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Homélie pour le 15ème dimanche du temps ordinaire 2014

  Publié le samedi 19 juillet 2014 , par Philippe Roy

Il ne suffit pas d’entendre la parole de Dieu, il faut qu’elle pénètre dans notre cœur. Si Dieu se propose à tous, chacun de nous répond librement à la grâce du Seigneur. Nous ne pouvons aimer Dieu que librement.


Nous pouvons résumer en deux mots cette parabole du semeur que le Seigneur nous donne dans l’évangile de ce jour : « avertissement  » et « espérance ».

Avertissement parce que, comme le montrent les grains tombés sur le bord du chemin, sur le sol pierreux, dans les ronces, il ne suffit pas de recevoir la semence de la parole de Dieu pour être sauvé.
Espérance parce que la parole de Dieu semée dans une âme de bonne volonté produit trente, soixante ou cent pour un, c’est-à-dire une moisson surabondante quand nous savons qu’au temps de Jésus le rendement était d’environ dix pour un !

Par cette image, le Christ nous invite donc à une joie, à un bonheur surabondant, celui du Royaume des Cieux où le Seigneur nous attend, pour lequel il nous a fait, dans lequel il nous ouvre tout grand les bras, où il nous appelle -non seulement par cette parabole- mais par tout son Evangile qui est cette Bonne Nouvelle du Paradis de nouveau ouvert, Paradis qui est l’objet de notre espérance, le but de notre vie.

Cette parabole pose donc une question fondamentale : pourquoi une telle variété de réponses à cette invitation à la sainteté à laquelle le Seigneur nous appelle ?

Tout d’abord parce qu’il ne suffit pas d’entendre la parole de Dieu, ni même de la comprendre de façon purement cérébrale, intellectuelle. Il faut qu’elle pénètre la bonne terre de notre cœur, qu’elle soit mise concrètement en pratique pour porter du fruit : prier tous les jours, être fidèle au bon accomplissement de son devoir d’état, savoir pardonner, se réconcilier, être généreux… Tout cela est indispensable à la vie chrétienne, sinon, notre cœur deviendra dur comme la pierre du chemin et la semence de la parole de Dieu ne pourra pas le pénétrer.
« Ce n’est pas ceux qui disent « Seigneur, Seigneur » qui entrent dans le Royaume des Cieux, mais ceux qui font la volonté de mon Père  », nous dit Jésus dans l’Evangile.

D’autre part la diversité des réponse à l’appel divin nous rappelle que si Dieu propose à tous, chacun de nous répond librement à la grâce, à cette « main tendue » du Seigneur. Nous ne pouvons aimer Dieu que librement !

A ceux qui répondent avec générosité à cet appel, des grâces supplémentaires sont données pour grandir en sainteté : « celui qui a recevra encore et il sera dans l’abondance » ; au contraire notre attachement aux biens de ce monde par l’appétit des richesses, l’attrait des plaisirs faciles, la séduction des honneurs, l’envie d’être « bien vu », d’être « quelqu’un », de briller... finit par étouffer cette Parole de Dieu qui a pourtant germé dans notre cœur et peut aller jusqu’à perdre totalement la grâce de Dieu : «  celui qui n’a rien (ou pas grand-chose ) se fera enlever ce qu’il a  » !

Nous sommes dans la position d’un auditeur de radio. Dieu nous parle sur une fréquence donnée, celle de l’Evangile, mais nous sommes attirés par d’autres fréquences plus tapageuses aux discours lénifiants et mondains, avides d’être au courant de ce dont tout le monde est au courant ou dit l’être ; en plus notre bouton de réglage a tendance à glisser, si bien que sans même nous brancher positivement sur une autre station, nous sommes entre-deux : ça grésille, nous ne captons plus très bien la fréquence évangélique, le message est brouillé, parasité, l’évangile nous arrive déformé, il y a un mélange déformé entre la fréquence de Dieu et celle du monde, ce qui conduit à un vernis extérieur, à une religion à la carte.

Nous devons sans cesse recaler le réglage sur la fréquence évangélique, réajuster notre compréhension de la parole de Dieu, vérifier que notre comportement soit accordé à l’Evangile transmis par l’Eglise, que cela passe dans le concret sinon nous passerons sur une autre fréquence et alors, nous dit Jésus, : «  vous aurez beau écouter, vous ne comprendrez pas. Le cœur de ce peuple s’est alourdi : ils sont devenus durs d’oreille pour que leur cœur ne comprenne pas et qu’ils ne se convertissent pas. Sinon je les aurais guéris !  »

En ce jour, demandons au Seigneur cette grâce de réajuster sans cesse notre fréquence radio ou de cultiver, de désherber, d’amender la terre de notre cœur afin que bien préparée, bien disposée, accueillante à la parole de Dieu, elle la fasse fructifier en abondance pour ce temps et pour l’éternité.
Amen.










 

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