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Evangile de Jésus Christ selon saint Luc (1, 37)

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Homélie pour le 19ème dimanche du temps ordinaire 2017 (EA).

  Publié le lundi 14 août 2017 , par Philippe Roy

Jésus marche sur les eaux. La Foi.

Par la foi, nous croyons ce que Dieu nous a promis, nous croyons que nous le verrons un jour, que nous le posséderons, que nous serons éternellement avec Lui dans le Ciel.


En ce dimanche l’Evangile nous présente Jésus qui marche sur les eaux, il fait un miracle extraordinaire pour amener les disciples à la foi.
La première lecture nous rapporte aussi une théophanie, c’est à dire, une manifestation de la présence de Dieu. Le prophète Élie se trouve en grande difficulté car la reine Jézabel veut le tuer. Il se réfugie donc dans le désert, sur la montagne du Seigneur, l’Horeb. Il entre dans une grotte pour passer la nuit. Le Seigneur l’invite à attendre sa manifestation : « Sors dans la montagne et tiens-toi devant le Seigneur, car il va passer  ».
Comme dans l’Evangile, la manifestation qui s’offre à Elie se déroule, elle-aussi, au milieu d’un ouragan, mais le Seigneur ne se trouve pas dans l’ouragan. Après le tremblement de terre et le feu, survient finalement le murmure d’une brise légère dans laquelle se manifeste le Seigneur. Élie se couvre alors le visage de son manteau et sort jusqu’à l’entrée de la caverne pour entendre la voix du Seigneur.
Ce texte nous fait comprendre que Dieu peut se manifester d’une façon impressionnante et externe (comme à saint Paul ou dans l’ancien testament au peuple juif), mais, d’habitude, il se manifeste dans la paix et le silence du cœur, parce que Dieu est véritablement au-dedans de toutes les créatures, de chaque personne. Il est présent dans nos cœurs même si nous ne le reconnaissons pas.

Et c’est justement là, que la foi a toute sa place dans notre vie.
Notre bonheur se trouve en Dieu, mais Dieu est invisible et souvent imperceptible pour notre sensibilité. On a tous besoin de la foi pour reconnaître Dieu dans notre vie, pour vivre sa vie, pour profiter de sa présence sanctifiante et pour avoir la joie de l’aimer de tout notre cœur.
La foi est un don précieux, qu’il faut demander tout le temps, qu’il faut garder et protéger avec soin et vigilance.

Dans l’Évangile on a un très bel exemple de profession de foi et d’humilité pour demander son aide à Dieu.
C’est Pierre qui prend l’initiative dans cette scène, hors du commun, d’une tempête sur le lac, de nuit. Les autres disciples sont paralysés par la peur et incapables d’accéder à la foi : « Ils dirent : c’est un fantôme ».
Pierre au contraire répond à l’apostrophe du Maître (« n’ayez pas peur  ») en se détachant courageusement du groupe. L’Esprit commence à travailler en son for intérieur, suscitant ce désir étonnant de « marcher sur les eaux ». En fait, il s’agit plutôt de « venir à Jésus  », c’est-à-dire de rejoindre son Seigneur, ce qui n’est possible que par la foi.
Il lui faudra tout l’Évangile pour l’apprendre. Mais son cœur commence déjà à se centrer sur l’essentiel, la personne de Jésus, son Maître. Ses premières paroles sont plutôt hésitantes : « si c’est bien toi…  » mais il parvient à dépasser sa peur et s’élance sur les flots ; porté d’abord par la foi (Pierre descendit de la barque et marcha sur les eaux), il détourne ensuite les yeux de son Seigneur et se laisse impressionner par les circonstances ; bien vite le doute lui fait boire la tasse. Son cri d’angoisse (Seigneur, sauve-moi !) l’assimile à tous ces pauvres qui auront obtenu, par une prière sincère et spontanée “en extrême nécessité”, la bienveillance du Christ. On pense immédiatement à la femme cananéenne : « Seigneur, viens à mon secours » (Mt15,25), elle qui aura bravé vents et marées pour obtenir la guérison de sa fille.

