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« Voici la servante du Seigneur ; que tout se passe pour moi selon ta parole. »

Evangile de Jésus Christ selon saint Luc (1, 37)

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Homélie pour le 24ème dimanche du temps ordinaire 2017 (JA)

  Publié le mercredi 20 septembre 2017 , par Philippe Roy

Si Jésus-Christ, bien qu’il ait trouvé en nous des milliers de péchés, nous les a tous pardonnés, ne refusez donc pas de faire vous-mêmes miséricorde.

Pour recevoir le pardon de Dieu, pour que Lui nous remette notre dette et nous laisse partir en paix, une condition indispensable est que nous apprenions à pardonner à ceux qui nous offensent.


En ce dimanche Notre Seigneur Jésus Christ continue d’une façon très claire l’enseignement sur le pardon.
« Seigneur, demande Pierre, lorsque mon frère commettra des fautes contre moi, combien de fois dois-je lui pardonner ?  » Pierre tout en posant cette question donne une réponse : « Jusqu’à sept fois ? » Il croit avoir fait un acte héroïque lorsqu’il pardonne sept fois. Mais que lui répond Jésus, le tendre ami des hommes, Celui qui est venu donner sa vie pour les misérables pécheurs ? Jésus lui répondit : «  Je ne te dis pas jusqu’à sept fois, mais jusqu’à soixante-dix fois sept fois.  »

A ces paroles du Seigneur Saint Augustin ajoute (sermon 16 sur les paroles du Seigneur.) : « J’ose le dire, quand même aurait-il péché soixante-dix fois huit fois, pardonnez-lui ; eu-t-il péché cent fois, pardonnez-lui encore ; en un mot, toutes les fois qu’il pèche, ne cessez pas de lui pardonner. Car si Jésus-Christ, bien qu’il ait trouvé en nous des milliers de péchés, nous les a tous pardonnés, ne refusez donc pas de faire vous-mêmes miséricorde. »

Le Sauveur ne veut pas préciser un nombre ni circonscrire le pardon dans un chiffre quelconque, mais il veut dire qu’il ne faut mettre aucune restriction, aucune limite à ce pardon. Et Jésus, le grand Maître des âmes, qui aime donner des exemples pratiques à ses auditeurs pour qu’ils puissent bien comprendre sa nouvelle doctrine ajoute à cet enseignement la parabole que nous venons d’entendre, celle du roi miséricordieux et juste à la fois et du serviteur mauvais.

Je voudrais souligner trois idées de cette parabole.
En premier lieu, il faut dire que notre Seigneur est toujours prêt à nous pardonner. Comme nous le révèle aussi la parabole du fils prodigue, le père sortait tous les jours pour voir si son fils revenait. C’est aussi ce que nous venons de chanter dans le psaume (102) :
« Bénis le Seigneur, ô mon âme, … / n’oublie aucun de ses bienfaits !
Car il pardonne toutes tes offenses / et te guérit de toute maladie ;
il réclame ta vie à la tombe / et te couronne d’amour et de tendresse.
Il n’est pas pour toujours en procès, / ne maintient pas sans fin ses reproches ;
il n’agit pas envers nous selon nos fautes, / ne nous rend pas selon nos offenses.
Comme le ciel domine la terre, / fort est son amour pour qui le craint ;
aussi loin qu’est l’orient de l’occident, / il met loin de nous nos péchés.
 »
Et en effet Il nous pardonne chaque fois que nous ne Lui opposons pas d’obstacle, parce qu’Il respecte notre liberté. Il, notre Père, veut établir avec nous une relation d’amour et non pas d’esclavage, un lien amical par lequel chacun se donne librement à l’autre et non par obligation ou convenance.

Ensuite dans la parabole, l’homme, le serviteur, n’avait pas de quoi rembourser son seigneur, son roi. Et sur ce point Saint Rémi note que (Saint Thomas, La Chaîne d’or) : « l’homme qui peut bien pécher de lui-même et par sa propre volonté ne peut en aucune manière se relever par ses propres forces, et il n’a pas de quoi rendre ce qu’il doit, parce qu’il ne trouve rien en soi qui puisse l’affranchir de ses péchés.  »
Ce fait nous montre une véritable réalité : par nous-même nous méritons seulement l’enfer, le châtiment éternel. Mais grâce à la miséricorde de Dieu nous avons accès au Ciel, la joie sans fin. C’est sa miséricorde que nous trouvons dans les sacrements, particulièrement dans le sacrement de la confession, ou Dieu remet toute notre dette et nous libère de toutes nos angoisses. Profitons donc de cette énorme grâce qu’est le sacrement de la confession ; quelle que ce soit notre dette, allons-y avant que ce ne soit trop tard… Dieu nous attend.

Enfin, pour recevoir le pardon de Dieu, pour que Lui nous remette notre dette et nous laisse partir en paix, une condition indispensable est que nous apprenions à pardonner à ceux qui nous offensent. Ce serviteur dont la dette avait été remise, alors que quittant son roi il entendait encore retentir à son oreille le pardon bienfaisant de son maître, abuse indignement de la liberté, qui vient de lui être rendue, pour se venger de son compagnon dont la dette n’était pas grande chose.
Saint Jean Chrysostome remarque (Saint Thomas, La Chaîne d’or) : « Mais cet ingrat serviteur n’eut même pas le moindre respect pour ces paroles auxquelles il devait son salut : « Prends patience envers moi, et je te rembourserai tout », avait dit-il au roi, et lui lui avait tout pardonné ; mais maintenant qu’il entend ces mêmes paroles, lui ne veut pas l’écouter et donner le pardon. Voyez la charité du maître et la cruauté et la méchanceté de ce serviteur. »
Notez que le maître, alors que ce serviteur lui devait dix mille talents, ne lui a dit aucune parole outrageante et il a eu pitié de lui. Mais, lorsqu’il voit son ingratitude à l’égard de son compagnon, il l’appelle : “serviteur mauvais”, lui reproche l’indignité de sa conduite et lui donne le châtiment mérité. «  Ne devais-tu pas, à ton tour, avoir pitié de ton compagnon, comme moi-même j’avais eu pitié de toi ? Dans sa colère, son maître le livra aux bourreaux jusqu’à ce qu’il eût remboursé tout ce qu’il devait.  »
Jésus conclut cette parabole en la rapportant à son tendre Père : « C’est ainsi que mon Père du ciel vous traitera, si chacun de vous ne pardonne pas à son frère du fond du cœur. »

Demandons à notre Seigneur Jésus Christ la grâce qu’Il transforme notre cœur, qu’Il le remplisse de tendresse et de miséricorde comme le sien.
Que la Vierge Marie intercède pour nous.

Ainsi soit-il.










 

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