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Homélie pour le 2ème dimanche de l’Avent 2014

  Publié le samedi 13 décembre 2014 , par Philippe Roy

Si un chrétien n’est pas capable de se sentir pécheur et sauvé par le sang du Christ, c’est un chrétien à mi-chemin, c’est un chrétien tiède.


Voilà des milliers d’années que les hommes attendent un Sauveur ; voilà que depuis 2000 ans avant Jésus-Christ cette attente se précise, qu’un peuple est choisi pour accueillir ce Messie espéré. Cette attente d’Abraham se spécifie dans le peuple élu avec Moïse, les Prophètes…

Maintenant Jean-Baptiste annonce la venue imminente du Sauveur, le Sauveur arrive ! Mais avons-nous vraiment besoin d’un sauveur ? De quoi vient-il nous sauver ? Serions-nous perdus, nous, hommes du 21ème siècle ?

Chers amis, bien souvent, notre question est là. Nous voyons Jésus comme une sorte de prophète génial, comme un sage à l’enseignement exceptionnel, comme un homme qui fait des miracles ; nous, chrétiens, nous croyons que Jésus est fils de Dieu…mais de quoi vient –il nous sauver ?

Finalement, le Christ vient nous sauver de tout mal quel qu’il soit, et dès à présent de l’enfer éternel, et cela, ni les économistes, ni les politiques, ni la connaissance, ni les idéologies, ni même une vie vertueuse ne le peuvent, mais le Christ seul. C’est ce que nous proclamons tous les dimanches dans notre “Credo” : « Pour nous les hommes et pour notre salut, il descendit du Ciel » . C’est pourquoi Jean-Baptiste nous appelle, en termes vigoureux, à préparer la route au Seigneur et à faire pénitence pour accueillir le Christ, car c’est lui qui sauvera son peuple, pour l’éternité.

Le Pape François, lors d’une veillée de prière en mars dernier, ne disait pas autre chose que le Baptiste en interpellant les mafieux : « Convertissez-vous, il est encore temps pour ne pas finir en enfer. C’est ce qui vous attend si vous continuez sur cette mauvaise voie » . Oui, l’enfant Jésus qui s’annonce est véritablement le Sauveur que le monde attend, Celui qui vient nous ouvrir les portes du Paradis fermées par le péché, Celui qui fait miséricorde aux pécheurs, Celui qui nous veut avec lui dans son Royaume, car, nous dit Saint Pierre dans la deuxième lecture, «  le Seigneur patiente : il n’accepte pas d’en laisser quelques-uns se perdre ; il veut que tous aient le temps de se convertir ».

Il reste que, pour vouloir être sauvé, il faut se savoir perdu ; pour accueillir ce cœur de Jésus gonflé d’ amour, il faut reconnaître sa misère : pas de miséricorde sans misère ! Pas de pardon sans péché ! « Je ne suis pas venu pour les bien portants mais pour les pécheurs » nous dit Jésus dans l’Evangile.

Et le Pape François d’affirmer : «  Si un chrétien n’est pas capable de se sentir pécheur et sauvé par le sang du Christ, c’est un chrétien à mi-chemin, c’est un chrétien tiède  » et de poursuivre : « Suis-je capable de dire au Seigneur : « je suis pécheur », en confessant mon péché concret ? Suis-je capable de croire qu’avec Son Sang, il m’a sauvé du péché et m’a donné une vie nouvelle ? » (cf. homélie du 04/09/14).

Là nous avons une première conversion à opérer, celle d’ouvrir notre âme aux rayons divins afin que le Seigneur l’éclaire et ne reste pas dans le noir ; comme disait Benoît XVI : «  La non-reconnaissance de la faute, l’illusion d’innocence ne me sauvent pas, parce que l’engourdissement de la conscience, l’incapacité de reconnaître le mal comme tel en moi, telle est ma faute  » (Spes Salvi 33).

La formule “j’ai pas tué, j’ai pas volé, j’ai pas trompé mon conjoint” est véritablement insuffisante pour déclarer mon amour au Seigneur, comme si j’étais quitte avec cela ! Quand deux fiancés se côtoient, se contentent-ils d’affirmer à leur bien- aimé(e) qu’il (elle) ne l’a pas volé, ni ne fréquente quelqu’un d’autre ?...C’est un peu juste pour déclarer sa flamme ! Bien plutôt chacun fera le maximum pour plaire à l’autre, dans tous les détails, et si l’on venait à offenser, ne serait-ce que légèrement, son fiancé, il en serait le premier malheureux, cherchant comment rattraper le faux pas.

Il nous faut “tomber amoureux de Dieu” pour véritablement connaitre nos faux pas et réclamer la venue du Sauveur. Il nous faut remettre Jésus au centre de notre vie pour saisir davantage par quel amour nous sommes sauvés. Il nous faut débarrassera notre cœur de certaines guirlandes, peut-être brillantes, mais qui nous cachent l’enfant Jésus à venir : ce sont les mondanités, comme dit le Pape François.

La venue du Sauveur à Noël, c’est la promesse de notre rédemption, c’est la certitude que l’amour l’emporte sur la haine, la joie sur la tristesse, la justice sur l’injustice, le bien sur le mal… Alors accueillons le Seigneur avec un cœur repentant, purifié afin qu’Il soit vraiment heureux d’y venir habiter.

Amen.










 

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