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Homélie pour le 7ème dimanche du temps ordinaire 2017 (EA)

  Publié le dimanche 5 mars 2017 , par Philippe Roy

L’amour des ennemis.

Certains passages de cette homélie sont repris de "L’amour des ennemis, un comportement divin" publié par le Père N. Tanazacq dans la revue Apostolia de septembre 2012


Dans l’évangile de ce dimanche nous est présenté, dans le sermon sur la montagne, un point très exigeant de l’enseignement du Christ : « Aimez vos ennemis ».

En préambule il faut dire clairement que ce commandement du Christ est le plus difficile de tous et qu’il peut apparaître, à bien des égards, impossible à accomplir .

Ce discours est extrêmement long (il dure probablement toute une journée) et difficile, car il contient tout l’enseignement chrétien. Mais il faut bien comprendre qu’il n’est pas un code moral : il s’agit d’un enseignement purement spirituel, une initiation, qui a pour but de nous rendre parfaits comme Dieu est parfait. Il s’agit de la nouvelle Loi. L’ancienne loi (synthétisée dans le Décalogue) avait pour but de rendre les hommes moins mauvais, comme le dit Saint Paul ; la nouvelle Loi, celle des Béatitudes, a pour but de les amener à la ressemblance à Dieu, c’est‑à‑dire à la sainteté. D’ailleurs le Christ y fait allusion, lorsqu’Il dit : « Vous avez entendu qu’il a été dit … [dans la Torah], mais Moi, je vous dis… » [Moi, le verbe de Dieu, le Logos qui révèle les pensées du Père]. Ce n’est plus Moïse qui parle, c’est Dieu lui‑même.

Le « chapitre » sur l’amour des ennemis se situe vers le milieu du discours inaugural. Il est le passage le plus difficile. Il faut toujours garder présent à l’esprit que le Seigneur veut faire de nous des dieux (veut nous faire partager sa nature), nous initier à la vie divine : sinon, cet enseignement est incompréhensible.

Et, selon Sa pédagogie, il part d’abord de remarques de bon sens, compréhensibles par tous : si vous aimez vos amis, si vous faites du bien à ceux qui vous en font…, qu’est‑ce que cela a d’extraordinaire : pourquoi vous en saurait‑on gré ? Même les pécheurs et les méchants font de même. C’est irrécusable. Puis Il élève un peu le débat : faites aux autres ce que vous voudriez qu’on vous fasse. Aucun homme ne voudrait qu’on lui fasse du mal : alors n’en faites pas aux autres. Puis il atteint le sommet en faisant référence à Dieu le Père : vous êtes méchants, mauvais et pervers, et pourtant, votre Père céleste vous donne du soleil et de la pluie, aux bons comme aux mauvais. Là, on atteint un sommet spirituel. Cela signifie : votre Père Dieu n’agit pas en fonction de vos comportements, Il n’est pas conditionné par vous, il est bon en Lui‑même, libre et impassible. S’il n’était pas miséricordieux, plus rien n’existerait sur la terre, la création aurait cessé d’être. Ressemblez‑lui, faites comme Lui. Il faut remarquer que le Christ, ici, ne justifie pas l’iniquité. Et par ailleurs, il n’a pas dit qu’il n’y aurait pas de jugement. Il nous indique un comportement par rapport à nous‑même : ne pas se laisser vaincre par le mal.

Aimer : que veut dire réellement aimer ?
Aimer ne signifie pas que “tout le monde soit beau et gentil” , et qu’on ne voit pas le mal.
Il faut faire comme le Christ, il nous a appris à aimer : dire la vérité, corriger, pardonner, donner la vie...
Et comme Dieu est l’Amour, donc, l’amour n’a pas de limites. Toujours on peut plus aimer. Même, on peut aimer les ennemis.

Un père spirituel des premiers siècles écrivait : «  L’amour des ennemis est le seul critère incontestable de la présence du Saint‑Esprit dans une personne  ».
Et c’est comme ça, parce que l’amour des ennemis est tellement difficile et élevé, qu’on ne peut pas le vivre sans une grâce particulière du Saint-Esprit.

La vieille loi du Talion du livre de l’Exode (Ex 21,23-35), qui se voulait une loi ayant pour but d’éviter les vengeances sans pitié, est définitivement dépassée par la loi de l’Amour.
Dans ces versets on nous donne toute une Magna Carta de la morale chrétienne : l’Amour de Dieu et du Prochain.

Le Pape Benoît XVI nous dit que : « Seul le service du prochain ouvre mes yeux sur ce que Dieu fait pour moi et sur sa manière à Lui de m’aimer ». Jésus nous présente la loi d’une justice surabondante, car le mal n’est pas vaincu en faisant plus de mal mais en l’expulsant de la vie, coupant court à son efficacité contre nous.

Pour vaincre, nous dit Jésus, il faut avoir une très bonne maîtrise de soi, et assez de clarté d’esprit pour connaître la loi à laquelle nous obéissons : celle de l’amour inconditionnel, gratuit et magnanime. L’amour, Jésus l’a amené sur la Croix car la haine est vaincue par l’amour. C’est cela le chemin de la victoire, sans violence, avec humilité et avec un amour joyeux, car Dieu est l’Amour fait action.
Et si nos actes proviennent de ce même amour qui ne déçoit pas, le Père éternel reconnaîtra en nous ses enfants.
Voilà le chemin parfait, celui de l’amour surabondant qui nous met sur la route du Royaume des Cieux, et dont l’expression exacte est la sublime manifestation de l’amour débordant que Dieu a déversé dans nos cœurs par le don de l’Esprit Saint (cf. Rom 5,5).

Sainte Marie, notre Mère du Ciel, a appris aussi, comme Jésus, l’amour parfait en se donnant toute entière à l’Annonciation, et en pardonnant du fond de son âme au pied de la Croix. Qu’elle nous accorde la grâce de vivre nous aussi l’amour parfait, jusqu’au bout.

Ainsi-soit-il.










 

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