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Homélie pour le 20ème dimanche du temps ordinaire et fête de Saint Eloi 2017 (EA).

  Publié le dimanche 27 août 2017 , par Philippe Roy

L’humilité de la Cananéenne.

La Cananéenne se prosterne, se met à genoux. Elle se met en position d’adoration. Elle nous enseigne la véritable attitude envers Dieu : la foi, la confiance sans limite et l’humilité.


En ce dimanche l’Eglise nous invite à regarder l’exemple d’une femme qui s’approche de Jésus.
Nous avons écouté le passage très connu de la Cananéenne, une femme païenne, non israélite, dont la fille est malade, possédée et qui a entendu parler de Jésus. Elle sort à sa rencontre en poussant des cris : « Aie pitié de moi, Seigneur, fils de David ! Ma fille est tourmentée par un démon » (Mt 15,22).
En fait, elle ne demande rien, elle ne fait que lui présenter le mal qui assaille sa fille, en ayant bon espoir qu’il agisse.
Jésus "fait le sourd". Pourquoi ? Peut-être parce qu’il avait remarqué la foi de cette femme et voulait l’amplifier. Elle continue à supplier, de telle façon que les disciples demandent à Jésus de l’écouter pour qu’elle se taise. La foi de cette femme se manifeste, par son humble insistance que l’on remarque par le commentaire des disciples à son sujet : « Donne-lui satisfaction, car elle nous poursuit de ses cris » (Mt 15,23).
La femme continue de crier, elle ne se lasse pas. Le silence de Jésus s’explique car, au début de sa mission, il n’est venu que pour la maison d’Israël. C’est uniquement après la Résurrection qu’il dira à ses disciples « Allez dans le monde entier. Proclamez la Bonne Nouvelle à toute la création » (Mc 16,15).

Le silence de Dieu nous tourmente parfois. Combien de fois nous sommes nous plaints de ce silence ?
Mais la Cananéenne se prosterne, se met à genoux. Elle se met en position d’adoration. Il lui répond que ce n’est pas bien de prendre le pain des enfants pour le donner aux chiens. Mais elle lui répond : « C’est vrai, Seigneur reprit-elle, mais justement, les petits chiens mangent les miettes qui tombent de la table de leurs maîtres » (Mt 15,26-27).
Cette femme est très débrouillarde. Elle ne se fâche pas, elle ne lui répond pas méchamment, mais elle donne raison à Jésus : « C’est vrai, Seigneur ». Et ce faisant, elle arrive à le mettre de son côté. C’est l’humilité qui touche le cœur de Dieu, qui obtient la compassion de Jésus. Saint Pierre, dans sa lettre nous le rappelle : «  Dieu donne sa grâce aux humbles, mais, il résiste aux superbes ».

La Cananéenne nous offre une belle leçon : elle donne raison au Seigneur, qui a toujours raison. Quand on se présente devant le Seigneur il ne faut jamais vouloir avoir raison. Il ne faut jamais se plaindre, et si on le fait, il faut toujours finir par lui dire « Seigneur, que ta volonté soit faite ».
La femme de l’évangile nous enseigne la véritable attitude envers Dieu : la foi, la confiance sans limite et l’humilité. Humilité qui n’est pas du tout de la faiblesse ou du manque de vaillance, voire de virilité... Non, humilité qui est, comme nous l’a appris sainte Thérèse d’Avila, « vivre dans la vérité ». Et la vérité de notre vie, de notre existence, c’est que nous sommes des créatures et que Dieu est notre maître, notre créateur, de qui on dépend en tout.
C’est pour cela que le grand évêque et orateur français Bossuet a dit : « L’homme n’est grand qu’à genoux  ». C’est à dire, lorsqu’il adore Dieu comme il faut et reconnaît sa place centrale dans sa vie.

Aujourd’hui nous fêtons également Saint Eloi, et donc, un mot sur ce saint patron.
Il est le patron de nombreuses professions concernant les métiers du fer (ferblantiers, forgerons, serruriers, …), ainsi que des bijoutiers, des horlogers, des monnayeurs, des orfèvres, des plombiers et toutes les professions ayant un rapport avec les chevaux.
Saint Éloi est né à Chaptelat, pas très loin de Limoges, à la fin du 6ème siècle. Dès son enfance, il se montra si habile aux travaux manuels, que son père le plaça comme apprenti chez le maître de la Monnaie de Limoges. Ses premières œuvres révélèrent son talent précoce et au bout de quelques années, Éloi n’eut pas de rival dans l’art de travailler les métaux. Ses sentiments religieux et ses vertus le rendirent plus recommandable encore que ses talents ; on ne se lassait pas d’admirer sa franchise, sa prudence, sa douceur, sa charité.
Eloi devient alors un artisan célèbre et travaille pour l’orfèvre du roi des Francs Clotaire II. Il se montre très économe du métal précieux qui lui est confié par le roi et, un jour, parvient à fabriquer deux trônes magnifiques avec l’or qui lui a été donné pour ciseler un seul siège. Séduit par l’honnêteté et l’habileté d’Eloi, Clotaire II en fait un de ses collaborateurs et lui confie la gestion de son trésor.
A la mort de Clotaire, en 629, Dagobert lui succède. Avec l’aide d’Éloi, le nouveau roi entreprend une réforme monétaire. Éloi ne cesse d’accroître son influence. Il utilisera ses talents pour obtenir des biens et de l’argent afin d’aider les plus pauvres ou racheter des esclaves afin de leur rendre la liberté.
Après la mort du roi Dagobert en 638, Éloi devient évêque de Noyon-Tournai. Son diocèse est immense. Il est un prédicateur intarissable qui parcourt la région et fonde de nombreux monastères.
Il mène une vie exemplaire et sainte et œuvre pour la conversion des peuples. Le 1er décembre 659, à l’âge de soixante et dix ans, il entre dans la Vie Éternelle.
Ce sont ses origines de forgeron et d’orfèvre qui firent la renommée populaire de ce grand évêque. En effet, le fer à cheval qui permet d’obtenir un meilleur service de l’animal de trait est un travail de forgeron, d’où la reconnaissance de la population rurale dont le sort est étroitement lié à l’abondance et la qualité des récoltes.

Aujourd’hui, comme chaque année, nous lui demandons sa protection et son intersession auprès de Dieu, pour qu’il nous donne de vivre toujours en bons chrétiens, fidèles aux promesses de notre baptême, et pour qu’il bénisse aussi nos foyers, nos familles, en nous accordant la paix, le travail et le pain quotidien.

Que Saint Eloi continue à bénir notre pays depuis le Ciel.

Et que la très Sainte Vierge Marie, notre Mère à tous, nous accorde une foi aussi grande que celle de la femme de l’évangile, pour que nous vivions dans la confiance en Dieu notre Père, qui toujours veille sur nous.

Ainsi soit-il.










 

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