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Homélie pour le 1er dimanche de carême 2017 (EA)

  Publié le samedi 11 mars 2017 , par Philippe Roy

Jésus et les tentations

Nous pouvons longuement méditer sur ces tentations de Jésus afin d’être intérieurement renforcés, pour conduire la lutte du carême de manière généreuse et efficace, pour vaincre le péché et vivre toujours dans la charité de Dieu, en accomplissant sa volonté d’amour pour nous.


Aujourd’hui, c’est le premier dimanche du Carême.
Le Carême, un temps de combat spirituel et un temps pour accompagner Jésus pendant son séjour au désert, dans la prière, le silence et la pénitence. Ce temps est une image de toute notre vie sur terre : un pèlerinage, un combat continuel contre les ennemis de notre salut éternel, le passage par le désert de ce monde pour arriver à la Terre Promise. Il ne faut pas chercher à faire ici notre demeure finale.
Le but du carême est donc d’imiter Jésus, de conformer notre vie à la volonté d’amour de Dieu et de nous détacher de notre égoïsme.

C’est pour cela que la liturgie d’aujourd’hui nous parle de la lutte contre le péché, de l’attitude devant les tentations.
Il y a un grand contraste entre la première lecture et l’évangile : nos premiers parents qui succombent à la tentation, et Jésus qui résiste et vainc le Tentateur, pour nous.

La première tentation (Cf. Albert Vanhoye Commentaire de l’Évangile selon Saint Matthieu) Le tentateur s’approcha et lui dit : « Si tu es Fils de Dieu, ordonne que ces pierres deviennent des pains. » Jésus est le Fils de Dieu. Au moment de son baptême, qui précède son séjour au désert, Dieu l’a proclamé son Fils (Mt 3, 17). En tant que Fils de Dieu, il peut accomplir des miracles. Mais le diable lui propose ici de faire un miracle en sa propre faveur. C’est là que se trouve la tentation. Le pouvoir d’accomplir des miracles que possède le Fils de Dieu, est ordonné au service de Dieu et des frères et non pas pour satisfaire ses propres désirs.
Nous sommes tous, d’une certaine façon, soumis à la même tentation. Nous possédons des dons précieux qui peuvent nous procurer de nombreux avantages. Si nous les utilisons à notre seul profit, alors nous vivons dans l’égoïsme et nous ne correspondons pas aux desseins de Dieu, alors notre vie devient stérile.
La réponse de Jésus nous éclaire sur la façon d’agir dans notre vie :
« Mais Jésus répondit :
Il est écrit : l’homme ne vit pas seulement de pain, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu.  »
En fait, les paroles qui sortent de la bouche de Dieu, expriment sa volonté d’amour pour nous. Nous vivons bien si nous vivons dans la docilité à sa volonté, qui nous donne la vraie dignité et la vraie joie.
Au commencement de l’année nous formulons des vœux pour une bonne santé et c’est pour beaucoup la chose la plus importante dans la vie. Mais ce n’est pas vrai. La chose la plus importante de la vie est l’adhésion à la volonté d’amour de Dieu.
Celui qui est malade se trouve, certes, dans une situation difficile, mais s’il accepte la maladie avec docilité à la volonté de Dieu, alors celle-ci devient pour lui une occasion de grandes grâces.

Ensuite comme le diable est habile, après avoir vu que Jésus a utilisé l’Écriture, lui aussi va la citer :
« Alors le diable l’emmène à la Ville sainte, le place au sommet du Temple et lui dit :
Si tu es Fils de Dieu, jette-toi en bas ; car il est écrit : Il donnera pour toi des ordres à ses anges, et : Ils te porteront sur leurs mains, de peur que ton pied ne heurte une pierre. »
Le diable demande à Jésus une action qui semble être une manifestation de la pleine confiance en Dieu, enraciné sur une promesse de la Bible.
Où se trouve la tentation ? Jésus la relève et la dénonce :
« Il est encore écrit : Tu ne mettras pas à l’épreuve le Seigneur ton Dieu. »
En réalité, ce que propose le diable, n’est rien d’autre que de tenter Dieu, c’est à dire de vouloir le forcer à accomplir un miracle. Ceci signifierait le mettre à notre service alors que c’est à nous qu’il appartient de le servir.

Finalement, le diable propose la tentation la plus explicite, la plus directe puisqu’elle porte sur la mission même de Jésus. Jésus est venu pour être roi (Jn 18, 33). Il est le Messie auquel, selon l’Ecriture, toute la création doit être soumise. Son destin est donc d’être le roi du monde.
Le diable lui offre un moyen simple d’accomplir cette fin. Il lui présente tous les royaumes du monde avec leur gloire. Et lui dit :
« Tout cela, je te le donnerai, si, tombant à mes pieds, tu te prosternes devant moi. »
A cette tentation, Jésus répond avec une force et une détermination plus grande encore : « Alors, Jésus lui dit : Arrière, Satan ! Car il est écrit : c’est le Seigneur ton Dieu que tu adoreras, à lui seul tu rendras un culte.  »

Jésus démasque le diable. Celui-ci propose de mauvais moyens pour atteindre une finalité bonne en soi, il prétend que la fin justifie les moyens. Ce qui n’est pas possible.

Bien souvent, ce dernier principe se présente à nous dans notre vie comme une évidence. Nous poursuivons une fin bonne, mais nous ne savons pas comment l’atteindre. Le diable donc nous propose des moyens malhonnêtes en disant : “c’est ton opportunité” “la fin est bonne” “profite du moment” “ton intention est bonne aussi”...
Mais Jésus sait bien, Lui, que la fin ne justifie pas les moyens : ils doivent, eux aussi, être bons.
Parce que l’acte humain pour être bon doit être entièrement bon : début, moyens, fin. « On ne peut pas faire un mal pour que parvienne un bien » a dit Saint Paul.

Nous pouvons longuement méditer sur ces tentations de Jésus afin d’être intérieurement renforcés, pour conduire la lutte du carême de manière généreuse et efficace, pour vaincre le péché et vivre toujours dans la charité de Dieu, en accomplissant sa volonté d’amour pour nous.
Il faut se rappeler que nous n’avons pas seulement l’exemple de Jésus, mais aussi sa grâce. Elle nous donne la force pour résister aux tentations et vaincre le péché.

Que Marie nous accompagne pendant ce temps fort du Carême et nous accorde la victoire finale pour régner avec elle et son Fils, pour les siècles des siècles.

Amen.










 

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