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Homélie pour le 15ème dimanche du temps ordinaire 2017 (EA).

  Publié le dimanche 16 juillet 2017 , par Philippe Roy

Nous pouvons nous demander s’il n’y a pas une des situations décrites par Jésus qui pourrait s’appliquer à notre vie. Ne pas se décourager car un peu de travail pour enlever les mauvaises herbes sera nécessaire mais Jésus ne demande qu’à nous aider, pour que sa Parole et sa Présence Eucharistique portent de nouveau du fruit dans nos vies.


La liturgie propose aujourd’hui la parabole du semeur à notre méditation.
Même si Jésus l’a expliqué aux apôtres, je vais essayer de vous donner quelques points de réflexion pour en faire une application plus concrète dans notre vie.

Une phrase célèbre d’un philosophe du Moyen Âge disait : « Quidquid recipitur, ad modum recipientis recipitur », c’est-à-dire « Ce qui est reçu, est reçu selon le mode de ce qui reçoit » : ainsi, lorsque l’on verse de l’eau dans un verre, l’eau prend la forme du verre lui-même. Ceci pourrait s’appliquer à la parabole que Jésus raconte et explique dans ce passage de l’Evangile de Matthieu. La semence est jetée en terre mais en fonction de la terre dans laquelle elle est reçue, les résultats seront différents. Si la terre est bonne, les fruits seront nombreux, si la terre n’est pas bonne, les fruits ne seront pas là.

Jésus donne lui-même le sens de cette parabole : la semence jetée en terre représente la Parole de Dieu.
Jésus, le Fils de Dieu, Lui-même est la Parole de Dieu, Il est le Verbe Divin par lequel tout a été fait. Ainsi nous le révèle Saint Jean dans le prologue de son Évangile :
« Au commencement était le Verbe, et le Verbe était auprès de Dieu, et le Verbe était Dieu. Il était au commencement auprès de Dieu. Tout par lui a été fait, et rien de ce qui s’est fait ne s’est fait sans lui (...) Et le Verbe s’est fait chair, et il a habité parmi nous, et nous avons vu sa gloire, la gloire qu’il tient de son Père comme Fils unique, plein de grâce et de vérité ».
Alors, il s’agit aujourd’hui de regarder notre cœur, et de voir comment est notre disposition pour recevoir Jésus, soit à travers l’Evangile que l’on écoute, soit dans l’Eucharistie que l’on reçoit.
Parce que de la part de Dieu... il n’y rien de plus à faire pour nous. Sa Parole est vivifiante et efficace, et elle est à notre disposition. Sa présence Eucharistique est toujours là, source de toutes les grâces et bénédictions du Ciel.
Pourquoi, donc, si l’on reçoit souvent, si l’on écoute souvent... on ne change pas, on ne devient pas des saints, on ne fait pas de progrès dans notre vie spirituelle ?

Jésus nous livre le secret... nos dispositions pour l’accueillir. Ceci est le point décisif. La Parole de Dieu a toujours un effet, comme nous le dit le prophète Isaïe dans la première lecture, en faisant la comparaison avec la pluie : «  Ainsi ma parole, qui sort de ma bouche, ne me reviendra pas sans résultat, sans avoir fait ce qui me plaît, sans avoir accompli sa mission  ».

Mais, parfois peut être un effet négatif... tout dépend de notre accueil :
« Celui qui me méprise et ne reçoit pas ma parole, il a son juge : c’est la parole même que j’ai annoncée. Elle le jugera au dernier jour » nous dit Jésus sur sa Parole.
Et Saint Paul sur l’Eucharistie : « Que chacun donc s’éprouve soi-même, et qu’ainsi il mange de ce pain et boive de ce calice ; car celui qui mange et boit indignement, sans discerner le corps du Seigneur, mange et boit son propre jugement » (1 Co 11, 29).

Dans la parabole les différents types de terrains sont les différentes attitudes de celui qui reçoit la Parole de Dieu, qui reçoit Jésus.
Le sol au bord du chemin, celui qui a son cœur endurci. Il reçoit le corps du Christ, ou écoute la Parole, mais comme si ce n’était rien, par habitude, sans y réfléchir. Alors, le démon peut facilement la faire disparaître de son cœur, sans produire aucun fruit.
Le sol pierreux, celui qui est trop superficiel, et n’a pas assez de constance, qui abandonne ce qu’il a reçu quand les difficultés surviennent.
Les ronces, les épines représentent les faux attraits du monde qui promettent le bonheur sans jamais le donner. Les hommes de ce type sont ceux qui veulent accueillir Jésus, sa présence et sa parole, mais, sans renoncer à aucun plaisir de ce monde. Et Jésus nous a dit qu’on ne peut pas appartenir à Dieu et à ce monde. Le chrétien vit dans ce monde, mais comme un étranger, sans être du monde. Sinon, comme dans la parabole, le monde fini par étouffer la Parole et l’amour de Dieu dans notre cœur. Cette situation, aujourd’hui, est la plus fréquente, comme vous vous en rendez compte facilement.
Enfin, la bonne terre est celui qui a les bonnes dispositions pour accueillir Dieu. Celui qui a bien disposé son “jardin intérieur”.

