble Seigneur qui se met à notre niveau afin de nous aider.

Saint Jean Chrysostome (345-407) affirmait : « L’humilité est la mère, la racine, la nourrice, le fondement, le lien de toutes les autres vertus  ».

Finissons par une prière car si l’on a bien compris qu’il faut absolument être “humble” de cœur, en même temps, nous sommes tous très conscients de la grande difficulté pour y parvenir.
Avec le Cardinal Raphaël Merry del Val (1865-1930), par ses Litanies sur l’Humilité, demandons “humblement” à Dieu la grâce de devenir « doux et humble de cœur  » pour accepter son message et suivre ses pas.

« Ô Jésus, doux et humble de cœur, rendez mon cœur semblable au Vôtre :
Du désir d’être estimé, délivrez-moi Seigneur,
Du désir d’être affectionné, délivrez-moi Seigneur,
Du désir d’être recherché, délivrez-moi Seigneur,
Du désir d’être honoré, délivrez-moi Seigneur,
Du désir d’être loué, délivrez-moi Seigneur,
Du désir d’être préféré, délivrez-moi Seigneur,
Du désir d’être consulté, délivrez-moi Seigneur,
Du désir d’être approuvé, délivrez-moi Seigneur,
Du désir d’être compris, délivrez-moi Seigneur,
Du désir d’être visité, délivrez-moi Seigneur,
De la crainte d’être humilié, délivrez-moi Seigneur,
De la crainte d’être méprisé, délivrez-moi Seigneur,
De la crainte d’être rebuté, délivrez-moi Seigneur,
De la crainte d’être calomnié, délivrez-moi Seigneur,
De la crainte d’être oublié, délivrez-moi Seigneur,
De la crainte d’être raillé, délivrez-moi Seigneur,
De la crainte d’être soupçonné, délivrez-moi Seigneur,
De la crainte d’être injurié, délivrez-moi Seigneur,
De la crainte d’être abandonné, délivrez-moi Seigneur,
De la crainte d’être refusé, délivrez-moi Seigneur,
Que d’autres soient plus aimés que moi, accordez-moi, Seigneur, de le désirer,
Que d’autres soient plus estimés que moi, accordez-moi, Seigneur, de le désirer,
Que d’autres grandissent dans l’opinion et que je diminue, accordez-moi, Seigneur, de le désirer,
Que d’autres soient loués et que je sois oublié, accordez-moi, Seigneur, de le désirer,
Que d’autres soient employés et que je sois mis de côté, accordez-moi, Seigneur, de le désirer,
Que d’autres soient préférés en tout, accordez-moi, Seigneur, de le désirer,
Que d’autres soient plus saints que moi, pourvu que je le soit autant que je puis l’être, accordez-moi, Seigneur, de le désirer.
 »

Ainsi soit-il.










 

Conception et développement : bonnenouvelle.fr