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Homélie pour le 5ème dimanche de Carême 2016

  Publié le vendredi 18 mars 2016 , par Philippe Roy

Puisse ce temps de la Passion qui débute augmenter en nous ce désir de Dieu et notre collaboration à sa grâce. Allons recevoir le sacrement de son amour miséricordieux pour fêter Pâques, avec un cœur renouvelé, désireux de ressusciter nous-mêmes avec le Seigneur.


Quand j’étais enfant, je participais l’été aux concours de châteaux de sable organisés durant les vacances. Une fois le thème du concours connu, je m’entrainais deux ou trois fois durant la semaine afin d’être au point et de pouvoir monter sur le podium le jour “J”. Si, malheureusement, je ne montais pas sur le fameux podium, je recevais tout de même un lot de consolation, c’était toujours mieux que rien, un pis-aller pas trop désagréable.

Eh bien, si durant notre vie terrestre, nous considérons l’union à Dieu et donc la vie éternelle du Paradis comme un pis-aller dans l’au-delà, faute de pouvoir rester ici-bas sur le podium de notre bien-être, nous risquons de ne pas y aller du tout ! Dieu, la vie éternelle, n’est pas un lot de consolation, faute de mieux sur terre.

On raconte que Mazarin, grand amateur d’art, s’était constitué toute une collection de tableaux de maîtres plus beaux les uns que les autres. Sachant que l’heure de sa mort approchait, il alla admirer sa galerie et s’arrêtant devant les tableaux il dit : «  il va falloir quitter cela - et s’avançant – et ça aussi et encore cela… ». Très probablement Mazarin s’est-il repris de ces attaches aux biens de la terre. Comment, en effet, aller au Paradis comme à reculons, comme forcés, faute de rester sur terre !

Dans l’Evangile, le collectionneur de perles fines vend toutes ses perles pour acheter “la” perle ; celui qui a trouvé le “trésor” vend tout ce qu’il a pour acheter le champ où se trouve le trésor. Cette perle, ce trésor, c’est la vie éternelle, c’est Dieu dans le champ de l’Eglise.
De même que l’on acquiert pas le trésor comme malgré soi, sans le désirer de tout son cœur, et que l’on fait des efforts, que l’on s’impose des sacrifices pour l’obtenir, de même le Royaume des cieux doit être désiré des tout son cœur, et il nous faut coopérer à la grâce de Dieu pour l’obtenir, faire des efforts et surtout compter sur la Miséricorde divine.

Désirer Dieu et le désirer de tout son cœur.

Saint Augustin nous dit : « Toute la vie du vrai chrétien est un saint désir ? Sans doute ce que tu désires tu ne le vois pas encore : mais en le désirant tu deviens capable d’être comblé lorsque viendra ce que tu dois voir  ».
C’est exactement l’attitude de Saint Paul dans la deuxième lecture qui élargit son désir de Dieu afin d’être capable de recevoir ce qui doit venir ; Saint Paul est tendu « vers le but pour remporter le prix auquel Dieu nous appelle  ».

Ce désir du Ciel, au fur et à mesurer qu’il grandit, va nous arracher aux attaches malsaines de ce monde, à tout ce qui entrave notre route vers Dieu et il va nous faire découvrir notre pauvreté, notre manque. En effet, si nous désirons Dieu, c’est qu’il nous manque, c’est que nous avons besoin d’être sauvé ! L’une des grandes difficultés de notre époque c’est que l’on ne voit pas de quoi l’on doit $être sauvé ; on reconnait qu’il nous manque ceci ou cela, mais pas qu’il nous manque Dieu, que nous sommes pauvres de Dieu : « je ne vois vraiment pas de quoi je dois être sauvé » disait l’écrivain Paul Valéry.

A l’image de l’apôtre Paul, il nous faut accueillir et seconder la grâce divine, nous convertir : « tous les avantages que j’avais autrefois, je les considère maintenant comme une perte à cause de de ce bien qui dépasse tout : la connaissance de Jésus-Christ, mon Seigneur ». Il poursuit : «  Il s’agit de communier aux souffrances de sa Passion dans l’espoir de parvenir à ressusciter d’entre les morts ».

Les épreuves, les difficultés, les efforts font parties de la vie chrétienne, mais elles apportent joie et paix, réconfort et douceur quand elles sont offertes et vécues par amour.
Il n’a pas été facile à Sainte Marie-Madeleine de sortir du péché mais cela lui a demandé certainement un gros effort, un arrachement ! Mais quelle joie, quel amour, quel bonheur de se tourner vers le Christ. Offrir quelque chose qui coûte est une joie pour un cœur qui aime.
Si le désir de Dieu implique un renoncement aux attaches désordonnées que nous avons sur terre concernant le bien-être, les richesses, les plaisirs, l’orgueil de la vie, nous ne sommes pas seuls dans cette lutte : la Miséricorde de Dieu nous précède, comme elle a précédé la conversion de Marie–Madeleine. En particulier le Christ nous a laissé le sacrement du Pardon où coulent de son cœur l’eau et le sang de sa Divine Miséricorde. Nous présentons notre misère, nos manquements, nos péchés au Seigneur ; nous lui demandons, surtout, la grâce du regret et nous nous jetons à ses pieds, comme Marie-Madeleine, nous nous mettons au pied de la croix pour recevoir son Pardon jaillissant de son cœur transpercé, par le ministère du prêtre qui représente Jésus.

Puisse ce temps de la Passion qui débute augmenter en nous ce désir de Dieu et notre collaboration à sa grâce. Allons recevoir le sacrement de son amour miséricordieux pour fêter Pâques, avec un cœur renouvelé, désireux de ressusciter nous-mêmes avec le Seigneur.

Amen










 

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