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Homélie pour le 26ème dimanche du temps ordinaire 2016 (JGA).

  Publié le dimanche 25 septembre 2016 , par Philippe Roy

La charité : chemin du Ciel. C’est seulement ici-bas que nous pouvons choisir notre éternité ; le jour où tout s’arrêtera nous serons pour l’éternité tel que la mort nous aura trouvé : nous resterons pour toujours dans l’amour ou dans l’indifférence.


Dans la parabole que nous venons d’écouter de la bouche de Jésus il y a

trois personnages : Abraham, un pauvre du nom de Lazare et un riche, qui n’a pas de nom, auquel nous pouvons donc donner le nôtre : le riche peut s’appeler Père José, Emmanuel, Henri, Adélaïde…
Lazare et l’homme riche meurt un jour. Lazare rencontre Abraham dans la gloire de Dieu. L’homme riche tombe dans les souffrances de l’enfer. C’est Jésus lui-même qui parle de l’enfer, même si certains faux théologiens veulent nier son existence.
Réfléchissons un moment sur la figure de cet homme riche. On ne comprend pas immédiatement pourquoi il est en enfer. Est-il malhonnête, méchant, voleur ? La parabole ne dit rien de cela. Il vit dans le luxe, fait du commerce, crée des emplois…Abraham l’appelle “mon enfant”. Pourquoi donc l’homme riche est-il en enfer ? Que lui reproche-t-on alors ? Dans l’Evangile, une seule chose : ne pas avoir vu Lazare ; il n’a voulu ni le voir ni l’entendre.
Refuser de voir le pauvre, fermer ses yeux devant la misère, fermer ses oreilles à Dieu, cultiver l’égoïsme tranquille de celui qui ne s’intéresse qu’à lui seul et ne se préoccupe pas du reste. Cela, qui n’est pas méchant, pas grave aux yeux des hommes, est grave aux yeux de Dieu. L’indifférence est un poison mortel, l’indifférence barre la route du Ciel. Notre riche de la parabole n’a tué personne, mais il a terriblement déplu à Dieu.
« Au séjour des morts il était en proie à la torture ». Pourquoi une telle punition ? Parce que ceux qui ne s’intéressent qu’aux biens de ce monde sont indifférents à la fois aux besoins de leur prochain et à leur propre vie éternelle. Notre riche, qui ne voulait ni voir ni entendre, montrait ainsi qu’il ne s’intéressait ni au sort de son prochain ni même à son propre avenir.
Il avait tout sauf l’espérance, sauf la foi en la résurrection… C’est vraiment dommage car quand on meurt c’est la seule chose que l’on puisse emporter.
La première leçon de cette parabole : Dieu vomit l’indifférence.

Comment lutter contre cette indifférence qui nous menace tous ? Ecoutons ce que nous dit Saint Jean Chrysostome : « Tu veux honorer le Corps du Christ ? Ne le méprise pas quand il est nu. Ne l’honore pas ici dans l’église tandis que tu le laisses dehors souffrir du froid. Car Celui qui a dit : « Ceci est mon Corps » et qui l’a réalisé en le disant, c’est Lui qui a dit : « Vous m’avez vu avoir faim et vous ne m’avez pas donné à manger » et aussi ; « Chaque fois que vous ne l’avez pas fait à l’un de ces petits, c’est à moi que vous ne l’avez pas fait ». Ici le Corps du Christ n’a pas besoin de vêtements mais d’âmes pures ; là-bas il a besoin de beaucoup de sollicitude. Dieu n’a pas besoin de vases d’or mais d’âmes qui soient en or, donc lorsque tu ornes l’église n’oublie pas ton frère en détresse, car il est un temple et de tous le plus précieux  ». (Homélies sur l’évangile de Saint Matthieu, n°50).

Comment lutter contre cette indifférence qui nous menace tous ?
Imitons l’exemple des saints. Nous connaissons l’histoire de Saint Martin de Tours qui un soir de l’hiver 334 partage son manteau avec un pauvre transi de froid, car il n’a déjà plus de solde après avoir généreusement distribué son argent. Il tranche son manteau et la nuit suivante le Christ lui apparaît en rouge vêtu de ce même manteau.
La deuxième leçon de la parabole : Dieu aime, Dieu bénit, Dieu sauve qui le reconnait et le sert dans les pauvres.

De ce point de vue, gagner l’éternité c’est quelque chose que Dieu nous a laissé à portée de main : chaque jour nous avons mille opportunités pour pratiquer la charité, pour vivre la miséricorde. Il y a toujours quelqu’un qui attend de nous un service, il y a toujours quelqu’un qui veut se rassasier de ce qui tombe de notre table.
C’est seulement ici-bas que nous pouvons choisir notre éternité ; le jour où tout s’arrêtera nous serons pour l’éternité tel que la mort nous aura trouvé : nous resterons pour toujours dans l’amour ou dans l’indifférence.



Je voudrais terminer sur une citation de Mère Teresa : «  Si vous ne pouvez pas nourrir cent personnes, nourrissez-en au moins une… Donne tes mains pour servir et ton cœur pour aimer… Dans le pauvre nous touchons réellement le corps du Christ…Les pauvres ont besoin de nous mais le besoin que nous avons des pauvres n’est pas moins grand ».

Ainsi soit-il.










 

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