Le Catéchisme nous la donne en exemple lorsqu’il explique le rôle de la foi dans la prière, reprenant aussi l’expression « peu de foi » qui s’applique à Pierre : “De même que Jésus prie le Père et rend grâces avant de recevoir ses dons, il nous apprend cette audace filiale : « tout ce que vous demandez en priant, croyez que vous l’avez déjà reçu » (Mc 11, 24). Telle est la force de la prière, « tout est possible à celui qui croit » (Mc 9, 23), d’une foi « qui n’hésite pas » (Mt 21, 22). Autant Jésus est attristé par le « manque de foi » de ses proches (Mc 6, 6) et le « peu de foi » de ses disciples (Mt 8, 26), autant il est saisi d’admiration devant la « grande foi » du centurion romain (Mt 8, 10) et de la cananéenne (Mt 15, 28).” (Catéchisme, nº 2610)

La scène de la tempête apaisée nous montre, tout ensemble, l’audace de Pierre, qui demande de marcher sur les eaux, et son « manque de foi », qui le met en péril : le Catéchisme nous invite à cultiver la même audace et à combler notre manque de foi, par la prière. La liturgie nous en fournit un excellent exemple en reprenant comme antienne de la messe, un psaume adapté à toutes les situations d’extrême nécessité :
Viens me délivrer, Seigneur,
Dieu, viens vite à mon secours.
Tu es mon aide et mon libérateur,
Seigneur, ne tarde pas. Ps 69,2.6 (Antienne de la messe du jour).

Le saint Curé d’Ars aimait beaucoup prêcher et encourager sur la foi. Il comprenait très bien le grand besoin de la foi. Sans la foi nous sommes les plus malheureux des hommes : « Par la foi, nous croyons ce que Dieu nous a promis, nous croyons que nous le verrons un jour, que nous le posséderons, que nous serons éternellement avec Lui dans le Ciel. Par l’espérance, nous attendons l’effet de ces promesses, nous espérons que nous serons récompensés de toutes nos bonnes actions, de toutes nos bonnes pensées, de tous nos bons désirs, car Dieu tient compte même des bons désirs. Que faut-il de plus pour être heureux ?  »
« Quand on n’a pas la foi, on est aveugle. Celui qui ne voit pas ne connaît pas, celui qui ne connaît pas n’aime pas, celui qui n’aime pas Dieu s’aime lui-même et en même temps il aime ses plaisirs. Il attache son cœur à des choses qui passent comme la fumée. Il ne peut connaître ni la vérité, ni aucun bien, il ne peut connaître que le mensonge, parce qu’il n’a pas la lumière il est dans le brouillard. S’il avait la lumière, il verrait bien que tout ce qu’il aime ne peut lui donner que la mort éternelle c’est un avant-goût de l’enfer. »
« Quand nous disons “Mon Dieu, je crois fermement”, c’est-à-dire “sans le moindre doute, sans la moindre hésitation”. Oh, si nous nous pénétrions de ces paroles “Je crois fermement que vous êtes présent partout, que vous me voyez, que je suis sous vos yeux, qu’un jour je vous verrai clairement moi-même, que je jouirai de tous les biens que vous m’avez promis. Mon Dieu, j’espère que vous me récompenserez de tout ce que j’aurai fait pour vous plaire ; Mon Dieu, je vous aime, j’ai un cœur pour vous aimer” Oh comme cet acte de foi, qui est aussi un acte d’amour, suffirait à tout » .

Que la Sainte Vierge, Mère de tous les croyants, nous accorde cette grâce : de grandir dans la foi, pour vivre vraiment d’elle, pour que Dieu soit le centre de notre vie, pour le reconnaître partout et en tout, enfin, pour avoir le bonheur déjà sur la terre.

Ainsi soit-il.










 

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