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« Voici la servante du Seigneur ; que tout se passe pour moi selon ta parole. »

Evangile de Jésus Christ selon saint Luc (1, 37)

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Homélie pour le 2ème dimanche de Carême 2017 (JGA)

  Publié le dimanche 12 mars 2017 , par Philippe Roy

Voici mon Fils bien-aimé, écoutez le.

Dans cette deuxième étape de notre Carême, nous sommes donc invités à notre tour à faire la lumière dans notre vie, à rejeter en nous toute œuvre de ténèbres, afin de marcher dans la lumière.


Le Carême, il ne s’agit pas de maigrir mais de devenir lumineux, dit un auteur.
Aujourd’hui Jésus est transfiguré sur le Thabor. Son visage brille de la lumière de Dieu. Ses vêtements resplendissent. Sous le voile de sa chair se cache la lumière de sa divinité. Le mystère du Verbe fait chair se laisse entrevoir quelques instants. Dans sa lumière, Pierre, Jacques et Jean voient la lumière de Dieu. Ils sont heureux. «  Voici mon Fils Bien-aimé, écoutez-le », révèle le Père du haut du ciel. L’Esprit Saint est là dans la nuée lumineuse.

Nous continuons donc notre parcours spirituel du Carême en méditant le récit de la Transfiguration de Jésus (Mat 17) : nous le contemplons dans sa gloire. Pourquoi ce choix de la liturgie pour le Carême ? N’est-ce pas un peu incongru en plein Carême ? Ne devrions-nous pas plutôt être occupés à quelque sacrifice ? Ne conviendrait-il pas plutôt de célébrer cet événement au cœur du temps pascal, dans la splendeur de la résurrection ?

Pour répondre à cette objection, il suffit d’ouvrir notre Bible, de noter que l’évangéliste Matthieu relate cet événement peu après la première annonce de la Passion, au début de ce grand mouvement qui culminera sur une autre montagne : le Golgotha.
Saint Léon le grand, remarque : « Par cette transfiguration Jésus voulait avant tout prémunir ses disciples contre le scandale de la croix et, en leur révélant toute la splendeur de sa dignité cachée, empêcher que les abaissements de sa Passion volontaire ne bouleversent leur foi ».
Jésus souhaite donc nous réconforter pour les moments difficiles de notre vie chrétienne. Le chemin de renoncement est difficile, il est bon d’en désirer le terme : la vie bienheureuse avec le Christ. Ce but final motive nos efforts d’ascèse et nous soutient alors que nous voyons la Passion se profiler à l’horizon. Comme Jésus et en sa compagnie, nous allons à la lumière à travers la croix : Per Crucem ad Lucem. Aujourd’hui la colline du Thabor, demain la colline du Golgotha. Aujourd’hui le règne du soleil, demain le règne des ténèbres. Aujourd’hui deux grands prophètes, demain deux pauvres larrons. Aujourd’hui la voix du Père, demain son silence. Aujourd’hui un visage lumineux et glorieux, demain un visage bafoué et humilié. Aujourd’hui, le Transfiguré, demain le Défiguré.
Le Christ amène ainsi chacun à faire l’expérience du Thabor. Pourquoi ? Parce que notre chemin, comme le sien, passe par le Calvaire, et dans les moments difficiles où la croix s’abat sur nos vies, c’est l’espérance de la gloire qui nous maintient fidèles. Nos expériences de la Transfiguration (le don de la contemplation, la charité effective, une illumination particulière pour notre labeur apostolique,...), si elles sont authentiques, nourrissent en nous la foi qui nous dévoile l’inattendu : la croix que nous voudrions rejeter est une bénédiction, elle est le chemin pour aller vers le Père.

