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Homélie pour le 24ème dimanche du temps ordinaire 2016 (EA).

  Publié le dimanche 11 septembre 2016 , par Philippe Roy

Dieu toujours nous attend. Il faut simplement croire dans l’amour de Dieu, avoir une confiance absolue, et se décider à retourner à la maison du Père.


Nous venons d’écouter la parabole du fils prodigue. Tout est surprenant dans cette parabole ; jamais Dieu n’avait été ainsi décrit. Cette parabole a touché plus de cœurs à elle seule que tous les discours des prédicateurs réunis. Elle a un pouvoir incroyable sur l’esprit, le cœur, l’imagination, la mémoire. Elle sait toucher les cordes les plus diverses : le regret, la honte, la nostalgie.

Le premier aspect à souligner dans cette histoire c’est que tous, sans exclure personne, nous avons besoin de la miséricorde de Dieu, nous avons besoin d’être pardonnés.
Nous pouvons revenir au commencement du passage pour trouver la circonstance qui permet à Jésus-Christ de raconter cette parabole. D’après ce que les écritures nous révèlent « les publicains et les pécheurs venaient tous à Jésus pour l’écouter » (Lc 15,1), et les pharisiens et les scribes, surpris, récriminaient contre lui : « Cet homme fait bon accueil aux pécheurs, et il mange avec eux ! » (Lc 15,2). Il leur semble que le Seigneur ne devrait pas partager son temps et son amitié avec des personnes menant une vie précaire et pas très réglée. Ils se barricadent face à ceux qui, loin de Dieu, ont besoin de conversion.

Mais, si cette parabole nous apprend que personne n’est perdu pour Dieu, et encourage les pécheurs leur donnant confiance et leur faisant connaître sa bonté, elle nous apporte en même temps un enseignement d’importance pour ceux qui, en apparence, n’auraient pas besoin d’être convertis : ne jugeons pas que quelqu’un est “mauvais” et ne bannissons personne, mais faisons de notre mieux pour nous conduire à tout moment avec la générosité du père qui accepte son fils. La méfiance de l’ainé des fils, mentionnée à la fin de la parabole, coïncide avec le scandale initial des pharisiens.

Dans cette parabole Jésus n’invite pas seulement celui qui en a vraiment besoin à se convertir (parce qu’il vit dans le péché, ou très loin de l’église), mais aussi ceux qui ne croient pas en avoir la nécessité. Ici, il ne s’agit pas uniquement des publicains et des pécheurs mais aussi, bien sûr, des pharisiens et des scribes.
En effet, nous avons tous, vraiment, besoin de nous convertir, chaque jour. Même les saints, les plus grands, faisaient beaucoup des sacrifices et se considéraient comme les pires pécheurs.

Le Pape François, dans une homélie pendant le dernier Carême, nous encourageait à reconnaitre humblement notre néant, nos faiblesses... sans tomber dans la tristesse ou le désespoir, mais pour mériter la miséricorde de Dieu. Dieu regarde toujours, avec plaisir, les cœurs humbles.
Le Pape disait : “Dans le cœur de chaque homme et de chaque femme résonne continuellement l’invitation du Seigneur : « Cherchez ma face ! » ” (Ps 27, 8). En même temps, nous devons toujours nous confronter à notre pauvre condition de pécheurs. C’est ce que nous lisons par exemple dans le Livre des Psaumes : « Qui peut gravir la montagne du Seigneur et se tenir dans le lieu saint ? L’homme au cœur pur, aux mains innocentes » (Ps 24, 3-4). Mais nous ne devons pas avoir peur ni nous décourager : dans la Bible et dans l’histoire de chacun de nous, nous voyons que c’est toujours Dieu qui fait le premier pas. C’est Lui qui nous purifie afin que nous puissions être admis en sa présence.

L’invitation du Seigneur à le rencontrer est donc adressée à chacun de nous, en quelque lieu ou situation où l’on se trouve. Il suffit de prendre la décision de se laisser rencontrer par lui, de le chercher chaque jour sans cesse. Il n’y a pas de motif pour lequel quelqu’un puisse penser que cette invitation n’est pas pour lui (Evangilii gaudium nº 3).

Nous sommes tous pécheurs, ayant besoin d’être purifiés par le Seigneur. Mais il suffit de faire un petit pas vers Jésus pour découvrir qu’il nous attend toujours les bras ouverts, en particulier à travers le Sacrement de la Réconciliation, une occasion privilégiée de rencontre avec la miséricorde divine qui purifie et recrée nos cœurs.

Le second point que je voudrais souligner dans cette belle parabole c’est la joie de Dieu. Jésus déjà l’avait affirmé : « Je vous le dis : C’est ainsi qu’il y aura de la joie dans le ciel pour un seul pécheur qui se convertit, plus que pour quatre-vingt-dix-neuf justes qui n’ont pas besoin de conversion » .
Dans notre parabole, la joie déborde et devient fête. Ce père ne sait plus comment exprimer sa joie : il ordonne d’aller chercher un riche vêtement, l’anneau avec le sceau de la famille, de tuer le veau gras, et dit à tout le monde : « Mangeons et festoyons. Car mon fils que voilà était mort, et il est revenu à la vie ; il était perdu, et il est retrouvé  ».
Comme l’amour et la miséricorde de Dieu sont infinis, de sorte que nous ne pouvons pas les imaginer, c’est pour cela que Jésus nous donne un exemple qui peut nous paraître exagéré.
C’est la folie de l’amour de Dieu, lequel est arrivé à son point culminant sur la croix, un vendredi saint.
Il faut simplement croire dans cet amour, avoir une confiance absolue, et se décider à retourner à la maison du Père.

Que Marie, notre Mère, nous conduise toujours vers Dieu, notre Père miséricordieux. Que jamais nous ne tombions ni dans l’orgueil ni dans le désespoir.

Ainsi soit-il.










 

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