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« Voici la servante du Seigneur ; que tout se passe pour moi selon ta parole. »

Evangile de Jésus Christ selon saint Luc (1, 37)

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Homélie pour le 33ème dimanche du temps ordinaire 2016 (EA).

  Publié le dimanche 13 novembre 2016 , par Philippe Roy

Réfléchir sur la fin de notre vie, de temps en temps, nous fait du bien. C’est vrai que l’amour doit guider notre vie, mais ressentir un peu la peur de perdre Dieu à jamais peut parfois nous aider à allumer le feu de l’amour de Dieu... Il nous faut perdre la peur de la mort, elle n’est qu’un passage. Nous sommes nés pour l’éternité, pour la vie éternelle.


En cet avant-dernier dimanche de l’année liturgique, l’Eglise nous invite, par la Parole de Dieu, à méditer sur la fin des temps (Parousie ou seconde venue de Jésus), mais aussi, elle veut que nous pensions aux fins dernières de l’homme : mort, jugement, enfer et gloire. La fin d’un voyage détermine sa réalisation. Et si nous voulons vraiment le faire, nous devons mettre en œuvre tous les moyens nécessaires pour atteindre notre objectif.

Dans l’Évangile, Jésus et ses disciples sont proches du temple de Jérusalem qui a été restauré et embelli par le roi Hérode. Et, pour de parler de la fin des temps, Jésus prophétise la très prochaine ruine de la ville de Jérusalem.
Alors qu’un certain nombre de ses disciples admirent la beauté des pierres et la générosité des fidèles, Jésus annonce la destruction de l’édifice. Il précise que le Temple sera détruit pour punir les Hébreux de leur manque de docilité à la volonté de Dieu.
Jésus est un nouveau Jérémie. Quelques siècles auparavant, ce prophète avait annoncé la destruction du temple de Salomon en raison de la perversité et de la résistance obstinée du peuple élu. Jérémie avait été persécuté car on considérait alors que sa prophétie était un blasphème. Dieu ne pouvait pas laisser détruire sa maison. Malheureusement, peu de temps après, les événements lui avaient donné raison et le Temple avait été détruit.

Donc, Jésus annonce une destinée semblable pour le nouveau Temple : « Tout sera détruit  ».
Les disciples lui demandent à quel moment et quel sera le signe que cela va se réaliser.
Jésus refuse de leur répondre mais saisit l’occasion pour leur donner un conseil, une exhortation : « Prenez garde de ne pas vous laisser égarer  ».
Il faut veiller, travailler, comme dit aussi saint Paul, et nous efforcer d’assurer le salut de nos âmes pour aller au Ciel.
Jésus ne nous cache pas les difficultés que nous allons trouver dans notre vie, pour Lui être fidèles. Il parle très clairement de persécution, de trahison, d’un vrai combat sur la terre. Mais, il nous donne aussi les moyens pour y parvenir : « C’est par votre persévérance que vous obtiendrez la vie ». Jésus est avec nous, et nous devons lutter, nous avons les armes : la prière, les sacrements, la charité et la persévérance.

La fin d’un voyage détermine sa réalisation.
Réfléchir sur la fin de notre vie, au moins de temps en temps, nous fait du bien. C’est vrai que l’amour doit guider notre vie, mais ressentir un peu la peur de perdre Dieu à jamais peut parfois nous aider à allumer le feu de l’amour de Dieu.
Si tu veux aller en enfer, tu peux agir d’une certaine façon en accord avec l’aboutissement de ton voyage.
Si tu choisis le ciel, tu devras être cohérent avec la Gloire que tu veux atteindre. Toujours librement.
Personne ne va en enfer s’il ne le veut ; ni d’ailleurs au ciel. Dieu est miséricordieux et nous donne la possibilité de nous sauver, mais Il est juste aussi et donne à chacun ce qu’il mérite, ni plus ni moins. Il respecte notre liberté.
Cependant, il ne faut pas oublier qu’en quittant ce monde nous ne pourrons plus choisir. L’arbre restera allongé du côté où il aura été abattu.

Le Catéchisme de l’Église (1033) affirme : « Mourir en péché mortel sans s’en être repenti et sans accueillir l’amour miséricordieux de Dieu, signifie demeurer séparé de Lui pour toujours par notre propre choix libre ».

Il nous faut toujours être prêt, c’est-à-dire, maintenant. Le seul moment réel, c’est le moment présent ; maintenant, aujourd’hui je dois faire l’effort de vivre dans la grâce de Dieu, de profiter des sacrements et de la miséricorde infinie de Dieu, d’éviter le péché et, enfin, d’essayer d’aimer Dieu et nos prochains de tout notre cœur.

Nous ne pouvons pas improviser cet acte si solennel et vulnérable qu’est le jour de notre jugement, de notre rencontre avec notre Seigneur. Jésus nous avertit avec amour et miséricorde : « Prenez garde de ne pas vous laisser égarer » (Lc 21,8). Jésus nous invite à nous interroger : vivons-nous chaque jour comme face à l’éternité, à notre mort, à la fin de notre vie ? Cela peut nous arriver à l’improviste.

Il nous faut perdre la peur de la mort, elle n’est qu’un passage. Nous sommes nés pour l’éternité, pour la vie éternelle.

Que Notre Mère nous accorde la paix de l’âme, la grâce de vivre toujours “face à l’éternité” et la persévérance finale, pour nous rassembler tous, un jour, dans le Ciel.

Amen.










 

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