Pourquoi aujourd’hui le récit de la Transfiguration, nous sommes nous demandés ?
Il y a une autre raison : « Voici mon Fils Bien-aimé, écoutez-le », révèle le Père du haut du ciel. En ce temps de Carême, le Seigneur nous invite à nous rapprocher de lui, à illuminer notre vie par la prière et l’écoute de sa Parole. En ce Carême il s’agit de devenir de plus en plus des fils de lumière.
La prière nous façonne un cœur de fils. Dans la prière, nous écoutons Dieu et nous recevons sa lumière. Dans la prière, nous partageons notre vie avec Dieu. Impossible d’entrer en communication avec Dieu sans la prière. Mais la prière ce n’est pas une drogue douce, quelque chose de facile. Elle suppose une sortie de nous-mêmes. « Nos pensées changent quand on les prie », disait Bernanos. Prier, c’est un acte de dépouillement, de renoncement à notre propre volonté, pour accepter d’être guidés et transformés par Dieu lui-même à sa manière et quand il le veut. « Une heure de ténèbres pour vivre vingt-trois heures dans la lumière  », a dit quelqu’un de la prière. La prière accomplie dans la nuit avec quelques rayons de lumière vient illuminer notre journée tout entière. Notre cœur est souvent opaque. La prière nous revêt de lumière.
Jésus est une lampe qui ne s’éteint jamais. Saint Augustin résume ce mystère en utilisant cette très belle expression, il dit : « Ce qu’est ce soleil pour les yeux de la chair, Jésus l’est pour les yeux du cœur  » (Sermons 78, 2). Et Saint Jean de la Croix nous enseigne : « Dès lors que Dieu nous a donné son Fils, qui est sa Parole, il n’a pas d’autre parole à nous donner. Il nous a tout dit à la fois et d’un seul coup en cette seule Parole ; il n’a donc plus à nous parler... car ce qu’il disait par parties aux prophètes, il l’a dit tout entier dans son Fils... Voilà pourquoi celui qui voudrait maintenant l’interroger, ou désirerait une vision ou une révélation, non seulement ferait une folie, mais ferait injure à Dieu, en ne jetant pas les yeux uniquement sur le Christ, sans chercher autre chose ou quelque nouveauté. Dieu pourrait en effet lui répondre de la sorte : si je t’ai déjà tout dit dans ma parole, qui est mon Fils, je n’ai maintenant plus rien à te révéler ou à te répondre qui soit plus que lui. Fixe ton regard uniquement sur lui... en lui tu trouveras même plus que tu ne demandes et que tu ne désires... Or, je te l’ai déjà dit, répondu, manifesté, révélé, quand je te l’ai donné pour frère, pour maître, pour compagnon... pour récompense. Le jour où je suis descendu avec mon Esprit sur lui au Thabor, j’ai dit : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j’ai mis mes complaisances ; écoutez-le (Mat. XVII, 5).  »
Dans cette deuxième étape de notre Carême, nous sommes donc invités à notre tour à faire la lumière dans notre vie, à rejeter en nous toute œuvre de ténèbres, afin de marcher dans la lumière. « Dieu est Lumière, en lui point de ténèbres » (1 Jn 1, 5-7).

Nous pouvons nous aussi faire l’expérience du Thabor chaque fois que nous adorons Jésus présent dans la Sainte Eucharistie, là nous pouvons comme Saint Pierre expérimenter le bonheur d’être avec lui, là nous pouvons écouter ses paroles, ses conseils, là nous recevons la force pour marcher au milieu des difficultés de la vie sans renier le Christ, là seuls d’une manière intime avec Jésus, là nous pouvons ouvrir notre cœur... Recevons donc d’un poète une invitation à entrer dans cette scène évangélique si impressionnante :
« Montons au Thabor avec Lui : Jésus est mûr.
L’hostie va être un instant élevée, voici le centre des Saints Mystères.
L’homme parfait dans le Christ atteint sa parfaite figure,
Et ses pieds comme d’eux-mêmes se séparent de la terre.
Les temps sont venus que Dieu enfin couronne Sa création toute entière
. »
(Paul Claudel : Bréviaire poétique)
Conduis-moi, douce lumière, parmi l’obscurité qui m’environne, conduis-moi ! La nuit est sombre, et je suis loin du foyer, conduis-moi !

Amen.


Références :
http://lectio-divina-rc.fr
http://toulouse.dominicains.com
Benoit XVI, Angélus du 4 mars 2012, https://w2.vatican.va/










 

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