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Homélie pour le 25ème dimanche du temps ordinaire 2017 (JGA)

  Publié le dimanche 24 septembre 2017 , par Philippe Roy

Les ouvriers de la dernière heure.

La parabole s’applique à la vie personnelle. Selon nos histoires, nos appels et surtout notre volonté de nous convertir vraiment, nous entrons dans la vigne du Seigneur à des heures différentes de l’existence.


Allez à ma vigne, vous aussi.

Imaginez la scène. En cette fin de saison des vendanges des patrons vignerons du Bordelais s’en vont heure par heure, tout au long du jour, recruter des ouvriers. Quand vient l’heure de la paye, ils versent à tous le même salaire, sans tenir compte le moins du monde du nombre d’heures de travail de chacun. Les travailleurs se révoltent, les syndicats s’indignent : qui sont ces patrons ?…Où va-t-on, une injustice pareille du jamais vu !

L’Evangile des ouvriers de la dernière heure, que nous venons d’entendre, ferait-il l’éloge de l’injustice et du caprice d’un employeur ? Poser la question, c’est la résoudre, il ne s’agit évidemment pas de cela. Alors, à quoi peut bien penser Jésus quand il raconte une histoire pareille ? Il est question d’un vigneron. Qui est-il ? Il est question d’ouvriers envoyés à la vigne. Qui sont-ils ? Pour quel travail ? Et dans quelle vigne ?
La parabole de l’Evangile se déroule sur toute une journée. Saint Matthieu insiste sur ce déploiement du temps : il nous décrit le maître qui sort de bon matin, puis vers neuf heures, midi, trois heures. Vient finalement la fin de l’après-midi, la “onzième heure” selon la désignation romaine, traduit dans notre lectionnaire par “cinq heures” . Puis la scène de la rétribution le soir venu.
Que représente cette journée, sinon le fait que Dieu et l’homme se rencontrent sur la scène de l’histoire humaine. L’Eglise est cette vigne. Le maître plein de générosité est le Seigneur. Nous pouvons contempler sa bonté à l’œuvre dans l’histoire de tout le genre humain jusqu’à notre petite histoire individuelle.

Nous sommes frappés par la sollicitude du maître pour sa vigne : Dieu sort , il veut prendre soin du genre humain, en lui redisant : « tu as du prix à mes yeux, tu as de la valeur et je t’aime » (Is 43, 4). Il n’épargne pas les moyens, et on le sent pressé par l’urgence : il faut embaucher des ouvriers, toujours plus ; car en dehors de la vigne il n’y a pas d’autre projet pour l’homme. Où ira finir l’humanité, si ce n’est dans la vigne préparée par le Père ? Même une heure de travail a sa valeur et suffit à orienter un cœur vers Dieu. Nous y voyons la figure de Dieu le Père.

Quel est son but, sa préoccupation unique ? Que toute l’humanité soit greffée sur sa vigne, c’est-à-dire l’Eglise. Saint Jean développera cette image : « Je suis la vigne véritable et mon Père est le vigneron  » (Jn 15,1).
La parabole s’applique à la vie personnelle. Selon nos histoires, nos appels et surtout notre volonté de nous convertir vraiment, nous entrons dans la vigne du Seigneur à des heures différentes de l’existence. L’histoire des saints l’illustre : certains sont profondément unis à Dieu très jeunes comme Dominique Savio ou les voyants de Fatima ; d’autres le sont au tout début de l’âge adulte comme Thérèse de Lisieux ou Louis de Gonzague ; d’autres plus tard comme Augustin, François d’Assise. D’autres à la fin de leurs vies, comme le bon larron. Et chacun reçoit en plénitude la même récompense.

Les saints, qui sont parfaitement entrés dans la logique de l’amour, acceptent cette récompense “indifférenciée” , car ils se réjouissent que leurs frères soient sauvés comme eux. Mais Jésus prévient les bien-pensants que nous sommes parfois : nous ne précéderons pas ceux dont le parcours et plus lent ou plus tardif. Et ce doit être une joie pour nous, si nous avons à cœur d’évangéliser en vue du bonheur universel.

Il y a quelques semaines j’ai eu la grâce de marier une couple à l’hôpital. Ensemble depuis 40 ans, elle était en fin de vie. Ils se préparaient pour le mariage depuis longtemps. Et ils ne voulaient pas se quitter sans avoir reçu la bénédiction de Dieu pour leur amour. Devant un seul témoin, leur fils, ils se sont mariés dans la simplicité et la joie profonde de qui est consciente de recevoir un énorme cadeau de Dieu. J’ai vécu une des journées les plus émouvantes de ma vie. Quelques jours après elle est partie au Paradis. Dieu, le maitre de la vigne, sort toujours à la recherche des âmes, á la recherche de ses enfants.

Je voudrais finir avec un très beau paragraphe d’une homélie anonyme du 9e siècle : « Mes bien-aimés, persévérez dans les bonnes œuvres que vous avez commencées. De malheureux hommes servent un roi terrestre au péril de leur vie et moyennant d’énormes difficultés pour un bénéfice très vite passé et disparu ; pourquoi ne serviriez-vous pas le Roi du ciel pour obtenir le bonheur du Royaume ? Puisque, par la foi, le Seigneur vous a déjà appelés à sa vigne, c’est-à-dire à l’unité de la sainte Eglise, vivez, conduisez-vous de telle sorte que, grâce à la générosité de Dieu, vous puissiez recevoir la pièce d’argent, c’est-à-dire le bonheur du Royaume des cieux. Que personne ne désespère à cause de la grandeur de ses péchés, et ne dise : « Nombreux sont les péchés dans lesquels j’ai persévéré jusqu’à la vieillesse et l’extrême vieillesse ; je ne pourrai plus désormais obtenir le pardon, surtout que ce sont les péchés qui m’ont laissé, non pas moi qui les ai rejetés. » Que celui-là ne désespère absolument pas de la miséricorde divine, car les uns sont appelés à la vigne de Dieu à la première heure, d’autres à la troisième, d’autres à la sixième, d’autres à la neuvième, d’autres à la onzième, c’est-à-dire que les uns sont conduits au service de Dieu dans l’enfance, d’autres dans l’adolescence, d’autres dans la jeunesse, d’autres dans la vieillesse, d’autres dans l’extrême vieillesse. Que personne donc, quel que soit son âge, ne désespère s’il veut se convertir à Dieu... Travaillez fidèlement dans la vigne de l’Eglise, pour recevoir le salaire du bonheur éternel et régner avec le Christ dans tous les siècles des siècles ».

« Allez-vous aussi à ma vigne ». Alors au travail ! Il n’est jamais trop tard pour s’y mettre.

Ainsi soit-il.










 

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