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Homélie pour le 26ème dimanche du temps ordinaire 2017 (JGA).

  Publié le dimanche 1er octobre 2017 , par Philippe Roy

« Un homme avait deux fils… »

Soyons honnêtes et reconnaissons le humblement : nous sommes tous l’un et l’autre fils dans notre relation à Dieu le Père, avec les défauts et qualités de l’un et de l’autre, sur lesquels il nous faut travailler patiemment dans la vie spirituelle.


« Un homme avait deux fils… » :
Le message de la parabole d’aujourd’hui ne pourrait pas être plus simple et limpide, à la portée de tous, mais aussi plus centré sur le nœud du problème, la liberté, cet étrange pouvoir concédé à l’homme de refuser Dieu, soit ouvertement comme la réaction spontanée du premier fils, soit avec hypocrisie comme le second.
Nous sommes habitués à considérer cette liberté de notre point de vue, comme sujets libres et responsables de nos décisions ; mais qu’en est-il du point de vue de Dieu, de son projet de Père qui veut nous faire grandir dans la vérité ?

Commençons par une bonne définition : « La liberté est le pouvoir, enraciné dans la raison et la volonté, d’agir ou de ne pas agir, de faire ceci ou cela, de poser ainsi par soi-même des actions délibérées. Par le libre arbitre chacun dispose de soi. La liberté est en l’homme une force de croissance et de maturation dans la vérité et la bonté. La liberté atteint sa perfection quand elle est ordonnée à Dieu, notre béatitude. Tant qu’elle ne s’est pas fixée définitivement dans son bien ultime qu’est Dieu, la liberté implique la possibilité de choisir entre le bien et le mal, donc celle de grandir en perfection ou de défaillir et de pécher. » (C.E.C nº1731-2).
Le pape Benoît XVI l’adaptait ainsi à notre situation actuelle :
« Le message de la parabole est clair : ce ne sont pas les paroles qui comptent, mais c’est l’agir, les actes de conversion et de foi. […] Les personnes qui souffrent à cause de leurs péchés et ont le désir d’un cœur pur, sont plus proches du royaume de Dieu que ne le sont les fidèles « de routine », qui dans l’Église voient désormais seulement ce qui paraît, sans que leur cœur soit touché par la foi. »(Homélie du 25 septembre 2011).

Voilà une première application qui rend cette parabole assez dérangeante pour nous tous qui sommes installés dans un christianisme confortable, les “bien-pensants”, facilement convaincus d’être des justes. A nous tous le Seigneur répète sans ménagement : « les publicains et les prostituées vous précèdent dans le royaume de Dieu… ». Soyons donc honnêtes et reconnaissons le humblement : nous sommes tous l’un et l’autre fils dans notre relation à Dieu le Père, avec les défauts et qualités de l’un et de l’autre, sur lesquels il nous faut travailler patiemment dans la vie spirituelle.
Que nous refusions de remettre à Dieu une partie de notre vie qui a besoin de conversion, ou que nous nous croyons déjà parfaitement convertis et en règle avec Dieu, le Christ nous avertit fortement que, de par notre nature pécheresse, nous n’en avons jamais fini avec la conversion sur cette terre.

Les personnes qui se confessent souvent le savent bien. Nous oscillons sans cesse entre révoltes, retours et endurcissements. Et nous pouvons retomber à tout moment. Comme les pécheurs et comme les pharisiens de stricte observance, nous devons continuer de nous convertir au quotidien et rester vigilants. Nous devons vérifier sans cesse que nos cœurs et nos actions sont bien conformes au “oui” que disent nos lèvres.

Aussi ce dimanche, nous pouvons faire l’examen suivant : qu’est-ce que je refuse à Dieu ? En quoi est-ce que je ne veux pas me convertir, comme le premier fils ? Si ma vie est globalement “en règle” est-ce que j’ai conscience d’avoir encore à me convertir, inlassablement, et jusqu’au dernier soupir ? Est-ce que je juge mes frères avec supériorité et mépris ? Enfin, est-ce que j’agis par amour pour Dieu ? Qu’est-ce qui, en moi, est incohérent entre mes paroles et mes actes ?
Saint Jean-Paul II disait : « La conversion requiert la mise en lumière du péché, elle contient en elle-même le jugement intérieur de la conscience ». (Encyclique Dominum et vivificantem, nº31).

Nous avons pour cela un exemple. Le seul véritable exemple nous vient de Jésus lui-même, le seul fils qui dise “oui” et demeure fidèle ; il est de nouveau “caché” dans la parabole, comme l’explique Benoît XVI :
« Dans l’Évangile de ce dimanche on parle de deux fils, derrière lesquels, cependant, se tient, de façon mystérieuse, un troisième. Le premier fils dit non, mais réalise ensuite la volonté de son père. Le deuxième fils dit oui, mais ne fait pas ce qui lui a été ordonné. Le troisième fils dit « oui » et fait aussi ce qui lui est ordonné. Ce troisième fils est le Fils unique de Dieu, Jésus Christ, qui nous a tous réunis ici. Entrant dans le monde, Jésus a dit : « Voici, je viens […], pour faire, ô Dieu, ta volonté » (He 10, 7). Ce « oui », il ne l’a pas seulement prononcé, mais il l’a accompli et il a souffert jusqu’à la mort. » (id.)

Pour devenir pleinement fils, nous pouvons enfin demander l’aide affectueuse et maternelle de Marie. Il n’est pas de meilleur chemin que de recevoir la maternité spirituelle. Marie nous est donnée comme mère par le Christ, et c’est pourquoi nous nous tournons vers elle, qui nous aide à répondre avec promptitude et sincérité aux appels du Père.

Voici enfin une belle prière du bienheureux Newman pour mettre en nos cœurs le désir de la conversion :
« Ô mon Seigneur Jésus, qui, par amour pour moi, est descendu du ciel pour me sauver, enseigne-moi, cher Seigneur, mon péché, montre-moi ce qu’il a de détestable, apprends-moi à m’en repentir sincèrement et pardonne-le-moi, dans ta grande miséricorde ! ». (Bienheureux John Henry Newman, Méditations sur la doctrine chrétienne, Ad Solem 2000, IV Le péché, 61-62.)

Ainsi soit-il.










 

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