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Homélie pour le 20ème dimanche du temps ordinaire 2016

  Publié le mardi 16 août 2016 , par Philippe Roy

«  Pensez-vous que je sois venu mettre la paix dans le monde ? Non… mais plutôt la division » !

La paix du Christ n’est pas “la paix du monde”, ...Non, la paix que le Christ nous propose est la paix dans la vérité, car la paix est « œuvre de justice et d’amour » comme nous le rappelle le dernier concile.


«  Pensez-vous que je sois venu mettre la paix dans le monde ? Non… mais plutôt la division » !

Comment comprendre ces paroles de Jésus ? Le Seigneur n’est-il pas le “Prince de la paix” ? Le premier mot du Christ ressuscité à ses apôtres n’est–il pas : «  La paix soit avec vous ! ». L’Evangile n’est-il pas un message de paix, d’amour et de réconciliation avec Dieu ? Les sacrements, actes du Christ-Sauveur prolongeant l’Incarnation ne sont-ils pas facteurs de paix : « Je vous laisse ma paix, je vous donne ma paix » nous dit Jésus lors de la messe, et Dieu ne nous donne-t-il pas « Le pardon et la paix  » dans le sacrement de la confession, comme l’indique les paroles du rituel ?

Certains diront avec raison que la paix du Christ est une paix du cœur : c’est la paix des martyrs durant leurs tortures, c’est la paix de l’âme unie au Seigneur par la grâce alors que les épreuves s’abattent.
L’âme véritablement chrétienne unie à Dieu est comme l’eau des océans : même si la surface est terriblement secouée par la tempête, le fond de la mer reste calme. Cela est parfaitement vrai, mais ne suffit pas à répondre à notre interrogation. La paix entre les personnes, la paix sociale, la paix entre les nations serait-elle indifférente au Christ ?
Bien sûr que non, mais de même qu’un dur combat contre nous-même est nécessaire pour protéger nos âmes contre les assauts des tentations (l’orgueil de la vie, les plaisirs malsains et l’ivresse des richesses) et obtenir la paix du cœur, de même la véritable paix de la société est non seulement le fruit de notre conversion personnelle, mais également d’un véritable combat contre ce que Jean appelle “le monde”.
En effet, la paix du Christ n’est pas “la paix du monde”, à savoir celle du loup dans la bergerie ou du renard dans le poulailler , la paix du plus fort qui écrase le faible en toute quiétude, la paix du malfaiteur qui détrousse sa victime en toute tranquillité, la paix de l’assassin qui exécute sa victime dans les camps de concentration ou la paix de ceux qui éliminent les plus petit dans l’enceinte feutrée des hôpitaux. Non, la paix que le Christ nous propose est la paix dans la vérité, car la paix est « œuvre de justice et d’amour » comme nous le rappelle le dernier concile.

Le Royaume de justice et de paix que le Christ vient établir se heurte donc à l’opposition, parfois très violente, de ceux qui ne l’acceptent pas, c’est pourquoi Jésus apporte, indirectement, la division en s’opposant au péché, au mensonge, à l’injustice, à la haine, à tout ce que le démon suscite en nous et dans le monde pour nous perdre.
Cette division, déjà prophétisée par le vieillard Syméon lors de la présentation de Jésus au Temple, Jésus lui-même l’a vécue sur terre : il y avait ceux qui se convertissaient et le suivaient et ceux qui le rejetaient.
Le Prince de la paix annoncé la nuit de Noël sera en butte aux pharisiens, aux sadducéens, aux grands prêtres et parfois même à ses disciples. Son baptême annoncé dans l’Evangile de ce jour : « Je dois recevoir un baptême, et comme il m’en coûte d’attendre qu’il soit accompli !  », c’est son sacrifice de la Croix par lequel nous sommes réconciliés avec Dieu, par lequel nous est offerte la paix véritable. Le Christ ressuscité est victorieux de la mort, du chaos, du péché, de la guerre, de la division. C’est une certitude mais cette paix ne sera pleinement et parfaitement réalisée qu’à son retour dans la gloire.
Autrement dit, si la bataille contre le mal fait toujours rage en nous-même et dans la société, ne perdons pas courage. L’adversaire est d’autant plus déchaîné qu’il sait le combat perdu, il est désespéré, il brûle ses dernières cartouches. A nous de rester fidèle pour participer à la victoire de la Résurrection.

En ce dimanche, demandons au Seigneur la grâce de nous unir plus étroitement au Christ afin qu’au milieu des divisions et des conflits de ce monde, notre âme connaisse déjà une certaine paix intérieure ; demandons également d’œuvrer à la justice et à la paix dans nos familles et dans la société.
Puissions –nous répondre aux vœux des béatitudes : «  heureux ceux qui ont faim et soif de la justice, ils seront rassasiés ; heureux ceux qui font œuvre de paix, ils seront appelés fils de Dieu ».

Amen










 

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