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Homélie pour le 16ème dimanche du temps ordinaire 2017 (EA)

  Publié le dimanche 23 juillet 2017 , par Philippe Roy

Aujourd’hui nous sommes tous invités, par la Parole de Dieu, à nous conformer à la patience divine pour cultiver l’espérance humaine. Nous devons partager la patience de Dieu et, dans le même temps, faire preuve d’une grande espérance et progresser dans la voie de l’Evangile, c’est à dire dans la charité, avec beaucoup de confiance.


Dans l’évangile de ce jour, Jésus nous donne un enseignement nous exhortant à la patience et à l’espérance. Devant le mal qui ravage le monde nous sommes souvent amenés à penser : pourquoi Dieu n’intervient-il pas ? Le mal qui se trouve dans le monde semble remettre en cause la bonté de Dieu voire même, selon certains, son existence.

Jésus répond à cette demande dans la parabole de l’ivraie. Un homme a semé du bon grain dans son champ mais son ennemi y a semé de l’ivraie. Lorsque les plantes se développent, l’ivraie apparaît au milieu du bon grain. Par cette parabole, Jésus veut nous dire que le bien et le mal sont indissociablement liés dans le monde.
Les serviteurs demandent au maître « D’où vient donc qu’il y a de l’ivraie ? » Il leur explique :« c’est un ennemi qui a fait cela ». Il est évident que ce n’est pas le maître qui a semé l’ivraie dans son propre champ.Les serviteurs demandent alors au maître : « Alors, veux-tu que nous allions l’enlever ? »
Lorsque nous prenons conscience de ce que quelque chose ne va pas bien, notre instinct naturel est de trouver immédiatement un remède. Cela semble logique. Mais le maître répond à ses serviteurs de ne pas arracher l’ivraie et en donne la raison suivante : « non, de peur qu’en enlevant l’ivraie, vous n’arrachiez le blé en même temps ».
Il faut éviter le risque que, en voulant arracher le mal, on ne nuise au bien ; qu’en voulant punir les mauvais, on ne cause du tort aux bons. Le maître affirme : « laissez-les pousser ensemble jusqu’à la moisson et, au temps de la moisson, je dirai aux moissonneurs : enlevez d’abord l’ivraie, liez-la en bottes pour la brûler ; quant au blé, rentrez-le dans mon grenier ».

Le discernement ne doit intervenir qu’à la fin. Il ne doit pas être trop précoce car il y a de grands risques. Nous devons considérer avec attention la réponse du maître. Il préfère que ses ouvriers n’interviennent pas immédiatement afin de ne pas arracher le bon grain.
Dieu est patient, il n’intervient pas d’une manière extraordinaire à chaque instant. Il laisse à chacun la possibilité de se déterminer dans un sens ou dans l’autre. Il respecte la liberté humaine. Ceci nous semble normal lorsque nous le considérons, mais lorsque nous voyons le mal ravager,dévaster le monde, nous demandons pourtant une intervention immédiate de Dieu afin d’en empêcher les conséquences négatives.

De manière habituelle, Dieu n’agit pas ainsi. Il respecte la liberté humaine. Il nous semble difficile d’accepter cette manière de faire de Dieu. Nous devons cependant comprendre que les raisons qui justifient cette façon d’agir sont très positives.
Une parabole n’épuise jamais tout le réel : lorsque ce sont des hommes qui croissent, ils ont toujours la possibilité de se convertir, de changer radicalement l’orientation de leur vie. Un homme mauvais peut toujours devenir bon. Dieu affirme en effet : « Je ne prends point plaisir à la mort du méchant, mais à ce que le méchant se convertisse et qu’il vive »(Ez 33,11).

Dieu donne à chacun la possibilité de changer de vie.
Lorsque nous voyons certains de nos frères accomplir des actions objectivement mauvaises, nous devons, avec Dieu, espérer qu’ils se convertissent et non pas demander immédiatement à Dieu d’abattre sur eux le châtiment divin.
Nous devons demander qu’il leur accorde sa grâce afin qu’ils puissent retrouver les valeurs qui donnent à l’homme toute sa dignité. Souvent, une véritable conversion n’intervient qu’à la fin, mais elle est une victoire du bien que nous devons tous attendre et espérer.

La première lecture extraite du livre de la Sagesse va dans le même sens que l’Evangile. Elle affirme que si Dieu n’intervient pas, ce n’est pas par manque de force ou de puissance. Il pourrait très bien intervenir car il est tout puissant, mais il ne le fait pas justement parce qu’il est tout puissant.
L’auteur du livre de la Sagesse affirme : « Toi, Seigneur, qui dispose de la force, tu juges avec indulgence, tu nous gouvernes avec beaucoup de ménagement car tu n’as qu’à vouloir pour exercer ta puissance ».
Dieu permet que nous nous trompions, que nous nous engagions dans des impasses et même que nous fassions du mal à notre prochain. Pourquoi tout ceci ? Car c’est de cette manière qu’il montre son indulgence pour nous amener à nous convertir, pour nous faire remporter cette belle victoire du bien qu’est la conversion et non pas cette victoire par trop facile qui s’obtient au moyen d’une intervention divine qui annihile la liberté de l’homme.

Le livre de la Sagesse poursuit : « Par ton exemple tu as enseigné à ton peuple que le juste doit être humain ». Il faut aimer tous les hommes, même les plus mauvais. Tous sont dignes d’être aimés car tous ont été créés à l’image et à la ressemblance de Dieu, tous ont une grande capacité au bien, même si parfois elle est difficilement perceptible.
Le juste doit aimer tous les hommes et leur souhaiter du bien. Face aux méchants, il faut espérer leur conversion et leur retour à la pleine dignité humaine.
« Tu as donné à tes fils une belle espérance : à ceux qui ont péché tu accordes la conversion ». La douceur de Dieu est pour nous un motif de réconfort et d’espérance. Il est patient avec nous, nous attend et veut nous accorder beaucoup de grâces. Nous le faisons souvent longuement attendre en vivant d’une manière profondément désordonnée, mais il est patient et veut que nous arrivions à la conversion qui nous fera entrer en communion avec lui.

Aujourd’hui nous sommes tous invités, par la Parole de Dieu, à nous conformer à la patience divine pour cultiver l’espérance humaine. Nous devons partager la patience de Dieu et, dans le même temps, faire preuve d’une grande espérance et progresser dans la voie de l’Evangile, c’est à dire dans la charité, avec beaucoup de confiance.

Que la Sainte Vierge, notre Dame de l’espérance, nous accorde cette grâce.

Ainsi soit-il.










 

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