Quelles sont ces bonnes dispositions ? Elles sont, tout justement, les attitudes contraires aux trois premiers types de terrains que Jésus a décrits. Et elles sont des dispositions absolument nécessaires pour s’approcher de Jésus dans sa Parole ou dans son Eucharistie et porter vraiment du fruit.

En premier lieu, un cœur doux et humble, contre la dureté du terrain qui ne laisse pas pénétrer la grâce de Dieu. Comme l’affirme Saint Pierre : « Dieu donne sa grâce aux humbles, mais, il résiste les orgueilleux ». Et nous le disons ensemble juste avant la communion : « Seigneur, je ne suis pas digne de te recevoir...  » Il faut, quand même, le vivre, et accueillir souvent la miséricorde de Dieu par le sacrement de la réconciliation. La confession est très efficace pour nous rendre humbles.

Ensuite, le silence et la vie intérieure, contre la superficialité. Il nous faut méditer beaucoup et être convaincu des vérités de notre foi. Pour cela, et pour persévérer dans les difficultés, il nous faut la prière dans notre vie, mais pas une fois de temps en temps, tous les jours, parce que la prière est la respiration de l’âme. Sans le silence et la prière on reste dans la superficialité et Dieu ne peut pas agir en profondeur dans notre vie. Il faut prêter une attention profonde à Dieu, qui agit dans le silence.

Et enfin, l’esprit d’adoration et de pénitence, contre celui de la parabole qui adore les richesses de ce monde et vit toujours dans les plaisirs, qui étouffent l’action de Dieu.
Il nous faut la pénitence. Notre Dame de Fatima a demandé instamment aux petits bergers d’offrir des sacrifices et ils ne perdent aucune occasion de le faire. C’est la réalité de notre faible nature humaine, trop inclinée à la concupiscence. Il nous faut la pénitence pour la maîtriser. Et aussi parce que c’est le chemin que Jésus a choisi pour notre salut, et par lequel Il nous invite à Le suivre.

Pour l’esprit d’adoration, je vous invite à réfléchir sur notre attitude envers l’Eucharistie. Combien de temps passons-nous devant la télévision ou l’ordinateur ou le téléphone, et combien de temps devant l’Eucharistie, la présence réelle et sacramentelle de notre bon Dieu.
Comment préparons-nous notre cœur pour le recevoir dans la Communion ? Quelle est notre attitude corporelle et extérieure pour nous approcher de Lui. On peut se rappeler ici l’importance de faire un geste d’adoration et de respect avant de recevoir le Corps du Christ dans la Communion : une génuflexion ou, au moins, une profonde révérence de tête.

Le Cardinal Sarah, dans un congrès de Liturgie Sacrée, nous rappelait l’exemple extraordinaire de Saint Jean Paul II : « Toute la vie de Karol Wojtyla a été marquée par un profond respect pour la sainte Eucharistie. (...) Aujourd’hui, je vous demande simplement de repenser aux dernières années de son ministère, un homme marqué dans son corps par la maladie ; cependant, Jean-Paul II n’est jamais resté assis devant l’Eucharistie. Il s’est toujours imposé de se mettre à genoux. Il avait besoin de l’aide des autres pour plier les genoux, puis se relever. Jusqu’à ses derniers jours, il a voulu nous donner un grand témoignage de la vénération du Saint-Sacrement. Si Saint Paul nous enseigne que « au nom de Jésus, que tout genou fléchisse dans les cieux, sur la terre et en enfer » (Ph 2:10), combien plus devons-nous plier les genoux lorsque nous recevons le Seigneur dans l’acte sublime et intime de la Sainte Communion ».

En conclusion. Nous avons tous à faire attention à notre “jardin intérieur”, à notre âme et à notre cœur. Nous savons bien qu’un jardin, laissé à l’abandon, sera bien vite envahi par les mauvaises herbes et qu’il ne donnera plus les bonnes choses qu’il donnait avant. Nous pouvons donc relire ce passage de l’Evangile et nous demander s’il n’y a pas une des situations décrites par Jésus qui pourrait s’appliquer à notre vie. Et dans ce cas, ne pas se décourager. Peut-être qu’un peu de travail pour enlever les mauvaises herbes sera nécessaire, mais Jésus ne demande qu’à nous aider, pour que sa Parole et sa Présence Eucharistique portent de nouveau du fruit dans nos vies.

Ainsi soit- il.










 

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